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Posts Tagged ‘ville’

Dans les prisons de Nantes (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2023




    
Dans les prisons de Nantes

Dans les prisons de Nantes
Y avait un prisonnier

Personne ne vint le « vouère »
Que la fille du geôlier

Un jour il lui demande
Et que dit-on de « moué » ?

On dit de vous en ville
Que demain vous mourrez

Mais s’il faut que je meure
Déliez-moi les pieds

La fille était jeunette
Les pieds lui a délié

Le prisonnier alerte
Dans la Loire s’est jeté

Dès qu’il fût sur les rives
Il se prit à chanter

Je chante pour les belles
Surtout celle du geôlier

Si je reviens à Nantes
Oui je l’épouserai

Dans les prisons de Nantes
Y avait un prisonnier

(Anonyme)

 

Recueil: Les plus belles chansons du temps passé
Traduction:
Editions: Hachette

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La comète de Haley (Bandar Abd al-Hamid)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2023




    
La comète de Haley

chaque jour la ville tremble par deux fois
quand la femme passe
rapide et silencieuse,
un livre à la main,
ses cheveux lui couvrant la moitié du visage,
dans la grande rue
qui partage en deux la ville,
elle n’est pas une sainte
à qui l’huile coule du nez
ni une princesse heureuse
dans un musée de cire
ni une chanteuse prometteuse
sur le plateau de télévision,
les voitures s’arrêtent
les étudiants, les ouvriers et le fleuve s’arrêtent
au moment où elle passe rapide
son visage est une moitié de planète
à la lumière de la lune,
on dit qu’elle est étudiante en première année
et ouvrière précaire
dans la vieille usine de verre.

(Bandar Abd al-Hamid)

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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Je suis allongé chez une étrange nana (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023




Illustration: Grégoire Mathieu
    
Je suis allongé chez une étrange nana
Pour Marcia

Je suis allongé chez une étrange nana.
Elle est brûlée par le sumac et le soleil
et elle est malheureuse
Elle va et vient,
lointains mouvements de vers solennels.

Elle ouvre et ferme les choses.
Elle fait couler de l’eau,
elle arrête de faire couler de l’eau.

Tous les sons qu’elle émet sont éloignés.
Ils pourraient être dans une ville différente.
C’est le crépuscule et les gens regardent
par les fenêtres de cette ville.
Leurs yeux sont emplis des sons
de ce qu’elle fait.

***

I Lie Here in a Strange Girl’s Apartment
For Marcia

I lie here in a strange girl’s apartment.
She has poison oak, a bad sunburn
and is unhappy.
She moves about the place
like distant gestures of solemn glass.

She opens and closes things.
She turns the water on,
and she turns the water off.

All the sounds she makes are faraway.
They could be in a different city.
It is dusk and people are staring
out the windows of that city.
Their eyes are filled with the sounds
of what she is doing.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Chant du départ (Yang Jiong)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Chant du départ

Les feux de guerre ont illuminé la capitale de l’ouest,
Il n’est personne aujourd’hui dont le coeur soit tranquille ;
La tablette d’ivoire a fait ses adieux à la porte du phénix,
Des cavaliers bardés de fer entourent la ville impériale.
La neige alourdit de ses flocons les étendards glacés ;
La voix furieuse du vent se mêle au bruit des tambours.
Voici donc revenu ce temps, où le chef de cent soldats
Est tenu en plus haute estime qu’un lettré de science et de talent !

(Yang Jiong)

(622-690)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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A la Santé (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2022




Illustration: Vincent Van Gogh
    
A la Santé

I

Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu

Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Adieu Adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles

II

Non je ne me sens plus là
Moi-même
Je suis le quinze de la
Onzième

Le soleil filtre à travers
Les vitres
Ses rayons font sur mes vers
Les pitres

Et dansent sur le papier
J’écoute
Quelqu’un qui frappe du pied
La voûte

III

Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène

Dans la cellule d’à côté
On y fait couler la fontaine
Avec le clefs qu’il fait tinter
Que le geôlier aille et revienne
Dans la cellule d’à coté
On y fait couler la fontaine

IV

Que je m’ennuie entre ces murs tout nus
Et peint de couleurs pâles
Une mouche sur le papier à pas menus
Parcourt mes lignes inégales

Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur
Toi qui me l’as donnée
Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
Le bruit de ma chaise enchainée

Et tour ces pauvres coeurs battant dans la prison
L’Amour qui m’accompagne
Prends en pitié surtout ma débile raison
Et ce désespoir qui la gagne

V

Que lentement passent les heures
Comme passe un enterrement

Tu pleureras l’heure ou tu pleures
Qui passera trop vitement
Comme passent toutes les heures

VI

J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison

Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison

(Guillaume Apollinaire)

Recueil: La Liberté en poésie
Traduction:
Editions: Folio junior

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C’est dur d’en faire un poème! (Michel Ménaché)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022




    
C’est dur d’en faire un poème!

Tous les enfants de la terre
n’ont pas cueilli les mêmes fleurs
reçu les mêmes caresses
appris les mêmes chansons

Certains sont même non loin d’ici
les derniers esclaves cachés au grand jour
qui sèment dans les rizières
récoltent le café grain à grain
talons dans la poussière accroupis
tirent tous les fils de tapis moelleux
couleurs en fête
qu’on admirera bientôt aux étals
du luxe à vendre et à revendre
ou encore ventre creux loqueteux
leurs mains nues retournent
les décharges immondes
à la recherche d’éclats d’étoile

Dans le ventre des ténèbres
d’autres enfants au visage blafard
s’enfoncent dans des trous avides
pour en arracher l’or et le cuivre
qui brilleront bientôt sous les néons
des villes-lumière
Certains jamais ne voient le soleil…

Cela ne s’invente pas
cela n’est pas une histoire
C’est dur d’en faire un poème!

(Michel Ménaché)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

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L’EPICIER (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




L’EPICIER

L’épicier époux de l’épicière,
avec sa serpillière
et ses doigts de crabe laineux
vend des pois chiches
à la saison pluvieuse
et puis ces grains de riz des Carolines
dents d’Andalouse,
et puis la pipe en sucre rouge,
qui dans la ville où la bâtisse croît,
transfigure
l’enfant à capuchon du crépuscule.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Tu vas chercher du pain (Bernard Ruhaud)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2022



Tu vas chercher du pain
Tu vas chercher de l’eau
Tu vas chercher des feuilles et des oiseaux pour le jardin
Et du jour pour qu’il soit midi
Et du ciel pour tromper l’hiver
Tu ramènes aussi des fruits des couleurs une rivière
Des paroles ordinaires dites les jours ordinaires
Tous les bruits de la ville et le vent de la mer
Des fleurs un chat des livres
Des enfants

(Bernard Ruhaud)

Illustration: Gustave Caillebotte

 

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ARBRES (Venus Ixchel Mejia)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2022



Illustration: Georgia O’Keefe
    
Poem in French, Italian, German, Greek, Portuguese, Romanian, Icelandic and in
Albanian, Arabic, Armenian Bangla, Bosnian, Catalan, Chinese, Farsi, Hebrew,
Hindi, Indonesian, Irish, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Polish, Russian, Serbian,
Sicilian, Tamil
Georgia O’Keefe, USA 1887-1986
Poem of the Week Ithaca 741 “Trees” VENUS IXCHEL MEJIA,
HONDURAS
– All Translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

ARBRES

Dans cette ville bruyante
on a enfermé les arbres
derrière des barreaux de béton.
Depuis ma fenêtre
je vois comment leurs branches
tentent d’atteindre la vibration d’un miroir
que drape le vent endormi.
C’est pourquoi
durant un moment encore
je garde en moi l’image de leurs feuilles
et dors sur le fil d’un poignard
jusqu’à épuisement de la nuit.

(Venus Ixchel Mejia)

, Honduras (1979)

Traduction: Elisabeth Gerlache

***

ALBERI

In questa città sconfitta
gli alberi sono stati imprigionati
con sbarre di cemento.
Dalla mia finestra
vedo i loro rami cercare di raggiungere
uno specchio tremante che racchiude
il dormire del vento.
È per questo,
che ancora conservo il ritratto delle loro foglie
in un’ora sospesa;
e dormo sul filo di un pugnale
finché dissolta non sia la notte.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Traduzione di Luca Benassi

***

BÄUME

In dieser lärmenden Stadt
wurden die Bäume eingesperrt
mit Stäben aus Beton.
Von meinem Fenster aus
sehe ich wie ihre Zweige versuchen
das Zittern eines Spiegels zu erreichen,
umschlossen vom schlummerden Wind.Das ist der Grund,
dass während einer stillen Stunde
ich noch das Bild ihrer Blätter bewahre
und auf der Klinge eines Dolches schlafe,
bis sich die Nacht erschöpft
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Übersetzung: Germain Droogenbroodt –Wolfgang Klinck

***

ΔΕΝΤΡΑ

Στην πόλη αυτή των χτυπημάτων
τα δέντρα φυλακίζονται
μες στα τσιμέντα
διακρίνω απ’ το παράθυρο μου
τα κλαδιά ν’ απλώνονται
προς τον καθρέφτη που τρέμει
αντικαθρεφτίζοντας τον άνεμο.
Γι’ αυτό διατηρώ
το πορτραίτο των φύλλων
σε μια κρεμάμενη ώρα
και κοιμούμαι στην άκρη του μαχαιριού
ώσπου να ξημερώσει.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek: Manolis Aligizakis

***
ÁRVORES
Nesta cidade que pulsa,
as árvores foram encarceradas
com barrotes do concreto.
Da minha janela,
vejo os seus ramos tentando alcançarum trémulo espelho que envolve
o vento adormecido.
Por isso,
conservo ainda o retrato das suas folhas
numa hora suspensa;
e durmo sobre a ponta de um punhal
até que a noite termine.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***
COPACI
În orașul care bate,
toți copacii au fost închiși
după gratii de beton.
De la geam văd ramuri
încercând să atingă
freamătul de oglindă
ce veghează vântul adormit.
Astfel, eu pun la păstrare
chipul frunzelor plutind
peste ora supendată
și pe muchia de cuțit
dorm până ce noaptea se destramă.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Translation into Romanian: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

TRÉ

Hérna í barsmíðaborginni
hafa trén verið lokuð inni
í steinsteyptum fangelsum.Frá glugganum mínum
sé ég greinar þeirra teygja sig
í skjálfandi spegil sem lykur um
sofandi vindinn.
Þess vegna
geymi ég enn mynd af laufi þeirra
í biðtíma
og sef á rýtingsegg
uns nóttin leysist upp.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Translation into Icelandic: Thor Stefansson

***

PEMËT

Në këtë qytet të dhunshëm
pemët janë burgosur
me shufra betoni.
Nga dritarja ime
shoh degët e tyre tek përpiqen të arrijnë
një pasqyrë që dridhet, e cila erën
e përgjumur rrethon tani.
Ja përse
unë ende e ruaj portretin e gjetheve të tyre
në një orë pezull
dhe pranë një kame fle
derisa të tretet nata e thellë.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Albanian: Irma Kurti

***

ش َجار
َأ
ِفي َه ِذ ِه المَ ِدينة التي لا َت َنام
َت
ْش َجا ُر ِبقض َبا ٍن ِمن الإ ْس َمن
َلأ
ُت ْس َج ُن اِتي
َذ
َف
ِا
َن
َرى ِمن
َأ
ن َت ِص َل ِإلى ِمرآ ٍة غير
َأ
ُ ل
ِو
ْغ َصا ُنها َو ِهي ُت َحا
َأ
مة
ِئ
ِبالرياح ال َنا
ًيط
ِح
ُت
ٍة
َح
ِض
َوا
قة
َّل
َُلمع
و َرا ِقها ِفي َسا َع ِتي ا
َأ
ُصورة
ِب
ُظ
ِف
حت
َأ
ُت
ل
ِز
ذلك َما
ِل
ٍر
َج
ْن
ِخ
ِة
َف
ى َحا
َل
َع
ُم
َنا
َأ
َو
لى َأن َي ُذو َب اللي ُل
ِإ
قينوس اتشيل ميخيا ( ،)VENUS IXCHEL MEJIAالهندوراس ()1979
ترجمة للعربية: عبد القادركشيدة
Translation into Arab: Mesaoud Abdelkader

***

Ծառերը

Պարտությունների այս քաղաքում
ծառերը բանտարկված են
բետոնե ձողերով։
Իմ պատուհանից
ես տեսնում եմ ճյուղերը, որոնք ձգտում են
դեպի դողացող հայելին
որ պարփակում է քնած քամուն:
Ահա թե ինչու
ես դեռ պահպանում եմ նրանց տերևների դիմանկարը
սահմանափակ ժամում
ու քնում եմ դաշույնի եզրին
մինչև գիշերը կլուծվի մթության մեջ:
Վենուս Իքսչել Մեջլա, Հոնդուրաս (1979)
Թարգմանությունը Գերման Դրոգենբրոդտի
Հայերեն թարգմանությունը Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

***
বৃক্ষ
এই শহরে বৃক্ষরেে
হৃেস্পন্দন হর়ে গেরেবন্ধি
কংন্ধিরেে অন্তো়ে
আমাে জানালা হরে
গে গেখরে পাই ওরেে শাখা-প্রশাখাো করে গেষ্টা
স্পরশেে েরে
একটি কম্পন েে আ়েনা ো করে
বি
ন্ধনদ্রােে বাোস ।
এই কােরে
আন্ধম গে এখরনা গেরখন্ধে
োরেে পাোে প্রন্ধেকৃ ন্ধে
একটি স্থন্ধেে প্রহরে
আে আন্ধম োই গে ঘুন্ধমর়ে একটি
েুন্ধেে প্রারন্ত
েেক্ষে না োন্ধি হ়ে ন্ধবলীন
ভেনাস ইক্সচেল ভেজিযা, হন্ডু রাস (১৯৭৯)
অনুবাে জারমেইন ড্রুরজনব্রুডে
Translation into Bangla: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***
DRVEĆA
U ovom gradu batina
Drveće je zatvoreno
Sa betonskim šipkama.
Sa mog prozora
Vidim kako im grane pokušavaju doći
Drhtavo ogledalo koje zatvara
Vetar koji spava.
Zato
Još uvijek čuvam portret njihovog lišća
U suspendovanom satu
I spavam na ivici bodeža
Dok se noć ne rastvori.VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979.)
Prijevod na bosanski: Maid Čorbić

***
ARBRES
En aquesta ciutat de batecs,
els arbres han estat empresonats
amb barrots de concret.
Des de la meva finestra
veig les seves branques intentant assolir
un tremolor de mirall que amaga
el vent adormit.
Per això,
conservo encara el retrat de les fulles
en una hora suspesa;
i dormo sobre el tall d’un punyal
fins que no s’esgota la nit.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondures (1979)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

树 木
在这挫败的城里
这些树木已用混凝土棒
囚禁起来。
从我的窗口
我看到它们的树枝试图伸到
一个附着沉睡的风的颤抖
的镜子前来。那就是为什么,
我在暂停的一小时内仍然保留着
它们的叶子的肖像的原因;
而我睡在匕首的边上
直到夜色消融。
原作:洪都拉斯 维纳斯·伊克舍尔·梅西亚( 1979)
英译:比 利 时 杰曼·卓根布鲁特
汉译:中 国 周道模 2022-7-17
Translation into Chinese: Willam Zhou

***
درختان
در ضرب و شتم شهر
درختان زندانی شدهاند
با میلههای بتونی.
از پنجرهام
شاخههایشان را میبینم که
سعی میکنند به آینهایی لرزان برسند
که باد خفته را در برمیگیرد.
برای همین است
من پرترهیی از برگهایشان نگه میدارم
در یک ساعت معلق؛
و بر لبهی خنجر میخوابم
تا شب تمام شود.
ونوس ایکسچل میجا، هندوراس، ۱۹۷۹
ترجمه از سپیده زمانی
Translation into Farsi: Sepideh Zamani

***
ૃવ
ક્ષો
હારેલા શહેરમાાં
સિમેન્ટ ના િળિયા િાથેૃવ
ક્ષોકેદીબનીગયાછે.
મારીબારીમાાંથી
હાંજોઈરહ્યોછાંકેતેનીડાિીઓપહોંચવાનોપ્રયત્નકરીરહીછે
ધ્રજતોઅરીિોકેજેસતેલપવનિાથે
બીડાયેલછે.
એટલામાટેજ
હાંહજતેનાપાાંદડાનીપ્રસતકૃસતસનલાંળબતકલાકોમાાં
િાચવીરહ્યોછાં
અનેહાંકટારીનીધારપરસતોછાં
જયાાંસધીરાતસવલીનનાથઇજાય.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation in Gujarati: Dr Nirali Soni

***
עצים / ונוס איקשל צקג’ייה, הונדורס נ’ 1979
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
בְּ עִ יר זו שֶׁ ל תְּ בוּסָ ה
הָ עֵ צִ ים נִכְּ לְּ אוּ
בְּ סו רְּ גֵי בַּ רְּ זֶׁל.
מֵ חַּ לּו נִי
אֲנִי רו אָה אֶׁ ת עֲנְּפֵ יהֶׁ ם מְּ נַּסִ ים לֶׁאֱח ז
מַּ רְּ אָה רו עֶׁ דֶׁ ת אֲשֶׁ ר סו גֶׁרֶׁ ת
אֶׁ ת הָ רוּחַּ הַּ נָמָ ה.
זו הַּ סִ בָ ה,
שֶׁ אֲנִי עֲדַּ יִן נו צֶׁ רֶׁ ת אֶׁ ת דְּ יו קָ ן עֲלֵיהֶׁ ם
בְּ שָ עָ ה מֻשְּ הֵ ית;
וַּאֲנִי יְּשֵ נָה עַּ ל קָ צֶׁ ה שֶׁ ל פִ גְּ יו ן
עַּ ד הִ תְּ פו גֵג הַּ לַּּיְּלָה.תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הציור של גיאורגיה או’קפה (ארה »ב 1887-1986
Translation into Hebrew: Dorit Weisman

***
पेड़
पिटाई के इस शहर में
िेड ़ों क कै द कर पिया गया है
क़ों क्रीट की सिाख ़ों के िीछे ।
मेरी खखडकी से
मैं देखता ह़ों पक उनकी शाखाए़ों िह़ोंचने की क पशश कर रही हैं
एक का़ोंिता हआ दिपण
ज बा़ोंधता है
व्यािक हवा।
इसीपिए
मैं अब भी उनके ित् ़ों का पचत्र रखता हूँ
एक पनि़ोंपबत घ़ोंटे में
और मैं ख़ोंजर के पकनारे स ता हूँ
रात समाप्त ह ने तक।
वीनस इक्सेल मेजिया, ह ़ोंडुरास (1979)
ज्य पतमपय ठाकु र द्वारा पह़ोंदी अनुवाद l
Translation into Hindi: Jyotirmaya Thakur.

***
PEPOHONAN
Di kota yang tak henti berdenyut
pepohonan terpenjara
oleh balok beton.
Dari jendelaku
kulihat cabang pepohonan mencapai
cermin yang bergeletar menutupi
angin yang tidur.Itulah mengapa
potret daun masih kusimpan
pada jam yang ditangguhkan
dan aku tidur di ujung belati
sampai malam larut.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Indonesian: Lily Siti Multatuliana

***
CRAINN
I gcathair seo na léastaí
tá na crainn mar a bheadh príosúnaí
taobh thiar de bharraí iarainn.
Mar radharc ó m’fhuinneog
tá gríobhán a ngéaga
mar scatháin bhriste
faoi anáil fhuar na hoíche.
Coimeádaim im shúil
an fhís reoite seo:
Mo bhigil gan scíth
mar fhaobhar ar scian.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Leagan Gaeilge le Rua Breathnach
Translation into Irish (Gaelic): Ruaidhri Breathnach

***
木々
この暴力の街で
木々はコンクリート格子の牢獄に入れられている
わたしの窓からは
眠りの風を包み込む
震える鏡にたどり着こうと
木々が枝々を伸ばそうとしているのが見える
だからわたしは今でもその木々の葉の絵を
とまった時間の中で持ち
そして夜が明けるまで
短剣の葉の上で眠るのだ
ビーナス・イクスシェル・メイヤ(ホンジュラス)
Translation into Japanese: Manabu Kitawaki

***

MITI

Katika mji huu wa kupigwa
miti imefungwa jela
na mawe ya simiti.
Kutoka kwa dirisha langu
Naona matawi yanajaribu kufikia
kioo kinachotetemeka ambacho hufunga upepo wa usingizi.
Ndio maana bado naweka picha ya majani yao
katika saa lililosimamishwa
na ninalala kwenye ukingo wa jambia mpaka usiku unayeyuka.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Watafsiri na Bob Mwangi Kihara.
Translation into Kiswahili: Bob Mwangi Kihara

***

DAR

Li vî bajarê şingênî
dar bi dîrakên
bêtonê tên girtin.
Di pencera xwe re
ez dibînim çawa pîkên wan hewldidin
hejandina neynikê berpabikin
ên bi bayê xulmaş dorpêçkirî.
Ev e sedema,katijmêreke hêminîyê,
ku ez hîn wêneya pelan diparêzim
û li ser tîxa xencerekê radizêm,
ta şev wê vedike.
VENUS IXCHEL MEJA, 1979, Honduras
Translation into Kurdish: Hussein Habasch
***
DRZEWA
W tym hałaśliwym mieście
drzewa uwięziono
kratami z betonu.
Z mojego okna
widzę jak ich gałęzie próbują dosięgnąć
drżącego zwierciadła, które zawiera w sobie
uśpiony wiatr.
Oto dlaczego
ciągle zachowuję obraz ich liści
w zatrzymanej godzinie;
i sypiam na ostrzu sztyletu
dopóki nie rozpłynie się noc.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***
ДЕРЕВЬЯ
В этом городе шумном
деревья заточены
в бетонные тюрьмы.
Из моих окон
видно, как ветки
хотят дотянуться до ряби зеркал,
в них заключен уснувший ветер.Поэтому
я в тишине
еще храню портреты их листьев
и сплю на острие кинжала,
пока не выдохнется ночь.
ВЕНУС ИЧЕР МЕХИЙЯ, Гондурас (1979)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian: Daria Mishueva

***
ALVURES
In custa tzitade ‘inta
sos àlvurs sunt istètios impresonados
cum tressas de cimentu.
Dae sa ventana mia
bio sas naes issoro chilcare de lomper
a un’isprigu in tremuleu ch’inserrat
su dromire de su ‘entu.
Est pro custu,
chi galu istùgiu su retratu de sas fozas issoro
in d-un’ora suspèndida;
e dromu in su filu de unu punzale
fintas a candu isvanessida no sea sa note.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzione di Germain Droogenbroodt – Luca Benassi

***
DRVEĆE
U gradu punom nasilja
drveće je uhapšeno
i zatvoreno u kaveze
napravljene od betonskih šipki.
Sa mog prozora
vidim mu grane kako pokušavajuda dopru do drhtavog ogledala
oko spavajućeg vetra.
Zbog toga
čuvam portret njihovog lišća
u prostranstvu vremena
a ja spavam na oštrici kame
dok se noć ne rastopi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
S engleskog prevela S. Piksiades

***
ARBURI
Nta sta città di vastuniati
Li arburi sunnu mpriggiunati
Cu blocchi di cimentu.
Dâ me finestra
Viju i so rami ca cercanu di spincirisi
Versu lu trimanti specchiu ca rinchiudi
lu ventu addurmisciutu.
Pi chissu
Tegnu lu ritrattu dî so fogghi
Nta na ura suspisa,
E dormu supra lu tagghiu d’un pugnali
Finu a quannu la notti si dissolvi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***
மரங் கள்
தாளங்களின் இந்த நகரில்
கான்க்ரீட் பாளங்களால்
மரங்கள் சிறைப்படுத்தப் பட்டுள்ளன
எனது ஜன் னலிலிருந்துதூங்கும் காை்றினால் அறைக்கப் பட்ட
மரக்கிறளகள்
நடுங்கும் கை் ைாடிறைப்பபால!
அதனால்தான்
நான் அறைகளின் இறலகளின்
படத்றத இன்னும் றைத்திருக்கிபைன்
ததாங்கும் பநரத்தில்
நான் ஈட்டி முறனயில் தூங்குகிபைன்
இரவு மறையும் ைறர!
VENUS IXCHEL MEJÍA, Honduras (1979)
ஆக்கம் தமாழிமாை்ைம்
Translation into Tamil: DR. N V Subbaraman
Recueil: ITHACA 742
Editions: POINT
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Attente incertaine de la pluie (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



Attente incertaine de la pluie
puis l’outre noire épanche
ses larmes violentes.

Angle des toits
et les rues enfuies et tournantes
les rues, encore,
ville née d’un éclair et morte avec lui.

(Paul Nougé)

 

 

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