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Poésie

Posts Tagged ‘arbre’

Le garçon de Liège (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2020



Le garçon de Liège

Un garçon de conte de fée
M’a fait un grand salut bourgeois
En plein vent, au bord d’une allée,
Debout sous l’arbre de la Loi.

Les oiseaux d’arrière-saison
Faisaient des leurs malgré la pluie
Et prise par ma déraison
J’osai lui crier : « Je m’ennuie. »

Sans dire un doux mot de menteur
Le soir dans ma chambre à tristesse
Il vint consoler ma pâleur.
Son ombre me fit des promesses.

Mais c’était un garçon de Liège,
Léger, léger comme le vent
Qui ne se prend à aucun piège
Et court les plaines de beau temps.

Et dans ma chemise de nuit,
Depuis lors quand je voudrais rire
Ah ! beau jeune homme je m’ennuie,
Ah ! dans ma chemise à mourir.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Louis Treserras 

 

 

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Maman m’aime (Gilles Brulet)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



 

John-George Brown -the-swing

Maman m’aime

Maman m’aime
M’assied sur la balançoire
Me pousse
Très doucement
A la manière des mamans
Les arbres se balancent avec moi
La terre aussi
Ornée d’une écharpe de vent
J’entre fleur vivante
Dans la couleur du ciel.

(Gilles Brulet)

Illustration: John George Brown

 

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AUBE DE L’ESPOIR (Anna Keiko)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2020



Illustration: Lucie Llong   
    
AUBE DE L’ESPOIR

La lumière de l’aube
efface les traces de la nuit
implacable le temps s’écoule
j’aimerais pourtant qu’il s’arrête
telle une photo fixée sur la lentille de la caméra
car aussi précieux que le fruit de l’arbre est l’amour
semblable à la lune qui s’élève la nuit
c’est ainsi que tu es, mon amour, quoi qu’il arrive
où que tu sois, je te garde en mon cœur
depuis que je t’aime mon monde a changé
parce que deux cœurs ont trouvé une maison de tendresse
des rayons de soleil jouent les cordes sensibles de l’amour
soulèvent l’aube de l’espoir.

***

日出之光

黎明
覆盖夜的痕迹
时间流逝
我的希望无法停止
像相机镜头固定的照片
像树上的果实,珍贵
像月亮晚空升起
所以,我的爱,无论发生什么
无论你在哪里,你都在我心中
你的出现,改变了我的世界
两颗流浪的心终于找到温柔之家
阳光照射在爱情的心弦上
点燃希望的曙光。

***

SUNRISE OF HOPE

The light of dawn
erases the traces of the night
relentlessly, time goes on flowing
although I wish it would stop
like a picture fixed by the camera’s lens
because as valuable like fruit in a tree is love
Like the moon ascending at night
so you are, my love, whatever happens
wherever you are, I keep you in my heart
since I am in love with you my world has changed
because two hearts found a home of tenderness
sunrays play on the heartstrings of love
lighting up the dawn of hope.

(Anna Keiko)

***

ZORII SPERANȚEI

Lumina zorilor
șterge urmele nopții
se scurge timpul nepăsător
deși eu aș vrea să-l opresc
fixat pe lentilă ca un clișeu de dor,
căci prețioasă ca rodul bogat e iubirea.
Asemenea lunii ce se-nalță în noapte
ești tu, dragostea mea, orice s-ar întâmpla
te port în inimă oriunde fiind,
de când te iubesc, alta e lumea mea,
în locașul tandreței două inimi încap
razele soarelui dau glas corzilor iubirii
spre zorii speranței cântec suind.

 

Recueil: ITHACA 576
Traduction: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Chinois original / Anglais / Roumain Passionaria Ivanov /
Editions: POINT

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L’arbre donne le fruit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2020




    
L’arbre donne le fruit ; la terre donne l’arbre ;
Le ciel donne la terre, ciel venu du pur don.
Nous sommes fruits nous portons fruit ; jour après jour,
Nous prenons part à la Voie de la Donation.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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A un pivert (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



 

A un pivert

Oiseau de décembre dans l’arbre nu
ton cri rauque
me rappelle

la mort que l’on célébrait par des lamen
tations et des vociférations
au temps

jadis plaintes angoissées cris déchirants
des veillées funèbres imprécations contre
la mesquinerie

des dieux doux
rossignol de l’
hiver

les bois suspendent la neige comme
autant de gais
rideaux

***

To a Woodpecker

December bird in the bare tree
your harsh cry sounds
reminding me

of death we celebrated by lamen
tations crying out
in the old

days wails of anguish shrieking
wakes curses that the
gods

had been so niggardly sweet
nightingale of the
winter

woods hang out the snow as if
it were gay
curtains

(William Carlos Williams)

 

 

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Chaos (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




Du désordre (chaos)
l’ordre jaillit
– jaillit fertile.
Le chaos le nourrit. Le chaos
nourrit l’arbre.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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L’Allée des Cygnes (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2020




    
L’Allée des Cygnes

C’est une Allée des Cygnes
D’où les Cygnes sont absents
Semée d’autres oiseaux
Plantée dans la cité
Livrée à ses échos
Sillonnée de passants

Entre les bras de la Seine
Bercée par ses remous
Bordée d’arbres de péniches
Et de mouettes des vents
C’est une Allée des Cygnes
D’où les Cygnes sont absents

Passant plus que fugace
Je songe pas à pas
Au long de l’Allée des Cygnes
D’où les Cygnes sont absents

Au pont Mirabeau si proche
Qu’Apollinaire perpétua.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien n’avait résisté… (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Rien n’avait résisté…

Rien n’avait résisté ni le fer ni l’acier
Dieu est une arme plus cruelle
que la houe du jardinier
j’aurais voulu me coucher dans la terre une
jarre d’eau fraîche à portée de main mais
où étaient mes mains?

J’ai recollé ma tête et mes pieds
pour épargner le sable

mais rien ne tenait on avait broyé mes os
Alors j’ai suivi la route des fourmis
mon souffle dans leurs pattes
La colonne avançait en bénissant les nuages
pour trois gouttes d’eau
aucun dieu ne nous a aidés.

Nos pieds allaient vers la mer
loin des arbres à histoires
Nous marchions vers un monde
que nous ne connaissions pas
nos sandales ne comprenaient plus le sable.

La marche m’a forcée
à habiter mon corps
le désert à l’oublier
La mer fut un miracle
je l’ai remerciée de nous porter
plus encore de nous laisser.

Ce que j’ai vu
aucune eau ne pourra l’effacer
aucune source aucune pluie la
mer elle-même a renoncé.

Aujourd’hui je suis là de l’autre côté
avec ma peau d’hier et d’avant-hier
je suis là et je vous regarde grande comme je peux
avec ce poids au bout de mes bras
Des ondes me traversent que je ne comprends pas
ni la force qui me porte
ni le courage qu’elles me donnent
Si je le savais mon coeur s’en irait avec elles.

(Marilyse Leroux)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’inamour est l’enfer sans cieux (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2020




    
l’inamour est l’enfer sans cieux:foyer sans flamme

des ombres connaissables(et qui rattrapent sur l’heure
chacun des riens que tout fantôme sans âme proclame
substance;et toute apparition sans coeur,bonheur)

les amants seuls vêtent la lumière. Vérité pleine

que matière ne recèle;que cerveau ne révèle
(plus que toute mort vivante et que toute vie
mourante) et qui jamais n’a été ni ne sera dite

seulement se chante—et les amants en sont le chant.

Ici(juste ici)est la liberté:toujours ici nul
après d’hiver ne vaut l’à présent printemps;
un jour d’avril transcende une année de novembre

(telle est l’éternité sans jusqu’à
où finir qu’à jamais j’ai deux fois vécu en un sourire)

je porte en moi ton coeur(le gardant tout au fond
de mon cœur)je ne suis jamais sans(aussi loin que
j’aille tu vas,ma chérie;et tout ce que font mes
mains est fait par toi,mon amour)

je ne crains
nul destin(car tu es mon,ma douce)ne désire nul
univers(car vraie tu es le mien,ma belle) et c’est
toi ce qu’une lune a toujours voulu dire c’est toi
ce que toujours chantera un soleil

tel est le grand secret dont pas un ne se doute
(racine de la racine et bouton de la fleur et ciel
du ciel d’un arbre appelé vie;qui pousse plus haut
que l’âme n’espère ou que l’esprit ne voile) et la
merveille qui fait tourner rond les étoiles

je porte en moi ton coeur(tout au fond de mon coeur)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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Les images (Marie Le Franc)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2020



 

Construction site. 228x200cm. Oil and mixed media on canvas. (2009)

Les images

Je vis en un monde d’images:
Dans le domaine de l’abstrait,
Chaque idée à mes yeux paraît
Aussi concrète qu’un visage.

Au fond de sa cloche en cristal
A la transparence irisée,
Visible à peine, ma pensée
Possède un battant de métal.

Et mes sens sont une palette
Aux tons étrangement mêlés
que mes doigts chauds font ruisseler
Sur le gris de l’idée abstraite.

Des symboles mystérieux
Comme d’un arbre se détachent,
Et de l’or mouvant de leurs taches,
Tourbillonnent devant mes yeux.

Dans le chemin de la pensée,
Entre les lances des ajoncs,
J’entends éclater les bourgeons
De mes métaphores osées.

(Marie Le Franc)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

 

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