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Posts Tagged ‘volcanique’

Franchissons la Grande Horizontale (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

fleur cratère

Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

 

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Debout, tu as longtemps éclipsé le monde (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Debout, tu as longtemps éclipsé le monde,
dieu volcanique des commencements,
et tu l’as entraîné avec toi sous terre.
Il n’y a plus que des fantômes d’arbres,
le décor de ta ville au bord de la mer,
des flocons de couleur. Les enfants seuls
croient encore assez au monde pour jouer.
Parmi les racines, ton masque de sang
est devenu un masque de cristal
où je te revois faible, endormi, suivant de loin
le lent travail, dans la lumière sépulcrale,
de ton visage qui se recompose

(Jean-Pierre Lemaire)

 

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Femme tellurique (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017




Aux seins éruptifs
Aux flancs volcaniques
A la bouche comme un cratère
Au regard de lave ardente
Aux jambes de tempête
Aux cuisses de raz-de-marée
Au sexe d’atoll
Femme tellurique
Dont l’amour est une secousse sismique

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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Fleur séculaire (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2016



Sur le roc calciné de la dernière rampe
Où le flux volcanique autrefois s’est tari,
La graine que le vent au haut Gualatieri
Sema, germe, s’accroche et, frêle plante, rampe.

Elle grandit. En l’ombre où sa racine trempe,
Son tronc, buvant la flamme obscure, s’est nourri ;
Et les soleils d’un siècle ont longuement mûri
Le bouton colossal qui fait ployer sa hampe.

Enfin, dans l’air brillant et qu’il embrase encor,
Sous le pistil géant qui s’érige, il éclate,
Et l’étamine lance au loin le pollen d’or ;

Et le grand aloès à la fleur écarlate,
Pour l’hymen ignoré qu’a rêvé son amour,
Ayant vécu cent ans, n’a fleuri qu’un seul jour.

(José-Maria de Hérédia)

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ÉLOGE DU SOUFFLEUR (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



 

mer

ÉLOGE DU SOUFFLEUR
(pour John Coltrane)

à Mimi Lorenzini

Je pars d’un point
et je vais le plus loin possible
au plus loin des possibles
je prends une note
et je la transforme
en colonne sans fin
sans relâche et sans fin
je ménage des ouvertures
dans la peau du monde
des irruptions de jardins clos
des baies vitrées
dans la chair même du son
je joue les notes comme je les vois
je n’invente rien
je fais apparaître
les désordres fluides du vivant
les marbres tremblés du temps
jusqu’à resplendir
jusqu’à m’accorder
au mouvement perpétuel de la lumière
oui
j’attends que la lumière
se pose sur mes notes
comme un amant

comme un aimant
comme l’aimant des apparitions
là où tout palpite
au fond de l’infiniment sensible
où l’identité n’est
plus qu’un vacillement
pourquoi moi pourquoi toi
toutes les aubes viennent à ma bouche
toutes les aubes
respectent l’arc-en-ciel
je suis un argonaute du souffle

Je pars d’un point
et je vais toujours plus loin
j’avance le long de ma ligne de coeur
un peu Orphée un peu Faust
je passe à travers tous les cercles
naissances morts renaissances
s’en vont s’en reviennent
à chaque seconde de chaque solo
je traverse mille frontières
pour une liberté enfin déliée
pour un surcroît de bienveillance
j’absorbe tout
au velours de la vraie vie
au velours de la vraie nuit
j’accepte le chaos
dès lors qu’il apaise
dès lors qu’il irise
dès lors qu’il flamboie
je n’aime pas la redite

mais l’obsession
je métamorphose
je tourbillon
je vortex
je voudrais me réveiller
dans chacun de vos rêves
je voudrais vous faire entendre
les grands territoires de la solitude
chacune de mes notes met un mot
sur votre mélancolie
un mot un seul
un mot d’orage éblouissant
un mot minéral
un mot volcanique
en plein coeur du monde et
out of this world
écoutez-moi
j’ouvre un espace
j’ouvre l’espace même
mes trilles ont le pouvoir
d’effacer tous les maux
je suis un ange viril

Je pars d’un point
mais quel est ce je
qui part d’un point
mon je n’est pas un je
c’est un vrai jeu un grand jeu
un je qui joue qui noue et dénoue
un je-nous un je-monde
un je immensément collectif
inconditionnel
un je qui n’est que musique
je suis une pensée qui chante
inexorable
une pensée sonore
qui ne cesse de s’élever
une pensée qui sature votre coeur
d’une douceur rugueuse
une pensée qui bruit à chaque instant
n’attendez pas de mourir
pour écouter vraiment vos étoiles internes
n’attendez pas de mourir
pour donner naissance
au meilleur de vous-même
mille roses ouvertes dans le vide
a love supreme
un amour à jamais suprême
pour parler de la constellation des âmes
reconnaissance
accomplissement
voilà tout le baume de ma véhémence
je suis un descendant de ces hauteurs
où pense la lumière
tout n’était que son
et j’étais au milieu du son
jamais je n’ai joué
sans tout donner
jamais je n’ai joué sans vous aimer
je suis le sourire du déluge

(Zéno Bianu)

Illustration

 

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OURAGAN D’ISLANDE (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2015



OURAGAN D’ISLANDE

Pas un tremblement de terre, mais des secousses célestes.
Turner aurait pu les peindre, une fois amarré.
Un gant solitaire venait de passer, en virevoltant, à des kilomètres de sa main.
Je peux me frayer un chemin dans ce vent contraire, jusqu’à cette maison de l’autre côté du champ.
J’ondoie dans l’ouragan. Je passe aux rayons X, le squelette remet sa lettre de démission.
La panique augmente, alors que je louvoie, que je chavire,
je chavire et je me noie sur la terre ferme!
Que cela pèse lourd, tout ce que soudain je dois porter,
qu’il est pénible pour un papillon de remorquer une péniche !
Enfin arrivé. Un dernier corps-à-corps avec la porte.
Et dedans maintenant. Dedans maintenant. Derrière la grande baie vitrée.
Quelle curieuse et grandiose invention que le verre –
de pouvoir être tout près, sans être concerné…
Dehors, une horde de sprinters diaphanes
s’élance, en grand format, sur la plaine volcanique.
Mais je n’ondoie plus. Je suis assis derrière le verre,
immobile, comme mon propre portrait.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: William Turner

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