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Poésie

Posts Tagged ‘en fleurs’

VAINE MURAILLE (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
VAINE MURAILLE

Une jeune mère
une bête douce
s’assied près de moi,
me sourit, et je
souris, l’enfant dort.
Insondable joie
du printemps banal,
encore un peu, les marronniers seront en fleurs,
nous trois ensemble au fond du jour,
et combien d’autres…
Vaine muraille
la personne
quand tu t’écroules
on est si bien
dans la lumière.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ici je reprends le goût de la vie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: Pablo Ruiz Picasso
    
Ici je reprends le goût de la vie,
Ainsi le dormeur, son sexe l’éveille,
Soudain rebandé par la même envie,
Et la femme est là, totale merveille.

Ainsi le nageur, la mer le soulève,
Et l’offre au soleil, et le ressaisit,
Il voit l’avenir, une immense grève,
Où se coucher nu dans l’après-midi.

Ainsi l’arbre en fleurs au fond d’un ravin
L’entrecroisement des hautes fougères…
Le mot le plus juste est encore vain,
Puisqu’ici le corps est tout le mystère.

Je rencontrerai peut-être la femme
Sœur de la fougère et des vagues nues.
Le sentier tournant deviendra la flacon
Qui la brûlera, sitôt apparue.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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VISITATION (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
VISITATION
En ce temps-là, Marie se levant,
s’en alla en hâte au pays des montagnes.
Luc, 1, 39.

PRÉLUDE

La femme du charpentier
A pris un petit sentier
Qui va dans les fleurs et gagne
Un pays de la montagne
En suivant les églantiers.

Elle est partie au réveil,
Le coeur frais dans le soleil.
À peine elle ouvre sa porte
Que la joie au foin l’emporte
À travers l’été vermeil.

À sa cousine là-bas,
Elle apporte de ce pas
Sous son voile une nouvelle
Si merveilleuse, si belle,
Que c’est à n’y croire pas.

Son secret tremble et pourtant
Veut s’échapper à l’instant…
Les petits oiseaux qui vivent
Dans le bleu du ciel la suivent
Pour chanter en même temps.

Son chemin va tout entier
Se jeter dans l’amitié.
Le monde en fleurs l’accompagne…
Un toit, là, sur la montagne,
L’attend près du noisetier.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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PETIT POUCET (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



Illustration
    
PETIT POUCET

Puisqu’on ne trouve plus sa vie
Au bout des sillons de chez nous,
Un jour, j’ai dû quitter ma mie
Pour la ville où pleuvent les sous ;
Et, ce jour-là, dans ma mémoire :
Lit clos des contes du passé,
J’ai vu se réveiller l’histoire,
L’histoire du Petit Poucet.

Refrain
En partant chez l’ogresse,
L’ogresse qu’est la vie,
J’ai semé des caresses
Pour retrouver ma mie !

Poucet semait parmi les sentes
Son pain bis et ses cailloux blancs.
Sur le corps blanc de ma charmante
Quel semis de baisers brûlants !
Sur son front et ses yeux en fièvres,
Sur son ventre et ses seins en fleurs,
Le geste rose de mes lèvres
A semé l’Amour de mon cœur.

Plus tard, pour retrouver ma mie :
« Où sont mes baisers d’autrefois ? »
Les baisers sont de blanches mies
Sous le bec des oiseaux des bois.
Plus un seul ! sur sa chair impure,
Un seul ! de mes baisers brûlants !
Tous sont partis sous la morsure
Du baiser des autres galants !

Ma mie qui ne se souvient guère
Se rappelle pourtant qu’un jour,
Je l’ai frappée dans ma colère
D’une gifle de mon poing lourd.
Elle me reproche ce geste
Toujours avec la même ardeur.
Le mal est un caillou qui reste
Dans les pauvres sentiers du cœur !

(Gaston Couté)

 

 

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C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ (Vangelis Kassos)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
C’EST POURTANT BIEN L’ÉTÉ

c’est pourtant bien l’été
rien ne manque la lumière
les arbres les sourires la musique
les jeunes filles en fleurs
le soleil qui surveille
et s’occupe des convives
tout est tendre éternel
ondoyant tel un regard langoureux
à peine le galet froid va-t-il tomber
de cette fissure infime
telle une larme tu vas couler
hors du tableau

(Vangelis Kassos)

 

Recueil: Cent poèmes
Traduction: Ioannis Dimitriadis
Editions: http://www.ainigma.net

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Cerisiers en fleurs (Issa)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Illustration
    
Cerisiers en fleurs :
Est-il un seul arbre à l’abri
Des querelles des joueurs de dés ?

(Issa)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morga

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L’EXILÉ (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Zeng Nian
    
L’EXILÉ
Sou-Tong-Po

Les jeunes gens portent volontiers des costumes aux couleurs joyeuses ;
les uns ont des robes roses, d’autres ont des robes vertes,

De même qu’au retour du jeune printemps
les jardins resplendissent d’herbes nouvelles
et de pêchers en fleurs ;

Mais celui qui voyage loin de son pays,
bien qu’il soit jeune encore,
est toujours vêtu d’une robe noire.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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VOYAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



Illustration: Vassily Kandinsky
    
VOYAGES
A Charles Bory.

Locomotives coquecigrues,
Vois les trains tonnant d’allégresse
Où les marchands de boeufs, les grues,
Se carrent, larges, à deux fesses;

Nous retrouverons la campagne
Et ses tétines de pain bis
A l’heure aromatique et douce
Où l’on pêche les écrevisses,

Les chemins des vieilles années
Dans les vergers de Vaucouleurs
Titubant, ruisselant d’abeilles
Eclatés de pommiers en fleurs.

Demoiselles du temps passé
Au visage usé de tristesse,
Le soleil de la vie s’abaisse,
L’herbe pousse entre les pavés…

Un grand coq noir ouvre ses ailes,
L’église chante, pleure au loin
Dans l’aube laiteuse et fidèle,
Dans le grand soir immaculé.

Les dieux de bois sur les étés
Sonnants, ouvrent des ailes mortes;
Dans les greniers lourds d’arentelles,
Les astres se sont endormis.

C’est là que mon enfance songe.
A l’écart des peines, des gens,
Sage, accoudée sur les bois sombres,
Sur le vide immense des champs.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je n’appelle, ni ne pleure (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Jacques Muller
    
Je n’appelle, ni ne pleure, ni ne regrette rien,
tout passe comme brume de pommiers en fleurs.
Miné désormais par l’or de défloraison
je ne connaîtrai plus la jeunesse.

Tu ne battras plus comme avant
désormais, coeur transi,
plus ne t’incitera à flâner pieds nus
la terre du bouleau et du calicot.

Esprit follet qui attisa mes lèvres
comme tu te fais rare, rare aujourd’hui.
Flots d’émotion, pétulance du regard,
ô ma fraîcheur d’âme perdue.

De désirs même je deviens avare.
Ma vie ! Ou ne fut-ce qu’un songe ?
Comme si par un bruissant matin de printemps
j’eusse passé au galop sur un destrier rose.

Tous en ce monde, tous sont périssables,
lentement s’écoule le cuivre de l’érable…
Béni sois-tu néanmoins dans les siècles
toi qui es venu éclore et mourir.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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A l’ombre d’un glacier en fleurs (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: http://www.tripalbum.net/patagonie/glacier/
    
A l’ombre d’un glacier en fleurs,
j’ai respiré l’odeur
éternelle des sapins,
le bourgeon humide
d’une voix.

Reviens, toi la faille de la nuit…

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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