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Posts Tagged ‘pâle’

La Lune (Louis Simon Denise)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021


 


 

Theophile-Alexandre Steinlen (1859-1923)  -Chat au Clair de Lune

La Lune

Dans la nuit qu’elle argente avec son regard blanc,
Faisant hurler les chiens et chanter les poètes,
La lune pend, légère, ainsi qu’un cerf-volant.

Au milieu des tuyaux longs et des girouettes
Qui dentellent les toit blancs de leur profil noir,
Chagrine, elle poursuit les chattes inquiètes,

En guettant les matous lascifs qui vont s’asseoir
Au bord de la gouttière, elle monte la garde
Devant ces diamants, les étoiles du soir.

Voici l’astre aux blancheurs métalliques qui farde
De craie, au fond du ciel, son masque glacial,
La lune pâle et ronde, attirante et blafarde,

Comme un suave écu de cent sous idéal.

(Louis Simon Denise)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Théophile-Alexandre Steinlen

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AMOUR IMMACULÉ (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



AMOUR IMMACULÉ

Je sais en une église un vitrail merveilleux
Où quelque artiste illustre, inspiré des archanges,
A peint d’une façon mystique, en robe à franges,
Le front nimbé d’un astre, une Sainte aux yeux
bleus.

Le soir, l’esprit hanté de rêves nébuleux
Et du céleste écho de récitals étranges,
Je m’en viens la prier sous les lueurs orange
De la lune qui luit entre ses blonds cheveux.

Telle sur le vitrail de mon coeur je t’ai peinte,
Ma romanesque aimée, ô pâle et blonde sainte,
Toi, la seule que j’aime et toujours aimerai;

Mais tu restes muette, impassible, et, trop fière,
Tu te plais à me voir, sombre et désespéré,
Errer dans mon amour comme en un cimetière !

(Emile Nelligan)

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Riva T (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



 

David Brayne

Riva T

Soir de prédilection,
Le poids de ton aile suffit
Pour me défendre, la palpitation
De ta chute endurée à chaque coup :
Sur cette terre étroite
méticuleusement explorée
Céder au choc extrême
De cette lumière oblique sur la pale
De la rame.

***

Riva T

Mia prediletta sera
Mi basta il peso della tua ala
A difesa, il batticuore
Della tua caduta sofferta ad ogni scossa :
In questa terra ristretta
Battuta a palmo a palmo
Cedere all’urto estremo
Di questa luce obliqua sulla pala
Del remo.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: David Brayne

 

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LE COLLECTIF (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2021




    
LE COLLECTIF

Nous habitons au faîte d’un collectif.
Le soir, dans l’escalier, ton souffle devient court. Je prends le
sac à provisions et nous continuons à monter, côte à côte.

parfois, une porte s’ouvre violemment. Un enfant roule sur le
palier. Il pleure. Parfois, c’est une femme qui roule.

Il y a huit paliers. À chacun quatre portes.
Trente-deux inconnues.
Tu es toujours très pâle quand tu cherches ta clé.

(Georges-L. Godeau)

 

Recueil: Les poètes et la ville
Traduction:
Editions: Le cherche midi

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SOUVENIR AU MOMENT DES ADIEUX (Niu Xiji)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOUVENIR AU MOMENT DES ADIEUX
(Sur l’air « L’aubépine de montagne »)

La brume timidement
se dissipe,
sur le ciel pâle
les dernières étoiles
peu à peu s’effacent.
La lueur faible
de la lune déclinante
effleure sa joue.
A l’aube nous partageons
les larmes du départ.

Beaucoup a été dit,
mais les mots d’amour
comment les épuiser?
Elle tourne la tête
et à nouveau répète :
« Souviens-toi de ma jupe
de soie verte
et regarde tendrement
les herbes fines partout
où te mèneront tes pas. »

(Niu Xiji)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LE CHANSONNIER (extrait) (Francesco Petrarca)(Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2021



Pétrarque
    
LE CHANSONNIER (extrait)

Comme un pauvre vieillard quitte, pâle et chenu,
Le doux lieu où il a tout son âge accompli,
Laissant en désarroi une tendre famille
Qui voit qu’elle a perdu un père bien-aimé,

Et ensuite s’en va, en traînant son vieux corps
Tout au long des journées extrêmes de sa vie,
S’aide de son vouloir autant qu’il peut le faire,
Épuisé par les ans et du chemin lassé,

Et vient à Rome, obéissant à son désir
De pouvoir contempler l’image de Celui
Qu’il espère là-haut revoir encore au ciel,

Ah! de même aujourd’hui je vais parfois cherchant,
Autant que je le peux, ô dame, chez les autres,
La forme vraie de vous, objet de mon désir.

***

Movesi il vecchierel canuto et biancho
Del dolce loco ov’à sua età fornita
Et da la famigliuola sbigottita
Che vede il caro padre venir manco;

Indi trahendo poi l’antiquo franco
Per l’externe giornate di sua vita,
Quanto piú pò, col buon voler s’aita,
Rotto dagli anni, et dal camino stanco;

Et viene a Roma, seguendo’1 desio,
Per mirar la sembianza di colui
Ch’ancor lassú nel ciel vedere spera:

Cosi, lasso, talor vo cerchand’io,
Donna, quanto è possibile, in altrui
La disïata vostra forma vera.

(Francesco Petrarca)(Pétrarque)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Taudis (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



Taudis

Derrière une vitre
Un enfant pâle pleure
Le nez et les yeux collés
Au carreau sale.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Ivan Renkov

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De la rue on entend sa plaintive chanson (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



 

Illustration: Leonor Fini
    
De la rue on entend sa plaintive chanson.
Pâle et rousse, le teint plein de taches de son,
Elle coud, de profil, assise à sa fenêtre.
Très sage et sachant bien qu’elle est laide peut-être,
Elle a son dé d’argent pour unique bijou.
Sa chambre est nue, avec des meubles d’acajou.
Elle gagne deux francs, fait de la lingerie
Et jette un sou quand vient l’orgue de Barbarie.
Tous les voisins lui font leur bonjour le plus gai
Qui leur vaut son petit sourire fatigué.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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En quelque vague aurore… (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



Illustration: Greg Spalenka

    

En quelque vague aurore…

En quelque vague aurore,
en quelque pâle soir,
comme un geste de Lumière,
comme un rêve de délice,
tu viens de plus en plus près de moi.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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CROISSANT DE LUNE (Kim So-Wôl)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Chun Woo
    

CROISSANT DE LUNE

Depuis quand es-tu suspendu là, croissant de lune,
flottant pâle dans la nuit ?
Le vent se lève, la nuit qui tombe apporte fraîcheur
et dans les feux du couchant scintille la berge blanche.

Sur la sombre plaine aride
monte la brume glacée.
Hélas, l’hiver est froid
et la tristesse m’accable.

Dans le cœur de celle que j’aime et qui s’en va
l’amour aussi disparaît et jeunesse devient sénilité.
Aux branches sombres du roncier sauvage
s’éclairent à la tombée du soir les feuilles de fleurs fanées.

***

A HALF MOON

Since when are you hanging there, half moon,
drifting palely in the sky?
The wind rises, the nightfall brings a chill,
and the edge of the white-water glitters in the glow of the evening.

Above the dark, grassless plain,
the cold fog rises.
The winter is far advanced,
and sorrow weighs me down.

Also in the heart of the beloved who leaves,
love and youth turned to age disappears.
At the dark branches of the wild bramble,
withered petals glimmer in the faint evening light.

***

HALVE MAAN

Sinds wanneer hang je daar, halve maan,
bleek drijvend door de nacht?
De wind steekt op, de nachtval brengt kilte
en in het avondrood glinstert de witte waterrand

Boven de donkere, grasloze vlakte
stijgt de kille nevel op.
Ach, de winter is koud
en droefheid drukt mij neer.

Ook in het hart van de beminde die weggaat
verdwijnt de liefde en jeugd verandert in ouderdom.
Op de donkere takken van de wilde doornstruik lichten
bij avondval de bladeren van verwelkte bloemen op.

***

EIN HALBER MOND

Seit wann hängst du dort, Halbmond,
blass treibend durch die Nacht?
Der Wind nimmt zu, die Nacht ist frostig
und im Abendrot glitzert der weiße Wasserrand.

Über der dunklen, graslosen Ebene
steigt der kalte Nebel auf.
Ach, der Winter ist kalt
und die Traurigkeit drückt mich nieder.

Auch im Herzen der Geliebten, die geht,
verschwindet die Liebe, und die Jugend wird zum Alter.
Auf den dunklen Zweigen des wilden Dornbusches leuchten
in der Abenddämmerung die Blätter der verwelkten Blüten.

***

ΜΙΣΟΦΕΓΓΑΡΟ

Πόσο καιρό κρέμεσαι εκεί στον ουρανό
μισοφέγγαρο νωχελικά αργοπερνώντας;
Σηκώνεται ο αγέρας κι η ψύχρα της νύχτας σε παγώνει
άκρες νερού που λάμπουν μεσα στην εσπέρα

πάνω απ’ τον ολόξερο κάμπο
η ομίχλη αιωρείται
μες την καρδιά του χειμώνα
η λύπη με παιδεύει

και στην καρδιά που φεύγει της αγαπημένης
νειότης αγάπη που περνά και χάνεται
στα σκοτεινά κλαδιά αγριολυγιάς
και λάμπουν φύλλα πέταλα μέσα στο φως εσπέρας

***

***

LUNĂ PE JUMĂTATE

De când tot stai pe cer, lună pe jumătate,
palidă arătare, plutind peste genuni?
Se întețește vântul, noaptea în ger se-mbracă
și-n tivuri albe apa clipește în amurg.

Peste întunecata câmpie pustiită
se-nalță ceața rece.
Of, iarnă înghețată,
tristețea ta m-apasă.

În inima iubitei ce pleacă e la fel,
pălesc iubiri, junețea prinde-a se ofili
din crengile ciulinului sălbatic
cad la apus petale ruginii.

***

MEZZALUNA

Da quanto sei sospesa lassù, mezzaluna,
attraversando pallida il cielo?
Si alza il vento, la notta che arriva porta freddo,
e la linea dell’acqua chiara brilla nel chiaro della sera.

Sopra l’oscurità, una pianura senza verde,
si alza una nebbia gelida.
L’inverno è ormai inoltrato,
e il dolore grava sopra di me.

Anche nel cuore di chi parte e che tu ami
scompaiono l’amore e l’età che invecchia.
Sui rami scuri di un rovo selvatico,
i petali appassiti luccicano nella luce della sera che svanisce.

***

UNA MEDIA LUNA

¿Desde cuándo estás colgada ahí, media luna,
pálida flotando a la deriva en el cielo?
El viento se levanta, con el atardecer llega el frío
y el resplandor de la noche brilla en el borde del agua.

Sobre la oscura llanura sin hierba
se eleva la fría neblina.
Ay, el invierno avanza
y me pesa la tristeza.

También en el corazón del amante que se va
desaparece el amor y la juventud troca en vejez.
Sobre las ramas oscuras del arbusto silvestre
brillan las hojas de las flores marchitas al anochecer.

***

PÓŁKSIĘŻYC

Odkąd jesteś tam zawieszony, półksiężycu,
dryfujący blado po niebie?
Wzmaga się wiatr, zmrok niesie chłód,
a skraj białej wody błyszczy w poświacie wieczoru.

Ponad ciemną doliną bez traw
unosi się zimna mgła.
Zima w pełni,
a smutek przytłacza mnie.

Także w sercu ukochanej osoby, która odchodzi,
miłość i młodość znikają wraz ze starością.
Na ciemnych gałązkach dzikich jeżyn
zwiędłe płatki jaśnieją słabym świetłem wieczoru.

***

半 月
你从何时挂在那儿,半月,
在天空中苍白地飘荡?
风起,黄昏带来寒意
白水边在夜光中闪闪发光。
在黑暗无草的平原上,
冷雾升起。
冬天已经很深,
悲伤快要压垮了我。
还在离去爱人的心中,
爱情和青春变老而消失。
在野荆棘黑暗的枝头
枯花瓣闪亮在微弱夜光中。

***

***

***

(Kim So-Wôl)

 

Recueil: ITHACA 621
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Chinois William Zhou / Indi Jyotirmaya Thakur /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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