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Poésie

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Sonnet III (Louise Labé)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2022



Illustration: Domenico Ghirlandaio

Louise Labé
    
Sonnet III

Ô longs désirs, ô espérances vaines,
Tristes soupirs et larmes coutumières
A engendrer de moi maintes rivières,
Dont mes deux yeux sont sources et fontaines !

Ô cruautés, ô duretés inhumaines,
Piteux regards des célestes lumières,
Du cœur transi ô passions premières,
Estimez-vous croître encore mes peines ?

Qu’encor Amour sur moi son arc essaie,
Que nouveaux feux me jette et nouveaux dards,
Qu’il se dépite, et pis qu’il pourra fasse :

Car je suis tant navrée en toutes parts
Que plus en moi une nouvelle plaie,
Pour m’empirer, ne pourrait trouver place.

(Louise Labé)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



    

EMMAÜS

Le soleil du soir en été calme le jeu
de la mort qui plante son dard
partout, dans la sueur et l’écrasement
de midi. Au ras de l’herbe sans bruit,

la coccinelle fait une dernière promenade
tandis que les autos passent en douce
de petites médailles jaunes au revers
de la colline qui se déshabille.

Assis, tu contemples tes pieds nus,
désormais affranchis des sentes et détachés
de toi, comme ces inconnus qui ont porté
la charge du jour et qui demandent

pourquoi, s’il faut mourir encore.

(Guy Goffette)

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE SABLE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2020



Illustration: Oleg Zhivetin
    
LE SABLE

Son grain tiède glisse entre les doigts telle une caresse,
Ainsi a glissé sur mon âme le doux sourire d’Aïcha.
Mille autres sourires ont passé sur mon âme.
L’un y a fait une brûlure ; l’autre y a laissé un dard.
Où retrouver, dans le désert de ma vie,
Le grain de sable qui fut le sourire d’Aïcha ?

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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DÉSALTÉRER (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020


 


Leonor Fini   La-Serrure-1965-Leonor-Fini [1280x768]

 

DÉSALTÉRER

Ô toi corps fléché de questions
que cherches-tu que cherches-tu ?
qui peut prétendre dévoiler l’énigme
des temps et fins de l’univers?

Croyant avancer tu t’obstines
dans cette quête sans issue
ton pied s’enfonce dans les sables
vulnérable au dard des scorpions

Loin de la pollution des sources
tu brûles de boire de cette eau pure
qui irrigue l’arbre de vie
et avive la soif d’aimer

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: Leonor Fini 

 

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Qu’est-ce que le regard? (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2020



oeil [1280x768]

 

Qu’est-ce que le regard?

Un dard plus aigu que la langue
la course d’un excès à l’autre
du plus profond au plus lointain
du plus sombre au plus pur

un rapace

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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HYMNE AUX BLONDES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



HYMNE AUX BLONDES

Voici les blondes qui sortent du fourré,
elles mourront un jour
mais bien avant pourriront
les liserons dont elles se couronnent ;
l’une piqua son bras à l’épine
et suce le sang de sa blessure,
mais qui ne trouverait
sur le corps du plus fin grain
la trace de mille blessures légères
et l’infime brisure dans la ramure d’un sein.
Blondes, il faudrait vous coucher
dans le lit asséché des rivières
avec de grosses roses et des fleurs de genêt
et puis vous entourer d’abeilles
ayant perdu leur dard dans l’assouvissement des vengeances.

(Jean Follain)

Illustration: Françoise Martin-Marie

 

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L’amour ne brûle plus (Honoré d’Urfé)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Alexander Sulimov _1282074920

L’amour ne brûle plus, ou bien il brûle en vain ;
Son carquois est perdu, ses flèches sont froissées,
Il a ses dards rompus, leurs pointes émoussées,
Et son arc sans vertu demeure dans sa main.

Ou, sans plus être Archer d’un métier incertain,
Il se laisse emporter à plus hautes pensées,
Ou ses flèches ne sont en nos coeurs adressées,
Ou bien, au lieu d’amour, nous blessent de dédain.

Ou bien, s’il fait aimer, aimer c’est autre chose
Que ce n’était jadis, et les lois qu’il propose
Sont contraires aux lois qu’il nous donnait à tous.

Car aimer et haïr, c’est maintenant le même,
Puisque pour bien aimer il faut être jaloux.
Que si l’on aime ainsi, je ne veux plus qu’on m’aime

(Honoré d’Urfé)

Illustration: Alexander Sulimov

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Maligne Abeille (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


abeille pollinise dactilo

Si tu devais venir à l’Automne,
Je chasserais l’Eté,
Sans souci et sans merci, comme
De la cuisine, une Mouche.

Si dans un an je pouvais te revoir,
Je roulerais les mois en boules –
Et les mettrais chacun dans son Tiroir,
De peur que leurs nombres se mêlent –

Si tu tardais quelque peu, des Siècles,
Je les compterais sur ma Main,
Les soustrayant, jusqu’à la chute de mes Doigts
En Terre de Van Diemen.

Si j’étais sûre que, cette vie passée –
La tienne et la mienne soient –
Je la jetterais, comme une Peau de fruit,
Pour mordre dans l’Eternité –

Mais, incertaine que je suis de la durée
De ce présent, qui les sépare,
Il me harcèle, Maligne Abeille –
Dont se dérobe – le dard.

(Emily Dickinson)

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Le chat (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.

(Baudelaire)

Illustration: chatons nés samedi 13 Mars

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Le Chat (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le Chat

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de ton corps brun.

(Charles Baudelaire)

Illustration: ArbreaPhotos

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