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Posts Tagged ‘aube’

Cela se fit en silence (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Cela se fit en silence –
Il me demanda si j’étais Sienne –
Je ne lui fis pas réponse de Langue,
Mais réponse d’Yeux –

Alors il m’emporta dans les airs
Devant ce bruit mortel
À une vitesse comme de Chariots –
Une distance – comme de Roues –

Le Monde se détacha
Comme Comtés – des pieds
De Qui se penche d’un Ballon –
Sur une Rue d’Éther –

Le Gouffre par-derrière – n’était plus —
Les Les Continents – étaient nouveaux —
C’était – l’Éternité – avant
L’Éternité prévue –

Point de Saisons – pour nous –
Point de Nuit – ni de Midi –
Car le Soleil levant – s’arrêta en ce Lieu –
Pour le fixer – en Aube –

***

It was a quiet Way –
He asked if I was His –
I made no answer of the Tongue,
But answer of the Eyes –

And then he bore me high
Before this mortal noise
With swiftness as of Chariots –
And distance – as of Wheels –

The World did drop away
As Counties – from the feet
Of Him that leaneth in Balloon –
Opon an Ether Street –

The Gulf behind – was not –
The Continents – were new –
Eternity – it was – before
Eternity was due –

No Seasons were – to us –
It was not Night – nor Noon —
For Sunrise -stopped opon the Place —
And fastened it – in Dawn –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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L’aube se débat (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
L’aube se débat
encore prisonnière
du roncier de la nuit

Se délivre
d’un coup de reins
vif et serein

La nuit bat de l’aile

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Cils de la nuit (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



Illustration
    
Cils de la nuit
entre les joncs
blonds sur encre

Cils immobiles
remous d’ombres
ciel paisible

Sous les paupières
des ténèbres
l’aube mûrit

Parée de frais
loin de la nuit
désemparée

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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PAROLE FAITE CHAIR (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Josephine Wall 
    
PAROLE FAITE CHAIR

Parole dont le souffle est l’atmosphère qui encercle le monde,
Parole qui profère le monde qui fait tourner le vent,
Parole qui prononce l’oiseau qui s’élance dans les airs,

Parole qui efface la fanfare du soleil,
Dont le silence est le violon des étoiles,
Dont la mélodie est l’aube, et l’harmonie la nuit,

Parole tracée sur l’eau des lacs, et la lumière sur l’eau,
La lumière sur l’eau calme, l’eau mouvante, la cascade
Et les aquarelles du nuage, de la rosée, de la pluie spectrale,

Parole inscrite sur la pierre, ligne de crêtes sur fond de pierre,
Parole qui est feu du soleil et feu à l’intérieur
De l’ordre des atomes, symétrie cristalline,

Grammaire de la rose à cinq pétales et du lys à six pétales,
Spirale des feuilles sur une branche, hélice des coquillages,
Rotation des plantes qui s’enroulent sur des axes d’ombre et de lumière,

Sagesse instinctive du poisson, du lion et du bélier,
Rythme de la génération dans la stolonifère et la fougère,
Éclat d’aileron, battement d’aile, battement du coeur, mesure de la danse,

Hiéroglyphe exact où est dessinée
La plume, ou l’aile de l’insecte, réfraction des yeux multiples,
Les yeux des créatures, oh vision innombrable du monde,

Affirmation du mystère, comment nommer
Un esprit incarné en un monde, un monde fait homme?

***

WORD MADE FLESH

Word Whose breath is the world-circling atmosphere,
Word that utters the world that turns the wind,
Word that articulates the bird that speeds upon the air,

Word that blazes out the trumpet of the sun,
Whose silence is the violin-music of the stars,
Whose melody is the dawn, and harmony the night,

Word traced in water of lakes, and light on water,
Light on still water, moving water, waterfall
And water colours of cloud, of dew, of spectral raie,

Word inscribed on stone, mountain range upon range of stone,
Word that is fire of the sun and fire within
Order of atoms, cristalline simmetry,

Grammar of fave fold rose and six-fold lily,
Spiral of leaves on a bough, helix of shells,
Rotation of twining plants on axes of darkness and light,

Instinctive wisdom of fish and lion and ram,
Rhythm of generation in flagellate and fern,
Flash of fin, beat of wing, heartbeat, beat of the dance,

Hieroglyph in whose exact precision is defined
Feather and insect-wing, refraction of multiple eyes,
Eyes of the creatures, oh myriadfold vision of the world,

Statement of mystery, how shall we name
A spirit clothed in world, a world made man?

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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LE VENT DU TEMPS (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2018




    

LE VENT DU TEMPS

Le temps est une tempête : les jours déferlent,
Les tombes profondes s’ouvrent d’une heure à l’autre,
Un courant balaie les rues et les maisons
Trop vite pour qu’on puisse y accoster.
Les villes font naufrage la nuit
Et nous sommes abandonnés, noyés dans cette aube vide.
Aucune terre n’est navigable, aucun oiseau visible.
Et sur les rivages, après la tempête gisent
Les débris du bonheur et de nos êtres passés,
Chambres et maisons mortes, coquillages étouffés.

***

THE WIND OF TIME

Time blows a tempest — how the days run high,
Deep graves are open between hour and hour,
A current sweeps the streets and houses by
Too fast to board them. Cities are wrecked by night
And we left drowning in Ihis empty dawn.
No land is seaworthy, no bird in sight.

And on the shores, after the tempes! lie
Fragments of past delight, and of pas! selves,
Dead rooms and houses, with the strangled shells.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: ISIS errante Poèmes
Traduction: François Xavier Jaujard
Editions: Granit

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Si je pouvais (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018



Si je pouvais de cette vie amère
M’éveiller comme d’un rêve,
Nouveau-né dans l’innocence,
Pour voir le premier jour qui se lève,
La promesse de l’aube éternelle
Porterait ton nom.

***

If I could wake
From bitter life as from a dream,
In innocence new-born
To see the first day break,
The promise of the eternal dawn
Would bear your name.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Le coeur se tourne vers sa nuit (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Le coeur se tourne vers sa nuit,
Scrutant le coin le plus sombre à l’affût de l’aube
D’un soleil enseveli :
Il n’en est pas d’autre.

***

Heart turns into its night
Scanning the darkest quarter for the dawn
Of a sun that set:
Else there is none.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Qui es-tu donc ? (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



Qui es-tu donc ?

Tu dis
Je suis la source de tout
L’eau morte de l’étang
L’eau vive du torrent
Je suis le jour et le soleil
Qui heurtent à la vitre
Les arbres qui respirent
Et les oiseaux accrochés aux nuages
Je suis l’aube
Qui s’écorche les doigts au rosier
Le matin dépouillé
Et la nuit écorcée
Je suis l’automne qui se maquille
L’hiver qui se déshabille
Je suis la route qui se débat
La pierre usée
La sève inquiète
La branche fatiguée
La feuille éphémère
La mousse arrachée..

Je suis le commencement et la fin
Le plein et le vide
Je suis l’espace et le temps
Ta naissance et ton agonie…

Qui es-tu donc ?

Je suis la vie !

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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AUBE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Anne Yvonne Gilbert  2

AUBE

L’intuition dit verdure
Mais l’arbre où le saisir ?
Vidé de sa substance absent du ciel et pierres
Ni vallée ni rivière à douceur avant voix
vers lui à disparaître
Au coin du paysage, qu’il emporte ses noix !
Liant en lui et déliant désert et souffle

Mais rien que presque étoile à rayons et rayures

L’intuition est assise avec ses jeunes filles
Anxieuses étonnées sous sa première feuille
Ouvertes endormies
Enfin – rien – mais – lui – s’ébroue

Il faut l’écrire avec ses oiseaux dans la mort

(Salah Stétié)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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PENDULE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




PENDULE

Très petite dame
habitante du coeur de l’oiseau
sort à l’aube pour prononcer une syllabe
NON

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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