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Poésie

Posts Tagged ‘iris’

L’ordre muet (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2022


caresse

se nomme jusqu’à moi
orage flammé d’iris
promène ses bras nus

rade en randonnée
prodigue ses algues
aux retraits délictueux

écartement d’une bouche
s’échoue sur sa proie
appelant toute l’ouverture

(Mohammed Dib)

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Tu récites pour toi seul (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



Illustration
    
Tu récites pour toi seul des vers anciens
et tout en toi-même est plus proche et plus nu.

sous le masque du dormeur le temps doucement va
les années les minutes les semaines les mois.

il te souvient des femmes dans la rue l’une
aux maigres épaules portant des choses lourdes.

l’autre passait avec des gestes d’adieu belle
comme une île ou une phrase inachevée.

celle-ci qui riait aux éclats dans le feuillage
obscur et dont le nom était imprononçable.

et celle-là voyageuse aux couleurs du monde
avec ses énormes bagages et ses robes lyriques.

à l’autre bout de ta nuit ceux que nul ne connaît
qui ne font aucun détour posant cartes sur table.

et ceux qui emportent dans leur coeur leur ordure
et leur toit des chiens morts des rouleaux secrets des fleurs nouvelles.

ta mère aux bras flottants qui ne pouvait comprendre
toute ronde si petite et les yeux couleur d’encre.

tu as pris dans ses yeux le goût de l’être et des iris
mais tout s’éloigne ainsi qu’un vol d’oiseaux. le ciel

se déplace. et ça n’en finit pas les errances
à travers nuits et jours au gré des vents, la vie

ses mornes champs ses gares ses travaux ses villages
ses grimaces, la tristesse sur la face des gens.

et l’infini désert recommence au matin :
tu récites pour toi seul des vers anciens.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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Chant d’insomnie (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2021



Illustration: Georges Braque   
    

Chant d’insomnie :

Amour hélant, l’Amoureuse viendra,
Gloria de l’été, ô fruits !
La flèche du soleil traversera ses lèvres,
Le trèfle nu sur sa chair bouclera,
Miniature semblable à l’iris, l’orchidée,
Cadeau le plus ancien des prairies au plaisir
Que la cascade instille, que la bouche délivre.

(René Char)

 

Recueil:Lettera amorosa
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tel, esseulé, le rossignol dans la nuit (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Quel rosignuol che si soave piagne

Tel, esseulé, le rossignol dans la nuit
bleue célèbre les siens parmi la gent ailée,
tel par les combes, les vals et les collines
module et coule le silence des prés,

il émaille et chatouille la grande nuit et
m’accompagne, solitaire désormais… oui
moi ! pose lacs et rets, distille la mémoire à
la mortelle angoisse qu’instille la déesse.

Ô iris de la peur !
Éther d’yeux clairvoyants au profond de
l’éther qu’enfouit la terre en son berceau de
cendres aveugle
— ainsi toi, la fileuse, te voilà satisfaite !
En larmes je l’affirme : tout le charme du monde
dure à peine ce que dure un battement de cils.

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

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NUIT DE NOËL (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



NUIT DE NOËL

Comme l’orchestre se tait, des ombres féminines voilées
passent sous la ramure,
les feuilles mortes laissent filtrer les chimères glacées
de la lune, de pâles nuages crépusculaires.

Il y a des lèvres qui pleurent des arias oubliées,
de grands iris qui feignent d’éburnéennes vêtures.
Des bavardages et des sourires en bandes folles
qui parfument de soie le rude bocage.

J’attends la lumière rieuse de ton retour ;
et, dans l’épiphanie de ta sveltesse,
éclatera en or majeur la fête.

Alors mes vers bêleront sur tes terres,
entonnant de leurs airains mystiques
la venue de l’enfant-jésus né de ton amour.

***

NOCHEBUENA

Al callar la orquesta, pasean veladas
sombras femeninas bajo los ramajes,
por cuya hojarasca se filtran heladas
quimeras de luna, pálidos celajes.

Hay labios que lloran arias olvidadas,
grandes lirios fingen los ebúrneos trajes.
Charlas y sonrisas en locas bandadas
perfuman de seda los rudos boscajes.

Espero que ría la luz de tu vuelta;
y en la epifanía de tu forma esbelta,
cantará la fiesta en oro mayor.

Balarán mis versos en tu predio entonces,
canturreando en todos sus místicos bronces
que ha nacido el Niño-Jesús de tu amor.

(César Vallejo)


Illustration: Maurice Denis

 

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Le jardin nouveau (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020


Voici le nouveau jardin
Si tu es en larmes encore
à toi il s’offre

Si tu ouvres les yeux
voici les iris
Si tu tends la main
voici les pivoines

Si tu répands ta chevelure
Voici, de senteur en senteur
Tous les sentiers de la flagrance
menant vers les herbes infinies
Vers la fontaine
jaillie du tombeau

Si tu as soif encore
A toi il s’offre

le jardin nouveau

(François Cheng)

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Nous reverrons-nous un jour ? (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020


Accorde-nous de boire l’eau céleste
Aussi pure que les perles de crapaud
sous l’éclair de la lune

De surgir une fois encore du sol
Des chairs meurtries au gré de la tige
du bambou réduite aux os

De ne pas oublier le cou du cygne
Plus tendre qu’un rêve de paradis
au cœur de la foule en perdition

De perpétuer les mots non dits à jamais
Lèvres d’iris effleurées par la brise
émanant du volcan d’origine

« Nous reverrons-nous un jour ? » « Mais… »

(François Cheng)

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LES QUATRE SAISONS (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020



 

iris-mauve [1280x768]

LES QUATRE SAISONS

Pluie ainsi qu’un réseau d’argent sur les iris,
Pluie espacée et drue et que boit la poussière,
Pluie aux voiles tendus pour le De Profundis,
Pluie où la neige fond avant de toucher terre.

(Francis Jammes)

Illustration

 

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Ta chaumière (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



Ta chaumière

Couvert de chaume et d’iris
Le toit touche le sol
Chaumière des amours juvéniles
Dont les fenêtres reflètent la mer
Le soir la lampe éclaire à peine la pièce unique
Et plonge nos caresses dans l’ombre
Tandis que ta vieille tante ronfle
Derrière les rideaux de son lit
Dans une bouteille un trois mâts navigue sur la cheminée
Sous le crucifix orné d’un rameau sec
Qu’on ne renouvelle qu’une fois par an
Dans des cadres vermoulus
Des personnages bibliques ont le cœur hors de la poitrine
Tandis que dans l’âtre brûle un feu d’enfer.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Nous reverrons-nous un jour? (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020


se revoir

 

Accorde-nous de boire l’eau céleste
Aussi pure que les perles de crapaud
sous l’éclair de la lune

De surgir une fois encore du sol
Des chairs meurtries au gré de la tige
du bambou réduite aux os

De ne pas oublier le cou du cygne
Plus tendre qu’un rêve de paradis
au coeur de la foule en perdition

De perpétuer les mots non dits à jamais
Lèvres d’iris effleurées par la brise
émanant du volcan d’origine

« Nous reverrons-nous un jour? » « Mais … »

(François Cheng)

 

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