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Poésie

Posts Tagged ‘s’user’

Tu vois tes pensées (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



 Illustration
    
Tu vois tes pensées comme
la béance des tournesols
au-dessus des herbes.
Fraîcheur presque visible, le vent

est plein d’ombre. Tu es tout entier
dans cette vague sans profondeur.
Un ciel d’ennui se pose
sur la cime des chênes,

les siècles noueux y font
un bruissement monotone
Comme d’une mer éternelle.

Les heures s’usent
et tombent
d’un monde à l’autre.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pile Wonder (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018




    
Je me souviens de « La pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert ».

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Cogitations (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Esther Granek   
    

Cogitations

Et s’usera le temps
au rythme des saisons.
S’useront mes printemps.
Et moi… je reste…

Je me voudrais marée
au rythme imperturbable.
Je me voudrais jetée.
Ou je me voudrais sable.

Et s’useront mes rêves.
Et s’usera ma joie.
S’useront mes combats.
Et s’usera ma sève.

Je me voudrais étang
à surface de moire
où les aubes et les soirs
se mirent infiniment..

S’usera ma gaieté.
S’useront mes attentes.
S’useront mes projets.
S’useront mes tourmentes.

Je me voudrais le vent.
Je me voudrais la mer.
Je me voudrais le temps
au rythme de la terre.

S’useront les images
qu’on garde au fond de soi.
Et s’useront les pages
qu’on se fit pas à pas.

Alors tel un vieux loup
au bout de son chemin,
je me voudrai caillou
au rythme de plus rien !

(Esther Granek)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Je cours après mon ombre
Traduction:
Editions:

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LES OBJETS PERDUS (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



 

Pierre Mornet  l-homme-qui-avait-tous-les-dons-ou-presque

LES OBJETS PERDUS
(Extraits)

Le briquet, le canif,
ont eu raison des poches.
Ton prénom a dû prendre
ce chemin… Liane ou Line ?

Les doublures trouées
réservent à la main
une bise venue
d’en bas, du sol hostile.

Tout le désert occupe
l’espace d’un objet
perdu. Le dénuement
est de ne plus avoir

un rien qui rassurait.

*

Une veste qui s’use,
des montres qui s’arrêtent,
m’épaulent davantage
que la résignation.

Nous acceptons de vivre
parce qu’autour de nous
s’effilochent, s’éliment,
de pauvres serviteurs,

compagnons qui rejoignent
la matière orpheline,
anneaux sans annulaires,
alors que je conserve

mes mains pour te les tendre !

(Axel Toursky)

Illustration: Pierre Mornet

 

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Il est des nuits(Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



    

Il est des nuits où l’on ne saurait dormir sans les bruits du jour.
Turnhout. Jour de l’An.

Carillons, vos silences
me tiennent éveillé
J’entends les souris
grignoter le parquet
les termites
qui digèrent les poutres
le grésillement des vers
dans les meubles
les râles d’une braise
sous la cendre
les frôlements des corps
où s’usent les caresses

Nous mourons de murmures
vivons de carillons

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Prisonnier de moi-même (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Prisonnier de moi-même
Entre ces murs de chair
Où la douleur promène
Ses couteaux, ses éclairs,
Prisonnier de tant d’ombres
Qui ne me font des signes
Que pour mieux me trahir,
Prisonnier dont la force
S’use cruellement
Aux grilles qu’elle plante,
Il serait vain d’attendre
De moi le mot de passe
Ou la lampe qui luit,
Poussée la porte basse,
O mes lointains amis,
Vous que j’ai tant aimés
Pour ces chants, cet été,
Ces routes de lumière
Dans mon sang répandus
Et ce pain partagé
Quand je n’en avais plus.

Cette grande distance
Entre nous maintenant,
Ah ! qu’elle ne s’étende
A perte d’horizons,
A perte d’espérance
Et que faible et sans joie,
Pour vous du moins, ma voix
Demeure d’un vivant.

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Salvador Dali

 

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Les cailloux (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018




    
les cailloux tremblent
les cailloux rient
se serrent dans le ressac
s’usent et se resserrent

tintent dans ma poche
se déchiffrent à mes doigts
idée que je peux
entendre et toucher –

(Lorand Gaspar)

 

Recueil: PATMOS et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nuit d’exil (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2017



Ainsi je fus, dans cette nuit d’exil,
prison et prisonnier et lueur à la fissure,
indéchiffrable signe en moi-même gravé,

exilé dans mon corps, dans ce fuseau de pierre,
oisif et prisonnier de lianes et de nerfs,
aveugle, traversant une secrète nuit

de bêtes enlacées, d’insectes et de dards,
où s’effrite la pierre, où s’usent le regard
et la bouche et le coeur à des limes funèbres,

m’alourdissant de tous mes songes, terrassé
par des meutes sorties de l’eau, dont les abois
cernaient, traquaient les gestes et les voix.

Je poursuivais un souvenir de branche
et de neige, un souvenir d’oiseau volant bas
dans le silence pourpre d un ciel pulmonaire,

sur un rivage où neige, branche, oiseau
n’étaient que l’ombre exsangue et plus lointaine
d’une beauté violente en fuite sur les eaux.

(Jean Joubert)

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Feuilles mortes (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Feuilles mortes que le vent chasse en cette fin d’automne,
Vous êtes les signaux de la nature sauvageonne
Nous menant malgré nous vers des espaces sans message,
sans oiseaux, sans bourgeons pour égayer notre passage.

On n’entend que la vie, mais est-ce un cri ce craquement
Des feuilles sur le monde obéissant aux lois du vent?
N’est-ce pas plutôt cette peine offerte à tout vivant
Et que rien ne peut entraver puisque s’use le temps?

(Roger Foulon)

 

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Au pays blanc des aubépines (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Au pays blanc des aubépines

Au pays blanc des aubépines,
Se promener est un délice.
Le coeur travaille dans la joie
Et l’âme est pleine d’hosannas.
Chaque pente est une montagne
Que la neige pare de bulles.

Dans la jeunesse de notre âge
Les aubépines nous sacraient,
Tu étais la reine du jour,
Je te couvrais de mes baisers
Et mes caresses sur ton corps
Posaient des pétales d’amour.

Il me reste pour te louer
Le souvenir des aubépines
Et la neige de mes poèmes

Puisque s’use le temps

(Roger Foulon)

 

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