Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘arbre’

SOLEIL PÂLE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
SOLEIL PÂLE

De pâles rayons brillent
Nourrissant quelques fleurs
Ficaires pâquerettes et puis ce brin de vert
Sur l’aubépine
De la haie jonchée de feuilles mortes

Ces hérauts disent
Que le printemps vient à grands pas
Et l’écolier qui les remarque
Gaspille une heure buissonnière
Contre la vieille haie du clos

Cueillant les pâquerettes
Et les fleurs de ficaire
Heureux du renouveau et de tout ce qu’il voit
Il ouvre son manuel
Pour y cacher ses fleurs

Les ombres accusées
Noires au pâle soleil
Gisent le long du jour blafard
Telles de noires souches sous les haies
Et sous les arbres nus que le vent berce

Il fait glacial mais bon —
Au fond de la haie qu’ourle
Une brune litière de feuilles mortes laissées
Par la saison dernière
La fauvette patiente

Tremblant de l’aile et gazouillant
Sa bienvenue aux pâles rayons
Qui percent — et là, plus loin
Fait de mousse verte
Le nid se montre avec ses oeufs bleu vert

Tout promet le printemps et chaque jour
De vertes et de plus vertes haies
Auprès comme au loin apparaissent
Ce n’est que Mars pourtant
Oui mais ce Mars c’est le printemps

***

THE PALE SUN

Pale sunbeams gleam
That nurtur a few flowers
Pilewort & daisey & a sprig o’ green
On whitethorn bushes
In the leaf strewn hedge

These harbingers
Tell spring is coming fast
& these the schoolboy marks
& wastes an hour from school
Agen the old pasture hedge

Cropping the daisey
& the pilewort flowers
Pleased with the Spring & all he looks upon
He opes his spelling book
& hides her blossoms there

Shadows fall dark
Like black in the pale sun
& lye the bleak day long
Like black stock under hedges
& bare wind rocked trees

Tis chill but pleasant —
In the hedge bottom lined
With brown seer leaves the last
Year littered there & leftt
Mopes the hedge sparrow

With trembling wings and cheeps
Its welcome to pale sunbeams
Creeping through — & further on
Made of green moss
The nest & green-blue eggs are seen

All token spring & everyday
Green & more green hedges & close
& everywhere appears —
Still tis but March
But still that March is Spring

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Quand fredonne en mon sang (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




Illustration: Fanny Verne
    
Quand fredonne en mon sang
le froissement des arbres

cependant que je cherche
au plus profond enfouie
l’image d’un amour
et ses jeunes saisons

j’accueille d’un même souffle
à chacun de mes pas
l’entêtement de vie
l’érosion de la mort.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Vois cet arbre sans nom (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
Vois cet arbre sans nom à présent dépouillé
noir et nu tel un épouvantail
il tremble dans l’orage et le vent,
trait dérisoire sur l’horizon d’hiver.

Ainsi devient cette lucide liberté
cette jeunesse dont nous disions l’avènement.
Ô lumière n’étions-nous au sortir des ténèbres
qu’une cohorte de naïfs hallucinés ?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une fois plus tard je parlerai de quelque chose de beau (Agota Kristof)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Agota Kristof
    
Une fois plus tard je parlerai
de quelque chose de beau
de douces choses tendres
avec une imperceptible tristesse
un soir quand le ciel se remplira de beauté
quand les maisons se feront grises
et tout sera brouillard

Là sous la pluie
parmi les maisons monochromes
je parlerai de l’empire
des feuilles d’automne
car il sera octobre

Derrière le brouillard
vous vous taisez
le col relevé
les mains frileuses dans les poches
sans lumière comme l’ombre

Et la pluie glisse sur nos têtes nues
sous nos cols
douce tendre pluie
tombe sur les maisons sur les arbres
et le ciel devient toujours plus beau

Et la beauté descendra sur vous
avec une imperceptible tristesse
et vous comprendrez que dorénavant
ce sera toujours l’automne

(Agota Kristof)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Clous : Poèmes hongrois et français
Traduction: Maria Maïlat
Editions: Zoé

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Le plus proche (Kiki Dimoula)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Le plus proche

Encore ignorants du monde semble-t-il
et de ses lois, de jeunes oiseaux
malgré tout déjà fatigués
car les ailes ne sont pas un bienfait
un privilège sans chute
me demandent à moi, qui ça moi,
où se trouve la branche la plus proche
pour se poser.
N’importe quoi. Si je savais
où se trouve le Plus Proche
et qu’il existe un comparatif
pour le Proche inexistant,
je courrais l’attraper la première,
tout entier sans partager,
et les oiseaux les priorités la justice
pourraient tous crever
– solidarité, branches cassées.
Ils n’ont qu’à demander, ces oiseaux
à la grande Expérience
pour entendre ce qu’elle m’a dit à moi
lorsque abattue par une fatigue sans ailes
je lui demandais pour me poser où se trouve
l’arbre le plus proche.
N’importe quoi, a ricané
la grande Expérience : si je savais
où se trouve le Plus Proche
je sauterais dessus la première,
pour l’avoir tout entier sans partage,
et toi tu pourrais crever
car l’arbre le plus proche
c’est ta mort et ma vie.

(Kiki Dimoula)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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A toi mon Arbre (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



A toi mon Arbre

merci, de par ta magie de me montrer que tu m’aimes bien
de ta présence en ma vie, au hasard de mes chemins
de ta patience entourant mon âme quand vers toi je viens

merci, de ton écoute lorsque je te confie tous mes chagrins
de ta générosité m’offrant ton écorce, tes fruits, aux creux de mes mains
de ta puissance surnaturelle, me donnant la force d’aller vers demain

merci, de me partager tes secrets alliant force et sortilèges de grand magicien

(Anonyme)

Illustration: Karen L’Hemeury

 

 

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JE DONNE LA PAROLE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



JE DONNE LA PAROLE

Je donne la parole aux murs
Je veux les vents heureux
Aussi les gens les arbres
Peut-être aussi le Mal
Il me reste des joies de dieu
Mon grand moment c’est l’aube quand
D’une allumette sous le gaz
Je remets en marche mon sang
Seul au monde et qui le sait bien
Et qu’il n’arrivera plus rien
Qu’organiques paronomases
Et puis revient la mésange
Interchangeable comme moi
Mais qui l’ignore
Partager le pain blanc qui me tient lieu d’espoir.

(Jean Rousselot)

 

 

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Si c’est oui, espère ! (Maurice Bourg)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




Librement, dans l’épaisseur de la terre,
l’extase de l’arbre, de l’oiseau, de la fleur.
Le chant devient l’oiseau qu’il désire.
La fleur, le soleil même qu’elle efface.
Tout chant, toute fleur, à volonté changera d’oiseau, de soleil.

Que nul ne se fige sur le roc !
mais que la fleur se fasse chant, le soleil,oiseau.

Si c’est oui, espère !

*

Il faudra pourtant bien la partager
cette tendresse propre aux feuilles naissantes.
Ce baiser chlorophyllé.
Ce grand spasme de feu et d’eau.

L’instant du bourgeon, du fruit.
L’aube de l’arbre.

A lire comme une fête, à vivre sans comprendre.
Tout le corps fait nuit pour mieux absorber la verte lumière.
Seul, en cette branche extrême, et pourtant l’autre.

(Maurice Bourg)

Illustration: James LeGros

 

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IL FAUT À CONFLANS ALLANTS ET VENANTS (Jean-Charles Michel)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018




IL FAUT À CONFLANS
ALLANTS ET VENANTS

Le quai, les arbres et l’Église,
Dans la brume de février,
Prennent des airs d’île promise,
Jette l’amarre, marinier.

Il est loin le temps des cerises,
Saurons-nous encor le goûter,
Et le bois des trousse-chemises
Refleurira-t-il cet été ?

Ne poussez plus, je vois la traîne
Longue des chalands de jadis
Quand l’herbe mangeait le parvis

Des retrouvailles de la Seine,
Avecque l’Oise couronnée
Du Pont Eiffel dans la fumée.

(Jean-Charles Michel)

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Chaque caillou (Léonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018




    
Chaque caillou

Chaque caillou rêve de lui-même
Chaque feuille a un projet
Le soleil a le désir
de voyager sur un rayon
Vaincu je ne peux offrir
mon coeur à la paix sainte
parce que je rêve de chaînes
et je rêve de liberté

J’ai dit cela au prisonnier
qui a tué celui que je hais
J’ai dit cela au mineur qui
a extrait mon assiette d’or
Ainsi je vis en enfer
car je rêve que l’enfer est
la distance que j’ose mettre
entre ma main et la sienne

J’ai rêvé de mon corps cette nuit
J’ai rêvé de l’univers
J’ai rêvé j’ai rêvé un millier d’années
afin de répéter
les sept jours des merveilles
quand, tiré de la brume
j’étais vêtu de nudité
et souffrais d’exister

J’ai rêvé qu’on me donnait une chanson
comme seule preuve
que ma vraie demeure avec toi
n’a ni poutres ni chevrons
ni fenêtres pour voir au-dehors
ni miroirs pour voir au-dedans
ni chansons pour en sortir
ni mort pour commencer

O mon enfant voici ton rêve humain
voici ton sommeil humain
et ne désire pas tant grimper
loin de ce qui est sain et profond
J’aime le rêve que tu as commencé
sous l’arbre toujours vert
J’aime le caillou et le soleil
et tout ce qui se trouve entre eux

Et pour cette conversation
dans la première lumière de l’aube
J’offre ces jours mesquins
qui s’effilochent sous tes yeux
Et je ne sais combien de jours
passeront avant ma délivrance
et ce qui restera de cette chanson
que tu as mise sur la langue de ta créature

(Léonard Cohen)

 

 

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