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Poésie

Posts Tagged ‘apparaître’

L’ETRANGERE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



Belle étrangère
tu m’apparais
en rêve
dans mon sommeil
et mes lèvres
cherchent les tiennes
mais au réveil
la tristesse m’oppresse
car tu me laisses
solitaire sur la terre
de mes ancêtres
dans cette chaumière
perdue au milieu
des fougères et des bruyères
d’un lieu mystérieux.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Jean-Michel Pucci

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La poésie te trouve (Títos Patríkios)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    
La poésie te trouve

La poésie vient te trouver en vélo, en mobylette, en voiture
parfois elle arrive comme une amazone le glaive dressé
parfois elle te suit à la sortie du supermarché comme une mendiante en haillons
elle t’entraîne telle une porno-star dans les abysses imaginaires
elle te rappelle à l’ordre comme un directrice de maison de redressement
elle t’apparaît dans les tréfonds du sommeil telle une vierge immaculée
(…)

(Títos Patríkios)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Sur la barricade du temps
Traduction: Traduit du grec par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis
Editions: Le Temps des cerises

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Qu’on brise la forme où le langage s’est englué Ghérasim Luca)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2021




Ghérasim Luca    
    

Qu’on brise la forme où le langage s’est englué
et de nouvelles relations apparaissent :
la sonorité s’exalte, des secrets endormis
surgissent, celui qui écoute est introduit dans un monde de vibrations
qui suppose une participation physique, simultanée…

(Ghérasim Luca)

 

Recueil: Ne pas détacher le vide du sol
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉPITAPHE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
ÉPITAPHE

Ils moururent de l’épidémie, les meilleurs : les uns,
la peste les emporta; d’autres, la grippe que l’on
appela espagnole ; et il y eut ceux de la
danse de Saint-Guy ; ceux de la lèpre, ceux de la
phtisie, galopante ou non. Et cela, quand
ils ne se tiraient pas un coup de feu dans la tête, ne se
pendaient pas à un réverbère, ne se jetaient pas
dans le fleuve. Il y eut encore ceux qui cessèrent
d’écrire; ceux qui burent jusqu’à perdre
la raison ; ceux qui, purement et simplement,
renoncèrent sans explication. Comme si
la vie dépendait de si peu —
des lignes griffonnées sur du papier brouillon,
des phrases qui pouvaient rimer ou non,
des pensées… qu’ils auraient pu
garder pour eux-mêmes. Cependant,
quand je les lis, je comprends leur
désespoir. La beauté n’apparaît pas
tous les jours aux yeux d’un homme;
la perfection ne paraît pas toujours
une chose de ce monde. Oui :
je monte les escaliers jusqu’en haut,
d’où l’on voit la ville, bien que
le temps soit à la tempête. Que
se passe-t-il, en cet instant, sous
ces toits ? Quelle épidémie, plus
subtile, saisit au sol ceux qui,
naguère encore, rêvaient de s’envoler?

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Le regard (Robert Roman)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2021




    
Le regard
Apparaît
Loin
Derrière l’oeil

(Robert Roman)

 

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Pensées Ultérieures
Traduction:
Editions: Le Contentieux

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Aux arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Tout ce qui apparaît (Dalaï-Lama IIème)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2021



 

Tout ce qui apparaît n’existe pas vraiment
de la manière dont nous le percevons.
Ce sont simplement des images vides.
Nous sommes autant abusés sur leur mode d’existence véritable
qu’une personne trompée par les tours d’un magicien.

(Dalaï-Lama IIème)

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En chemin, une impulsion (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020



Illustration: Koho Shoda 
    
En chemin, une impulsion,
je n’irai pas travailler,
aujourd’hui encore j’irai flâner au bord du fleuve.

***

(Ishikawa Takuboku)

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Bien que j’aie fermé les yeux (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
Bien que j’aie fermé les yeux,
rien ne m’est apparu.
Tristement, à nouveau, je les ouvre.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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LE PRINTEMPS (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
LE PRINTEMPS

Le soleil retourne à de nouvelles joies,
Le jour apparaît avec des rayons, comme la floraison,
L ‘ornement de la Nature se révèle à soi dans les coeurs,
Comme se sont élevés chant et mélodies.

Le monde nouveau vient du fond des vallées,
Et sereine est l’heure matinale au printemps,
Depuis les hauteurs brille le jour, la vie du soir
Est donnée aussi à la contemplation du sens intérieur.

***

DER FRÜHLING

Die Sonne kehrt zu neuen Freuden wieder, Der
Tag erscheint mit Strahlen, wie die Blüte, Die
Zierde der Natur erscheint sich dem Gemüte,
Als wie entstanden sind Gesang und Lieder.

Die neue Welt ist aus der Tale Grunde,
Und heiter ist des Frühlings Morgenstunde,
Aus Höhen glänzt der Tag, des Abends Leben
Ist der Betrachtung auch des innern Sinns gegeben.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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