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Poésie

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Ce n’est pas l’arbre (Georges de Cagliari)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



Ce n’est pas l’arbre
qui a inventé le bâton.

(Georges de Cagliari)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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LE CIEL (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



LE CIEL

Le ciel ne bouge pas
L’ombre couvre le toit
Les plus beaux souvenirs
Se détachent de moi
Et dans le clair-obscur
Un arbre imaginaire
Fait éclater le ciel
Qui tourne entre ses doigts.

(Jean-Louis Depierris)

Illustration: Gustav Klimt

 

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LE CALME DU PARC (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021



Illustration: Rémi Coudrain  
    

LE CALME DU PARC

Dans le parc automnal se dresse
une femme nommée Amour
— bronze obscur et frémissant
dont la peau brune parle de la
chair — qui est esprit.

L’artiste-créateur
l’aimait
en secret
et n’aimait qu’elle, rien qu’elle!

Les arbres se balancent,
le vent parle d’art —
et les gens parlent
comme le vent, comme le vent.

Chaque jour, un homme qui ignore tout de l’art
s’assied sur le banc.
Les yeux rivés au sol, il écoute dans le bronze
chanter des veines gorgées de sang.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Maman m’aime (Gilles Brulet)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



 

John-George Brown -the-swing

Maman m’aime

Maman m’aime
M’assied sur la balançoire
Me pousse
Très doucement
A la manière des mamans
Les arbres se balancent avec moi
La terre aussi
Ornée d’une écharpe de vent
J’entre fleur vivante
Dans la couleur du ciel.

(Gilles Brulet)

Illustration: John George Brown

 

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Je campe dans tes chevelures (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



 

Alexander Sigov  (17) [1280x768]

Je campe dans tes chevelures
Le chant se plie à tes pieds et prie
Le bec de tes seins m’ouvre
Voici des fontaines des renards pris aux cris
Alors tu danses Tatouée Cristal nu
Je n’irai jamais plus avant que ta nuit
Pour moi tu inventes les siècles les batailles les épopées les légendes
Tu fais l’Histoire obscène
Tu chevauches l’envers des mots

Je te veux lente peureuse un peu lourde d’ornements ôtés
Je t’ai logée dans le creux des arbres où rien ne vient
que l’air craintif le péché et la salsepareille

(Hubert Juin)

Illustration: Alexander Sigov

 

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Marche doucement (Hélène Galli)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



Marche doucement
Cueille un mot
sa branche
une phrase son arbre
tout un poème une forêt

(Hélène Galli)


Illustration

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Ma nostalgie n’est pas mienne (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



Ma nostalgie n’est pas mienne.
Elle est vieille comme les astres.
Un jour, comme eux,
née du Néant,
du vide illimité.

Le bruissement des arbres,
le roulement de la vague sur le rivage,
les hautes montagnes au loin —
éveillent ma nostalgie.
Mais non pour une chose d’ici.
Pour une autre chose infiniment lointaine,
et d’il y a très, très longtemps —

Longtemps avant la mer, avant les montagnes, avant les vents —

***

Min längtan är inte min.
Den är gammal så som stjärnorna.
Född ur Intet engång
som dc,
ur den gränslösa tomheten.

Suset i träden,
vågens slag mot stranden,
de stora bergen långt borta —
de väcker min längtan.
Men inte till någonting här.
Till något oändligt långt borta,
någonting för länge länge sen —

Långt före havet, långt före bergen, långt före vindarna —

(Pär Lagerkvist)


Illustration: Guillaume Dubufe

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Le lieu où je suis, quel est-il? (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



Le lieu où je suis, quel est-il?
Ce n’est jamais le lieu où je me vois, où tu me vois.
Il est comme inapprochable, même de moi.
Non, ce qui se passe n’est pas ce qui se passe en ce moment.
Autre chose advient dans ce qui se passe.
Non hors de lui, non ailleurs qu’en lui,
mais en lui, comme ce qui se passe.

Le mystère de ce qui existe prend la forme de ce qui existe.
Il est pierre et feuille et arbre et ruisseau.
Il n’est justement ce mystère
que parce qu’il prend la forme de ce qui existe.

(Roger Munier)


Illustration

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LES JONQUILLES (William Wordsworth)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2021



    

LES JONQUILLES

J’errais seul comme un nuage
Flottant au-dessus des monts et des vallées,
Quand tout à coup je vis un mirage,
Une foule de jonquilles dorées;
Près du lac, sous les arbres mises
Flottant et dansant dans la brise.

Pareilles aux étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s’étendaient à l’infini
Le long des bords d’une baie :
D’un regard j’en vis dix mille
Mimant une danse enjouée.

Les vagues à côté éclatantes dansaient
Mais elles les surpassaient en joie :
Un poète ne pouvait qu’être gai
En si belle compagnie !
Je les regardais, les regardais, mais loin de moi
La conscience de leur riche profit;

Car souvent, quand sur mon lit je couche
L’esprit libre ou pensif,
Dans mon for intérieur soudain elles me touchent
Bonheur solitaire natif;
Et mon cœur de plaisir s’emplit comme une quille
Et danse avec les jonquilles.

***

THE DAFFODILS

I wander’d lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils,
Beside the lake, beneath the trees
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretch’d in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling waves in glee:
A poet could not but be gay
In such a jocund company!
I gazed — and gazed — but little though
What wealth the show to me had brought.

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills
And dances with the daffodils.

(William Wordsworth)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Je connais des genoux amoureux de ton eau (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2021



Tu influences jusqu’aux arbres,
et je connais des genoux amoureux de ton eau.
Peut-être que je parle de trop…
mes mots seront pour toi cailloux,
et doubles-centimètres…

(Mathieu Bénézet)


Illustration: Camille Pissarro

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