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Poésie

Posts Tagged ‘aube’

Matinal (Li Chang-Yin)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018




    
Matinal

Vent et rosée d’une aube calme.
Seul, derrière les stores, un homme qui se lève.
Loriots et fleurs, larmes et rires –
Ce printemps, à qui appartient-il ?

(Li Chang-Yin)

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel
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FABLE DE PIERRE (Jaume Privat)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



 

pierres

FABLE DE PIERRE

Pierre à pierre
Nous avions bâti des murs,

Contre la lueur de l’aube,
Contre la nuit, le bruit, la peur.
Contre les autres,
Contre les pierres, enfin.

L’air manqua, nous comprîmes.

Accrochés de tous nos ongles,
Nous cherchons la sortie.

(Jaume Privat)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

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Il fait si beau aujourd’hui (Christian Hillebrand)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Il fait si beau aujourd’hui
Pourtant descendre au fond
Destin de mineur

***

La peur de descendre
Refoulée
A chaque génération

***

Avant la descente
Un regard furtif à sainte Barbe
Protection espérée

***

Au poste du matin
A la descente
L’aube devient crupuscule

***

Lumières éteintes
Sans barreaux
La cage descend

***

Le vide dessus
Le vide dessous
Entre les deux, la cage

(Christian Hillebrand)

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Matin éternel et soleil levant (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Là s’avancent au loin par des sentiers bleus
têtes ceintes de couronnes d’argent
des être majestueux que jamais personne ne vit —

Là des rois soulèvent la couronne royale
et de lumière inconnue scintillent ses pierres
et tout est aube et première fois,
matin éternel et soleil levant.

***

Där vandrar fjärran på blåa stigar
med huvud krönta av silverkronor
gestalter höga som ingen skådat —

Där lyfter konungar kungakronan
och okänt ljus i dess stenar glimmar
och allt är morgon och första gång,
en evig morgon och soluppgång.

(Pär Lagerkvist)


Illustration: William Turner

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Le nom (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



Le nom

Je vous aime vous et votre nom séparément
personnes séparées
Je vous aime vous et votre nom pour
des raisons différentes
Je ferme les yeux et je suis avec votre
nom Je les ouvre et je vous trouve
Je ferme les yeux et
je suis avec vous je les ouvre et je trouve votre nom

Ah c’est
une longue histoire dont je ne puis raconter qu’un petit bout
Il était une fois votre nom et une route
Votre nom était tout seul sur la route Il savait que j’allais
passer par là et il m’attendait
C’est arrivé comme ça Je suis passée
Vraiment par hasard Nous nous sommes dit bonjour
Et sommes restés côte à côte Nous n’avons pas dit pour toujours
comme les amants d’autrefois mais nous avons écrit au fond de
la mer ou dans le repaire de l’arbre qui nous abrita jusqu’à
l’aube quelque chose d’autre
qui voulait dire la même
chose

Nous sommes partis nous perdant de vue Mais
inespérément un jour votre nom vient de nouveau
à ma rencontre Il me monte de nouveau aux lèvres

je savoure de nouveau toutes ses syllabes ses consonnes et
ses voyelles une à une je reconnais leurs sons
leurs contours
dans ma gorge dans ma peau dans mon sang
Puis
nous sommes partis chacun de notre côté sans plus nous voir
jusqu’au jour où de nouveau
à un autre virage du temps
votre nom
Là toujours vivants
les arêtes
le stylet des semi-voyelles
Et par-dessus le pic de la plus
escarpée de la plus seule
la petite goutte de sang jamais
coagulé avec laquelle au-delà de la mort tu m’assistes
adolescent tu me souris
et quelque peu impatient
tu m’attends
Toi
le véritable détenteur
du nom

***

O nome

Gosto de si e do seu nome separadamente
pessoas separadas
Gosto de si e do seu nome por
razôes diferentes
Fecho os olhos e estou corn o seu
nome Abro-os e encontro-o a si
Fecho os olhos e
estou consigo abro-os e encontro o seu nome

Ah é
uma historia comprida de que so posso contar um
bocadinho
Era uma vez o seu nome e uma estrada
O seu nome estava sozinho na estrada Sabia que eu
ia passar por ele e esperava-me
Assim foi passei
Tâo por acaso Dissemos bom dia um ao outro
E ficâmos lado a lado Nâo dissemos para sempre como
os amantes de antigamente mas escrevemos no fundo
do mar ou na toca da ârvore que nos deu abrigo até de
madrugada qualquer coisa outra
que queria dizer
a mesma coisa

Partimos e perdemo-nos de vista Mas
inesperadamente um dia o seu nome vem de novo
ao meu encontro Sobe-me de novo aos lâbios

Saboreio-lhe de novo todas as sîlabas as consoantes e
as vogais uma por uma reconheço-lhes o som
os contornos
na garganta na pele no sangue
Depois
fomos à vida cada um à sua e deixàmos de nos ver
Até que um dia de novo
a outra esquina do tempo
o seu nome
Là estâo elas sempre vivas
as arestas
o estilete das semi-vogais
E por cima do pico da mais
ingreme da mais sô
a gotinha de sangue nunca
coagulada corn que para além da morte me assistes
adolescente me sorris
e um tanto impaciente
me esperas
Tu
o verdadeiro detentor
do nome

(Teresa Rita Lopes)

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Quand vient le soir (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Bao-Pham Thienbao 444181899c89

Quand vient le soir,
Des cygnes noirs,
Ou des fées sombres,
Sortent des fleurs, des choses, de nous
Ce sont nos ombres.

Elles avancent ; le jour recule.
Elles vont dans le crépuscule,
D’un mouvement glissant et lent.
Elles s’assemblent, elles s’appellent,
Se cherchent sans bruit,
Et toutes ensemble,
De leurs petites ailes,
Font la grande nuit.

Mais l’Aube dans l’eau
S’éveille et prend son grand flambeau.
Puis elle monte,
En rêve monte, et peu à peu,
Sur les ondes elle élève
Sa tête blonde,
Et ses yeux bleus.

Aussitôt, en fuite furtive,
Les ombres s’esquivent,
On ne sait où.
Est-ce dans l’eau ? Est-ce sous terre ?
Dans une fleur ? Dans une pierre ?
Est-ce dans nous ?
On ne sait pas. Leurs ailes closes
Enfin reposent.
Et c’est matin.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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QUAND LES CORPS SERONT JUGES (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Júlia Fernández Sánchez 727

QUAND LES CORPS SERONT JUGES

Tu t’es présenté, tu es apparu dans la lumière
comme une icône.

Tu as vu beaucoup de soleils
Et tu ne les as pas comptés.

Le crépuscule et l’aube.

Tu as ouverts les yeux,
De grands yeux étonnés.

Tu as fait pousser des mains à la racine des ailes.

Tu as touché des fruits divers,
Beaucoup de pommes, des lys et des roses.

Tu portes la trace des clous.

Tu as marché sur la terre, tu as retenti
Dans le vide, dans le désert du temps,
Tu as émis un son, puis fait beaucoup de bruit.

Le soleil t’a vu, le vent t’a écouté et te fait vibrer.

Qui se portera témoin de ton sang,
Le sang qui a coulé et a teint
Le sommeil, le choses, la lumière.

Quand les corps seront jugés,
Ta poudre vaine sera pesée,
Ta pauvreté, ta nudité.

Ta tristesse est infinie et elle aura du poids.

(Georges Themelis)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

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LES FLEURS (Gabrielle Marquet)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



LES FLEURS

Les fleurs se flétriraient
deviendraient silex
crapauds désenchantés
ténèbres
et ne risqueraient plus
leurs nouveau-nés à l’aube
si creusés
ne se penchaient vers elles
les hommes.

(Gabrielle Marquet)

Illustration: Max Szoc Leuven

 

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Où est la VIE ? (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Un oiseau monte vers le soleil
La vérité naît de l’instant
L’intensité dans le silence
Silence de l’instant
Espace de clarté blanche délivré de ténèbres

Amour nu
La brûlure à vif s’éternise
Au cœur
d’une île inespérée
A l’aube d’un jour innocentée de nuit

(Lise Cassin)

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L’horloge (Louis Mercier)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



horloge

L’horloge

Elle a l’air vaguement humaine
Avec sa face d’émail blanc,
Et sa robe couleur de chêne
Où bat son coeur rythmique et lent.

Elle habite un coin solitaire
Où l’araignée a son réduit,
Et fait son oeuvre de mystère
Sans se hâter, le jour, la nuit :

Elle vit à l’écart, étrange
Et respectée ; on la défend
Du heurt des chaises qu’on dérange
Et des gambades des enfants.

L’horloge valétudinaire
Craint les caprices des saisons ;
Elle vibre aux coups de tonnerre,
Le vent lui donne le frisson.

Elle a peur du cahot des roues,
Des portes qu’on ferme trop fort ;
Les jours de pluie, elle s’enroue,
Et le gel des grands froids l’endort.

Un souffle, un rien la contrarie,
Souvent même, on ne sait pourquoi,
S’arrête la fragile vie
Dont palpite son coeur de bois.

*

Tout dort. Rompus de lassitude,
Les hommes sont ensevelis
Entre leurs draps de toile rude,
Dans les ténèbres des grands lits.

Les troupeaux gisent près des crèches ;
Les boeufs, dans la paille affaissés,
Rêvent des prés, de l’herbe fraîche,
Et des sillons qu’ils ont tracés.

Le chien dort, et le coq sonore
Se tient muet sur son perchoir,
Car le jour n’est pas près d’éclore
Et le côté de l’aube est noir.

Le sommeil tient aussi les choses :
Les outils qui vivent dehors,
Les meubles que les murs enclosent
Et la maison même, tout dort.

Seule, dans l’anxieux silence,
Seule vivante en l’ombre immense,
L’horloge obscure ne dort pas,
Comme un pas lent, mais jamais las,

Ou comme le pouls d’une artère,
Ou le battement d’un coeur sourd,
Elle fait son brait solitaire,
Toujours, toujours, toujours, toujours.

(Louis Mercier)

 

 

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