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Posts Tagged ‘étranger’

Etre un étranger (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration
    
Etre un étranger
Quelque part
N’importe où
N’importe quand
Et pour toujours
Sentir dans le dos des regards noirs
Qui pèsent un âne mort
Et portent des âmes mortes.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Agape (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019



Illustration
    
Agape

Aujourd’hui personne n’est venu poser de question;
et cette après-midi on ne m’a rien réclamé.

Je n’ai même pas vu une fleur de cimetière
en si joyeuse procession de lumières.
Pardonne-moi, Seigneur : je ne suis mort que si peu!

Cette après-midi tous, tous passent
sans me poser de question ni rien me réclamer.

Et je ne sais quelle chose ils oublient et qui n’a pas
sa place dans mes mains, comme étrangère.

Je suis sorti à la porte,
et j’ai envie de leur crier à tous :
S’il vous manque quelque chose, c’est ici!

Car toutes les après-midi de cette vie,
je ne sais quelles portes claquent sur un visage,
et de quelque chose d’étranger se saisit mon âme.

Aujourd’hui personne n’est venu;
et aujourd’hui je ne suis mort que si peu cette après-midi!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Soleil (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Nicholas Roerich sanga-chelling-1924

Dans un pays étranger,
soleil qui dore les maisons sur une colline.

Sentiment plus puissant
que devant le même fait dans son propre pays.

Ce n’est pas le même soleil.
Je sais bien, moi, que ce n’est pas le même soleil.

(Albert Camus)

 Illustration: Nicholas Roerich

 

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Un arc de triomphe (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



 

hirondelles 2

Un arc de triomphe

Tout ce qu’ont dit les hirondelles
Sur ce colossal bâtiment,
C’est que c’était à cause d’elles
Qu’on élevait un monument.

Leur nid s’y pose si tranquille,
Si près des grands chemins du jour,
Qu’elles ont pris ce champ d’asile
Pour causer d’affaire, ou d’amour.

En hâte, à la géante porte,
Parmi tous ces morts triomphants,
Sans façon l’hirondelle apporte
Un grain de chanvre à ses enfants.

Dans le casque de la Victoire
L’une, heureuse, a couvé ses oeufs,
Qui, tout ignorants de l’histoire,
Eclosent fiers comme chez eux.

Voulez-vous lire au fond des gloires,
Dont le marbre est tout recouvert ?
Mille doux cris à têtes noires
Sortent du grand livre entr’ouvert.

La plus mince qui rentre en France
Dit aux oiseaux de l’étranger
« Venez voir notre nid immense.
Nous avons de quoi vous loger. »

Car dans leurs plaines de nuages
Les canons ne s’entendent pas
Plus que si les hommes bien sages
Riaient et s’entr’aimaient en bas.

La guerre est un cri de cigale
Pour l’oiseau qui monte chez Dieu ;
Et le héros que rien n’égale
N’est vu qu’à peine en si haut lieu.

Voilà pourquoi les hirondelles,
A l’aise dans ce bâtiment,
Disent que c’est à cause d’elles
Que Dieu fit faire un monument.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

http://henriettel.canalblog.com/archives/2010/07/11/18545629.html

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Toi (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



 Illustration
    
Toi, pour qui les dieux du mystère
Sont restés étrangers,
J’ai vu ta mine aux pieds légers,
Descendre sous la terre,

Comme en un songe où tu te vois
A toi-même inconnue,
Tu n’étais plus, — errante et nue, —
Qu’une image sans voix;

Et la source, noire, où t’accueille
Une fauve clarté,
Une étrange félicité,
Un rosier qui s’effeuille…

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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BEAUCOUP DE SOLDATS PASSÈRENT (Armand Bernier)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



BEAUCOUP DE SOLDATS PASSÈRENT

Beaucoup de soldats passèrent.
— De quel pays venaient-ils ?
Beaucoup de soldats passèrent.
— Quelle langue parlaient-ils ?
Je n’en sais plus rien, mon frère,
Car c’était au temps des guerres.
— Lesquels ont été vainqueurs ?
— Les soldats sont morts, mon frère,
Maudis les mauvais bergers.
Les soldats sont morts, mon frère,
Et les morts, me dit mon coeur,
Ne sont plus des étrangers…

(Armand Bernier)

Illustration: Jacqueline Fabbri

 

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… parce que (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

… parce que mes yeux vagabondent en d’autres
lieux que mes muscles…
parce que je suis étranger à mon passage
et immuable dans l’immuable quête
prise au ventre de ma mère…

(Guy Lévis Mano)

Illustration

 

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Parce qu’il y a certains livres (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


 

Francis Picabia -   (6)

Parce qu’il y a certains livres qui sont
étincelles de pain doré,
Parce que ce sont livres à longue saveur plus
longue que mon temps
Parce que ruminante est la connaissance du dévolu.

Parce que mon corps est pesant de mémoire
autant que de jours
et qu’étant plus pesant il a plus d’élan.

Parce que le dessin de ma bouche
est le dessin d’une autre bouche
parce que je suis étranger à mon passage
et immuable dans l’immuable quête…

Peut-être que l’immobilité a reçu message
des bords mordorés qui dévorent leurs couleurs
Peut-être que la pulsation qui fêle chaque seconde
naît des confins noirs des midis de nudité.

Ruée de ma rivière et de ton fleuve ignorant saules
et prés pour se confondre
et se consumer à l’embouchure
Et nous voici centre de vie pic et caverne
Ma langue est la bêche humide qui prépare le creux
de la fécondité…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Francis Picabia

 

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DIES IRAE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



DIES IRAE

Etranger suis en mon pays !
Plus un désir… seul, le calice.
Sombre penser, penser maudit,
Mets un bâillon à la justice.

Il sera tard… Vers moi cheminent
Les silences des anciens temps
Et sinistre, cette famine…
Ou des chants sans cesse pleurant :
— Allons, presse-toi, plus n’attends !

(George Bacovia)

 

 

 

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AIMONS-NOUS (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



AIMONS-NOUS

Sûrement, hélas, un jour viendra
Où nous dormirons dans une bière,
Etrangers en quelque cimetière,
Et l’automne sur nous pleurera.

Alors, que sera-ce ma mignonne
— Dans le chaos de l’immensité —
Si ton corps virginal s’abandonne
Au feu rose de la volupté ?

(George Bacovia)

Illustration: Alex Grey

 

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