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Poésie

Posts Tagged ‘solitaire’

Chaque bouffée de soleil (Gérard Chaliand)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2021



Illustration: Pascal Renoux
    

Chaque bouffée de soleil l’avait porté à l’amour ;
une tendresse déchirée lui faisait ouvrir les mains.

Du fond de sa mémoire, jaillissaient parfois
des tristesses anciennes auxquelles il ne croyait plus.

Quand il ouvrit les yeux, au grand soleil,
fatigué d’espérance, las d’avoir rêvé,
il s’étendit sur la grève, les lèvres pleines d’écume.
Loin, résonnait le pas des marches stériles.

La tristesse porte de longues fatigues,
tisse des rêves solitaires.
Tout me manque,
jusqu’à cette femme précieuse et nue dont j’ai soif.

(Gérard Chaliand)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Feu nomade et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Aux arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Je crois à l’opacité solitaire (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2020



je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure
je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous
je crois comme Trakl
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse
je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical
je crois aux cassures
de fièvre
aux sursauts de nuit
aux césures de nerf
je crois
qu’il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

(Zéno Bianu)

 

 

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La poésie est appel au secours (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020



La poésie est appel au secours
et recherche de communion.

Notre cheminement,
pour solitaire qu’il soit,
est semé de rencontres et de partages .

Tant d’êtres qui nous ont enrichis
et sans qui nous ne serions pas.

(François Cheng)

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Je salue et souris en passant (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



A dix heures du matin la jeune femme
va et vient en robe de chambre derrière
les murs de bois de la maison de son mari.
Je passe solitaire en voiture.

Puis elle revient au bord de la route
pour appeler le marchand de glace, le poissonnier, et debout
timide, sans corset, elle range
des mèches rebelles, et je la compare
à une feuille tombée.

Les roues silencieuses de ma voiture
avancent et font craquer
les feuilles sèches je salue et souris en passant.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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CHANT D’UN FANTASSIN (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



 

Illustration: Erich Heckel
    
CHANT D’UN FANTASSIN
À André Bacqué

Je voudrais être un vieillard
Que j’ai vu sur une route ;
Assis par terre au soleil
Il cassait des cailloux blancs
Entre ses jambes ouvertes.
On ne lui demandait rien
Que son travail solitaire.
Quand midi flambait les blés,
Il mangeait son pain à l’ombre.

*

Je connais, dans un ravin
Obstrué par les feuillages,
Une carrière ignorée
Où nul sentier ne conduit.
La lumière y est furtive
Et aussi la douce pluie ;
Et un seul oiseau parfois
Interroge le silence.
C’est une blessure ancienne,
Étroite, courbe et profonde
Oubliée même du ciel ;
Sous la viorne et sous la ronce
J’y voudrais vivre blotti.

*

Je voudrais être l’aveugle
Sous le porche de l’église :
Dans sa nuit sonore il chante !
Il accueille tout entier
Le temps qui circule en lui
Comme un air pur sous des voûtes.
Car il est l’heureuse épave
Tirée hors du morne fleuve
Qui ne peut plus la rouler
Dans sa haine et dans sa fange.

*
Je voudrais avoir été
Le premier soldat tombé
Le premier jour de la guerre.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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ADIEU SOLITAIRE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2020



Illustration: Giacomo Manzù
Poem in Dutch, Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla
    
Poem of the Week Ithaca 645
Lonely Goodbye / Hope by Germain Droogenbroodt, Belgium/Spain

– ALL TRANSLATIONS ARE MADE IN COLLABORATION WITH GERMAIN DROOGENBROODT –

***

ADIEU SOLITAIRE

pour ceux qui, où que ce soit, doivent mourir seuls

Froide la chambre
les murs blancs
On entend seulement
l’écho de la solitude
Plus de mot tendre
plus d’étreinte chaleureuse
Seul le temps
robinet qui fuit
donne un petit coup
Et personne ne frappe à la porte
personne ne vous attend
personne, sauf la mort.

***

ESPOIR

Pas de pluie depuis déjà des mois

ils souffrent

mais se tiennent debout verts quand même
car sans espoir
ils ne peuvent pas vivre non plus
─ les arbres.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

EENZAAM AFSCHEID

voor hen die, waar ook, eenzaam moeten sterven

Kil de kamer
de witte muren
Hoorbaar alleen
de echo van eenzaamheid
Geen teder woord meer
geen warme omhelzing
Alleen de tijd
een lekke kraan
die aftikt

En niemand die aanklopt
niemand die je verwacht
niemand, behalve de dood.

***

HOOP

Reeds maanden geen regen

ze lijden

maar toch staan ze groen
want zonder hoop
kunnen ook zij niet leven
─ de bomen.

***

DESPEDIDA SOLITARIA

para aquellos que, sea donde sea, han de morir solos

Fría la estancia
las paredes blancas
Sólo audible
el eco de la soledad
Ni una palabra cariñosa
ni un cálido abrazo
Sólo el tiempo
un grifo en el que gotea
la cuenta atrás
Y nadie llama a la puerta
nadie que esperes
nadie, salvo la muerte.

***

ESPERANZA

Tantos meses sin lluvia

sufren

pero todavía están verdes
porque sin esperanza
tampoco pueden vivir
─ los árboles.

Traducción de Rafael Carcelén en colaboración con el autor
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

LONELY GOODBYE

for those who, wherever, have to die lonely

Chilly the room
the white walls
audible only
the echo of loneliness.
Not a tender word anymore
no warm embrace
just the time,
a leaking tap,
ticking.
None knocking at the door
nobody you expect,
no one, except death.

***

HOPE

Since many months no rain

they suffer

but still they are green
because without hope
neither they can live
─ the trees.

Translation into English by Stanley Barkan

***

SOLITARIO ADDIO

Per coloro che, ovunque si trovino, devono morire soli

Fredda la stanza
le mura bianche
Udibile solo
l’eco della solitudine.
Nemmeno una parole di conforto
non un caldo abbraccio
Solo il tempo,
un rubinetto che perde,
il suo ticchettio.
Nessuno che bussi alla porta
nessuno da attendere,
nessuno, se non la morte.

***

SPERANZA

Dopo molti mesi senza pioggia
soffrono
eppure sono ancora verdi
perché senza speranza
non possono vivere
─ gli alberi.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

EINSAMER ABSCHIED

für diejenigen die, wo auch immer, einsam sterben müssen

Kühl der Raum
die weißen Wände
Hörbar nur
das Echo der Einsamkeit
Kein zärtliches Wort mehr
keine warme Umarmung
Nur die Zeit
wie ein undichter Wasserhahn
die verrinnt
Und niemand der anklopft
niemand, den du erwartest
niemand, außer dem Tod.

***

HOFFNUNG

Schon Monate kein Regen
sie leiden
aber trotzdem sind sie grün
denn ohne Hoffnung
können auch sie nicht leben
─ die Bäume.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

DESPEDIDA SOLITÁRIA

para aqueles que, seja onde estiverem, morrerão sozinhos

O quarto é frio
as paredes brancas
Só se escuta
o eco da solidão
Nem uma palavra de carinho
nenhum abraço caloroso
Só o tempo
um grifo em que goteja
o que já passou
Ninguém bate nessa porta
ninguém que esperas
ninguém, somente a morte.

***

ESPERANÇA

Tantos meses sem chuva
sofrem
mas ainda permanecem verdes
porque sem esperança
não podem viver também
– as árvores.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Porguese by José Eduardo Degrazia

***

ADDIU SULITARIU

Pi chiddi ca morunu suli ntô munnu
La sala fridda,
li mura bianchi
Si senti sulu
L’ecu di la sulità
Nenti palori duci
Nenti abbrazzi amurusi
Sulu lu tempu,
un lentu
ticchi toc
Nuddu veni a battiri a la porta
Nuddu s’aspetta,
Nuddu, tranni la morti.

***

SPIRANZA

Sunnu misi ca non chiovi
Soffrunu
Ma sunnu ancora virdi
Pirchì senza spiranza
Non ponnu mancu viviri.
─ L’arburi.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

RĂMAS BUN ÎN SINGURĂTATE

acelora care, oriunde s-ar afla, sunt nevoiți să moară izolați

Cameră rece
pereți albi
se-aude doar ecoul
singurătății
s-au isprăvit cuvintele mângâietoare
și tandrele îmbrățișări
doar timpul, robinet defect,
picură neîncetat
scurgându-se
și nimeni nu-ți mai bate la ușă,
nu mai e om pe care să-l aștepți,
nu vine nimeni, decât moartea.
***
SPERANȚĂ

Luni fără ploaie
suferă
dar tot sunt verzi
căci fără de speranță
nu pot trăi nici ei
─ copacii.

Traducere: și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian bu Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

SAMOTNE POŻEGNANIE

Dla tych, którzy muszą umierać samotnie, gdziekolwiek są.

Jakże chłodny ten pokój
białe ściany
jedynie słyszalne
echo samotności.
Już ani jednego czułego słowa
żadnego ciepłego uścisku
tylko czas,
cieknący kran,
tykanie.
Nikt nie puka do drzwi
nikogo się nie spodziewasz
nikogo, prócz śmierci.

***

NADZIEJA

Od miesięcy brak deszczu
choć cierpią
nadal są zielone
przecież bez nadziei
też nie potrafią żyć
─ drzewa.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΜΟΝΑΧΙΚΟ ΑΝΤΙΟ

Κρύο δωμάτιο
τοίχοι λευκοί
όπου αντηχεί τη μοναξιά
και λείπει η τρυφερότητα
η ζεστή αγκαλιά
μόνο ο χρόνος απομένει
κι η βρύση που τρέχει.
Κανείς δεν χτυπά την πόρτα του
κανένα δεν περιμένεις
παρά το θάνατο.

***

ΕΛΠΙΔΑ

Δίχως βροχή μήνες πολλούς
υποφέρουν
κι ακόμα είναι πράσινα
γιατί δίχως ελπίδα πια
τα δέντρα
δεν ζουν.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

孤独的告别

给那些无论哪里都得孤独死去的人

寒冷这房间
这白墙
只听见
孤独的回声。
一个温柔词也没有了
没有温暖的拥抱
只是时间,
一个漏水龙头,
在滴答。
没有人敲这门
你没人期待,
没人,只有死亡。

***

希 望
好几月以来没下雨
它们受苦了
但它们仍是绿的
因为没有希望
它们没法活
——这些树。

汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

وداع وحيد

لأجل أولئك الذين كتب عليهم الموت وحيدين في أي مكان.

ها هم يقبعون في غرفة باردة
ذات جدران بيض
لا يسمعون سوى صدى الوحدة
فبعد الآن لن تبلغ مسامعهم كلمة حنون
ولن يأويهم حضن دافئ
لم يتبق لهم سوى الزمن
صوت دقات ساعاته
مثل قطرات تتسرب من صنبور الماء
فلا طرق على الباب
ولا زائر يتوقعون قدومه
لا أحد، سوى الموت

***

الأمل

لم تمطر منذ شهور طويلة
فصارت الأشجار تتألم
ومع ذلك، مازالت خضراء
فمن دون أن أمل
لن تقدر على الحياة.

جيرمان دروغنبرودت
ترجمة: سارة سليم

Translation into Arab by Sarah Selim

***

अकेला अलविदा

(उन लोगों के लिए, जो भी, जहां भी हों, अकेला मरना होगा)

ठंडा कक्ष
सफेद दीवार
केवल श्रव्य
अकेलेपन की गूंज।
अब मुलायम शब्द नहीं
कोई गर्म आलिंगन नहीं
बस समय,
चूता नल
टिक टिक
किसी ने दरवाजा नहीं खटखटाया
कोई भी आपकी अपेक्षा नहीं करता है,
मौत के सिवाय कोई नहीं।

*******************
आशा

कई महीनों से बारिश नहीं हुई
वे पीड़ित है
लेकिन फिर भी वे हरे हैं
आशा के बिना
न तो वे रह सकते हैं
─ पेड़।

Translation into Hindi by JYOTIRMAYA THAKUR अकेला

***

孤独なさよなら

どこかで淋しく死んでいく人のために

寒い部屋の白い壁
孤独のひびきが聞こえるのみ
もはや優しい言葉もなく
あたたかな抱擁もない
時のみが
水が漏れるように
音を立てている
戸を叩く人はなく
訪ねてきてほしい者もいない
死を除いては

***

希望

もう何ヶ月も雨が降らず
苦しんでいるのに
緑色
それは、
希望がなければ
生きることができないから
緑の樹々

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

خداحافظی در عزلت

برای آنانکه محکوم به مرگ در تنهاییند.

در اتاق سرد
دیوارها سفید
تنها شنیدنی
طنین تنهایی
ای مهربان نه دیگر کلمه
نه آغوشی گرم
تنها زمان،
شیر آبی نشت دار،
چوب خط میزند.
هیچ کس در را نمی کوبد
نه آنکه تنتظارش را داری،
هیچ کس ،جز مرگ.

***

امید

ماههای بی شماری
از خشکسالی رنج بردند
اما هنوز سبزند
چه بدون امید
هیچ درختی
زنده نمی ماند.

ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi bySepideh Zamani

***

САМОТНО СБОГУВАНЕ

на тези, които, където и да е, трябва да умрат сами

Студена е стаята
белите стени
долавят само
ехото на самотата.
Няма вече нежна дума
нито топла прегръдка
само времето,
капещ кран,
който тиктака.
Никой не почуква по вратата,
няма кого да очакваш,
никого, освен смъртта.

***

НАДЕЖДА

От много месеци без дъжд
те страдат
но все още са зелени
защото без надежда
и те не могат да живеят
– дърветата.

ПРЕВОД ОТ АНГЛИЙСКИ: ИВАН ХРИСТОВ
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

KVEÐJA Í EINSEMD

handa þeim sem, hvar sem þeir eru, verða að deyja einir

Hrollkalt herbergi
hvítir veggir
aðeins heyrist
ómur af einsemd.
Ekkert blíðlegt orð framar
ekkert hlýlegt faðmlag
bara tími,
lekur krani,
sem tifar.
Enginn ber að dyrum
ekki er von á neinum,
engum, nema dauðanum.

***

VON

Mánuðum saman rignir ekki
þau þjást
en þau eru samt græn
því að án vonar
geta þau ekki heldur lifað
─ trén.

Þór Stefánsson þýddi
Translation into Icelandic Þór Stefánsson

***

ОДИНОКОЕ «ПРОЩАЙ»

тем, кто умирает в одиночестве, где бы они ни были
Холодно в комнате,
белые стены.
Слышится лишь
одинокое эхо.
Нет нежных слов,
нет теплых объятий.
Лишь время
по каплям течет,
словно сломанный кран.
Нет стука в дверь
от тех, кого ждешь,
никого нет, кроме смерти.

***
НАДЕЖДА

Уже месяцы нет дождя,
они страдают,
но не сдаются,
потому что без надежды
и им не выжить
– деревьям.

Перевод Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

SELAMAT TINGGAL KESEPIAN

Kepada sesiapa, yang mati dalam sepi di mana-mana

Dingin kamar
putih dindingnya
Hanya gema sepi
kedengaran.
Tiada kata-kata yang lembut
tiada dakapan hangat
hanya waktu berdetik
laksana paip bocor
Tiada sesiapa mengetuk pintu
Tidak mengharapkan sesiapa
melainkan maut.

***
HARAPAN

Berbulan-bulan tiada hujan
menanggung penderitaan
tetapi tetap hijau
sebab tanpa harapan
tidak boleh meneruskan kehidupan
─ pepohon.

PENTERJEMAH: DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN
Translation into Malay by DR. RAJA RAJESWARI SEETHA RAMAN

***

MALUNGKOT NA PAMAMAALAM

Para sa kanila, nasaam man sila, na kinailangang mamatay ng malungkot

Malamig na silid
mga puting dingding
tanging nag naririnig
ay ang alingangaw ng kalungkutan.
Wala ni sang malamyos na salita
wala ng ang mainit na yakap

tanging orasan,
nagleleak na tuktok
tumutunog,

Walang kumakatok sa pinto
wala kang hinihintay
ni isa, kundi ang kamatayan.

***

PAG-ASA

ilang buwan ng hindi umuulan
sila’y nagdurusa
nanatili parin silang luntian

kapagka walang pag-asa
hindi rin sila mabubuhay
– ang mga puno.

Translation into Filipino Eden Soriana Trinidad

***

פרידה גלמודה

לאלו, בכל מקום שהוא, שנאלצו למות לבדם

צוֹנֵן הַחֶדֶר
צוֹנְנִים הַקִּירוֹת הַלְּבָנִים

נִשְׁמָע רַק
הֵד הַבְּדִידוּת.

לֹא עוֹד מִלָּה רַכָּה
לֹא חִבּוּק חַם

רַק הַזְּמַן,
בֶּרֶז דּוֹלֵף,
מְתַקְתֵּק.

אִישׁ אֵינוֹ דּוֹפֵק בַּדֶּלֶת
לֹא מִישֶׁהוּ שֶׁאַתְּ מְצַפָּה לוֹ,
אַף אֶחָד, חוּץ מִמָּוֶת.

***

תקווה

כְּבָר חֳדָשִׁים שֶׁהֵם סוֹבְלִים
מֵעֲצִירַת גְּשָׁמִים
אַךְ הֵם עֲדַיִן יְרֻקִּים

מִשּׁוּם שֶׁלְּלֹא תִּקְוָה
גַּם הֵם אֵינָם יְכוֹלִים לִחְיוֹת –
הָעֵצִים

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***
தனியான விடைகொடுத்தல்

எங்கிருந்தாலும் தனியாக இறப்பவர்களுக்கு
அறையில் குளிர்
வெள்ளைச் சுவர்கள்
தனிமையின் எதிரொலியைக்
கேட்க மட்டுமே முடியும்
மீண்டும் கனிவான சொற்கள் இல்லை
வெது வெதுப்பான தழுவல் இல்லை
நேரம் மாத்திரம்,
கசியும் குழாய்
டிக் என ஒலிக்கிறது
யாரும் வீட்டுக் கதவைத் தட்டவில்லை
யாரையும் நீங்கள் எதிர்பார்க்க வில்லை
யாரும் இல்லை சாவைத்தவிற!

***

நம்பிக்கை

பல மாதங்களாக மழை இல்லை
அவைகள் வருந்துகின்றன

இருப்பினும் அவை பச்சையாக உள்ளன
ஏனெனில் நம்பிக்கை இன்றி
வாழவும் முடியாது.
─ மரங்கள்..

Translation into Tamil by Dr. N V SUBBARAMAN

***

VERÊKIRINA TENYAYÎ

Bo ew kesên dimirin û kes li dor wan tune ne

Cih sar e
dîwarên sipî

Tenê vedenga
tenyayiyê tê bihîstin

Nema peyva dilînî
nema hemêzkirin bigermî

Her dem
mîna bilbiloka nerind badayîavê
dilopdike

Û kes nema li derî de
kes nema ewê tu li bendê bê
kes nema ji bilî mirinê

***

HÊVÎ

Va ji miheyan ve baran nabare
ew dêşin
lê tevî wê jî hîn hişîn in
lema jî bê hêviyê
ew jî nikanin bijîn
– darûber

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

নিঃসঙ্গ বিদায়

যারা নিঃসঙ্গতায় মৃত্যুবরণ করেছেন তাদের জন্য উৎসর্গকৃত

শীতল ঘর
সাদা দেওয়াল
শুধু শোনা যায়
নিঃসঙ্গতার প্রতিধ্বনি।
একটিও কোমল শব্দ নেই আর
নেই কোন উষ্ণ আলিঙ্গন
শুধুই মাত্র সময়,
একটি ফুটো ছিপি,
টিক টক টিক টক।
কেউতো ঠোকা দেয় না দরজায়
কেউ নেই আর যার প্রত্যাশায় রয়েছো তুমি,
কেউ না শুধু মৃত্যু ছাড়া।
গ্রেভ ড্রভেনব্রড

Translation into Bangla by Tabasssum Tahmina Shagufata husssein

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 645
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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De quoi sera faite la nuit ? (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2020



De quoi sera faite la nuit ?
Je m’en vais solitaire
au bras de mon parapluie.

Un chat noir et malin
sort d’un pommier en fleur
et coupe mon chemin.

De quoi sera faite la nuit ?
La femme qui m’aimait
sur les épaules m’a lancé
sa haine et son balai
et comme une casserolée d’eau sur la nuque
le sang déjà fané de sa blessure.

De quoi sera faite la nuit
si elle n’est plus la forêt
où l’on pouvait s’étendre
dans des cabanes de ténèbres ?

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

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Quelque part enfin (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



quelque part enfin
sans être au centre
l’espace
sans être solitaire

(Werner Lambersy)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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A celle qui est voilée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020



    

A celle qui est voilée

Tu me parles du fond d’un rêve
Comme une âme parle aux vivants.
Comme l’écume de la grève,
Ta robe flotte dans les vents.

Je suis l’algue des flots sans nombre,
Le captif du destin vainqueur ;
Je suis celui que toute l’ombre
Couvre sans éteindre son coeur.

Mon esprit ressemble à cette île,
Et mon sort à cet océan ;
Et je suis l’habitant tranquille
De la foudre et de l’ouragan.

Je suis le proscrit qui se voile,
Qui songe, et chante, loin du bruit,
Avec la chouette et l’étoile,
La sombre chanson de la nuit.

Toi, n’es-tu pas, comme moi-même,
Flambeau dans ce monde âpre et vil,
Ame, c’est-à-dire problème,
Et femme, c’est-à-dire exil ?

Sors du nuage, ombre charmante.
O fantôme, laisse-toi voir !
Sois un phare dans ma tourmente,
Sois un regard dans mon ciel noir !

Cherche-moi parmi les mouettes !
Dresse un rayon sur mon récif,
Et, dans mes profondeurs muettes,
La blancheur de l’ange pensif !

Sois l’aile qui passe et se mêle
Aux grandes vagues en courroux.
Oh, viens ! tu dois être bien belle,
Car ton chant lointain est bien doux ;

Car la nuit engendre l’aurore ;
C’est peut-être une loi des cieux
Que mon noir destin fasse éclore
Ton sourire mystérieux !

Dans ce ténébreux monde où j’erre,
Nous devons nous apercevoir,
Toi, toute faite de lumière,
Moi, tout composé de devoir !

Tu me dis de loin que tu m’aimes,
Et que, la nuit, à l’horizon,
Tu viens voir sur les grèves blêmes
Le spectre blanc de ma maison.

Là, méditant sous le grand dôme,
Près du flot sans trêve agité,
Surprise de trouver l’atome
Ressemblant à l’immensité,

Tu compares, sans me connaître,
L’onde à l’homme, l’ombre au banni,
Ma lampe étoilant ma fenêtre
A l’astre étoilant l’infini !

Parfois, comme au fond d’une tombe,
Je te sens sur mon front fatal,
Bouche de l’Inconnu d’où tombe
Le pur baiser de l’Idéal.

A ton souffle, vers Dieu poussées,
Je sens en moi, douce frayeur,
Frissonner toutes mes pensées,
Feuilles de l’arbre intérieur.

Mais tu ne veux pas qu’on te voie ;
Tu viens et tu fuis tour à tour ;
Tu ne veux pas te nommer joie,
Ayant dit : Je m’appelle amour.

Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre,
Si nul devoir ne le défend ;
Viens voir mon âme dans son antre,
L’esprit lion, le coeur enfant ;

Viens voir le désert où j’habite
Seul sous mon plafond effrayant ;
Sois l’ange chez le cénobite,
Sois la clarté chez le voyant.

Change en perles dans mes décombres
Toutes mes gouttes de sueur !
Viens poser sur mes oeuvres sombres
Ton doigt d’où sort une lueur !

Du bord des sinistres ravines
Du rêve et de la vision,
J’entrevois les choses divines… –
Complète l’apparition !

Viens voir le songeur qui s’enflamme
A mesure qu’il se détruit,
Et, de jour en jour, dans son âme
A plus de mort et moins de nuit !

Viens ! viens dans ma brume hagarde,
Où naît la foi, d’où l’esprit sort,
Où confusément je regarde
Les formes obscures du sort.

Tout s’éclaire aux lueurs funèbres ;
Dieu, pour le penseur attristé,
Ouvre toujours dans les ténèbres
De brusques gouffres de clarté.

Avant d’être sur cette terre,
Je sens que jadis j’ai plané ;
J’étais l’archange solitaire,
Et mon malheur, c’est d’être né.

Sur mon âme, qui fut colombe,
Viens, toi qui des cieux as le sceau.
Quelquefois une plume tombe
Sur le cadavre d’un oiseau.

Oui, mon malheur irréparable,
C’est de pendre aux deux éléments,
C’est d’avoir en moi, misérable,
De la fange et des firmaments !

Hélas ! hélas ! c’est d’être un homme ;
C’est de songer que j’étais beau,
D’ignorer comment je me nomme,
D’être un ciel et d’être un tombeau !

C’est d’être un forçat qui promène
Son vil labeur sous le ciel bleu ;
C’est de porter la hotte humaine
Où j’avais vos ailes, mon Dieu !

C’est de traîner de la matière ;
C’est d’être plein, moi, fils du jour,
De la terre du cimetière,
Même quand je m’écrie : Amour !

(Victor Hugo)

 

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