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Poésie

Posts Tagged ‘aube’

Aube de printemps (Anick Baulard)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Aube de printemps
dans le jardin japonais
un caillou fleurit

(Anick Baulard)

 

 

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DÉJÀ ! (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017



Illustration: Edvard Munch
    
DÉJÀ !

Hé quoi ?… Déjà ?… Amour léger comme tu passes !
A peine avons-nous eu le temps de les croiser
Que mutuellement nos mains se désenlacent.
Je songe à la bonté que n’a plus le baiser.

Un jour partira donc ta main apprivoisée !
Tes yeux ne seront plus les yeux dont on s’approche.
D’autres auront ton coeur et ta tête posée.
Je ne serai plus là pour t’en faire un reproche.

Quoi ? sans moi, quelque part, ton front continuera !
Ton geste volera, ton rire aura sonné,
Le mal et les chagrins renaîtront sous tes pas ;
Je ne serai plus là pour te le pardonner.

Sera-t-il donc possible au jour qui nous éclaire,
A la nuit qui nous berce, à l’aube qui nous rit,
De me continuer leur aumône éphémère,
Sans que tu sois du jour, de l’aube et de la nuit ?

Sera-t-il donc possible, hélas, qu’on te ravisse,
Chaleur de mon repos qui ne me vient que d’elle !
Tandis que, loin de moi, son sang avec délice
Continuera son bruit à sa tempe fidèle.

La voilà donc finie alors la course folle ?
Et tu n’appuieras plus jamais, sur ma poitrine,
Ton front inconsolé à mon coeur qui console,
Rosine, ma Rosine, ah ! Rosine, Rosine !

Voici venir, rampant vers moi comme une mer,
Le silence, le grand silence sans pardon.
Il a gagné mon seuil, il va gagner ma chair.
D’un coeur inanimé, hélas, que fera-t-on ?

Eh bien, respire ailleurs, visage évanoui !
J’accepte. A ce signal séparons-nous ensemble…
Me voici seul ; l’hiver là… c’est bien… Nuit.
Froid. Solitude… Amour léger comme tu trembles !

(Henry Bataille)

 

Recueil: Le Beau Voyage

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Incertitude (Louis Guillaume)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2017




    
Incertitude. Où la voix
Dira le mot, la vie
Recommencera. Pour l’instant
Rien qu’une attente. Un désir
Qui n’ose s’avouer
Désir. Une aube
Oublieuse de la nuit
Mais qui doute du jour.
Tout pourrait rester ainsi
Entre rêve et sang,
Souffle et pierre.
N’avoir qu’une conscience,
L’angoisse. N’être qu’un remous
De néant. Mais, la parole
Enfin gorgée de silence,
Voici que sur le fond
Blême du matin se lève
Un soleil sûr de sa fin.

(Louis Guillaume)

 

Recueil: Agenda
Editions: Corti

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LES ERREURS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2017



Illustration: Emile Vernon
    
LES ERREURS

(La première voix est ténorisante, maniérée,
prétentieuse; l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

— Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

Quelle est cette femme exquise
qui savoure des cerises?

— C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah! que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe!

— C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime Ô ma fiancée!

Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’suis pressée
laissez-moi passer!

(Jean Tardieu)

 

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Souvent (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2017




    
Souvent quand je quitte la maison
Ou quand j’y reviens
Au début de l’aube
Au début du soir
Je m’incline et salue
Le soleil de l’aube et le soleil du soir

Souvent quand je reviens à la maison en fin de nuit
J’entends autour des fenêtres
Ce qui ressemble à des pleurs

(Adonis)

 

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De l’aube de nos corps (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



    

De l’aube de nos corps aux ténèbres du couchant
La terre lit en nous son écho et ses traces
Des chemins se chantent
Des chemins se plient

Je ne compte pas les oiseaux qui défilent
Elle demande : par où venir à nos espaces?
Je ne compte pas les territoires qui se reproduisent
Fous de confidences
En elle et en nous

(Adonis)

 

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QUAND L’ÂME EUT FROID (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017



 

QUAND L’ÂME EUT FROID

Mon coeur ouvert de toutes parts
Et l’effroi du jour que je pleure
D’un mal sans fin mourant trop tard
Je ne fus rien que par hasard
Priez qu’on m’enterre sur l’heure

On reverra dans le brouillard
Avec ses maux et ses années
Le roi qu’il fut dans la fumée
D’un feu qui n’était nulle part
Sa mère avait des yeux d’eau vive
Il reviendra dans le brouillard
Le coeur ouvert par trois poignards
Vidé par les lunes oisives

Mais les ans passent sans nous voir
L’aube naît d’une ombre où l’on pleure
De quoi voulez-vous que l’on meure
La nuit ne sait pas qu’il fait noir
Tout est passé pour nous revoir
Nos pas reviennent nous attendre
On rouvre la classe du soir
Où l’on attend le roi des cendres

J’ai cru le voir dans un miroir
Qui m’est resté de mon enfance
Un chant de source était devant
Qui m’a bercé jusqu’au silence
Et je le suis jusqu’à l’absence
Mon corps s’ouvrant à tous les vents
A bu le froid dans l’eau d’argent
D’un coeur noir qu’il est las d’entendre

Tout est trop beau pour être vu
Un amour plus grand que l’espace
Ferme les yeux qui ne voient plus
Et l’ombre que sa forme efface
Mendiant son pas mendiant sa place
Au jour mort d’un rêve pareil
Dira des ombres qui la suivent
Ma vie avait des yeux d’eau vive
Passé prête-moi ton sommeil

(Joë Bousquet)

Illustration: Vladimir Ryabchikov

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A quoi comparer ce monde (Mansei)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2017



Illustration
    
à quoi comparer
ce monde
à la vague blanche derrière
un bateau parti à la rame
dans l’aube

(Mansei)

 

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Plus jamais maintenant (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Plus jamais maintenant

Pas maintenant
plus jamais maintenant

L’heure est passée

Maintenant j’ai fermé toutes les portes
et jeté les clés à la mer
Maintenant j’ai réservé mon billet pour partir à l’aube
Maintenant je suis en chemin

Il fut un temps
où tous les chemins de mon corps
auraient eu le nom que tu leur aurais donné
Pas maintenant
Tu les as rendus au néant
au non-sens de choses
juste là

L’heure est passée

équilibre s’est refait du vide
des aubes sans rien
L’équilibre s’est refait
sans toi

Il était une fois
un printemps tout entier
suspendu
à tes gestes

Maintenant il est trop tard
Les arbres ont de nouveau abrité
les pousses
dans leur écorce dure
et ils ont su qu’ils ne pouvaient compter
que sur leurs bras ligneux et
nus

Pas maintenant
j’ai renoncé à toi
je t’ai expulsé de l’acier des miroirs

Tu m’as rendu le profil net et dur
des choses
la pure découpe du silence

***

Agora nunca mais

Agora nâo
agora nunca mais

Passou a hora

Agora jà fechei as portas todas
e atirei as chaves ao mar
Agora marquei bilhete para partir de madrugada
Agora jâ you a caminho

Houve um tempo
em que todos os caminhos do meu corpo
teriam tido os nomes que lhes desses
Agora nâo
Devolveste-os ao nada
ao sem sentido de coisas
existindo

Passou a hora

O equilibrio refez-se do vazio
das madrugadas sem nada
O equilibrio refez-se
sem ti

Houve um tempo
em que uma primavera inteira
esteve suspensa
dos teus gestos

Agora é tarde
As ârvores reabrigaram
os rebentos
na casca dura
e souberam que so podiam contar
com seus lenhosos braços
nus

Agora nâo
desisti de ti
expulsei-te do aço dos espelhos

Devolveste-me o nitido e duro perfil
das coisas
o puro recorte do silêncio

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Adieu (Fadel al-Azzawi)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Adieu
Seul il monte à l’échafaud
les bras attachés
sept fusils contre son dos bien droit
Il pense à une femme qui le pleurera en silence
il rêve au soleil d’après lui
aux fleuves; aux moineaux
Il voit un grand palmier que le vent pénètre et secoue
Il voit un nuage: après moi, il pleuvra peut-être
Il aperçoit un narcisse qui disparaît derrière la haie:
«Sera-t-il cueilli par un homme?
Offert à une jeune fille heureuse?
Abandonné sur le banc d’un jardin?
Il a tendu ses yeux vers l’aube
Il était seul
Il a monté les escaliers de bois
Une tourterelle s’est réveillée
Elle dormait sur l’échafaud
Elle s’est envolée au loin

(Fadel al-Azzawi)


Illustration

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