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Posts Tagged ‘noyer’

Si un jour les feuilles noient tes épaules (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2020



Si un jour

les feuilles noient tes épaules
dis-toi que leur chute
t’offre le ciel

(Bernard Montini)


Illustration: Remedios Varo Uranga

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SOUVENIRS (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
SOUVENIRS
À Georges Pioch

Souvenirs, ô souvenirs !
Le présent pèse sur vous
Comme l’eau sur des jardins
Submergés depuis trois ans !
La guerre sur vous s’augmente
Et ajoute à votre foule
D’autres souvenirs noyés.
Je voudrais m’en aller seul
Sur un haut plateau ;
Je ne verrais que le ciel,
Le ciel de toujours
Et les tribus d’herbes frêles
Qui tremblent et rêvent.
J’établirais mon abri
Dans les cailloux millénaires
Fidèles du vieux soleil.
C’est là qu’après trois années
Enlisées dans les désastres
Je retrouverais
Ce silence où les pensées
Font leur bruit violent.
Ô souvenirs de la guerre,
C’est là que je connaîtrais
Vraiment vos voix redoutables ;
Et c’est là qu’enfin mon cœur
Pourrait délivrer
Sa colère et sa douleur,
Sa honte et ses larmes.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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Y a-t-il un lieu de silence (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



    

– Y a-t-il un lieu de silence
Où je puisse essayer mon chant
Sans que le submerge en moi-même
Le tumulte de ces orages,
Les cris aigus de ce prétoire
Où se proclament par cent voix
Le mensonge des criminels
La cupidité des voleurs
Et la lâcheté des esclaves ?
– Un seul accent vrai de ton cœur
En toi couvrira cent voix fausses.
Ah ! mon cœur n’est-il pas pareil
À un fruit jeté dans la mer :
Quand un batelier le recueille
Il est encore plein et doré
Mais sa chair que l’eau a forcée
N’a plus que l’âcreté du sel.
J’ai regardé bien trop de morts
Avec des yeux secs et distraits ;
J’ai connu trop de paysages,
J’ai pressé pendant ces cinq ans
Trop de mains, vu trop de visages ;
Des flots ont noyé ma mémoire.
– La moisson étouffe et aveugle
L’ample grenier qui la contient
Mais d’où jaillira chaque gerbe
À son tour, avec tous ses grains.
Sur le lourd butin qui t’accable
Penche-toi ! Dans un cœur aimant
Rien n’est perdu, rien ne s’efface
De ce qu’y a mis chaque jour.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉLÉGIE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration
    
ÉLÉGIE

Dans une bête coupure
Que je m’étais faite au pouce
Mon cœur battait lourdement.
La pluie violente noyait
L’herbe trop longue et malade
Que mes pas enfouissaient.
J’allais, soldat grelottant,
Plutôt gibier que chasseur,
À travers une oseraie
Où je me tordais les pieds.
Mais, laissant mon corps à la peine.
Oubliant mon triste harnais,
Je m’étais enfoncé bien loin
Dans le plus riche de mes rêves
Et je me prenais à sourire.
Je n’étais pas si malheureux
Que ce soir où, devant ma table,
Je me complais à retrouver
L’eau qui débordait mes souliers,
L’osier qui cinglait mon visage
Et ces battements dans mon pouce.

(Charles Vildrac)

https://www.franceculture.fr/emissions/jacques-bonnaffe-lit-la-poesie/charles-vildrac-soldat-poete-le-chant-du-desespere-24

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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HUMAINS (Maria Nivea Zagarella)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2020



ADDS IDENTIFICATION OF CHILD Paramilitary police officers investigate the scene before carrying the lifeless body of Aylan Kurdi, 3, after a number of migrants died and a smaller number were reported missing after boats carrying them to the Greek island of Kos capsized, near the Turkish resort of Bodrum early Wednesday, Sept. 2, 2015. The family — Abdullah, his wife Rehan and their two boys, 3-year-old Aylan and 5-year-old Galip — embarked on the perilous boat journey only after their bid to move to Canada was rejected. The tides also washed up the bodies of Rehan and Galip on Turkey’s Bodrum peninsula Wednesday, Abdullah survived the tragedy. AP

 
    
Poem in Dutch Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish

Poem of the Week Ithaca 647
« Men » Maria Nivea Zagarella Sicilia

Uit: “The Poetry of Maria Nivea Zagarella”, Bilingual Sicilian-English, Mineola, NY: Legas, 2017.

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

HUMAINS

La mer consentante
rend les morts :
fétus superflus,
inutiles,
sur cette terre.

Affolés et perdus
ils s’en vont
adultes désespérés
enfants innocents
ne sachant rien faire
leurs petites mains, transies par le gel nocturne
qui les tue.

Impitoyable l’homme
envers sa propre chair,
Impitoyable envers la terre
qui l’a allaité depuis sa naissance.

La mer n’a plus assez
de paniers à foin
pour rassembler goutte à goutte
la misère et les gémissements
de ces corps qui se noient.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

MENSEN

De berustende zee
geeft de doden terug:
overmatig stro,
nutteloos
op deze aarde.

Waanzinnig en verloren
vertrekken ze
de wanhopige volwassenen
de onschuldige kinderen
die niets kunnen doen,
hun kleine handen, bevroren door de nachtvorst,
die hen doet sterven.

Wreedaardig de mens
tegen zijn eigen vlees,
Wreedaardig tegen de aarde
die hem vanaf zijn geboorte borstvoeding gaf.

De zee heeft niet langer
voldoende stromanden
om druppel na druppel te verzamelen,
de ellende en de verzuchtingen
van deze verdrinkende lichamen.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

HOMBRES

Devuelve
el mar resignado
a los muertos:
paja sobrante,
inútil,
sobre esta tierra.

Locos sin rumbo
parten
desesperados los adultos
inocentes los pequeños
que no pueden hacer nada,
las manos frías… heladas nocturnas
que traen la muerte.

Caín el hombre
con su propia carne.
Caín con la tierra
que lo amamantó al nacer.

Y no tiene más
canastos el mar
para recogerlos gota a gota,
ni llagas para bramar
este ahogamiento de hombres.

Traducción Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

MEN

The resigned sea gives back
the dead,
excessive straw,
useless,
upon this earth.

Crazy and lost
the desperate adults
depart,
the innocent little ones
can do nothing,
their little hands
frozen by the cold night
that brings them death.

Murderous men
against their own flesh,
murderous earth
that breast fed them since birth.

The sea no longer has
enough straw baskets
to collect drop after drop,
woes and laments
of this drowning bodies.

Translation into English by Stanley Barkan

***

UOMINI

Ci torna
il mare rassegnato
i morti:
Paglia sono in sovrappiù,
inutile,
su questa terra.

Folli sbandati
partono
disperati i grandi,
innocenti i piccoli
che non possono nulla,
le manine fredde… gelo della notte
che gli porta la morte.

Caino l’uomo
con la sua stessa carne
Caino con la terra
che allattò nascendo.

E più non ha
il mare sporte
a raccogliere stilla su stilla,
piaghe a bramire
di questo annegamento di Morte.

Maria Nivea Zagarella

***

MENSCHEN

Sich erhebend gibt das Meer
die Toten zurück:
überschüssiges Stroh,
nutzlos,
auf dieser Erde.

Wahnsinnig und verloren
sie machen sich auf
verzweifelte Erwachsene,
unschuldige Kinder
die nichts tun können,
kalt die Hände … der Nachtfrost
bringt ihnen den Tod .

Grausam der Mensch
gegen sein eigenes Fleisch
Grausam gegen die Erde
die ihn on Anbeginn genährt hat.

Das Meer hat
kein Gefäß mehr
um Tropfen für Tropfen zu sammeln
das Elend und die Klagen
dieser ertrinkenden Körper.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

HOMENS

Devolve
o mar resignado
os mortos:
palha que sobra.
Inútil,
sobre essa terra.

Loucos sem destino
partem
desesperados os adultos
inocentes os pequenos
que não podem fazer nada,
as mãos frias… geadas noturnas
que trazem a morte.

Caim, o homem,
com sua própria carne.
Caim com a terra
que o amamentou ao nascer.
E não tem mais
cestas o mar
para recolhê-los gota a gota,
nem feridas para gritar
este afogar-se da Morte.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by Eduardo Degrazia

***

UOMINI

Ci torna
il mare rassegnato
i morti:
Paglia sono in sovrappiù,
inutile,
su questa terra.

Folli sbandati
partono
disperati i grandi,
innocenti i piccoli
che non possono nulla,
le manine fredde… gelo della notte
che gli porta la morte.

Caino l’uomo
con la sua stessa carne
Caino con la terra
che allattò nascendo.

E più non ha
il mare sporte
a raccogliere stilla su stilla,
piaghe a bramire
di questo annegamento di Morte.

Maria Nivea Zagarella

***

OAMENI

Marea cea resemnată
ne înapoiază
morții:
surplus de paie
inutile
pe acest pământ.

Smintiți și rătăciți
se duc adulții disperați,
neîntinați copiii
rămân neputincioși,
cu mânuțele reci… în gerul nopții
aducător de moarte.

Hain e omul
cu propria-i carne,
hain cu pământul
din naștere alăptat.

I s-au isprăvit mării
panerele de adunat
strop după strop
amarul și necazul
acestor trupuri înecate.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

LUDZIOM

Morze pokornie oddaje
martwych,
zbędną słomę,
bezużyteczną
na tej ziemi.

Oszaleli zagubieni
wypływają,
zdesperowani dorośli
i niewinne dzieci
one nie mogą nic,
ich małe rączki
przemarzają nocnym mrozem
który przynosi im śmierć.

Kainowie
wobec własnego ciała
Kainowie wobec ziemi
co poiła ich matczynym mlekiem.

Morze już nie nastarcza
słomianych koszy
by zbierać kropla po kropli,
lamenty i krzyk
tonących.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΑΝΘΡΩΠΟΙ

Καρτερική θάλασσα επιστρέφει
τους νεκρούς
το πολύ άχρηστο άχυρο
πάνω στη γη.

Χαμένοι και τρελοί
απελπισμένοι άνθρωποι
φεύγουν καθώς
τ’ αθώα ανίκανα παιδιά
να κάνουν κάτι δεν μπορούν
με χέρια παγωμένα
απ’ τη νύχτα που τα σκοτώνει.

Φονιάδες κατά της ίδιας τους γεννιάς
της γης φονιάδες
που τους γαλούχισε απ τα γεννησιμιά τους
η θάλασσα άλλα δεν έχει
καλάθια αχυρένια
για να μαζέψει σταλιά σταλιά
κλάματα και καημούς
κορμιών που πνίγονται ένα-ένα

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

人 类

听天由命的大海归还
这死者,
过多的稻草,
没用的,
在这个地球上。
疯狂和迷失
不惜冒险的大人
离开了,
无辜的小孩子
无能为力,
他们的小手
被寒冷夜晚冻住了
这给他们带来死亡。
凶残的人类
残害自己的肉体,
凶残的地球
从出生起就用母乳喂养他们。
大海不再有
足够的草篮子
来一滴一滴地收集,
这些溺水尸体
的悲哀与哀叹。

原 作: 西西里岛 玛丽亚·妮维娅·扎加雷拉

英 译: 盖塔诺·西波拉 译自意大利西西里语
汉 译: 中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

رجال..

البحر اليائس يهب الموتى،
قشة هائلة،
لا فائدة ترتجى منها،
على الأرض.
فالبالغون اليائسون يرحلون،
بجنون وتيه
والأبرياء الصغار
لا حول لهم
ولا قوة.
فأياديهم الضئيلة
جمدتها الليلة الباردة
وأصابتها بالشلل
أما الرجال القتلة
الذين يجهزون على آخرين من لحمهم ودمهم،
على هذه الأرض
التي أطعمتهم من ولادتهم،
لم يعد في البحر
أعواد خشب تكفي
لجمع القطرات النازفة،
والأجساد الغرفى ليس لها شيء
سوى النوح والرثاء

ماريا نيفيا زاغاريلا (صقلية)

ترجمة عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

पुरुषों

इस्तीफा देने वाला समुद्र
वापस लौट आता है
मृत,
अत्यधिक पुआल,
निकम्मा,
इस धरती पर।
पागल और खो गया
हताश वयस्क
विदा हो गए
मासूम छोटों
कुछ नहीं कर सकते,
उनके छोटे हाथ
ठंड की रात से जमे हुए
इससे उनकी मृत्यु हो जाती है।
हत्या करने वाले पुरुष
अपने स्वयं के मांस के खिलाफ,
पृथ्वी के खिलाफ हत्या
उस स्तन ने उन्हें जन्म से खिलाया।
समुद्र अब नहीं है
पर्याप्त पुआल टोकरी
बूंद के बाद बूंद
जमा करने के लिए,
व्यर्थ और विलाप
इन डूबते हुए शरीरों का
मारिया निव ज़ागरेला (सिसिली)

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

海があきらめたように
枯れた山のような藁を砂浜に戻す
地球には無益なもの

狂って行き場を失った
やけっぱちの大人が旅発つ
無邪気で小さな子供は

何もできず
冷たい夜に手は凍え
命を失う

殺人鬼は
自らの肉体に背き
地球に刃向かう
生まれた時から乳を与えてくれた地球を

海にはもう十分な藁を入れるかごがなく
おぼれた身体の
悲哀と嘆きがあるのみだ

マリア・ニベア・ザガレラ(シチリア)
Translation into Japanese by Dr. Manabu Kitawaki

***

مردها

دریای بردبار
مرده پس می دهد،
انبوهی کاه
بی استفاده،
روی این زمین.
دیوانه و گمراه،
بزرگسالانی ناامید
عازم می شوند،
طفلان بی گناه
بیچاره ،
دستان کوچکشان
یخزده در شبهای سرد
که برایشان مرگ هدیه می آورد.
مردان قاتل
علیه خودشان،
قاتل زمین
که از پستان دهش شیرشان داد.
دریا دیگر سبد کاهی ندارد
تا قطره قطره جمع کند
درد و رنجهای
این بدن های مغروق را.

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

Човеци

Спокойното море изхвърля
мъртвата,
прекомерна сламка,
безполезна
на тази земя.
Луди и изгубени,
отчаяните възрастни
отпътуват,
невинните деца
не могат да направят нищо,
техните малки ръце
са замразени от студената нощ,
която им носи смърт.
Убийствени човеци
срещу собствената си плът,
убийствени срещу земята,
която ги кърми от раждането!
Морето няма вече
достатъчно сламени кошове
да събира капка след капка,
бедите и риданията
на тези давещи се тела

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian Ivan Hristov

***

MENN

Auðsveipur sjórinn skilar
hinum látna,
afgangsfisi
og einskis nýtu
eftir að hann deyr.
Hugstola og ráðþrota
hverfur fullorðna fólkið
á braut,
litlu sakleysingjarnir
geta ekkert gert,
smáar hendur
kelur um kalda nótt
sem færir þeim dauðann.
Morðóðir menn
drepa hold sjálfra sín,
drepa jörðina
sem brjóstfæddi þá frá fæðingu.
Sjórinn á ekki lengur
nægar tágakörfur
til að safna hverjum dropa
af sorg og harmi
drukknandi líkamanna

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ЛЮДИ

Спокойное море
отдает мертвецов:
слишком много
ненужной соломы
на этой земле.

Отчаявшиеся и потерянные,
они уходят.
Отчаявшиеся взрослые
невинные дети,
им ничего уже не суметь,
а маленькие ладошки, замерзшие на ночном морозе,
приносят смерть.

Люди мстят
самим себе,
мстят земле,
что с рождения их растила.

У моря больше нет
соломенных корзин,
чтобы, капля за каплей, собирать
горести и печали
этих утопших тел.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

TAO

Ang umurong na dagat nagbalik
ng bangkay,
labis na dumi
walang pakinabang
sa mundong ito.

Baliw at naligaw
mga may sapat na gulang desperadong
lumisan,

mumunting walang muwang
ay walang magawa
maliliit na mga kamay
ay nanigas sa maginaw na gabi
na nagdala sa kanila sa kamatayan.

Mamamatay tao
laban sa kanilang sariling laman, mamamatay laban sa kalupaan
na siyang nagpasuso sa kanila mula ng sila’y isilang.

Ang dagat wala ng sapat
na sisidlang yari sa dayami
upang tipunin ang bawat patak

ng mga luha ng paghihinagpis at pagdadalamhati
nitong nangalunod na mga katawan

Isinalin sa wikang Filipino -Eden Soriano Trinidad
Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

גברים / מריה ניביאה זאגארֶלָה, סיציליה

הַיָּם הַנָּסוֹג מַחְזִיר
אֶת הַמֵּתִים,
קַשׁ עֹדֶף,
חֲסַר-תּוֹעֶלֶת,
עַל הָאֲדָמָה הַזּוֹ.

מְטֹרָפִים וַאֲבוּדִים
עוֹזְבִים
הַמְּבֻגָּרִים הַמְּיֹאָשִׁים,
אוֹתָם קְטַנִּים תְּמִימִים
אֵינָם יְכוֹלִים לַעֲשׂוֹת דָּבָר,
יְדֵיהֶם הַקְּטַנּוֹת
קְפוּאוֹת מֵהַלַּיְלָה הַקַּר
שֶׁמֵּבִיא אוֹתָם אֶל פִּי מָוֶת.

גְּבָרִים רַצְחָנִיִּים
נֶגֶד עַצְמָם וּבְשָׂרָם,
רַצְחָנִיִּים כְּנֶגֶד הָאֲדָמָה
שֶׁהֵינִיקָה אוֹתָם מֵאָז הַלֵּדָה.

לַיָּם כְּבָר אֵין
דֵּי סַלֵּי קַשׁ
לֶאֱסֹף טִפָּה אַחַר טִפָּה
יְגוֹנוֹת וְקִינוֹת
שֶׁל גּוּפוֹת טוֹבְעוֹת אֵלּוּ.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

ஆண்கள்

விலகிய கடல் இறந்தவற்றைத்
திரும்பத்தருகிற து
பயனற்ற எஞ்சியுள்ள கோரைப்புற்களை
நிலத்திற்கே!
மனமாறாட்டமுடைய, இழந்துவிட்ட
நம்பிக்கை இழந்த வயதானவ்ர்கள்
பிரிகின்றனர்
விவரம் தெரியாத சிறுவர்கள்
ஒன்றும் செய்ய முடியாது
சில்லென்ற குளிர் இரவினால் இறுகிய
அவர்களுடைய சிறு கைகள்
அவர்களுக்கு மரணத்தை கொண்டுவருகிறது!
கொலைகார மனிதர்கள்
அவரது உடலை எதிர்த்து
நிலத்தை எதிர்த்து கொலைசெய்கின்றனர்
பிறந்த நாளினின்று மார்பகப் பால் கொடுத்தது
கடலினிடம் தேவையான கோரைப்புல் கூடைகள்
துளித்துளியாகச் சேகரிக்க

மூழ்கும் உடல்களின்
வேதனைகளையும் அழுகைகளையும்
தீர்ந்து விட்டன!

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

MIROV

Zerya xwe berzdike
miriyan vedigerîne:
şiv badilhewa,
bê havil e
li ser vê erdê.

Şêtanî û hindabûn
mirovên têgihêştî
xwe dikine rewşeke gumanî
zaroyên bê guhne,
yên bêçare,
dest qerimî… şeva xwîskanî
ji wan re mirinê tîne.

Tawanbar e mirov
lidijî goştê xwe
tawanbar e lidijî erdê
ewa di destpêkê de ew xwedîkir.

Di zeryayê de sepetên
şivên heytê neman,
ku dilop li pê dilopê kombike,
hejarî û gazinî
ev tenê niqumî.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

মানব

প্রত্যাখ্যাত সমুদ্র ফিরিয়ে দেয়

মৃতদেহ,
অতিরিক্ত খরকুটো,
মূল্যহীন,
এই পৃথিবীতে।
উন্মাদ আর নিখোঁজ
মরিয়া প্রাপ্তবয়স্করা
করে প্রস্থান,
নিষ্পাপ ওই শিশুরা
করতে পারে না কিছুই,
তাদের ছোটহাত গুলি
জমে যায় হিমশীতল রাতে
যা তাদের ঠেলে দেয় মৃত্যুমুখে।
হত্যাকারীরা

বিরুদ্ধে দাড়ায় তাদের নিজের স্বজাতির প্রতি,
এই পৃথিবীর বিরুদ্ধে হত্যাকারীরা
যে পৃথিবী থেকে তারা করেছে স্তন্যপান।
এখন সমুদ্রে নেই আর
পর্যাপ্ত ঘরের ঝুড়ি
বিন্দু করে নেওয়ার জন্য,
হতাশা আর বিলাপ
আর ডুবে যাওয়া সব দেহগুলি

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

FIR

Tugann an mhuir ghéilliúil
na mairbh ar ais,
tuí iomarcach,
gan mhaith,
don domhan seo.
Ar mire is ar strae,
daoine fásta i ndeireadh na feide
ag imeacht,
níl na rudaí beaga saonta
in ann faic a dhéanamh,
a lámha beaga sioctha
ag an oíche fhuar a thugann
an bás léi.
Dunmharfóirí, fir a mharaíonn
a gcineál féin,
an domhan a chothaigh ón mbroinn iad
á scriosadh acu.

Níl dóthain ciseán tuí
ag an muir chun iad a bhailiú,
braon i ndiaidh braoin
d’ochlán na gcorp seo
á mb

Transcreation into Irish by Gabriel Rosenstock

(Maria Nivea Zagarella)

 

Recueil: ITHACA 647
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
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Crépuscule du soir mystique (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

c6c6

Crépuscule du soir mystique

Le Souvenir avec le Crépuscule
Rougeoie et tremble à l’ardent horizon
De l’Espérance en flamme qui recule
Et s’agrandit ainsi qu’une cloison
Mystérieuse où mainte floraison —
Dahlia, lys, tulipe et renoncule–
S’élance autour d’un treillis, et circule
Parmi la maladive exhalaison
De parfums lourds et chauds, dont le poison
–Dahlia, lys, tulipe et renoncule–
Noyant mes sens, mon âme et ma raison,
Mêle, dans une immense pâmoison,
Le Souvenir avec le Crépuscule.

(Paul Verlaine)

 

 

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ELBE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020




ELBE

J’ai dit
Je te tu
Tu dis
Tu me moi
Je te tutoie
Tu me tutoies
Je me tais et tu t’es tue
Je tue l’autre en toi
Comme en moi tu tuas l’un
Je me tue si tu te tues
En te tuant tu me tues
Tu n’es plus toi tu es moi
Qui ne suis plus rien que toi
Une et un sont un
Il fait nuit en plein soleil
Pour mieux noyer l’indivis
Pour nous noyer tous deux
Dans un vaste lit d’eau bleue
Midi profondément noir
Claire mort
Précipite l’heure ardente
Au sablier inférieur
Engouffre notre bonheur
Sous le démesuré drap
Du temps qui ondule et brille
Devant ce point où nous sommes
Nus et joints
Confondus
Et qui tout nûment est
Le fond étroit d’une barque
Dérivant devant la belle
Ile d’Elbe.

(André Pieyre de Mandiargues)

Illustration

 

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VIENS (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2020




    
VIENS

Tu t’es cachée dans mon coeur
Comme un trésor au fond de la montagne.
Souvent de mes yeux jaillissent des flammes
Pour que tu rappelles à ma nuit
Que tu es là, même en étant au loin,
Dans les cavernes de ton âme
Errant comme un fantôme je te cherche,
Et je t’appelle, mais quand tu réponds
Ce n’est qu’un écho de ma propre voix,
D’ici, de nulle part,
De là-bas, de partout,
Pour me brouiller le chemin vers toi.

Dis-moi : dans ton sommeil fais-tu parfois le rêve
Qu’un autre homme t’embrasse
Et tu t’approches
De sa poitrine ?

Réveille-toi !
Du fond de ma nuit
Deux yeux de tigre,
Deux phares affolés,
Deux vitres éclairées,
Deux étoiles noyées de larmes
Te regardent, t’appellent :
Viens !

(Mihai Beniuc)

 

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Salut (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2020



Salut

Rien, cette écume, vierge vers
A ne désigner que la coupe;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l’envers.

Nous naviguons, ô mes divers
Amis, moi déjà sur la poupe
Vous l’avant fastueux qui coupe
Le flot de foudres et d’hivers;

Une ivresse belle m’engage
Sans craindre même son tangage
De porter debout ce salut

Solitude, récif, étoile
A n’importe ce qui valut
Le blanc souci de notre toile.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Victor-Louis Mottez

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JARDIN D’UNE NUIT D’ETE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2020



 

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JARDIN D’UNE NUIT D’ETE

La voûte des noyers est sombre comme un caveau,
Comme la vie ;
Mais à travers le feuillage léger d’un amandier
Brille le ciel de minuit,
Ruisselant d’étoiles.

Cet amandier, le plus ancien de tous,
Voilà qu’il a comme fruits des étoiles ;
Eternel est le sens des choses
Mais le regard est enchanté.

Jamais l’infini ne fut si proche,
Jamais ne fut si proche la paix de la mort ;

Et l’enfance luit jusqu’ici
Avec sa lumière dorée d’arbre de Noël.

(Gyula Illyès)

Illustration

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