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Poésie

Posts Tagged ‘espoir’

J’abdique tout (Jovette Bernier)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



J’abdique tout

Je ne suis plus qu’un peu de chair qui souffre et saigne.
Je ne sais plus lutter, j’attends le dernier coup,
Le coup de grâce et de pitié que le sort daigne
Assener à ceux-là qui vont mourir debout.

J’abdique tout. J’ai cru que la cause était belle
Et mon être a donné un peu plus que sa part;
La mêlée était rude et mon amour rebelle,
Ma force m’a trahie et je l’ai su trop tard.

Je suis là, sans orgueil, sans rancœur et sans arme;
Mais l’espoir têtu reste en mon être sans foi,
Même si je n’ai plus cette pudeur des larmes
Qui fait qu’on a l’instinct de se cacher en soi.

La vie âpre, insensible, a vu ma plaie béante
Et tous les soubresauts qui ont tordu mon corps;
J’ai crispé mes doigts fous aux chairs indifférentes.
Mon amour résigné a pleuré vers la mort.

Qu’elle vienne, la mort, celle des amoureuses,
La mort qui vous étreint comme des bras d’amant,
Et qu’elle emporte ailleurs cette loque fiévreuse
Qu’est mon être vaincu, magnifique et sanglant.

(Jovette Bernier)

Illustration: Edvard Munch

 

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Tout se voyait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



 

Tout se voyait
la nostalgie de la saison qui se meurt
la soif des vieux murs
la folie des alliances
le fin duvet des paroles tendres
Parfois les prémices d’un espoir
dans ses feuillages d’oiseaux

(Georges Bonnet)

 

 

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Ainsi persistait la vie (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



francis-uwins-soir-ht2

Ainsi persistait la vie
et sous le regard le paysage se couchait
toujours égal à lui-même

Une saison s’attardait
le hasard raflait les dés
un espoir s’éloignait avec ses navires

Le soir se glissait
lumineux d’abandons

(Georges Bonnet)

Illustration: Francis Uwins

 

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Ô lumineux matin (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



Carry Akroyd dragonflies

Ô lumineux matin

Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d’or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long ;

Matin, fête de l’herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, oeil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées,
Dans les buissons luisants s’ouvrir comme des yeux ;

Heure de bel espoir qui s’ébat dans l’air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons,
Où les coteaux herbeux, d’où l’aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons ;

Belle heure, où tout mouillé d’avoir bu l’eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,

Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
– Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L’orage, la fatigue et la peur, cher matin…

(Anna de Noailles)

Illustration: Carry Akroyd

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Le jour suit son cours (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Le jour suit son cours
lentement comme un visage
voyage en miroir

Comme un espoir
devient paysage

Comme le vent
devine un corps sous une robe
une fleur ancienne change de nom

(Georges Bonnet)

Illustration: Suzanne Boland Van De Weghe

 

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Très haut dans le ciel (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Très haut dans le ciel
des oiseaux et des nuages
La fenêtre se fait rivière

Le front contre la vitre
Le rêve

Un espoir insensé
qui serait une route

(Georges Bonnet)

 

 

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A la fenêtre le soir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



A la fenêtre le soir
la sérénité de l’horizon

Et parfois
un espoir dans sa laine
les anémones d’un regret

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Un amour ancien (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



Un amour ancien
de traces légères

L’oubli
qui a du mal à mourir

Un espoir naissant
pour appareiller

(Georges Bonnet)

 

 

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Il leur restait une vieille église (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Il leur restait
une vieille église maçonnée de ciel
des feuillages sous leurs fenêtres
dans le bonheur d’être habitées
par les premiers bourgeons
Mais aussi les limailles de leurs regrets
des remords avec tout leur attirail
et parfois le trop bleu d’un espoir
les mots que l’on dit chaque jour
ce qui se passe simplement

(Georges Bonnet)

Illustration

 

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Aimons toujours ! Aimons encore! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ?  »

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit :  » C’est donc fini !  »

L’amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

(Victor Hugo)

Illustration: Sophie Vulliard

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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