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Poésie

Posts Tagged ‘prononcer’

LA CLARTÉ (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021




    
LA CLARTÉ

C’est la clarté qui palpe soudain le corps aveugle,
l’ouvre et le dissout. Et la langue prononce
l’écume et la danse lumineuse. Ce sont les flammes de la terre,
les gorges d’ombre, les veines vertes.
Toute la vie visible dans le silence qui respire,
et dans les allées les caresses traversées par les oiseaux.
Quel est celui qui dort parmi les fruits et les fleurs,
qui rit dans une demeure claire et scintillante
et se sent construit et dédoublé,
et rien d’autre que la volupté qui le soulève
dans la blancheur de l’espace où les éléments se joignent,
et où tout est le caprice d’un seul souffle clair ?

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Instant sublime (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Instant sublime que le plus simple événement
nous réserve dans son surgissement d’arc-en-ciel !
Je songe à ce commencement qui étincelle dans un regard rencontré,
dans une lueur qui fraie son passage parmi les feuilles,
à ce qui annonce la venue du Vivant
d’un parfum d’herbe, d’un chant d’oiseau,
à ce qui chante la Présence
sans jamais prononcer de nom.

Il faut que le poète accepte cette présence
« auprès de laquelle la sienne n’est rien »,
comme l’écrit si justement Daniel-Rops.
Il faut lui laisser toute la place, qu’elle illuminera.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Le poème, chaque fois (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021



Illustration: Wordart Nuages de Mots    
    
Le poème, chaque fois, nous fait espérer
en ce mot qui, s’il était prononcé,
nous ouvrirait toutes grandes les portes du salut.

Ce mot n’appartient qu’à Celui qui a vécu,
une fois dans l’histoire, toute l’humanité,
avant de revenir entièrement
et pour toujours à la divinité.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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C’est une musique qui circulait au-dedans de nous (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021




    
C’est une musique qui circulait au-dedans de nous
et qui attendait que les paroles prononcées la délivrent.
Aussitôt nous en mesurons la justesse et la vérité,
que la beauté poétique conduit au jour.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Grande voix (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021



Grande voix
qui ne prononce pas de paroles,
il ne me reste qu’à t’entendre.

(Henry Bauchau)


Illustration

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Grande voix (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2021



Grande voix qui ne prononce pas de paroles,
il ne me reste qu’à t’entendre.

(Henry Bauchau)


Illustration: Odilon Redon

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J’aimai (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



 

J’aimai les mots les plus banals
que nul n’osait plus prononcer.
La rime « amore-fiore » m’enchanta, elle la plus
vieille et la plus difficile au monde.

J’aimai la vérité qui se trouve au fond,
presque un rêve oublié, que la douleur
redécouvre amie. Avec la peur au cœur
on s’en approche, on ne l’abandonne plus.

Je t’aime toi qui m’écoutes et toi ma bonne
carte qui m’est restée à la fin de mon jeu.

(Umberto Saba)

Découvert chez Lara ici
 

 

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Il ne manque à l’amour que la durée (René de Chateaubriand)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2021



Illustration: Henri Matisse    
    

[…]
il ne manque à l’amour que la durée
pour être à la fois l’Éden avant la chute
et l’Hosanna sans fin.

Faites que la beauté reste,
que la jeunesse demeure,
que le cœur ne se puisse lasser,
et vous reproduirez le ciel.

L’amour est si bien la félicité souveraine
qu’il est poursuivi de la chimère d’être toujours ;
il ne veut prononcer que des serments irrévocables ;
au défaut de ses joies, il cherche à éterniser ses douleurs;

ange tombé, il parle encore le langage
qu’il parlait au séjour incorruptible;
son espérance est de ne cesser jamais;

dans sa double nature et dans sa double illusion ici-bas,
il prétend se perpétuer par d’immortelles pensées
et par des générations intarissables.
[…]
(René de Chateaubriand)

 

Recueil: Mémoires d’outre-tombe
Traduction:
Editions:

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UN NOM FAUFILÉ DE SILENCES (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



    
UN NOM FAUFILÉ DE SILENCES

avec le bout de ma langue j’allaitais les fautes.
ZEYNEP KOYLU

I
Le hennissement d’un cheval
déchire la housse du sommeil,
réajuste les images
et le tilleul bréhaigne frémit.
Le maçon, un homme sans visage,
décharge des briques crues et des pierres
devant la porte branlante.
Le muret et le four ancien
reviennent à leurs places
et moi, fillette de cinq ans,
je cours autour de la claie et je pleure
pendant que le cochon mord à belles dents
ma poupée de chiffon,
l’unique,

comme toutes les amours uniques
que le temps disjoint,
comme s’il voulait vérifier
l’endurance du cœur.
Personne ne m’entend.
Les araignées tissent des voiles de mariée
sur le poirier en fleur,
le maçon, impassible, taille
des pierres pour une nouvelle maison
dans laquelle il n’entrera pas.
Si je l’avais appelé,
si j’avais dit grand-père,
aurait-il entendu le sang ?

II
Je n’ai jamais prononcé à haute voix
son nom
que j’apprenais d’une photo,
clouée sur une poutre au grenier.
Les silences de mon père,
les oiseaux de l’accusation
dans les yeux de maman
à cause d’un péché d’autrui
rongeant le sang de la descendance.
Le sommeil rend des mots oubliés
et m’apprend les mantras de la nuit
que la vie passe sous silence.
Son nom est un chaton apeuré
enfoui sous le lit de ma langue.
Je l’épelle en sourdine
avec la persistance de quelqu’un
qui ne veut pas se réveiller
avant de réécrire le songe
de sa vie.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Se tenir coi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2020




    
Se tenir coi, prêter l’oreille, ne prononcer
Que les mots nés des racines ou venus de loin
Qui s’unissent en toi dans la rythmique du cœur
Frayant passage, telle la Voie, au sein du chaos.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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