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Poésie

Posts Tagged ‘pointe’

HIER FUT LA FIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
HIER FUT LA FIN

Hier fut la fin le chaos
l’indiscernable. Mais
de l’horreur naquit le passage entre
les blocs.
Vint le frisson
secouant les rafales
soubresauts de l’obscur.
S’avança le silence
ordonnateur inventeur
de pauses, d’oublis souverains.
Il fut permis de voir d’entendre
d’accéder aux cimes froides
où clame la clarté
où tout commence
avec la pointe et l’éclair
le rythme et la faux le secret
la fuite joyeuse des temps, le cruel
message à déchiffrer
puis à déchirer à jeter,
le peu à peu le bientôt
le jamais encore
l’ombre aux abois le peut-être
les lueurs
futures
le feu qui grandit
le souffle

porteur de la parole.

Mais c’est le souffle aussi
qui saura seul
éteindre tout
pour rendre à la Nuit
son empire.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Secret de ton regard (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Vito Russotto
    
Secret de ton regard, ô souple
Source, enveloppe de soie
De ton regard dans l’eau des rêves
Goutte, cristal et la buée
De ta pudeur à l’aiguille d’ombre
Fouillant l’envers de ton visage

Secret de clairière, opaline
À luire à la lune et l’iris
À pointes de feu, l’ouverture
Du néant où je viens nager

Quand je plonge au puits de ton œil
Au centre, regard en miroir
D’un songe à jamais sans sommeil
Dans la nuit originelle

Secret de ta gloire enfouie
Dans la terre légère des morts
Si je la rejoins sous ton règne
Bénéfique ô fée
Morgane
Et l’empire enfin des sorts
A refermé les ravines
La nuit dans ses plis de suie

(Jacques Chessex)

 

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Avec quelle délectation (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Juan Ramón Jiménez

Avec quelle délectation, Oeuvre,
je te contiens en mon étreinte magistrale,
quoique tu me blesses, implacable,
de tes mille pointes libres d’or et de feu !

***

¡Con qué deleite, Obra,
te contengo en mi abrazo majistral,
aunque me hieres, implacable,
con tus mil puntas libres de oro y fuego!

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

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L’invisible main du vent (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




L’invisible main du vent effleure la pointe des herbes,
Quand on le sent solitaire, dans les interstices du rêve,
Rouges primulacées, marguerites dorées
Et petites fleurs bleues qui, par brassées, naissent ici.
N’ayant personne à aimer, ni la vie que je veux, j’accepte
Que sur moi comme sur les herbes un vent ténu vienne souffler,
Puis les laisser revenir à ce qu’elles furent. Ainsi,
Un désir également sur moi souffle inutilement
Les tiges des intentions, les pétales de qui m’aime
Et tout revient à cela qu’il était
Auparavant : rien ne m’arrive.

(Fernando Pessoa)

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Toutes ces absences (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Toutes ces absences
qui ont uni leur faisceau en une pointe unique
qui m’a crevé l’esprit.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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L’aveugle (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
L’aveugle

J’ai vu tes filles,
Dieu des armées
Et tout de suite j’ai aimé leurs yeux de brume
J’ai aimé leur chevelure de fougère nocturne
Et l’odeur de la menthe des ruisseaux à leurs tempes

J’ai respiré tes filles, ô Éternel
J’ai bu les gouttes de sueur à leur aisselle
La poussière de l’été à leur cou
J’ai bu leurs larmes à leurs paupières

J’ai mangé tes filles, Dieu jaloux
J’ai tenu la pointe de leurs seins entre mes lèvres
J’ai tenu leur pulpe entre mes dents
J’ai pressé ma bouche sur leur bouche noire et sur leur bouche blanche
J’ai happé le serpent charnu de leur langue avec ma langue

Maintenant je suis vieux et je suis aveugle, Dieu vainqueur
Je n’ai plus ma force d’arbre et mes mains tremblent
Que me reste-t-il de tes filles innombrables ?
Que me reste-t-il de leur rire sous mes doigts morts?

Le calviniste

(Jacques Chessex)

 

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Ombres (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration
    
Ombres

Si j’ouvre ton corsage
je retrouve dans l’ombre
dans l’odeur d’un feuillage
ces deux lourdes oranges
je me souviens des branches qui pliaient
de l’horizon marin qui tournait sous la route
de cet ancien miroir d’une mer en automne
tout piqué d’îles
des îles noires comme tes pointes
terres seins oranges
en paix en naissance
en renaissance dans ma chance
mon corps d’oranges d’îles et de mer.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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La poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2018



 

Adrian Chesterman 3

La poésie – par des voies inégales et feutrées –
nous mène vers la pointe du jour,
au pays de la première fois.

(Andrée Chedid)

Illustration: Adrian Chesterman

 

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A la pointe d’une pyramide (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
A la pointe d’une pyramide,
un souvenir rencontre un sourire.

Comment se voir,
s’entendre ? — disent-ils.

M’aperçois-tu ?
— M’écoutes- tu ?

C’est inutile. C’est inutile !

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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LA VOIX (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA VOIX

Ah ! cette cantatrice:
sa voix l’élevait sur la pointe de l’orteil.
Elle ne pesait plus et se maintenait très bien,
je l’ai dit, sur la pointe de l’orteil.
Un soir elle chanta plus fort, monta dans les airs
et on ne la revit jamais.

(Norge)

 

 

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