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Posts Tagged ‘translucide’

Ode à l’école du soir (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2020



Illustration: Marc Chagall 
    
Ode à l’école du soir

Employés et manouvriers
s’en vont à l’école du soir
quand la peau des femmes est plus douce
et que les enfants translucides
tracent les dernières marelles
aux carrefours couleur de rose
et par-delà la ville s’étendent
des archipels de villages
remplis aussi d’écoles du soir ;
au haut d’un arbre l’idéal
chante par la voix d’un oiseau,
lentement les rivières coulent,
un fantassin sur un pont d’or
baise aux joues la servante blanche,
douceurs de vivre, ô serpents
emmêlés dans la pourpre vaine,
de lourds passés meurent au ciel ;
qu’Eve à jamais rendit amère
la lourde beauté du feuillage,
mais l’Ecole du soir dans ses bras
de République fortunée
recueille les grands apprentis sages.

(Jean Follain)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: La Main Chaude
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur l’arbre, la feuille (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2020



Sur l’arbre, la feuille
Translucide encore –
Et déjà
Le vent de la chute.

(Guillevic)

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Un jour (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



 

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Un jour
Il y aura autre chose que le jour
Une chose plus franche, que l’on appellera le Jodel
Une encore, translucide comme l’arcanson
Que l’on s’enchâssera dans l’oeil d’un geste élégant
Il y aura l’auraille, plus cruel
Le volutin, plus dégagé
Le comble, moins sempiternel
Le baouf, toujours enneigé
Il y aura le chalamondre
L’ivrunini, le baroïque
Et tout un planté d’analognes
Les heures seront différentes
Pas pareilles, sans résultat
Inutile de fixer maintenant
Le détail précis de tout ça
Une certitude subsiste : un jour
Il y aura autre chose que le jour

(Boris Vian)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Lunaire (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2019




    
Lunaire

Hostie translucide
monnaie d’or blanc
pour la gloire papale
et les jeux d’enfants.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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SOIR AVANT L’HIVER (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2018



 

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SOIR AVANT L’HIVER

L’air est limpide comme l’aile
De la libellule,
Le vide sans temps s’est couché sur la sente
Du soir d’automne.

Dans la rue seules l’inscription
Et des affiches rouge-sang,
A travers l’obscur, une silhouette,
A travers le vide, des pas.

L’espace est vide, l’air sec,
Pesant, comme s’il y avait du plomb dans le ciel;
L’esprit de liberté fléchit,
Comme du sang l’eau dans la gouttière tombe.

L’air est translucide : ainsi regarde le mort,
Oh! rencontrer un homme!
Du vide sans voix grandit le Néant.
L’eau dans la gouttière goutte.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Adamov Alexey

 

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AIR D’AUTOMNE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



 

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AIR D’AUTOMNE

L’air est vif, translucide,
Epandu dans la cité;
De l’étang l’éclat argenté
Est muet, froid, paisible.

Nulle brise ne se lève
Pour briser l’argent qui luit
Sur ces eaux, pour éveiller
L’arbre.

Comme si l’étang dormait,
Comme si le fond était mort,
Comme si prêtait l’oreille
Près de l’étang l’arbre noir.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Alexey Steele

 

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LA ROUE DANS LA ROUE (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



    

LA ROUE DANS LA ROUE

Première prise sur le monde :
L’art de faire tourner à la main
Les pédales d’un vélo renversé, imprimant
À la roue arrière une vitesse surnaturelle.
J’aimais en voir disparaître les rayons,
Et le bourdon translucide de l’espace
Entre la jante et le moyeu. Quand on y lançait
Une pomme de terre, le tournoiement de l’air
Vous renvoyait au visage une purée vaporeuse ;
Quand on la frôlait avec une paille,
La paille se mettait à vibrer.
Les pédales avaient une manière de résister
D’abord de façon très tangible
Avant d’entraîner la main
Dans un nouvel élan — et je m’en absorbais
Comme d’un pouvoir soudain absolu: la certitude
Avait rattrapé, relancé l’objet de ma certitude
Dans l’orbite même où tournait le désir.

***

WHEELS WITHIN WHEELS

The first real grip I ever got on things
Was when I learned the art of pedalling
(By hand) a bike turned upside down, and drove
Its back wheel preternaturally fast.
I loved the disappearance of the spokes,
The way the space between the hub and rim
Hummed with transparency. If you threw
A potato into it, the hooped air
Spun mush and drizzle back into your face;
If you touched it with a straw, the straw frittered.
Something about the way those pedal treads
Worked very palpably at first against you
And then began to sweep your hand ahead
Into a new momentum — that all entered me
Like an access of free power, as if belief
Caught up and spun the objects of belief
In an orbit coterminous with longing.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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LES LITANIES DE LA SOLITUDE (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




LES LITANIES DE LA SOLITUDE

O fille de l’orgueil et mère de la force,
Maitresse-vierge dont la voix est le silence,

O Palais des miroirs où se confronte l’âme,
Tour d’ivoire où les nuits même sont translucides,

Trône de la sagesse, Arche où font alliance
Les souvenirs fanés et les espoirs vivaces,

Etoile des matins et des molles vesprées
Qui luis, guidant cerveaux et coeurs comme des voiles,

Porte du ciel promis aux prunelles voyantes,
Firmament constellé des désirs et des rêves,

Vase spirituel et cassolette ardente
Où brûlent les parfums des plus rares pensées,

Rose mystique ouverte aux âmes idéales,
Grenade mûre offerte aux chairs passionnelles,

Festin où les esprits prédestinés s’enivrent
Jusqu’à trouver toute clarté dans leur ivresse,

Manne apaisante aux faims de Jésus et d’Orphée,
Vin qui fais les héros, Pain qui nourris les vierges,

Refuge des pécheurs, douce Consolatrice
Des affligés, Salut des infirmes, Viatique

Pour les marcheurs lassés par nos époques lourdes,
Fleuve d’oubli où les oublis mêmes s’oublient,

Soleil sur les glaciers de nos amours défuntes,
Pluie d’or sur les déserts de nos amitiés mortes,

Reine des saints et des martyrs et des poètes,
Reine des vraiment rois, reine des vraiment reines,

O Colombe, ô Vautour, inlassable couveuse
Des germes du génie humain et de ses fièvres,

Toi, la seule par qui les hommes
Trouvent l’entendement des célestes silences,

Accueille-nous, accueille-nous, ô Solitude !

(Pascal Bonetti)

Illustration: Tatiana Yushmanova

 

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Le sang des bêtes (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



Rafal Olbinski - (1)

Le sang des bêtes

Passait la chasse en ces forêts lointaines,
J’étais le cerf et j’étais le chasseur.
Saignait la chair, saignait le sang du monde
Et la musique atroce me baignait.

Je fus ce dieu chevauchant la forêt,
Moi l’homme pâle et l’homme translucide.
Cette victime à l’épieu se rendit
Mais un courant traversa tous mes membres.

Arbre et chasseur, biche parmi les branches,
Connaissez-vous ce chêne qui fut moi ?
La neige glisse et la chasse s’éloigne
En emportant mon silence et mon ombre.

(Robert Sabatier)

Illustration: Rafal Olbinski

 

 

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Le ciel est translucide (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



LE CIEL EST TRANSLUCIDE
Les cœurs sont hauts
Les monts ont des sources, les âmes des douleurs
L’heure est absente
Les lumières sont des passages transparents

Son ciel n’est pas lucide
Son cœur n’est pas
Pour lui les montagnes n’ont point de sources
Son heure s’écoule
Éternellement sans lumière et sans absence de
lumière.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Vladimir Kush

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