Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘étranger’

Parfois, je sens (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Jeanie Tomanek kore

Parfois, je sens
comme la rose
que je serai un jour, comme l’aile
que je serai un jour;
et un parfum m’enveloppe, étranger et mien,
mien et de rose;
et me prend une errance, étrangère et mienne,
l’errance d’un oiseau.

***

A veces, siento
como la rosa
que seré un día, como el ala
que seré un día;
y un perfume me envuelve, ajeno y mío,
mío y de rosa;
y una errancia me coje, ajena y mía,
mía y de pájaro.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Parfois, je sens comme la rose que je serai un jour (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Júlia Fernández Sánchez 0723

Parfois, je sens
comme la rose
que je serai un jour, comme l’aile
que je serai un jour ;
et un parfum m’enveloppe, étranger et mien,
mien et de rose ;
et me prend une errance, étrangère et mienne,
mienne et d’oiseau.

***

A veces, siento
como la rosa
que seré un día, como el ala
que seré un día;
y un perfume me envuelve, ajeno y mío,
mío y de rosa;
y una errancia me coje, ajena y mía,
mía y de pájaro.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Júlia Fernández Sánchez

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Presque toutes les choses resteront à dire (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Presque toutes les choses
resteront à dire.
C’est trop que de recommencer du début
ce qu’il faut dire.

Seule notre parole
nous donne une réalité.
Les paroles des autres
tantôt nous affirment la bouche
et tantôt nous déplacent
ce qu’il faut dire.

Et ainsi arriverons-nous à la fin,
réels à moitié,
entravés également
par ce qu’il ne faut pas dire.

Nous poursuivrons la quête
de la clé introuvable.
Et quelquefois nous éprouverons
une fleur verbale dans le vide,
une fleur non complètement étrangère
notre tenace requête
d’être quelque chose dans le dire et le non-dire.

***

Quedarán por decir
casi todas las cosas.
Es demasiado empezar otra vez desde el comienzo
lo que hay que decir.

Sólo nuestra palabra
nos vuelve realidad.
Las palabras ajenas
a veces nos afirman la boca
y otras veces nos desplazan
lo que hay que decir.

Y así llegaremos al final,
reales a medias,
coartados también
por lo que no hay que decir.

Seguiremos buscando
la combinación inhallable.
Y a veces sentiremos
una flor verbal en el vacío,
una flor no totalmente ajena
notre tenace requête
d’être quelque chose dans le dire et le non-dire.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vie a une musique de fond (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



La vie a une musique de fond.
Nul ne sait reconnaître son origine,
mais il nous semble parfois nous rappeler sa mélodie.

C’est assez peut-être
pour ne pas nous sentir complètement étrangers,
quand toutes les musiques s’éclipsent
comme des soleils impuissants
dans les agitations subreptices
des espaces muets.

Bien que nous vivions à peine,
la musique de fond de la vie
nous permet pour le moins
d’écouter la rumeur de vivre.

(Roberto Juarroz)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

LE PAYS DE PERSONNE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019



Illustration: Lady de Sontay
    
LE PAYS DE PERSONNE

Toute sa vie il a voyagé
à la recherche d’une vision
plus lointaine que l’horizon

devenu étranger
le pays qui l’a engendré

sa maison
est le pays de personne
celui du rêve.

****

NO–MAN’S LAND

He traveled all his life
in search of insight
farther than the horizon
alien became
the country of his birth
his home
is the no–man’s land
of the dream.

***

TIERRA DE NADIE

Toda su vida viajando
en busca del conocimiento
más allá del horizonte

expatriado
del país que lo vio nacer

su hogar
es la tierra de nadie
del sueño.

***

NIEMANDSLAND

Zijn leven lang heeft hij gereisd
op zoek naar inzicht
verder dan de horizon
vreemd geworden
het land dat hem baarde
zijn thuis
is het niemandsland
van de droom

***

NIEMANDSLAND

Sein Leben lang ist er gereist
auf der Suche nach Erkenntnis
über den Horizont hinaus
fremd geworden
das Land, das ihn gebar
seine zu Hause
ist das Niemandsland
des Traumes.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil:
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Anglais Stanley Barkan / Grec Manolis Aligizakis / Russe Vyacheslav Kupriyanov / Arabe Khaled Al – Risouni / Serbe Milutin Djurickovic /
Editions: POINT

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le temps viendra (Derek Walcott)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019


 


Sylvie Lemelin _Danse Arlequinweb

 

Le temps viendra
où, avec allégresse,
tu t’accueilleras toi-même, arrivant
à ta propre porte
et chacun sourira et souhaitera la bienvenue à l’autre
et dira, assieds-toi là. Mange.
Tu aimeras à nouveau l’étranger que tu étais.
Donne du vin. Donne du pain. Redonne ton coeur
à toi-même, à l’étranger qui t’a aimé
toute ta vie, que tu as ignoré
qui te connaît par coeur.
Assieds-toi, Fais-toi une fête de ta vie.

(Derek Walcott)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si tu aimes l’étranger (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019




    
Si tu aimes l’étranger,
tu t’aimeras demain.

***

 

 

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Lumière lumineuse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Hommage aux anges
[25]

… du n’a que faire
de la lune pour luire,

car minute après minute il cliquait
(le réveil à la tête de mon lit,

avec son disque terne, lumineux)
quand la Dame a frappé ;

Je parlais, bavardais
avec des amis dans l’autre pièce,

quand nous avons vu le vestibule
s’éclairer — alors nous avons vu où était la porte,

il n’y avait pas de porte
(c’était un rêve, évidemment),

et elle se tenait là,
en fait, sur le palier de l’escalier.

[26]

L’un de nous a dit, c’est étrange,
elle est vraiment là-bas,

je me demande ce qui l’a fait venir ?
un autre d’entre nous a dit,

avons-nous un pouvoir en groupe,
nous trois ensemble,

qui agisse comme une sorte d’aimant,
qui attire le surnaturel ?

(et pourtant c’était tout à fait naturel,
nous en convenions) ;

j’ignore ce que j’ai dit
ou si j’ai dit quelque chose,

car avant d’avoir le temps de parler,
j’ai compris que j’avais rêvé,

que j’étais alors couchée sur mon lit,
que la lumière lumineuse

était le cadran phosphorescent
de mon petit réveil

et les coups légers à la porte
étaient le tictac du réveil.

[27]

Et pourtant de façon très subtile,
elle était là plus que jamais,

comme si elle s’était miraculeusement
rattachée au temps d’ici,

ce qui n’est pas une chose facile, difficile
même pour un étranger plein d’expérience,

à propos desquels n’oubliez pas
car il y en a eu qui ont logé des Anges sans le savoir.

***

… of the no need
of the moon to shine in it,

for it was ticking minute by minute
(the clock at my bed-head,

with its dim, luminous disc)
when the Lady knocked;

I was talking casually
with friends in the other room,

when we saw the outer hall
grow lighter—then we saw where the door was,

there was no door
(this was a dream of course),

and she was standing there,
actually, at the turn of the stair.

One of us said, how odd,
she is actually standing there,

I wonder what brought her?
another of us said,

have we some power between us,
we three together,

that acts as a sort of magnet,
that attracts the super-natural?

(yet it was all natural enough,
we agreed) ;

I do not know what I said
or if I said anything,

for before I had time to speak,
I realized I had been dreaming,

that I lay awake now on my bed,
that the luminous light

was the phosphorescent face
of my little clock

and the faint knocking
was the clock ticking.

And yet in some very subtle way,
she was there more than ever,

as if she had miraculously
related herself to time here,

which is no easy trick, difficult
even for the experienced stranger,

of whom we must be not forgetful
for some have entertained angels unawares.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Marc Chagall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Si nous ne devenons forêt en marche (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si nous ne devenons forêt en marche,
Soif Silencieuse de branches et d’arbres
Lancés vers la lumière,
Comment saurons-nous un jour, de toutes nos forces,
A quel point la grande vie converge,
Comment laisserons-nous le pauvre, l’étranger, nous ouvrir le chemin,
L’autre, le différent, revêtir pour nous ses habits de roi,
Comment reconnaîtrons-nous en eux le Passant infini,
Comment apprendrons-nous, à travers eux, l’ardente patience
Du fruit accompli ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la marée des choses vivantes (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Dans la marée des choses vivantes
— chimères et grimaces,
étranger tu demeures :
qu’est-ce que cette vie ?

Y a-t-il un autre temps
dans le temps ? un autre lieu
dans le lieu ? une parole fleur
double ouverte dans la parole ?

La mort en marche, seule
incorruptible, sculpte
en toi la statue de l’impossible.

Tu regardes le ciel inchangé
où flottent de vains nuages
dans l’oubli de quelque dieu.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :