Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘chair’

Pourquoi cette rougeur en ton front (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



J’ai ouvert cette figue fraîche
J’ai souri de sa chair rose
De sa chair douce.

Pourquoi cette rougeur en ton front
Tandis que je mangeais le beau fruit délicat
Jeune fille.

(Albert Cohen)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les bords du fleuve (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Les bords du fleuve

Il y a au bord du fleuve
Une fille à robe rouge
Attendant la nuit pour vivre,

Tellement sauvage et belle
Qu’un soleil éblouissant
Marche au milieu de ses rêves,

Il n’a de ciel que ses yeux
Derrière une ombre d’orage
Couvrant l’azur interdit.

Une fille au bord du fleuve
En chemin vers une image
Que le jour ne peut montrer.

Les lampes, l’une après l’autre,
Les lampes prennent sa robe
Et la déchirent sur l’eau,

Mais jamais jusqu’à la chair,
Mais jamais jusqu’au soleil
Barré de chaudes ténèbres.

Partout montent, se confondent,
Des arches de nuit profonde,
Elle est nue, elle est cachée.

(Henri Thomas)

Illustration

Poète-Poème découverts chez Lara ici

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle était blanche comme un lys (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
Elle était blanche comme un lys,
Le teint, le front clairs et polis,
La chair tendre comme rosée
Et simple comme une épousée:
Taille grêle, ensemble charmant,
Sans fard et sans déguisement,
Car elle n’avait, je vous jure,
Besoin d’atours ni de parure.
Ses blonds cheveux étaient si longs
Qu’ils venaient battre ses talons,
Bien faits son nez, ses yeux, sa bouche.
Moult grande douceur au cœur me touche
(M’assiste Dieu!) quand je revois
Tous ses charmes comme autrefois!
N’était si belle femme au monde!
Bref, elle était jeunette et blonde,
Au regard doux, sade et plaisant,
Au corps rondelet, svelte et gent.

(Guillaume de Lorris)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le pur poète (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



LE PUR POÈTE EST MIS dans le sang écumeux
Est pris entre les lianes turgescentes
Des eaux des yeux des têtes médusantes
Et des douleurs à l’infinie expansion
Quelques bulles crevant de chaleur désirante
Quelques larmes chantant dans leurs creux ténébreux
Et lui le voyeur des chairs bouleversantes.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Alexander Sulimov

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chair des Choses (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2017



Chair des Choses

JE possède, en mes doigts subtils, le sens du monde,
Car le toucher pénètre ainsi que fait la voix.
L’harmonie et le songe et la douleur profonde
Frémissent longuement sur le bout de mes doigts.

Je comprends mieux, en les frôlant, les choses belles,
Je partage leur vie intense en les touchant.
C’est alors que je sais ce qu’elles ont en elles
De noble, de très doux et de pareil au chant.

Car mes doigts ont connu la chair des poteries,
La chair lisse du marbre aux féminins contours
Que la main qui les sait modeler a meurtris
Et celle de la perle et celle du velours.

Ils ont connu la vie intime des fourrures,
Toison chaude et superbe où l’on plonge les mains,
Et l’odorant secret des belles chevelures
Où la brise du soir effeuilla des jasmins.

Semblables à ceux-là qui viennent des voyages,
Mes doigts ont parcouru d’infinis horizons,
Ils ont éclairé, mieux que mes yeux, des visages
Et m’ont prophétisé d’obscures trahisons.

Ils ont connu la peau subtile de la femme,
Et ses frissons cruels et ses parfums sournois…
Chair des choses ! j’ai cru parfois étreindre une âme
Avec le frôlement prolongé de mes doigts…

(Renée Vivien)

Illustration: Arnold Böcklin

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Au premier mot limpide (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017


Nu-de-profil-Malinowsky0

Au premier mot limpide au premier rire de ta chair
La route épaisse disparaît
Tout recommence

La fleur timide la fleur sans air du ciel nocturne
Des mains voilées de maladresse
Des mains d’enfant

Des yeux levés sur ton visage et c’est le jour sur terre
La première jeunesse close
Le seul plaisir

Foyer de terre foyer d’odeurs et de rosée
Sans âge sans raisons sans liens

L’oubli sans ombre.

(Paul Eluard)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LES POUVOIRS DE L’AMOUR (XI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Paul Apal’kin
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (XI)

Tes cheveux se dénouent sur mon corps
comme une moisson de blé perdue
au détour d’un champ de rosée
dans un matin qui n’a pas de bords.

Tu cherches mes lèvres avec la soif
de quelqu’un qui a traversé le monde
pour aller voir la neige fondre
sur des sommets moins hauts qu’un baiser.

Tu es vivante comme peut l’être
le cri d’un fruit qu’on mord.
En t’aimant, je prends tout l’or
qui veille à l’entrée de ta chair.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je célèbre la chair éclatante et pulpeuse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



 

Je célèbre la chair
Eclatante et pulpeuse
Que le temps trahira
Puis sèmera à tous vents.

(Andrée Chedid)

Illustration: Hans Baldung

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô amis dites-moi (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




    
Ô amis dites-moi
Combien je dois errer
A quoi je dois m’attendre
Quel gain j’en tirerai

Cette idole croît dans mon âme
C’est elle qui tient mon coeur
Ô c’est elle qui me console,
A quoi d’autre m’attacher

Elle m’a mis en tel état
Que je confonds hier et aujourd’hui
Qu’elle prenne la chair et prenne l’âme
Laissez, c’est moi qu’elle tourmente

Je suis l’orfèvre, elle est mon métal
Je suis l’esclave, elle est ma sultane
Mon esprit c’est elle, elle mon âme, mon coeur
Pourquoi me lasserais-je d’elle

Etre sans elle m’est péché,
Par elle ma fortune est comble
Tant de grâce et tant de faveur
Où les trouver, où les entendre

C’est elle qui me dit Younous
C’est elle qui me perce le sein
C’est elle qui me ravit à moi-même
Or je suis elle, ce moi quel est-il ?

(Younous Emré)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DIMENSIONS DU JOUR (II) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Oskar Kokoschka 
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (II)

Le vent veut faire éclater la ville
en jetant ses vagues et les forêts qu’il décime
contre les maisons qu’il prend pour des rochers,
contre les fenêtres où pas un rideau ne bouge.

Un volet s’ouvre et se rabat sans cesse
comme un oiseau qui tente de voler.
Tu serres ta jupe contre tes cuisses
de peur de n’être plus qu’un blanc noyau de chair.

Les hommes encouragent le vent presque de la voix
pour que ton corps soit nu bien au-delà de son linge.
Il a toute sa bouche sur toi et elle accède à ta peau
en un baiser qui te porte comme un fleuve.

Tu as la force de m’appeler pour te défendre
mais les mots que tu dis ont le poids
de ceux que du fond de nos étreintes tu laisses monter
comme des bulles de feu qui auraient traversé la mer.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :