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Poésie

Posts Tagged ‘virevolter’

LES CANAUX D’AMSTERDAM (Duo Duo)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019



 

Illustration: Jan Korthals
    
LES CANAUX D’AMSTERDAM

Une ville en novembre à la tombée de la nuit :
rien que les canaux d’Amsterdam
soudain
les oranges sur l’arbre près de chez moi frissonnent
au vent d’automne.
je ferme la fenêtre, mais en vain
la rivière coule en amont en vain
le soleil s’est levé, serti de perles
rien n’y fait
des nuées de pigeons tombent en virevoltant telle la limaille de fer
des rues sans jeunes garçons semblent soudain vides
après la pluie d’automne
ces toits, où se traînent partout des limaces
– ma patrie
passe lentement sur les canaux d’Amsterdam….

***

《阿姆斯特丹的河流》

十一月入夜的城市
惟有阿姆斯特丹的河流
突然
我家树上的桔子
在秋风中晃动
我关上窗户,也没有用
河流倒流,也没有用
那镶满珍珠的太阳,升起来了
也没有用
鸽群像铁屑散落
没有男孩子的街道突然显得空阔
秋雨过后
那爬满蜗牛的屋顶
--我的祖国

***

THE CANALS OF AMSTERDAM

A city in November at nightfall:
There are only the canals of Amsterdam
Suddenly,
The oranges on the tree at my house
Quiver in the autumn wind
I shut the window, it’s useless
The river flows backwards, to no avail
The sun, inlaid with pearls, has risen
It doesn’t help.
Flocks of pigeons whirl down like iron filings
Streets, devoid of boys, suddenly look empty.
After the autumn rains,
those roofs full of crawling snails
—my homeland
slowly pass over the canals of Amsterdam…

***

CANALELE DIN AMSTERDAM

Noiembrie, oraș în seară:
Prin Amsterdam numai canale.
Și dintr-odată
Vântul toamnei clatină pomul cu portocale din curtea mea
Încolo și-ncoace le leagănă.
Închid fereastra, nu mă ajută oricum.
Curge râul înapoi pe zadarnicul drum
Și-n perle bătut soarele suie
Inutil
Schije metalice stoluri străpung, cad porumbei.
Fără copii străzile par dintr-odată pustii.
După ploaia de toamnă
De melci pătura-i plină,
─ patria mea
Pe canale din Amsterdam trece lină…

***

ΚΑΝΑΛΙΑ ΤΟΥ ΑΜΣΤΕΡΝΤΑΜ
Πόλη τ’ απόσπερο, Νοέμβριος.
Εκεί τα κανάλια του Άμστερνταμ.
Ξαφνικά
Τα πορτοκάλλια στο δέντρο
του σπιτιού μου σιγοτρέμουν
στο φθινοπωρινό αγέρα
κλείνω το παράθυρο, ανώφελο
ο ποταμός κυλά αντίθετα, κι ο ήλιος,
μαργαριτάρια στολισμένος, υψώνεται.
Ανώφελο.
Κοπάδια περιστέρια ορμούν κάθετα
σαν σιδερένια αερικά, δρόμοι
από παιδιά ερημωμένοι που
ξάφνου μοιάζουν ορφανοί.
Μετά τη φθινοπωρινή βροχή
οι οροφές γεμίζουν σαλιγκάρια.
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

***

I CANALI DI AMSTERDAM

Una città all’imbrunire, a novembre:
solo rimangono i canali di Amsterdam
All’imprevviso
Le arance sull’albero della mia casa
tremano nel vento d’autunno
chiudo la finestra, inutile
il fiume scorre all’incontrario, senza scopo
è sorto il sole, intarsiato di perle
invano.
Stormi di piccioni vorticano come limatura d’acciaio
le strade, vuote di ragazzi, all’improvviso appaiono deserte
Dopo le piogge d’autunno
i tetti sono pieni di lumache che strisciano
─ la mia terra nativa…

***

DE AMSTERDAMSE GRACHTEN

een stad in november bij het vallen van de nacht:
niets dan de Amsterdamse grachten
plotseling
gaan de sinaasappelen aan de boom bij mij thuis
in de herfstwind heen en weer
ik sluit het raam, maar dat helpt niet
de grachten stromen terug, maar dat helpt niet
de zon is ingelegd met parels opgegaan
maar dat helpt niet
vluchten duiven dwarrelen als ijzervijlsel neer
straten zonder jongentjes lijken plotseling leeg
na de regen in de herfst
het dak waar overal slakken op rondkruipen
─ mijn vaderland
over de Amsterdamse grachten vaart het traag voorbij…

***

DIE KANÄLE VON AMSTERDAM

Eine Stadt im November bei Einbruch der Dunkelheit:
Nichts anderes als die Kanäle von Amsterdam.
Plötzlich
Bewegen sich die Orangen am Baum vor meinem Haus
Im Herbstwind hin und her
Ich schließe das Fenster, es hilft nicht.
Der Fluss fließt rückwärts, umsonst
Die Sonne, mit Perlen besetzt, ist aufgegangen.
Umsonst
Wie Eisenspäne wirbeln Taubenschwärme vorbei
Die Straßen, ohne Kinder, sehen plötzlich leer aus.
Nach den Herbstregen
Der Asphalt voller Schnecken,
─ Meine Heimat
Langsam zieht sie vorbei, auf den Kanälen von Amsterdam…

***

LOS CANALES DE AMSTERDAM

Noviembre, una ciudad al caer la noche
los canales de Amsterdam
al instante
en el viento otoñal se mecen
las naranjas del arbol de mi casa
en vano cierro la ventana
en vano cambian su curso los canales
ensartado de perlas sale el sol
en vano
cual limaduras de hierro caen las palomas
sin niños, las calles de repente se ensanchan
tras la lluvia otoñal
los caracoles invaden los tejados
─ mi patria
se desliza lentamente por los canales de Amsterdam

***

OS CANAIS DE AMSTERDAM

Novembro, uma cidade ao cair da noite
os canais de Amsterdam
no instante
no vento outonal se embalam
laranjas nas plantas da minha casa
em vão encerro as janelas
em vão mudam seus cursos os canais
num colar de pérolas sai o sol
em vão
iguais a limalhas de ferro caem as pombas
sem crianças, de repente, os caminhos se alargam
depois da chuva de outono
os caracóis invadem os telhados
– a minha pátria
desliza lentamente nos canais de Amsterdam

(Duo Duo)

 

Recueil: ITHACA 606
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Chinois / Anglais Anna Keiko – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi / Néerlandais Maghiel van Crevel / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Editions: POINT

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La jupe (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2019




    
La jupe

Rivalisant avec les fleurs
sur les trottoirs et les jetées
virevoltant avec les valses
sur les terrasses des soirées

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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En t’attendant (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



En t’attendant

Tu devais venir à cinq heures.
Voici la route,
Voici les signes blancs où tu passeras,
Comme des nuages blancs qui nagent sur l’asphalte.
Près de la mosquée,
En face de l’horloge je suis là.
Les aiguilles comme des sourcils
Sur le visage du temps
Tantôt gais, tantôt tristes, là-haut.
Bientôt cinq heures vont sonner.
Voici que les pigeons
Virevoltent autour de l’horloge, blancs, blancs.

(Ismaïl Kadaré)

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Passage protégé (Patrick Williamson)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017



Illustration: Andrzej Malinowski

    
Passage protégé

Un morceau de bois ravi par la tempête virevolte
au bout de boucles qui se mordent la queue — toi
la bouée d’un fétu, le métronome qui bat comme
le bateau ballotté par des embardées contraires — des courbes
charriées tels les battements de ton coeur sous la peau
un souffle régulier soulevant ta poitrine — se précipite
ordonnant à ceux qui nagent de regagner la berge
planches, épaves charriant le reste — m’enivrant
par ton odeur, ta présence, cette présence
dont je suis si intime, ce corps que je veux — toucher

***

Safe passage

A piece of wood salvaged by the storm lurches past
on curled tips that chase their tails — you
the safety of a straw, the metronome beating
as the boats rock in counter yaw — curves
carried like your heart pulses under skin,
steady breath lifting your chest — rushing past
commanding those who swim to take to land, boards
and flotsam will carry the rest — lifting me
with your soent, your presence, that presence
I am so close to, that body I wish — to touch.

(Patrick Williamson)

 

Recueil: Trois rivières
Traduction: Max Alhau
Editions: L’Harmattan

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Virevolter (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Marcel Gotène

    

Virevolter

Virevolter
Avec la roue de mes pensées
Autour du monde
Qui tourne
Sur lui-même

Ainsi les mots s’enlacent-ils
Autour d’autres mots

Un cercle infini
Dans lequel
D’autres cercles infinis
Virevoltent
Avec et
En nous

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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AVANT-DIRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2016



 

AVANT-DIRE

Penche-toi
et perce la lisse surface

Oranges
bleus
gris
vermillons
glissent et nagent
mes poèmes

Tout autour de ma pensée
virevoltent
les poissons verts

(Philippe Soupault)

Illustration

 

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Automne (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2015




Automne

Madame l’Automne, d’un geste désinvolte,
A fait virevolte:
Me voici nez à nez
Avec l’Hiver emmitouflé.

Madame l’Automne a emporté
Des couleurs chaudes, un peu rouillées,
Les souvenirs d’un été…
Monsieur l’Hiver emmitouflé
Dis-moi ce que tu nous apportes,
Dis-moi ce que tu nous promets:
Sera-ce la neige immaculée,
Les fils de la Vierge gelés,
Les odeurs de marrons grillés?
La poésie devant mes volets?
Et quand elle sera morte,
S’ouvrira grand la porte
Sur le printemps tant espéré…
Celui qui nous transporte
Dans un tourbillon de senteurs fortes:
Capiteux prélude,
A la plénitude
Du plein été…

(Mireille Gaglio)

 

 

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A la moelle du roseau (Lambert Schlechter)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2015



à la moelle du roseau
arracher un peu de sucre

dans le nid délaissé de la mésange
faire un somme d’amertume

tout au bout de l’ornière
dans la flaque trouble se mirer

happer au vol la morte feuille
qui virevolte dans le crépuscule

donner un prénom au messager fatal

(Lambert Schlechter)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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LA MÉMOIRE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2015



LA MÉMOIRE

Quelle tristesse ce passage
du fleuve de chaque jour
— qui virevolte ! —
sous le pont de la nuit
— qui virevolte ! —
vers un autre soleil !

Si je savais
laisser, content, mon vêtement,
dans les mains du passé ;
ne plus regarder ce qui fut ;
entrer de face et dans la joie,
tout entier nu, dans l’allégresse
libre du présent !

***

LA MEMORIA

¡Qué tristeza este pasar
el caudal de cada día
—¡vueltas arriba y abajo!—,
por el puente de la noche
—¡vueltas abajo y arriba!—,
al otro sol!

¡Quién supiera
dejar el manto, contento,
en las manos del pasado;
no mirar más lo que fue;
entrar de frente y gustoso,
todo desnudo, en la libre
alegría del presente!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Lionel Le Jeune

 

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CHEVEUX (Edward Stachura)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015



 

Edvard Munch-239966 [1280x768]

CHEVEUX

La rivière coule
entre les yeux des poissons
comme un arc-en-ciel
ou la coupure ouverte d’un couteau

Sur la surface flottent
des grands cœurs de baobabs
des roues de chariots
et les lourds candélabres
des bois des cerfs noyés

Mes larmes
comme des éclats de porcelaine chinoise
s’y noient lentement en virevoltant

(Edward Stachura)

Illustration: Edvard Munch

 

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