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Poésie

Posts Tagged ‘pulluler’

A Glendalough (Jacques Lovichi)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
A Glendalough
dans le Wicklow antique
il est un lieu qui défie la mémoire
(intersection de l’espace
et du temps)
Comme une vermine
y pullulent les siècles
sous le granit où git
l’éternité

Là, contre ciel dardant son obscure menace,
un doigt géant
admoneste
les dieux.

(Jacques Lovichi)

 

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DE LA TOUR (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
DE LA TOUR

Cette terre grise lissée par le vent dans ses croupes,
dans son galop vers la mer,
dans sa ruée de troupeaux sous les dômes
et les contreforts de l’intérieur, vue
dans le vertige depuis les glacis, file
la lumière, file de mystérieuses années-lumière,
file un seul destin de multiples façons,
dit : « regarde-moi, je suis ton étoile »
et en cet instant s’enfonce plus profond
dans le coeur l’épine de la vie.
Cette terre toscane nue et pure
où court la pensée de celui qui reste
ou qui, issu d’elle, s’en éloigne.

Mes années, plus de quarante, essaiment toutes
hors de leur nid d’abeilles. Elles cherchent
ici plus qu’ailleurs leur pain, s’enquièrent
de nous, de vous murés dans la croûte
de ce corps lumineux. Et persiste,
persiste à pulluler la mort — la vie —
tendre et hostile, claire et inconnaissable.

Voilà ce que l’oeil saisit de cette tour de guet.

***

DALLA TORRE

Questa terra grigia lisciata dal vento nei suoi dossi
nella sua galoppata verso il mare,
nella sua ressa d’armento sotto i gioghi
e i contrafforti dell’interno, vista
nel capogiro dagli spalti, fila
luce, fila anni luce misteriosi,
fila un solo destino in moite guise,
dice : « guardami, sono la tua stella »
e in quell’attimo punge più profonda
il cuore la spina della vita.
Questa terra toscan brulla e tersa
dove corre il pensiero di chi resta
o cresciuto da lei se ne allontana.

Tutti i miei più che quarant’anni sciamano
fuori del loro nido d’ape. Cercano
qui più che altrove il loro cibo, chiedono
di noi, di voi murati nella crosta
di questo corpo luminoso. E seguita,
seguita a pullulare morte e vita
tenera e ostile, chiara e inconoscibile.

Tanto afferra l’occhio da questa torre di vedetta.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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À Elle (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



À Elle

Pour toi j’inventerai le silence qui parle
Parole se taisant dans l’extinction du dire
Ta voix ressemblera à l’essence d’un râle
Ton souffle sera tel que l’initial soupir

Or ton corps s’unira aux plus pures musiques
Lesquelles ne comprennent en fait aucun son
Tes seins seront pareils aux ombres nostalgiques
Qui ne reflètent pas des ciels les horizons

Et je m’enchanterai à composer − ô nul
Ne peut comprendre enfin leur signification −
Des hymnes provenant des astres qui reculent

Étoiles du néant engendrant les rayons
De ces absents soleils où les riens pullulent
Comme les omégas de la création

Révélant l’infini obscurité du non

(Jean-Claude Demay)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Au vent du rivage (Taïsui)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2015


Au vent du rivage
les mouches qui pullulaient
nous ont quittés toutes

(Taïsui)

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PERTINAX (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2015



 

PERTINAX

Que les nuages informes pullulent!
Et que le chaos se déchaîne!
J’attends que la forme apparaisse.

(Robert Frost)

 

 

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Peur (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2015



 

Charles de Clarac foret-vierge

Peur, je te sens dans la nuit verte
de la forêt vierge, profonde
et tapie dans l’être,
trouvant ta pâture dans le mystère
et faisant pulluler l’obscurité de monstres.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Charles de Clarac

 

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ÉLÉGIE (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2015




ÉLÉGIE

Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?

Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.

Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?

Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.

Tu pleures ?

(Eugenio Montale)

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