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Posts Tagged ‘rivage’

A UNE JEUNE FILLE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
A UNE JEUNE FILLE

Tu es une goutte d’or tombée de la lumière de l’aurore
à l’extrême rivage de l’océan de ma vie.

Tu es la première fleur shiuli en mon automne,
fleur recouverte par la rosée.

Tu es l’arc-en-ciel, dans le ciel si loin,
se penchant pour baiser la terre.

Tu es la divination du premier croissant de lune
touchée par les blanches transparences d’un nuage.

Tu es le secret du ciel révélé à la terre
par quelque divine inadvertance.

Tu es la vision du poète,
vision d’un souvenir qui relève de sa naissance oubliée.

Tu es son petit chant perdu,
retrouvé par hasard.

Tu es le murmure de mots
qui vont au-delà de la parole.

Tu es l’esclavage
qui conduit à une liberté illimitée.

Tu ouvres la fenêtre, et tu m’appelles
à la fleur de lotus de la blanche et pure lumière.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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La mer (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



La mer

Éternellement elle chuchote autour
Des rivages désolés et de sa houle puissante
Gorge deux fois dix mille cavernes, jusqu’au moment
où le charme
D’Hécate les abandonne à leurs antiques rumeurs
indistinctes.
Souvent vous la trouverez d’humeur si douce
Que c’est à peine si le plus minuscule coquillage
Quitte pendant des jours la place où jadis il échoua,
Quand les vents du ciel la dernière fois se déchaînèrent.
O vous dont les prunelles sont irritées et lasses
Faites-les se repaître de l’immensité de la mer;
O vous dont les oreilles sont assourdies d’un affreux
tintamarre,
Ou nourries à l’excès de quelque écoeurante mélodie,
Asseyez-vous où bée une antique caverne, et rêvez
Jusqu’au brusque réveil où vous croirez entendre
le choeur des nymphes de la mer.

***

On the sea
It keeps eternal whisperings around
Desolate shores, and with its mighty swell
Gluts twice ten thousand caverns; till the spell
Of Hecate leaves them their old shadowy sound.
Often ’tis in such gentle temper found,
That scarcely will the very smallest shell
Be mov’d for days from where it sometime fell,
When last the winds of heaven were unbound.
Oh ye who have your eyeballs vexed and tir’d,
Feast them upon the wideness of the sea;
Oh ye whose ears are dinn’d with uproar rude,
Or fed too much with cloying melody,
— Sit ye near some old cavern’s mouth, and brood
Until ye start, as if the sea-nymphs quir’d!

(John Keats)

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NOUS AVONS PERDU LES MOTS (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2019



Illustration: Alexandre Seon
    
NOUS AVONS PERDU LES MOTS

Nous avons perdu les mots
sur le rivage de la mer,
nous avons perdu les mots
par lesquels commencent les chants.

Nous sommes revenus à l’intérieur des terres,
nous avons perdu la vérité,
nous avons perdu les mots
et le chanteur et le chant.

***

PERDIMOS LAS PALABRAS

Perdimos las palabras
a la orilla del mar,
perdimos las palabras
de empezar a cantar.

volvimos tierra adentro,
perdimos la verdad,
perdimos las palabras
y el cantor y el cantar

***

ABBIAMO PERDUTO LE PAROLE

Abbiamo perduto le parole
sulla riva del mare,
abbiamo perduto le parole
per iniziare a cantare.

Siamo ritornati nell’entroterra,
abbiamo perduto la verità,
abbiamo perduto le parole
e il cantante e la canzone.

***

CUVINTELE PIERDUTE

Cuvintele pierdut-am
și astfel, la țărm de mare,
pierdut a fost cu ele
versul de început.

Spre lumea dinlăuntru
pierdut-am și adevărul,
cuvinte risipite, iar cântărețul
rămas-a fără cânt.

***

PERDEMOS AS PALAVRAS

Perdemos as palavras
à beira do mar,
perdemos as palavras
começo do cantar.

Viemos para terra,
perdemos a verdade,
perdemos palavras
cantor e cantar.

***

WIR VERLOREN DIE WORTE

Wir verloren die Worte
am Ufer des Meeres,
Wir verloren die Worte
um den Gesang anzustimmen.

Landeinwärts kehrten wir zurück
wir verloren die Wahrheit,
wir verloren die Worte
und den Sänger und das Singen.

***

WE LOST THE WORDS

We lost the words
at the shore of the sea,
we lost the words
to start to sing.

We returned inland,
we lost the truth,
we lost the words
and the singer and singing.

***

WIJ VERLOREN DE WOORDEN

Wij verloren de woorden
aan de oever van de zee,
wij verloren de woorden
waarmee het zingen begint.

Landinwaarts keerden wij terug,
wij verloren de waarheid,
wij verloren de woorden
en de zanger en het zingen.

(José Àngel Valente)

 

Recueil: ITHACA 581
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol original / Italien Luca Benassi / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Allemand Wolfgang Klinck / Anglais Germain Droogenbroodt / Néerlandais Germain Droogenbroodt /
Editions: POINT

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AU RIVAGE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



AU RIVAGE

O amères pensées…
Solitudes,
Soirées printanières, vagabondes,
Parfums qui s’en vont avec le vent
Et flûtes faites des rochers de la mer…
— Il était une fois…
Vagues bruissantes au rivage,
Inquiètes attentes,
Solitudes,
Et flûtes faites
Des rochers de la mer…

(George Bacovia)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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MÉMENTO (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



 

MÉMENTO

La neige flotte au loin, en errance,
A l’horloge du temps ont sonné
Sur les âmes mortes, les souffrances.
Mais tout cela n’est que du passé !

La neige flotte au loin, en errance,
De nouveaux amours s’en sont allés,
Les poètes peuplent le silence,
Mais tout cela n’est que du passé !

La neige flotte au loin, en errance,
Comme sur un rivage ignoré…
Tu es belle et à nouveau j’y pense,
Mais tout cela n’est que du passé !

(George Bacovia)

Illustration

 

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Vagues du temps (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Les instants sont vagues du temps
Tout corps est un rivage

(Adonis)

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Dans l’harmonie de la mer et du clair de lune (Rezâ Sâdeghpour)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration
    
dans l’harmonie de la mer et du clair de lune
la présence
solitaire
d’une barque
sur l’eau

une explication peut-être :
du rivage
un homme fixe la scène
immobile

***

(Rezâ Sâdeghpour)

 

Recueil: Le Bris lent des bouteilles
Traduction: Amin Kamranzadeh et Franck Merger
Editions: Cheyne

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Il n’existe qu’un chemin (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Il n’existe qu’un chemin :
Celui de ta main légère ;
Comment trouver autrement
Le pays qui m’est si cher ?

Pour que je vogue sans heurt
Vers mon rivage là-bas,
porte ta main vers mes lèvres
Et ne la retire pas.

Les doigts minces sont tremblants
Et le corps frêle s’anime —
Mon esquif glisse au-dessus
Des eaux, de leur calme abîme.

***

(Ossip Mandelstam)

 

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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« Echec » et « Réussite » (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019




Tu veux savoir les lois
qui régissent « échec » et « réussite »?

Flottent les chants des pêcheurs
devant le rivage immobile

(Wang Wei)

Illustration

 

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Le palais (Wang Po)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019



Le palais n’est plus visité que le matin par les vapeurs du rivage
et le soir par la pluie qui ronge les stores en lambeaux.

Des nuages paresseux se promènent lentement
en se mirant dans les eaux limpides.
Combien d’automnes ont déjà passé sur ce palais ?…
Le jeune roi qui l’habitait a contemplé comme nous ce grand fleuve
qui roule toujours ses flots muets et profonds.

(Wang Po)

 

 

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