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Poésie

Posts Tagged ‘surprendre’

Le merveilleux absent (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




   
Le merveilleux absent

Le soleil a noyé le fleuve de son sang;
Près d’une eau violette
J’attendrai l’éternel et merveilleux absent
Dont le couchant dessine au loin la silhouette.

Et tout est immobile et d’un fixité…!
Les nombres et les êtres
Et l’espace et le temps ont cessé d’exister;
Seul un merle gazouille aux branchages d’un hêtre.

Pressant contre mon coeur la palme avec l’anneau,
Tulipe sur sa tige,
Je viendrai sur la rive en somptueux manteau;
Le soleil dans mon coeur lugubrement se fige.

Les prés sont de sardoine et le ciel est d’onyx.
Qu’il est cruel de tendre
Au merveilleux absent, sous les noirs tamaryx
Le geste de mes bras que la mort vient surprendre.

(Marie Dauguet)

 

 

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La nuit (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Illustration
    
La nuit

Nuit sainte, les amants ne vous ont pas connue
Autant que les époux. C’est le mystique espoir
De ceux qui tristement s’aiment de l’aube au soir,
D’être ensemble enlacés sous votre sombre nue.

Comme un plus ténébreux et profond sacrement,
Ils convoitent cette heure interdite et secrète
Où l’animale ardeur s’avive et puis s’arrête
Dans un universel et long apaisement.

C’est le vœu le plus pur de ces pauvres complices
Dont la tendre unité ne doit pas s’avouer,
De surprendre parfois votre austère justice,
Et d’endormir parmi votre ombre protectrice
Leur amour somptueux, humble et désapprouvé…

(Anna de Noailles)

 

Recueil: Les forces éternelles

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Empreintes (Alain Fabre-Catalan)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



 

Empreintes

Sur le bûcher de l’instant,
chaque mot résonne de fin silence
et se profère libre dans l’air.

À ce pur jaillissement,
ta voix murmure son allégeance
comme à un feu de paille
que tu ne peux surprendre,
à moins que ton œil n’écoute
l’éclosion des signes sur la page.

À cette unique respiration s’aiguise le souffle.

Son éclat dure autant que l’oiseau rebelle
sur la branche qui ploie à l’heure de l’envol,
indéchiffrable sous l’écume des vents.

Parmi les vagues révolues,
la chimère a pris corps sur le rivage
comme un cœur qui bat ainsi qu’à la volée,
on sème les lettres hâtives du désir.

(Alain Fabre-Catalan)

 

 

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Retourne entre les murs (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Retourne entre les murs de ces chambres profondes
En fermant les yeux comme en écoutant
y sommes-nous les premiers à surprendre
cette respiration qui traverse nos membres
et les oblige à tressaillir ?
Que nous réclame-t-elle ?

Ne plus dire la pierre étroite, épaisse,
dès que tout semble se contraindre,
ne plus dire la mort

(Pierre Dhainaut)

 

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Avec quels mots (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Boleslas Biegas 40328382_

Avec quels mots
Saisir les miettes
Du mystère
Qui nous enchâsse
Ou de l’énigme
Qui nous surprend ?

(Andrée Chedid)

Illustration: Boleslas Biegas

 

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Palais sous la Mer (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Palais sous la Mer

Puisque tu sus surprendre enfin mon coeur amer,
Je te découvrirai mon palais sous la mer !
Tu verras, comme on voit en des visions rares,
Les étranges corails, les éponges bizarres !

Je te découvrirai mes jardins, loin des vents,
Où chaque fleur respire, où les fruits sont vivants.
Puis tu verras les beaux poissons dont l’aile vole
Aussi légèrement que se dit la parole.

Tu verras le soir glauque et fuyant sous les eaux,
Et nous regarderons ainsi que des oiseaux
Passer la mouette ivre et des voiles sereines,
Et parfois chanteront, pour nous deux, les Sirènes !

(Renée Vivien)

 

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Rime première (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Jean-Louis Aubert
    
rime première
si longtemps recherchée
dans les remous de la moelle

reviens éblouissante
avec le thrène de l’aimée
dans l’enceinte de la flamme

surprendre ta forme tremblée
entre deux doigts
comme la feuille tombée de l’arbre des vies
à l’heure de fermer les yeux

(Rabah Belamri)

 

Recueil: Corps Seul
Editions: Gallimard

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La mauvaise saison (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



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   &nbsp
Ce matin,
j’ai surpris l’écureuil :
« C’est la mauvaise saison des hommes ! »

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Un livre (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
Mesure-t-on véritablement la grande réserve des mots qui nous habitent,
savons-nous réellement l’immensité de notre mandala verbal ?

Laissons-nous prendre, reprendre et surprendre encore
par la plasticité charnelle des mots,
par leur circulation amoureuse, illimitée.

Un livre, c’est toujours une respiration, un rythme — une providence.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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CREDO (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



 

CREDO

je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure

je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous

je crois comme Trakl
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse

je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical

je crois aux cassures
de fièvres aux sursauts de nuit
aux césures de nerf

je crois
qu’ il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)

Illustration: Zoran Music

 

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