Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘arbre’

MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES

Un désordre d’arbres noirs
et les rayons fumants de la lune.
Là où la chaumière a coulé
et semble être sans vie.

Jusqu’au murmure de la rosée matinale
quand un vieillard ouvre
– d’une main qui tremble –
la fenêtre pour lâcher un grand duc.

Et dans une autre aire du vent
la construction nouvelle fume
avec un papillon de draps lavés
qui volette à l’angle

au milieu d’une forêt moribonde
où la décomposition lit
dans ses lunettes de sève
le compte-rendu des coléoptères.

Été aux pluies de blé mûr
ou un seul nuage d’orage
Des voix affolées, des visages
volent dans les fils du téléphone
avec des ailes rapides mutilées
par-dessus les milles des marécages.
au-dessus d’un chien qui aboie.
Le grain rue dans la terre.

La maison sur une île du fleuve
qui couve ses premières pierres.
Une fumée constante – on brûle
les documents secrets de la forêt.

La pluie retourne dans le ciel.
La lumière serpente dans le fleuve.
Les maisons du précipice surveillent
les boeufs blancs de la cascade.

Automne avec une ligue d’étourneaux
qui tiennent l’aube en échec.
Les hommes ont la démarche raide
au théâtre de l’abat-jour.

Faites-leur toucher sans crainte
les ailes camouflées
et l’énergie de Dieu
enroulée dans l’obscurité.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Cherche (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018


 


 

Cherche ce qui en toi équivaut aux racines
de l’arbre — nouées, boueuses, invisibles
nourricières. Et tiens tout cela obscur, enfoui,
à l’oeuvre.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Valérie Barcelo

 

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Mon arbre à moi (Christian Poslaniec)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2018



Mon arbre à moi

Lorsque je le caresse,
Mon arbre apprivoisé
Se dresse
Sur la pointe des feuilles
Dans le vent.

Alors moi je lui cueille
Un bouquet d’oiseaux blancs
Et il remue la tête
Heureux
En souriant
D’un grand rire d’écorce
Pour me faire la fête.

(Christian Poslaniec)

 

 

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Ivre sous les fleurs (Li Chang-Yin)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018




    
Ivre sous les fleurs

De parfum en parfum,
un nuage d’ivresse m’a surpris.
Endormi contre un arbre,
au soleil qui penchait,
Je m’éveille au fond de la nuit:
mes amis sont partis.
Qu’une bougie rouge allume encore
le charme des fleurs ultimes.

(Li Chang-Yin)

Recueil: La montagne vide Anthologie de la poésie chinoise (IIIè – XIè siècle)
Traduction: Patrick Carré et Zéno Bianu
Editions: Albin Michel

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Nous la voyons visible et réelle, la beauté incarnée (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



anget

Hommage aux anges
[19]

Nous la voyons visible et réelle,
la beauté incarnée,

comme aucun prêtre d’Astoroth
ne pouvait la contraindre

avec de l’encens
et des charmes puissants ;

nous n’avons pas demandé de signe
mais à nous elle a offert un signe ;

scellé du sceau de la mort,
nous ne voulions pas la supplier

mais nous nous sommes préparés à l’enterrement ;
elle a alors placé un arbre carbonisé devant nous,

brûlé et frappé au coeur ;
était-ce une aubépine ou un pommier ?

***

We see her visible and actual,
beauty incarnate,

as no high-priest of Astoroth
could compel her

with incense
and potent spell;

we asked for no sign
but she gave a sign unto us;

sealed with the seal of death,
we thought not to entreat her

but prepared us for burial;
then she set a charred tree before us,

burnt and stricken to the heart;
was it may-tree or apple?

(Hilda Doolittle)

 

 

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Ici Ailleurs (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



On est ici
On monte dans un train
On regarde passer des arbres
On descend
On est ailleurs

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Paul Delvaux

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Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Hans Baldung Grien (8)

Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté,
Le beau fruit qui enivre
D’orgueil, et je vis !
Je l’ai goûté de mes lèvres
Le fruit délicieux de vertige infini.
Mon âme chante, mes yeux s’ouvrent,
Je suis égale à Dieu !

Un autre monde de beauté
S’étend devant mes rêves ;
De toutes choses sur la terre se lèvent
De nouvelles clartés.
Ah ! tout n’était qu’illusion humaine,
Et songes décevants !
Pour la première fois je vois et je comprends,
Comme Dieu même.

Ah ! qu’en la paix de l’Eden il repose,
L’arbre miraculeux de lumière et de vie,
Où je devais trouver la mort !
Pas un frisson dans ses feuilles ravies.
Avec quel sourire de calme bonheur,
Il respire l’air empourpré du soir !
Et voici qu’à la place où furent ces fruits d’or,
Les rameaux innocents se sont couverts de roses.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Hans Baldung Grien

 

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Nous rendons grâces (Chant Iroquois)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



chef iroquois [800x600]

Nous rendons grâces à notre mère la terre, qui nous soutient.
Nous rendons grâces aux rivières et aux ruisseaux qui nous donnent l’eau.
Nous rendons grâces à toutes les plantes qui nous donnent les remèdes contre nos maladies.
Nous rendons grâces au maïs et à ses soeurs les fèves et les courges, qui nous donnent la vie.
Nous rendons grâces aux haies et aux arbres qui nous donnent leurs fruits.
Nous rendons grâces au vent qui remue l’air et chasse les maladies.
Nous rendons grâces à la lune et aux étoiles qui nous ont donné leur clarté après le départ du Soleil.
Nous rendons grâces à notre grand-père Hé-no, pour avoir protégé ses petits-enfants des sorcières et des reptiles, et nous avoir donné sa pluie.
Nous rendons grâces au Soleil qui a regardé la terre d’un oeil bienfaisant.
Enfin, nous rendons grâces au Grand Esprit en qui s’incarne toute bonté et qui mène toutes choses pour le bien de ses enfants.

(Chant Iroquois)

 

 

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EMAIN LA TERRE DES FEES (Poésie Irlandaise)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



bran [800x600]

EMAIN LA TERRE DES FEES

Voici une branche pommier d’Emain
que je t’apporte, semblable aux autres ;
elle a des rameaux d’argent blanc
et des sourcils de cristal avec des fleurs.

C’est en une île lointaine,
tout autour brillent les chevaux de mer
dans leur course avec l’écume des vagues ;
quatre piliers supportent cette île,

des piliers de bronze la supportent,
brillant à travers des siècles de beauté,
jolie terre à travers les siècles du monde
où maintes fleurs jaillissent.

Parmi les fleurs est un vieil arbre
où les oiseaux chantent les heures
en grande harmonie car ils savent
chanter ensemble à chaque heure du jour.

Des splendeurs de toute couleur brillent
dans la plaine aux jolies voix,
la joie rayonne et on écoute
des musiques dans la plaine de la Nuée d’Argent.

Inconnues sont la douleur et la traîtrise,
ni chagrin, ni deuil, ni mort,
ni maladie, ni faiblesse,
voilà le signe d’Emain.

Beauté d’une terre merveilleuse
dont tous les aspects sont aimables,
en un étrange pays
où la brume est incomparable.

Il y a trois fois cinquante îles lointaines
dans l’océan vers le couchant,
plus grande qu’Erin deux fois
est chacune d’elles ou trois fois.

C’est la terre de bonté
où pleuvent les cristaux et les pierres de dragon,
la mer jette la vague contre terre,
les cheveux de cristal de sa crinière.

Des chariots d’or dans la plaine de la mer
s’élèvent avec le flot vers le soleil,
il y a des chariots d’argent dans la plaine des Jeux
et des chariots de bronze sans défaut.

Des coursiers d’or jaune sont sur la rive,
d’autres encore de couleur pourpre,
d’autres avec de la laine sur le dos,
de la couleur du ciel tout bleu.

Au lever du soleil viendra
un bel homme illuminant les plaines,
il chevauche l’étendue battue des flots,
il remue la mer jusqu’à ce qu’elle soit de sang.

Une armée viendra par la mer claire,
vers la terre elle navigue,
les rameurs s’élancent vers les rochers
d’où s’élèvent cent refrains.

C’est un jour d’éternel beau temps
qui verse de l’argent sur les terres,
une falaise blanche bordant la mer
qui reçoit la chaleur du soleil.

Là sont le bonheur et la santé
sur la terre où résonnent les rires,
en la très calme terre, en toute saison,
est la joie qui dure toujours.

Emain, étonnante en face de la mer,
qu’elle soit proche, qu’elle soit lointaine,
où sont des milliers de femmes étranges
que la mer claire entoure.

La Navigation de Bran, fils de Febal.

(Poésie Irlandaise)

 Illustration

 

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Je me penche (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Je me penche, feuillage, je me retourne, oiseau.
Je me perds, eau glacée, je me trouve, arbre vert.
Je m’enfuis, silence, je retombe, pluie de flammes.
Je m’endors, humiliée, je m’éveille, solennelle.
Je me penche, menteuse, je me lève, danseuse.
Mon ombre dans tes yeux
fait des pieds et des mains

(Paul Nougé)

Illustration: Elizaveta Porodina

 

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