Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘espoir’

Parfois (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018



 

parfois
quand on est las
de marcher

quand les champs de pierres
succèdent
aux champs de pierres

qu’il n’est plus de bornes
ni de critères
et que la ténèbre s’accentue

parfois
quand tout vacille
et se brouille
que l’on devient cet autre
que l’on ne peut rejoindre

qu’il faut poursuivre
encore
alors que s’est éteint
l’espoir de s’agenouiller
un jour près de la source

parfois
au fond de la douleur
et de la nuit

on aimerait tant
que s’achève le voyage

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Laurent Gorris

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L’eau le feu l’air (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018




    
L’eau le feu l’air comme alphabet de nos jours.
Mais si la voyelle est un oiseau, si chaque
Lettre fait le plein de chaleur et de sang
Qu’importe alors le sens du livre sous sa laque.
Seul compte ce frisson que nous donnent en s’ouvrant
Ses pages d’où montent des appels et des chants.
Que sont toutes choses sinon remous sur un fleuve
Sans source ni delta qui roule dans le soir
Quand les espoirs s’enfuient vers des planètes neuves.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ensevelie la parole (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



    

Ensevelie la parole qui nous sommait de vivre
Hanche nue au bord de la nuit d’été,
Si perdue sous les ronces folles des mots
Que plus jamais le chant n’en pourra retentir.

Qui voudrait arracher ce poids de nos fautes?
Quel enfant soudain retrouvé hors de tout espoir
Viendrait sous son regard désigner ô mes frères
La source enfouie où s’abreuvèrent nos premiers songes?

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHANSON (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
CHANSON

J’ai cheminé, peinant mille après mille
Tandis qu’amour flamboyait en mon coeur
Pour m’abriter Mary dans ton sourire
Mais à l’amour ne répond que froideur
La froide terre eus-je pour lit et couette
Fidélité ne se dément jamais
Or je n’avais nul chez-moi pour ma tête
Si ce n’étaient mon amour et Mary

Je n’avais nul chez-moi pour mon jeune âge
Quand mon premier amour fut contrarié
Mais que son coeur batte toujours fidèle
Et jamais plus ne serons séparés
Car si changeant que son amour puisse être
Jamais le sien ne saurait varier
Ni jour ni nuit ne suis libre de peine
Moi qui toujours soupire après Mary
Ni jour ni nuit non plus qu’ombre ou soleil
Semaine mois ni vagabonde année
D’amour meurtri ne réparent la brèche
Là-bas folie — ici coeur désolé
Souriait-elle ah repartait la vie
Amour et foi me sont-ils ennemis
De quel espoir me pourrais-je leurrer
Sans nul amour ni chez-moi ni Mary

***

SONG

I’ve wandered many a weary mile
Love in my heart was burning
To seek a house in Mary’s smile
But cold is love returning
The cold ground was a feather bed
Truth never acts contrary
I had no home above my head
My home was love and Mary

I had no home in early youth
When my first love was thwarted
But if her heart still beats with truth
We’ll never more be parted
And changing as her love may be
My own shall never vary
Nor night nor day I’m never free
But sigh for absent Mary
Nor night nor day nor sun nor shade
Week month nor rolling year
Repairs the breach wronged love hath made
There madness — misery here
Life’s lease was lengthened by her smiles
Are truth and love contrary
No ray of hope my life beguiles
I’ve lost love home and Mary

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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J’ignore si demain me gardera intacte (Joséphine Bacon)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
J’ignore si demain me gardera intacte
Je dis que l’espoir de se laisser être
Éloigne le désespoir

(Joséphine Bacon)

 

Recueil: Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat
Traduction:
Editions: Mémoire d’encrier

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JE DONNE LA PAROLE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



JE DONNE LA PAROLE

Je donne la parole aux murs
Je veux les vents heureux
Aussi les gens les arbres
Peut-être aussi le Mal
Il me reste des joies de dieu
Mon grand moment c’est l’aube quand
D’une allumette sous le gaz
Je remets en marche mon sang
Seul au monde et qui le sait bien
Et qu’il n’arrivera plus rien
Qu’organiques paronomases
Et puis revient la mésange
Interchangeable comme moi
Mais qui l’ignore
Partager le pain blanc qui me tient lieu d’espoir.

(Jean Rousselot)

 

 

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De notre venue en ce monde, de notre départ, quelle est la cause? (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



 

    

De notre venue en ce monde, de notre départ, quelle est la cause?
Cette vie qui est tissée pour nous, quel espoir devant elle?
Sous le poids de la Roue, les âmes de tant d’hommes purs
brûlent et deviennent cendres. Mais je ne vois pas leur fumée.

(Omar Khayam)

 

 

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Intouchée par les saisons (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Intouchée par les saisons
quand le coeur s’allume
apparaît dans la brume
une belle maison

Elle est petite et claire
avec des murs de pierre
Elle a quatre balcons
où pousse l’Estragon

Sous la tonnelle une grenouille
chante les jours passés
à la chercher
quand l’espoir avait un goût de rouille

Un oiseau noir se pose
sur la table du jardin
Il semble attendre quelque chose
puis vient picorer dans ma main

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ma fille écoute-moi (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Ma fille écoute-moi
il ne faut pas pleurer
J’ai une fille qui a le même prénom que toi
Tu es comme ma fille
La maladie ce n’est rien la maladie
elle n’existe pas
Est-ce que tu oublies Dieu?
Dis : «Rabbi», dis : «Allah»
ne pleure pas
Bouddha ou Allah c’est pareil
c’est le même Dieu
Tu es ma fille
il ne faut pas pleurer
je vais te faire ta toilette
Enlève un peu le respirateur
ça fait du bien la compresse chaude sur le visage
Plein de gens ont eu ça
et ils ont guéri
Tu es jeune, tu es très belle, tu es gentille
Il faut garder l’espoir
Quand on te donnera une chambre en haut
on ira te voir
Pas tout de suite parce qu’on a beaucoup de travail
en réanimation
On viendra te dire au revoir
avant que tu quittes la clinique
In cha allah labess

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelqu’un, Chacun, Tout le monde et Personne (Conte Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
Quelqu’un, Chacun, Tout le monde et Personne

Il était une fois quatre individus qu’on appelait
Tout le monde – Quelqu’un – Chacun – et Personne.
Il y avait un important travail à faire,
Et on a demandé à Tout le monde de le faire.
Tout le monde était persuadé que Quelqu’un le ferait.
Chacun pouvait l’avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit.
Quelqu’un se fâcha car c’était le travail de Tout le monde !
Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire
Et Personne ne doutait que Quelqu’un le ferait…
En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun
Parce que Personne n’avait fait ce que Quelqu’un aurait pu faire.

MORALITÉ :
Sans vouloir le reprocher à Tout le monde,
Il serait bon que Chacun
Fasse ce qu’il doit sans nourrir l’espoir
Que Quelqu’un le fera à sa place…
Car l’expérience montre que
Là où on attend Quelqu’un,
Généralement on ne trouve Personne

(Conte Anonyme)

 

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