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Poésie

Posts Tagged ‘à peine’

A PEINE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Pierre Brault
    
A PEINE

A peine si le vent retrousse un peu la mer
fait mousser sur son bleu un coin de jupon blanc
à peine si le sang à ton front quand tu dors
compte tout doucement l’aller retour du temps

A peine si les cris des enfants sur la plage
se mélangent au flot qui chuchote ses plis
à peine si le blanc d’un tout petit nuage
éclabousse le bleu du ciel ourlé de gris

A peine si j’écris à peine si tu dors
à peine s’il fait chaud à peine si je vis
et je ferme les yeux croyant laisser dehors
tout ce qui n’est pas toi mon amour endormi.

(Claude Roy)

 

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Furieusement (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration
    
Furieusement
Vire
Sur un reflet
Tombe
En ligne droite
Blancheur
Affilée
Monte
Le bec sanglant déjà
Sel épars
A peine ligne
Quand tombe
Droit
Ton regard
Sur cette page
Dissoute

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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ROSEAU (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
ROSEAU

A
peine
si
le
roseau
ploie
lorsque
s’y
pose
la
mésange

Visage
tendre visage
la pluie t’efface
sur l’étang

Nous passerons sans laisser de sillage.
Apprêtons déjà notre adieu.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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L’EAU PURE DU BASSIN (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Jean-Yves Beck
    
L’EAU PURE DU BASSIN

« Eau pure du bassin, miroir immobile, dis-moi ma beauté.
— O Bilitis, ou qui que tu sois, Téthys peut-être ou Amphitritê, tu es belle, sache-le.

« Ton visage se penche sous ta chevelure épaisse, gonflée de fleurs et de parfums.
Tes paupières molles s’ouvrent à peine et tes flancs sont las des mouvements de l’amour.

« Ton corps fatigué du poids de tes seins porte les marques fines de l’ongle et les taches bleues du baiser.
Tes bras sont rougis par l’étreinte. Chaque ligne de ta peau fut aimée.

— Eau claire du bassin, ta fraîcheur repose. Reçois moi, qui suis lasse en effet.
Emporte le fard de mes joues, et la sueur de mon ventre et le souvenir de la nuit. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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JE CHANTE MA CHAIR ET MA VIE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Charles Edouard Boutibonne
    
JE CHANTE MA CHAIR ET MA VIE

Certes je ne chanterai pas les amantes célèbres. Si elles ne sont plus, pourquoi en parler?
Ne suis-je pas semblable à elles ? N’ai-je pas trop de songer à moi-même?

Je t’oublierai, Pasiphaê, bien que ta passion fût extrême.
Je ne te louerai pas, Syrinx, ni toi, Byblis,
ni toi, par la déesse entre toutes choisie, Hélênê aux bras blancs!

Si quelqu’un souffrit, je ne le sens qu’à peine.
Si quelqu’un aima, j’aime davantage.
Je chante ma chair et ma vie, et non pas l’ombre stérile des amoureuses enterrées.

Reste couché, ô mon corps, selon ta mission voluptueuse !
Savoure la jouissance quotidienne et les passions sans lendemain.
Ne laisse pas une joie inconnue aux regrets du jour de ta mort .

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tes doigts (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018




    
Tes doigts

c’est sur les touches d’un clavier de bel ivoire
que je les ai frôlés croisés enlacés même
avant d’encercler l’un d’entre eux disant je t’aime
sachant qu’il aurait la sagesse de me croire

cinq branches cinq ramures cinq indissociables
qui se doublent à dix pour couvrir mon visage
cinq chemins qui me composent un paysage
et me guident au creux d’une paume ineffable

j’avoue une faiblesse pour l’auriculaire
si frêle que l’on ose à peine l’effleurer
voilà peut-être pourquoi c’est ce petit frère

que j’ai adopté le premier ; sur le clavier
s’il s’égare c’est en sachant que je préfère
à celui de notre partition son doigté

(Patrick Le Divenah)

 

Recueil: Blasons du corps féminin
Traduction:
Editions: L’Échappée Belle

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Contre toute attente (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



    

Contre toute attente
quelque chose est arrivé

à travers le vide
ma main vous a touchée
à la dérobée

et le registre de votre voix
n’a qu’à peine changé.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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SEUIL (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Anne Vignau
    
SEUIL

Pas à pas le soleil s’avance
jusqu’à la maison du garde
mais la digitale humide
veille au seuil de la forêt.

Jamais le jour ne franchit
l’obscurité des feuillages.

Le rideau de l’orée bouge
à peine au souffle qui passe
avec des mots inaudibles.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nos deux mains se touchaient à peine (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
Nos deux mains
se touchaient à peine
et pourtant nous aimions
la mer, et la mer, et la marée
qui nous emportaient,
nus et beaux, vers le large.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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MAUVAIS ABRI (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



MAUVAIS ABRI

Dans tout ce lieu
Le grand air comme un oiseau
Heurte les murs et l’eau.

Me traîne
L’ornière
Aux oreilles de lièvre,
Je suis un peu sauvage et roux.

Et comme des tombereaux
Avec des gouttes à leurs roues,
Les hommes tracent leurs vies eux-mêmes.

Et près d’une lessive, dans un îlot
D’arbres aux vertes flammes de tristesse
Une femme plutôt blême
Travaille et songe,
Soupirant à peine,
Plus active que le temps.

(Pierre Morhange)


Illustration: Josiane Couret

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