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Poésie

Posts Tagged ‘cingler’

Invitation (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



    

Invitation

Le vent et l’orage cinglant autour de moi,
je monte là-haut sur la montagne et la lande.
Qui veut me rejoindre ? Qui veut gravir les cimes avec moi ?
Traverser les torrents, tailler son chemin dans la neige ?

Ce n’est pas dans le cercle étriqué des cités
que j’habite, à l’étroit entre vos portes et vos murs ;
au-dessus de moi Dieu est bleu dans le ciel,
contre moi le vent et la tourmente se rebellent.

Ici dans mes domaines je joue avec la solitude,
de l’infortune je me suis fait une amie.
Qui veut vivre vaste ? Qui veut vivre libre ?
Qu’il grimpe ici sur les sommets battus par les vents.

Je suis le seigneur de la tempête et de la montagne,
je suis l’Esprit de liberté et de fierté.
Fort doit-il être et allié du danger,
qui partage mon royaume et marche à mes côtés

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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A MINUIT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



 

Sam Wolfe Connelly    jjrl [1280x768]

A MINUIT

La logique a sombré en la ténèbre.
Dans le vide se déchaîne
L’effrayant Non-sens.
Le chaos des idées
Chauffe la tête au rouge,
Oppresse la poitrine,
S’abîme dans l’obscur.

La rivière murmure dans le lointain noir.
Tout souffre.
Les idées sont en feu.

La flamme invisible
Brûle minuit,
La malédiction de l’inexorable
Oppresse la poitrine,
Cingle le visage

Âpre Non-sens.
Temps mort.
O mort,

Aie pitié de nous!

(Srecko Kosovel)

Illustration: Sam Wolfe Connelly

 

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La vieille mourante (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



La vieille mourante

Coffrée dans ton lit-cage
Livrée aux mécaniques
Vieille ô si vieille
La mort hésite à t’accueillir

Tête burlesque
Sous les vrilles des cheveux blancs
Un sirocco de rousseurs ensable ta peau
Des rides rapiècent tes joues
Ta bouche n’est qu’un puits

Tu happes l’air
Ton coeur perd substance
Ton horizon se détisse
Ta chair t’engloutit

Vieille ô si vieille
Où sont ceux qui t’aimaient ?
Ta route fut trop longue
La mort les a surpris
La vie les a rongés

Une main est pourtant là
Qui recouvre la tienne
Son toucher traverse
Tes brumes d’agonie

Une voix t’accompagne
Vers le lieu sans âge
Que le temps n’assiège plus

Laisse tomber tes défroques
Quitte en douceur l’enclos
Va à perte de vue
Rejoins l’ultime flottille
Qui cingle vers l’inconnu.

(Andrée Chedid)


Illustration: Ron Mueck

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On se souvient (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2019



On se souvient : la bulle d’or de notre joie
Montait montait sans fin c’était toujours avril
Maintenant chaque jour il neige sur la ville
Les murs sont recouverts de crachats et de signes
Demain on tue on brûle on cingle dans le froid
Vers les châteaux de viande les fleuves d’eau-de-vie
Toute bue l’avalanche des éclairs et du sang.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

 

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Petites leçons d’érotisme (Giaconda Belli)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: François Joxe
    
Petites leçons d’érotisme

1
Parcourir un corps dans son extension de voile
C’est s’ouvrir sur le monde
Traverser sans boussole la rose des vents
Îles golfes péninsules digues battues par des vagues furieuses
Pour être plaisante, ce n’est point tâche facile
Ne pense pas y parvenir en un jour ou une nuit de draps en bataille
Il est des secrets dans les pores pour combler tant de lunes

2
Le corps est une carte astrale en langage chiffré
Découvres-tu un astre, peut-être te faudra-t-il alors
Changer de cap lorsque nuée ouragan ou hurlement profond
Te feront tressaillir
Conque de la main que tu ne soupçonnais pas

3
Parcours plusieurs fois telle étendue
Découvre le lac aux nénuphars
Caresse de ton ancre le centre du lys
Plonge suffoque distends-toi
Ne te refuse point l’odeur le sel le sucre
Les vents profonds cumulus rhumbs des poumons
Brume dans le cerveau
Tremblement des jambes
Raz-de-marée assoupi des baisers

4
Attends pied dans l’humus sans peur de la fatigue sans hâte
Ne prétends pas atteindre le terme
Retarde l’entrée au paradis
Place ton ange retombé ébouriffe sa dense chevelure
De l’épée de feu usurpée
Croque la pomme

5
Sens
Ressens
Échange des regards salive imprègne-toi
Tourne et retourne imprime des sanglots peau qui s’éclipse
Pied découverte à l’extrémité de la jambe
Suis cherche secret du pas forme du talon
Courbure de la démarche baies croquant une allure cambrée
Savoure…

6
Écoute conque de l’oreille
Comme gémit l’humidité
Lobe qui s’approche de la lèvre rumeur de la respiration
Pores qui se dressent formant de minuscules montagnes
Sensation frémissante de peau insurgée au toucher
Pont suave nuque descends à la houle poitrine
Marée du coeur susurre à ton oreille
Découvre la grotte de l’eau

7
Franchis la terre de feu la bonne espérance
Navigue fou là où se rejoignent les océans
Traverse les algues arme-toi de coraux hulule gémis
Émerge avec le rameau d’olivier pleure fouissant des tendresses
occultes
Dé‚nude des regards stupéfaits
Éveille le sextant depuis le haut des cils
Hausse les sourcils dilate les narines

8
Aspire soupire
Meurs un peu
Doucement lentement meurs
Agonise contre la pupille accrois la jouissance
Plie le mât gonfle les voiles
Navigue cingle vers Vénus
Étoile du matin
— la mer comme un vaste cristal étamé —
endors-toi naufragé‚.

(Giaconda Belli)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’orage (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



 

L’orage

Debout près d’un bouleau, je vois foncer l’orage,
Le vent cingler les eaux paisibles du ruisseau,
Les villages courber, ainsi que des taureaux,
Leur dos gras et bourru sur les grands pâturages.
Moi, je ne pense à rien. Je laisse les odeurs
Envahir les recoins les plus nus de mon coeur.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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La visite au malade (Luc Dietrich)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018




La visite au malade

Lorsqu’elle entra avec la fête d’air qui bouscule la chambre,
une pluie de feuilles me cingla le front.

(Luc Dietrich)

Illustration

 

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SUR LA PLAGE (Jacques Madeleine)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



SUR LA PLAGE

Blanches ailes des barques frêles,
Vois ces taches d’un ton plus clair
Sur le vert sombre de la mer :
Sont-ce des voiles ou des ailes ?

N’est-ce pas que l’une d’encre elles
Doit cingler — ô le rêve cher ! —
Vers une île adorable où l’air
Est tout peuplé de tourterelles.

Rêveuse qui les suis des yeux,
Veux-tu regarder tous les deux
La même voile, au loin, qui tremble ?

La seule extase sans rancœurs,
Le plus délicat des bonheurs,
C’est encor de rêver ensemble.

(Jacques Madeleine)

Illustration

 

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Des tourbillons de neige (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2018




    
Des tourbillons de neige cinglent les vitres
sur le trottoir des silhouettes pressent le pas
ce qu’en vain j’essaie d’écrire
prend la consistance de flocons
qu’une bourrasque déporte et éparpille
sur l’étendue de la page blanche

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Orage (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



Orage

La pluie me mouille,
La pluie me cingle.
Sa pattemouille
Sort ses épingles.

Il pleut du vent
Et des éclairs.
Un zèbre blanc
Strie la lumière.

La pluie se rouille
Et se déglingue.
Sa pattemouille
Perd ses épingles.

Sous le ciel veuf
D’un soleil mort,
Je me sens neuf
Comme une aurore.

(Pierre Coran)

 

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