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Poésie

Posts Tagged ‘bougie’

Chanson de veillée funèbre (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



Chanson de veillée funèbre

La bougie
qui grésille.
Minuit.

Les huit planches.
Une branche
de buis.

La dernière
des prières.
On sort.

Une mouche
sur la bouche
du mort.

(Bernard Lorraine)

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La bougie brûle (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




La bougie brûle
depuis une heure.
Combien de flammes?

(Anne Tardy)

 

 

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Geng-lou-zi (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Geng-lou-zi

Longues tiges de saules
Fine pluie de printemps
Par-delà les fleurs, lointains échos de la clepsydre
Effrayées : oies sauvages hors des passes
Envolées : corneilles sur les remparts
Surgi du paravent peint, un couple de perdrix d’or

Brume parfumée
Infiltrée dans la gaze
Pavillon sur l’eau où rôdent les plaisirs d’antan
Tourne la bougie rouge
Le rideau brodé est baissé
Long rêve de toi : tu ne le sais pas !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Poème d’adieu (Du Mu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



    
Poème d’adieu

Une grande passion ressemble à l’indifférence
Devant la coupe nul sourire ne vient aux lèvres
C’est la bougie qui brille les affres des adieux :
Jusqu’au jour, pour nous, elle verse des larmes

(Du Mu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Solitude (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020



Solitude

C’est la Solitude maintenant qui vient la nuit,
A la place du Sommeil, s’asseoir près de mon lit.
Telle une enfant fatiguée je repose et guette ses pas,
Je la regarde doucement souffler la bougie.
Elle reste assise, immobile et sans bruit,
Lasse, si lasse, laissant tomber sa tête.
Elle aussi est vieille; elle aussi a livré le combat.
De feuilles de laurier son front est couronné.

Dans l’obscurité morne, la marée lentement descend,
Se brise inassouvie sur la rive stérile.
Un vent étrange passe… puis, le silence. Je voudrais
Me tourner vers elle, la prendre par la main,
La serrer dans mes bras et attendre ainsi
Que la terre stérile soit remplie
Par la terrible monotonie de la pluie.

***

Loneliness

Now it is Loneliness who comes at night
Instead of Sleep, to sit beside my bed.
Like a tired child I lie and wait her tread,
I watch her softly blowing out the light.
Motionless sitting, neither left nor right
She turns, and weary, weary droops her head.
She, too, is old; she, too, has fought the fight.
So, with the laurel she is garlanded.

Through the sad dark the slowly ebbing tide
Breaks on a barren shore, unsatisfied.
A strange wind flows… then silence. I am fain
To turn to Loneliness, to take her hand,
Cling to her, waiting, till the barren land
Fills with the dreadful monotone of rain.

(Katherine Mansfield)


Illustration: Nicolaes Maes

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LA MAISON DU MONDE (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2020



Illustration: Antonio Canova
    
LA MAISON DU MONDE

La petite
fleur de la bougie,
sur la table le pain, le vin
la rose,
la soudaine
blancheur du lit ouvert, –
l’éternité
à partager millimètre par millimètre
avec toi.

***

CASA DO MUNDO

La diminuta
flor da candela,
na mesa o pão o vinho
a rosa,
a súbita
brancura da cama aberta ─
la eternidade
milimetricamente
a dividir contigo.

***

THE HOUSE OF THE WORLD

The tiny
flower of the candle,
on the table
—the bread, the wine, the rose—
the sudden whiteness
of the open bed,
eternity
millimetrically
to share with you.

***

CASA LUMII

Minuscula inflorescență
a candelei,
pâinea și vinul de pe masă
un trandafir,
albul marcant
al patului nearanjat ─
eternitatea,
milimetric porționată
de împărțit cu tine.

***

HAUS DER WELT

Das kleine
Blümchen der Kerze,
auf dem Tisch das Brot, der Wein,
die Rose,
das plötzliche
Weiß des offenen Bettes ─
um die Ewigkeit
millimeterweise
mit dir zu teilen.

***

HET HUIS VAN DE WERELD

Het kleine
bloemetje van de kaars,
op de tafel het brood, de wijn
de roos,
de plotselinge
witheid van het open bed, ─
de eeuwigheid,
om millimetergewijs
met jou te delen.

***

***

HÚS HEIMSINS

Litla
blómið á kertinu
á borðinu
— brauðið, vínið, rósin —
opið rúmið
skyndilega snjóhvítt,
eilífð
í millimetratali
með þér.

***

DUNIA KEDIAMAN

Bunga kecil
pada kandil di atas meja
—roti, wain, bunga mawar—
terbuka ranjang
memutih
secara tiba-tiba,
keabadian
kepastian
perkongsian hidup denganmu.

***

ДОМ МИРА

Крошечный цветок свечи на столе,
– хлеб, вино, роза –
внезапная белизна открытой постели,
вечность в миллиметре,
чтобы разделить ее с тобой.

***

Σπίτι του Κόσμου

Το μικροσκοπικό λουλούδι
του καντηλιού
στο τραπέζι το ψωμί, το κρασί
το τριαντάφυλλο
το ξαφνικό λευκό του κρεβατιού
αιωνειότητα
χιλιοστών
που μοιραζόμαστε.

***

世界之家

这微小的
蜡烛之花,
这桌上, 面包, 美酒,
玫瑰,
突然
敞开床的洁白——
永恒
细微地
与你享用。

***

CASA DEL MUNDO

La diminuta
flor de la candela,
en la mesa el pan el vino
la rosa,
la súbita
blancura de la cama abierta ─
la eternidad
milimétricamente
para dividir contigo.

***

***

LA CASA DELLA TERRA
Il piccolo
fiore della candela,
sul tavolo il pane, il vino,
la rosa,
il bianco
improvviso di un letto sfatto ─
eternità
millimetrica
da condividere con te.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: ITHACA 618
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Portugais / Anglais Stanley Barkan / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Allemand Wolfgang Klinck / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Indi Jyotirmaya Thakur / Islandais Thor Stefánsson / Malaisien Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman / Russe Rahim Karim / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Espagnol José Luis Puerto / Persan Sepideh Zamani / Italien Luca Benassi /
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Nuit au monastère (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2020




Une planche
une bougie et un clou.
Nuit au monastère

(Anne Tardy)

 

 

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Cette bougie (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020




    
Cette bougie
Que nous protégeons encore
de nos mains

Elle nous protège
De ses éclats d’un instant
de son ombre consentie

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Il est riche d’un soleil (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



 

Duy Huynh (18) [1280x768]

Il possède une cage
mais pas de rossignol
un miroir
mais pas de visage
sa maison a un seul mur

Il est riche d’une bougie éteinte
et d’une échelle sans marches

Il détient une craie pour dessiner le vide
un charbon pour dessiner le plein
et des traits pour combler ses silences

Il est riche d’un soleil réduit à un point.

(Vénus Khoury-Ghata)

Illustration: Duy Huynh

 

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Par une nuit blanche (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Paola Billi
    
Par une nuit blanche

Je n’avais pas fermé ma porte,
Allumé les bougies,
Je n’avais même plus la force
D’aller me mettre au lit.

Regarder les lueurs du soir
Que les sapins éteignent,
M’enivrer aux sons d’une voix
Si semblable à la tienne…

Et savoir que tout est perdu,
Que l’enfer de vivre est le pire.
Ô, cependant j’étais si sûre
De te voir revenir !

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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