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Poésie

Posts Tagged ‘pourquoi’

MOURIR IV (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2023



    
MOURIR IV

J’en ai assez de mourir
Jour après jour
Et de laisser les journées
Filer entre mes mains
J’en ai assez de périr
Jour après jour
Et de perdre dans l’oubli
Tous mes lendemains

La sève des souvenirs
Ne m’habite plus
Le silence s’installe
Nos mains unies
Se sont tues
Dans l’herbe
La mémoire m’a quittée
Et le jour s’enveloppe
De ficelles
Qui m’emmaillotent
Et me laissent sur la rive
Abandonnée
Je veux me redresser
Mais pourquoi ?
Et comment ?
J’abandonne
Et laisse la mort immense
Prendre ma place
Pour toujours ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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L’Américain à Tokyo avec sa pendule cassée (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2023




    
L’Américain à Tokyo avec sa pendule cassée
Pour Shiina Takako

Les gens me regardent —
Ils sont des millions.
pourquoi cet étrange Américain
arpente-t-il les rues du début de soirée
tenant une pendule cassée
à la main ?
Est-il réel ou n’est-il qu’une illusion ?
Comment la pendule s’est cassée, peu importe.
Les pendules se cassent.
Tout se casse.
Les gens nous regardent moi et la pendule cassée
que je tiens comme un rêve

dans mes mains.

*
L’américain à Tokyo avec sa pendule cassée / suite
Pour Shiina Takako

C’est incroyable le nombre de
personnes que l’on rencontre quand on
transporte une pendule cassée à Tokyo.

Aujourd’hui je transportais la pendule
à nouveau, essayant de la remplacer
à l’identique.
La pendule n’était plus du tout réparable.

Toutes sortes de gens s’intéressaient
à la pendule. De parfaits inconnus sont venus me voir
pour se renseigner sur la pendule en japonais
bien sûr
et j’acquiesçais : oui, j’ai une pendule cassée.

Je l’ai emportée au restaurant et les gens
se sont rassemblés autour. Je recommande de
transporter une pendule cassée toutes les fois où vous
voulez rencontrer de nouveaux amis. Je pense que ça
marcherait n’importe où dans le monde.

Si vous voulez aller en Islande
et rencontrer les gens, emportez
une pendule cassée.
Ils se rassembleront comme des mouches.

***

The American in Tokyo with a Broken Clock
For Shiina Takako

People stare at me —
There are millions of them.
Why is this strange American
walking the streets of early night
carrying a broken clock
in his hands?
Is he for real or is he just an illusion?
How the clock got broken is not important.
Clocks break.
Everything breaks.
People stare at me and the broken clock
that I carry like a dream

in my hands.

*

The American Carrying a Broken Clock in Tokyo Again
For Shiina Takako

It is amazing how many people you
meet when you are carrying a
broken clock around in Tokyo.

Today I was carrying the broken clock
around again, trying to get an exact
replacement for it.
The clock was far beyond repair.

All sorts of people were interested
in the clock. Total strangers came up to me
and inquired about the clock in Japanese
of course
and I nodded my head: Yes, I have a broken clock.

I took it to a restaurant and people gathered
around. I recommend carrying a broken clock
with you at all times if you want to meet new
friends. I think it would work anyplace in the world.

If you want to got to Iceland
and meet the people, take
a broken clock with you.
They will gather around like flies.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Le piano de Bach (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2022



Le piano de Bach :
une pluie qui tombe que la mer.
Ce n’est rien
mais pourquoi ce murmure
me semble-t-il plus savant
que les savants ?

(Christian Bobin)

 

 

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J’aime cette terre (Ai Qing)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2022




    
J’aime cette terre

Si j’étais un oiseau,
Je chanterais d’une voix rauque :
La terre battue par les pluies des orages
Les fleuves tourmentés qui toujours nous inondent,
Ce vent furieux qui souffle éternellement,
Et ces aubes uniques et douces derrière la forêt…
Ensuite je mourrais,
Et même mon duvet se décomposerait sous la terre.

Pourquoi souvent des larmes dans mes yeux ?
Parce que j’aime cette terre profondément…

***

(Ai Qing)

Traduction de Thierry Renard,
avec le précieux concours de Joël Bel Lassen

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Peut-être que le poème n’est pas une réponse (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2022



Illustration: Henri Matisse
    
Peut-être que le poème n’est pas une réponse
et qu’il n’est pas non plus une question
ou bien il est une question
à l’absence de réponse
et une réponse à l’absence de question
peut-être que le pourquoi
le poème le pose comme une certitude
et le parce que, le poème le pose
comme un désarroi

(Laurent Albarracin)

Recueil: Nous, avec le poème comme seul courage
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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ARBRES (Venus Ixchel Mejia)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2022



Illustration: Georgia O’Keefe
    
Poem in French, Italian, German, Greek, Portuguese, Romanian, Icelandic and in
Albanian, Arabic, Armenian Bangla, Bosnian, Catalan, Chinese, Farsi, Hebrew,
Hindi, Indonesian, Irish, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Polish, Russian, Serbian,
Sicilian, Tamil
Georgia O’Keefe, USA 1887-1986
Poem of the Week Ithaca 741 “Trees” VENUS IXCHEL MEJIA,
HONDURAS
– All Translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

ARBRES

Dans cette ville bruyante
on a enfermé les arbres
derrière des barreaux de béton.
Depuis ma fenêtre
je vois comment leurs branches
tentent d’atteindre la vibration d’un miroir
que drape le vent endormi.
C’est pourquoi
durant un moment encore
je garde en moi l’image de leurs feuilles
et dors sur le fil d’un poignard
jusqu’à épuisement de la nuit.

(Venus Ixchel Mejia)

, Honduras (1979)

Traduction: Elisabeth Gerlache

***

ALBERI

In questa città sconfitta
gli alberi sono stati imprigionati
con sbarre di cemento.
Dalla mia finestra
vedo i loro rami cercare di raggiungere
uno specchio tremante che racchiude
il dormire del vento.
È per questo,
che ancora conservo il ritratto delle loro foglie
in un’ora sospesa;
e dormo sul filo di un pugnale
finché dissolta non sia la notte.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Traduzione di Luca Benassi

***

BÄUME

In dieser lärmenden Stadt
wurden die Bäume eingesperrt
mit Stäben aus Beton.
Von meinem Fenster aus
sehe ich wie ihre Zweige versuchen
das Zittern eines Spiegels zu erreichen,
umschlossen vom schlummerden Wind.Das ist der Grund,
dass während einer stillen Stunde
ich noch das Bild ihrer Blätter bewahre
und auf der Klinge eines Dolches schlafe,
bis sich die Nacht erschöpft
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Übersetzung: Germain Droogenbroodt –Wolfgang Klinck

***

ΔΕΝΤΡΑ

Στην πόλη αυτή των χτυπημάτων
τα δέντρα φυλακίζονται
μες στα τσιμέντα
διακρίνω απ’ το παράθυρο μου
τα κλαδιά ν’ απλώνονται
προς τον καθρέφτη που τρέμει
αντικαθρεφτίζοντας τον άνεμο.
Γι’ αυτό διατηρώ
το πορτραίτο των φύλλων
σε μια κρεμάμενη ώρα
και κοιμούμαι στην άκρη του μαχαιριού
ώσπου να ξημερώσει.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek: Manolis Aligizakis

***
ÁRVORES
Nesta cidade que pulsa,
as árvores foram encarceradas
com barrotes do concreto.
Da minha janela,
vejo os seus ramos tentando alcançarum trémulo espelho que envolve
o vento adormecido.
Por isso,
conservo ainda o retrato das suas folhas
numa hora suspensa;
e durmo sobre a ponta de um punhal
até que a noite termine.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***
COPACI
În orașul care bate,
toți copacii au fost închiși
după gratii de beton.
De la geam văd ramuri
încercând să atingă
freamătul de oglindă
ce veghează vântul adormit.
Astfel, eu pun la păstrare
chipul frunzelor plutind
peste ora supendată
și pe muchia de cuțit
dorm până ce noaptea se destramă.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Translation into Romanian: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

TRÉ

Hérna í barsmíðaborginni
hafa trén verið lokuð inni
í steinsteyptum fangelsum.Frá glugganum mínum
sé ég greinar þeirra teygja sig
í skjálfandi spegil sem lykur um
sofandi vindinn.
Þess vegna
geymi ég enn mynd af laufi þeirra
í biðtíma
og sef á rýtingsegg
uns nóttin leysist upp.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Translation into Icelandic: Thor Stefansson

***

PEMËT

Në këtë qytet të dhunshëm
pemët janë burgosur
me shufra betoni.
Nga dritarja ime
shoh degët e tyre tek përpiqen të arrijnë
një pasqyrë që dridhet, e cila erën
e përgjumur rrethon tani.
Ja përse
unë ende e ruaj portretin e gjetheve të tyre
në një orë pezull
dhe pranë një kame fle
derisa të tretet nata e thellë.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Albanian: Irma Kurti

***

ش َجار
َأ
ِفي َه ِذ ِه المَ ِدينة التي لا َت َنام
َت
ْش َجا ُر ِبقض َبا ٍن ِمن الإ ْس َمن
َلأ
ُت ْس َج ُن اِتي
َذ
َف
ِا
َن
َرى ِمن
َأ
ن َت ِص َل ِإلى ِمرآ ٍة غير
َأ
ُ ل
ِو
ْغ َصا ُنها َو ِهي ُت َحا
َأ
مة
ِئ
ِبالرياح ال َنا
ًيط
ِح
ُت
ٍة
َح
ِض
َوا
قة
َّل
َُلمع
و َرا ِقها ِفي َسا َع ِتي ا
َأ
ُصورة
ِب
ُظ
ِف
حت
َأ
ُت
ل
ِز
ذلك َما
ِل
ٍر
َج
ْن
ِخ
ِة
َف
ى َحا
َل
َع
ُم
َنا
َأ
َو
لى َأن َي ُذو َب اللي ُل
ِإ
قينوس اتشيل ميخيا ( ،)VENUS IXCHEL MEJIAالهندوراس ()1979
ترجمة للعربية: عبد القادركشيدة
Translation into Arab: Mesaoud Abdelkader

***

Ծառերը

Պարտությունների այս քաղաքում
ծառերը բանտարկված են
բետոնե ձողերով։
Իմ պատուհանից
ես տեսնում եմ ճյուղերը, որոնք ձգտում են
դեպի դողացող հայելին
որ պարփակում է քնած քամուն:
Ահա թե ինչու
ես դեռ պահպանում եմ նրանց տերևների դիմանկարը
սահմանափակ ժամում
ու քնում եմ դաշույնի եզրին
մինչև գիշերը կլուծվի մթության մեջ:
Վենուս Իքսչել Մեջլա, Հոնդուրաս (1979)
Թարգմանությունը Գերման Դրոգենբրոդտի
Հայերեն թարգմանությունը Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

***
বৃক্ষ
এই শহরে বৃক্ষরেে
হৃেস্পন্দন হর়ে গেরেবন্ধি
কংন্ধিরেে অন্তো়ে
আমাে জানালা হরে
গে গেখরে পাই ওরেে শাখা-প্রশাখাো করে গেষ্টা
স্পরশেে েরে
একটি কম্পন েে আ়েনা ো করে
বি
ন্ধনদ্রােে বাোস ।
এই কােরে
আন্ধম গে এখরনা গেরখন্ধে
োরেে পাোে প্রন্ধেকৃ ন্ধে
একটি স্থন্ধেে প্রহরে
আে আন্ধম োই গে ঘুন্ধমর়ে একটি
েুন্ধেে প্রারন্ত
েেক্ষে না োন্ধি হ়ে ন্ধবলীন
ভেনাস ইক্সচেল ভেজিযা, হন্ডু রাস (১৯৭৯)
অনুবাে জারমেইন ড্রুরজনব্রুডে
Translation into Bangla: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***
DRVEĆA
U ovom gradu batina
Drveće je zatvoreno
Sa betonskim šipkama.
Sa mog prozora
Vidim kako im grane pokušavaju doći
Drhtavo ogledalo koje zatvara
Vetar koji spava.
Zato
Još uvijek čuvam portret njihovog lišća
U suspendovanom satu
I spavam na ivici bodeža
Dok se noć ne rastvori.VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979.)
Prijevod na bosanski: Maid Čorbić

***
ARBRES
En aquesta ciutat de batecs,
els arbres han estat empresonats
amb barrots de concret.
Des de la meva finestra
veig les seves branques intentant assolir
un tremolor de mirall que amaga
el vent adormit.
Per això,
conservo encara el retrat de les fulles
en una hora suspesa;
i dormo sobre el tall d’un punyal
fins que no s’esgota la nit.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondures (1979)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

树 木
在这挫败的城里
这些树木已用混凝土棒
囚禁起来。
从我的窗口
我看到它们的树枝试图伸到
一个附着沉睡的风的颤抖
的镜子前来。那就是为什么,
我在暂停的一小时内仍然保留着
它们的叶子的肖像的原因;
而我睡在匕首的边上
直到夜色消融。
原作:洪都拉斯 维纳斯·伊克舍尔·梅西亚( 1979)
英译:比 利 时 杰曼·卓根布鲁特
汉译:中 国 周道模 2022-7-17
Translation into Chinese: Willam Zhou

***
درختان
در ضرب و شتم شهر
درختان زندانی شدهاند
با میلههای بتونی.
از پنجرهام
شاخههایشان را میبینم که
سعی میکنند به آینهایی لرزان برسند
که باد خفته را در برمیگیرد.
برای همین است
من پرترهیی از برگهایشان نگه میدارم
در یک ساعت معلق؛
و بر لبهی خنجر میخوابم
تا شب تمام شود.
ونوس ایکسچل میجا، هندوراس، ۱۹۷۹
ترجمه از سپیده زمانی
Translation into Farsi: Sepideh Zamani

***
ૃવ
ક્ષો
હારેલા શહેરમાાં
સિમેન્ટ ના િળિયા િાથેૃવ
ક્ષોકેદીબનીગયાછે.
મારીબારીમાાંથી
હાંજોઈરહ્યોછાંકેતેનીડાિીઓપહોંચવાનોપ્રયત્નકરીરહીછે
ધ્રજતોઅરીિોકેજેસતેલપવનિાથે
બીડાયેલછે.
એટલામાટેજ
હાંહજતેનાપાાંદડાનીપ્રસતકૃસતસનલાંળબતકલાકોમાાં
િાચવીરહ્યોછાં
અનેહાંકટારીનીધારપરસતોછાં
જયાાંસધીરાતસવલીનનાથઇજાય.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation in Gujarati: Dr Nirali Soni

***
עצים / ונוס איקשל צקג’ייה, הונדורס נ’ 1979
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
בְּ עִ יר זו שֶׁ ל תְּ בוּסָ ה
הָ עֵ צִ ים נִכְּ לְּ אוּ
בְּ סו רְּ גֵי בַּ רְּ זֶׁל.
מֵ חַּ לּו נִי
אֲנִי רו אָה אֶׁ ת עֲנְּפֵ יהֶׁ ם מְּ נַּסִ ים לֶׁאֱח ז
מַּ רְּ אָה רו עֶׁ דֶׁ ת אֲשֶׁ ר סו גֶׁרֶׁ ת
אֶׁ ת הָ רוּחַּ הַּ נָמָ ה.
זו הַּ סִ בָ ה,
שֶׁ אֲנִי עֲדַּ יִן נו צֶׁ רֶׁ ת אֶׁ ת דְּ יו קָ ן עֲלֵיהֶׁ ם
בְּ שָ עָ ה מֻשְּ הֵ ית;
וַּאֲנִי יְּשֵ נָה עַּ ל קָ צֶׁ ה שֶׁ ל פִ גְּ יו ן
עַּ ד הִ תְּ פו גֵג הַּ לַּּיְּלָה.תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הציור של גיאורגיה או’קפה (ארה »ב 1887-1986
Translation into Hebrew: Dorit Weisman

***
पेड़
पिटाई के इस शहर में
िेड ़ों क कै द कर पिया गया है
क़ों क्रीट की सिाख ़ों के िीछे ।
मेरी खखडकी से
मैं देखता ह़ों पक उनकी शाखाए़ों िह़ोंचने की क पशश कर रही हैं
एक का़ोंिता हआ दिपण
ज बा़ोंधता है
व्यािक हवा।
इसीपिए
मैं अब भी उनके ित् ़ों का पचत्र रखता हूँ
एक पनि़ोंपबत घ़ोंटे में
और मैं ख़ोंजर के पकनारे स ता हूँ
रात समाप्त ह ने तक।
वीनस इक्सेल मेजिया, ह ़ोंडुरास (1979)
ज्य पतमपय ठाकु र द्वारा पह़ोंदी अनुवाद l
Translation into Hindi: Jyotirmaya Thakur.

***
PEPOHONAN
Di kota yang tak henti berdenyut
pepohonan terpenjara
oleh balok beton.
Dari jendelaku
kulihat cabang pepohonan mencapai
cermin yang bergeletar menutupi
angin yang tidur.Itulah mengapa
potret daun masih kusimpan
pada jam yang ditangguhkan
dan aku tidur di ujung belati
sampai malam larut.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Indonesian: Lily Siti Multatuliana

***
CRAINN
I gcathair seo na léastaí
tá na crainn mar a bheadh príosúnaí
taobh thiar de bharraí iarainn.
Mar radharc ó m’fhuinneog
tá gríobhán a ngéaga
mar scatháin bhriste
faoi anáil fhuar na hoíche.
Coimeádaim im shúil
an fhís reoite seo:
Mo bhigil gan scíth
mar fhaobhar ar scian.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Leagan Gaeilge le Rua Breathnach
Translation into Irish (Gaelic): Ruaidhri Breathnach

***
木々
この暴力の街で
木々はコンクリート格子の牢獄に入れられている
わたしの窓からは
眠りの風を包み込む
震える鏡にたどり着こうと
木々が枝々を伸ばそうとしているのが見える
だからわたしは今でもその木々の葉の絵を
とまった時間の中で持ち
そして夜が明けるまで
短剣の葉の上で眠るのだ
ビーナス・イクスシェル・メイヤ(ホンジュラス)
Translation into Japanese: Manabu Kitawaki

***

MITI

Katika mji huu wa kupigwa
miti imefungwa jela
na mawe ya simiti.
Kutoka kwa dirisha langu
Naona matawi yanajaribu kufikia
kioo kinachotetemeka ambacho hufunga upepo wa usingizi.
Ndio maana bado naweka picha ya majani yao
katika saa lililosimamishwa
na ninalala kwenye ukingo wa jambia mpaka usiku unayeyuka.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Watafsiri na Bob Mwangi Kihara.
Translation into Kiswahili: Bob Mwangi Kihara

***

DAR

Li vî bajarê şingênî
dar bi dîrakên
bêtonê tên girtin.
Di pencera xwe re
ez dibînim çawa pîkên wan hewldidin
hejandina neynikê berpabikin
ên bi bayê xulmaş dorpêçkirî.
Ev e sedema,katijmêreke hêminîyê,
ku ez hîn wêneya pelan diparêzim
û li ser tîxa xencerekê radizêm,
ta şev wê vedike.
VENUS IXCHEL MEJA, 1979, Honduras
Translation into Kurdish: Hussein Habasch
***
DRZEWA
W tym hałaśliwym mieście
drzewa uwięziono
kratami z betonu.
Z mojego okna
widzę jak ich gałęzie próbują dosięgnąć
drżącego zwierciadła, które zawiera w sobie
uśpiony wiatr.
Oto dlaczego
ciągle zachowuję obraz ich liści
w zatrzymanej godzinie;
i sypiam na ostrzu sztyletu
dopóki nie rozpłynie się noc.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***
ДЕРЕВЬЯ
В этом городе шумном
деревья заточены
в бетонные тюрьмы.
Из моих окон
видно, как ветки
хотят дотянуться до ряби зеркал,
в них заключен уснувший ветер.Поэтому
я в тишине
еще храню портреты их листьев
и сплю на острие кинжала,
пока не выдохнется ночь.
ВЕНУС ИЧЕР МЕХИЙЯ, Гондурас (1979)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian: Daria Mishueva

***
ALVURES
In custa tzitade ‘inta
sos àlvurs sunt istètios impresonados
cum tressas de cimentu.
Dae sa ventana mia
bio sas naes issoro chilcare de lomper
a un’isprigu in tremuleu ch’inserrat
su dromire de su ‘entu.
Est pro custu,
chi galu istùgiu su retratu de sas fozas issoro
in d-un’ora suspèndida;
e dromu in su filu de unu punzale
fintas a candu isvanessida no sea sa note.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzione di Germain Droogenbroodt – Luca Benassi

***
DRVEĆE
U gradu punom nasilja
drveće je uhapšeno
i zatvoreno u kaveze
napravljene od betonskih šipki.
Sa mog prozora
vidim mu grane kako pokušavajuda dopru do drhtavog ogledala
oko spavajućeg vetra.
Zbog toga
čuvam portret njihovog lišća
u prostranstvu vremena
a ja spavam na oštrici kame
dok se noć ne rastopi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
S engleskog prevela S. Piksiades

***
ARBURI
Nta sta città di vastuniati
Li arburi sunnu mpriggiunati
Cu blocchi di cimentu.
Dâ me finestra
Viju i so rami ca cercanu di spincirisi
Versu lu trimanti specchiu ca rinchiudi
lu ventu addurmisciutu.
Pi chissu
Tegnu lu ritrattu dî so fogghi
Nta na ura suspisa,
E dormu supra lu tagghiu d’un pugnali
Finu a quannu la notti si dissolvi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***
மரங் கள்
தாளங்களின் இந்த நகரில்
கான்க்ரீட் பாளங்களால்
மரங்கள் சிறைப்படுத்தப் பட்டுள்ளன
எனது ஜன் னலிலிருந்துதூங்கும் காை்றினால் அறைக்கப் பட்ட
மரக்கிறளகள்
நடுங்கும் கை் ைாடிறைப்பபால!
அதனால்தான்
நான் அறைகளின் இறலகளின்
படத்றத இன்னும் றைத்திருக்கிபைன்
ததாங்கும் பநரத்தில்
நான் ஈட்டி முறனயில் தூங்குகிபைன்
இரவு மறையும் ைறர!
VENUS IXCHEL MEJÍA, Honduras (1979)
ஆக்கம் தமாழிமாை்ைம்
Translation into Tamil: DR. N V Subbaraman
Recueil: ITHACA 742
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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Depuis le pavillon des Hauteurs merveilleuses (Hyesim)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2022




    
Depuis le pavillon des Hauteurs merveilleuses

Nuages sur le col, oisifs, ne s’égaillent pas,
Pourquoi l’eau du torrent court-elle, si pressée?
Sous le pin on cueille les pommes de pin
Et fait infuser un thé, un thé plus encore parfumé.

(Hyesim)

***

 

Recueil: Ivresse de brumes, griserie de nuages
Traduction: Ok-sung / Anne Baron / Jean-François Baron
Editions: Gallimard

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Poétique (Artur Lundkvist)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2022



Illustration: Jerzy Gluszek
    
Poétique

Pourquoi ne traînerait-elle pas
tout près du champ
Comme une oiselle
qui veut faire dériver le danger
pour si soudain s’envoler ?

Et pourquoi ne serait-elle pas
un bouquet de marguerites
jeté dans une brouette goudronnée ?

Ou de la neige qui fond
dans la main rose d’une enfant ?

Une hirondelle
qui laisse une éraillure sur le pignon

Une fleur
qui fait pousser un bloc de pierre

Deux lézardes qui se croisent
l’une l’autre dans la vitre ?

Poésie :
une candide démoniaque

Un agneau en flammes
au milieu d’une prairie

Un lévrier qui s’entortillait
dans un drap

Un miroir
devant lequel un héron est mort
Comme un parapluie accidenté par la tempête

Du sable éblouissant
comme un ventre de femme au milieu de l’océan

Une fleur-étoile blanche
dans la gueule d’un bouledogue

Une épine
qui fait une tête de lion putréfiée

Un plongeur
qui dans les profondeurs de la mer
ouvre un coffre avec une épingle

Une punaise
qui fixe un avion dans l’atmosphère

Un bateau de contrebande
qui saigne dans les flots
comme un animal blessé

Poésie :
Une corde à linge tendue
entre un phare et un cerisier

(Artur Lundkvist)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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L’incommensurable (Stéphane Bataillon)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2022




    
L’incommensurable

Pourquoi personne ne dit rien?
Pourquoi personne ne me dit rien?
Pourquoi alors que c’est cela
que je recherche
que tout le monde recherche
— non?

pas blanc
pas vide
pas néant

ni clairière
ni plage
ni au pied de l’arbre

peut-être une forme
peut-être un son
peut-être autre chose

d’éternel

quelque chose
que le temps
que l’oxydation

que l’oubli
n’attaquerait pas

jamais

impossible de le dire
impossible de te le dire

à moins d’une équation
d’un regard
d’une caresse sur tes seins

et toi qui réponds juste
que tout cela

peut-être

(Stéphane Bataillon)

 

Recueil: La désir Aux couleurs du poème Anthologie établie par Bruno Doucey et Thierry Renard
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Tout l’univers (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Géraldine Alibeu
    
Tout l’univers

Il est une fois le môme qui court et la môme qui danse.
Le môme qui court sait pourquoi.
Pressé, il se prépare
à la vie des grands hasards.
La môme qui danse ne sait pas vraiment
pourquoi elle danse autant.
Mais, en dansant, elle rêve.
Le môme qui court vite rêve moins
jusqu’au jour où il s’arrête enfin.
Quand ils dansent ensemble,
le soleil ralentit sa course
à l’endroit, à l’envers,
la terre et les étoiles aussi.
Il est une fois rien qu’eux deux
et tout l’univers.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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