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Posts Tagged ‘beauté’

La beauté vivante (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017


 


 

La beauté vivante

J’oblige, parce que la mèche et l’huile sont épuisées
Et que gelés sont les canaux du sang,
Mon coeur peu content à tirer contentement
De la beauté qui sort d’un moule où elle fut coulée
En bronze, ou de celle qui apparaît dans le marbre aveuglant,
Qui apparaît, mais qui lorsque nous nous éloignons s’éloigne,
Car elle est plus indifférente à notre solitude
Que si elle était une apparition. Ô mon coeur, nous sommes vieux ;
La beauté vivante est pour de plus jeunes hommes :
Nous ne pouvons lui payer son tribut de larmes dévorantes.

***

The living beauty

I bade, because the wick and oil are spent
And frozen are the channels of the blood,
My discontented heart to draw content
From beauty that is cast out of a mould
In bronze, or that in dazzling marble appears,
Appears, but when we have gone is gone again,
Being more indifferent to our solitude
Than ’twere an apparition. O heart, we are old ;
The living beauty is for younger men :
We cannot pay its tribute of wild tears.

(William Butler Yeats)

Illustration: Theodore Chassériau

 

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Il faut grimper ses intimes falaises (Mackenzy Orcel)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



il faut grimper
ses intimes falaises
pour attacher des ailes
à la beauté

(Mackenzy Orcel)

Illustration: Roger Rössing

 

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Beauté des instantanés qui fixent l’image de l’eau jaillissante (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Beauté des instantanés qui fixent l’image de l’eau jaillissante,
fusant hors d’elle-même, rebondissant vers le haut,
comme la gerbe d’écume d’une vague fracassée au bord d’un rocher.
La vague morte engendre ce grand fantôme blanc qui dans un instant ne sera plus.
L’espace d’un déclic, l’eau pesante monte comme une fumée, comme une vapeur, comme une âme.

(Marguerite Yourcenar)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

 

<a href= »http://arbreaphotos.wordpress.com »>Illustration: ArbreaPhotos</a>

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Si j’ai cherché – ai-je rien fait d’autre ? – (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



Si j’ai cherché – ai-je rien fait d’autre ? –
ce fut comme on descend une rue en pente
ou parce que tout à coup les oiseaux
ne chantaient plus. Ce trou dans l’air,

entre les arbres, mon souffle ni mes yeux
ne l’ont comblé – et je criai souvent
au milieu des herbes, mais je n’attendais
rien, je me disais : voilà,

je suis au monde, le ciel est bleu, nuages
les nuages et qu’importe le cri sourd des pommes
sur la terre dure : la beauté c’est que tout
va disparaître et que, le sachant,

tout n’en continue pas moins de flâner.

(Guy Goffette)

Poème découvert ici

 

 

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IL Y A …(Dominique Joye)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



 

Regard

IL Y A …

Il y a la forêt de roses, certains soirs dans l’extase
Où des orages de soleils coulent à la source de tes yeux.

Il y a les saisons de couleurs, des nuits de ton amour
Comme une étrange liberté à l’ivresse du temps perdu.

Il y a les papillons de lumière qui volent dans nos têtes
Pour oublier l’araignée de la faim endormie dans la raison du sommeil.

Il y a la perte des étoiles dans le froissement du vent
Et ta bouche sur la mienne qui donne l’énergie aux ténèbres.

Il y a la beauté de l’horizon dans la courbure des blés,
Comme la volupté de l’eau des désirs de mon corps.

Il y a la griffe du sang sur l’étendue de la mer
Où la main de notre espace cueille l’orchidée du matin.

Il y a la neige des vagues qui gonfle la voilure de l’ombre
Jusqu’à l’absence d’un regard dans la retenue des astres.

Il y a l’azur de la pluie bu par le pourpre des jasmins
Dans les champs de nénuphars où s’envolent des hirondelles.

Il y a l’étreinte de la souffrance, l’échange d’un sourire
Et le besoin de tes yeux jusqu’à la folie de vivre.

(Dominique Joye)

 

 

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Sonnet (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Goyo Hashiguchi
    
Sonnet

Pour veiner de son front la pâleur délicate,
Le Japon a donné son plus limpide azur ;
La blanche porcelaine est d’un blanc bien moins pur
Que son col transparent et ses tempes d’agate ;

Dans sa prunelle humide un doux rayon éclate ;
Le chant du rossignol près de sa voix est dur,
Et, quand elle se lève à notre ciel obscur,
On dirait de la lune en sa robe d’ouate ;

Ses yeux d’argent bruni roulent moelleusement ;
Le caprice a taillé son petit nez charmant ;
Sa bouche a des rougeurs de pêche et de framboise ;

Ses mouvements sont pleins d’une grâce chinoise,
Et près d’elle on respire autour de sa beauté
Quelque chose de doux comme l’odeur du thé.

(Théophile Gautier)

 

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A Mme du Châtelet (Voltaire)(François Marie Arouet)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




Emilie du Châtelet   
    
A Mme du Châtelet

« Si vous voulez que j’aime encore,
Rendez-moi l’âge des amours ;
Au crépuscule de mes jours
Rejoignez, s’il se peut, l’aurore.

Des beaux lieux où le dieu du vin
Avec l’Amour tient son empire,
Le Temps, qui me prend par la main,
M’avertit que je me retire.

De son inflexible rigueur
Tirons au moins quelque avantage.
Qui n’a pas l’esprit de son âge,
De son âge a tout le malheur.

Laissons à la belle jeunesse
Ses folâtres emportements.
Nous ne vivons que deux moments :
Qu’il en soit un pour la sagesse.

Quoi ! pour toujours vous me fuyez,
Tendresse, illusion, folie,
Dons du ciel, qui me consoliez
Des amertumes de la vie !

On meurt deux fois, je le vois bien :
Cesser d’aimer et d’être aimable,
C’est une mort insupportable ;
Cesser de vivre, ce n’est rien. »

Ainsi je déplorais la perte
Des erreurs de mes premiers ans ;
Et mon âme, aux désirs ouverte,
Regrettait ses égarements.

Du ciel alors daignant descendre,
L’Amitié vint à mon secours ;
Elle était peut-être aussi tendre,
Mais moins vive que les Amours.

Touché de sa beauté nouvelle,
Et de sa lumière éclairé,
Je la suivis; mais je pleurai
De ne pouvoir plus suivre qu’elle.

(Voltaire)(François Marie Arouet)

 

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Ménagère (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017




    
Ménagère mouche l’avant-printemps
A la fenêtre c’est du propre
En beauté sur le carreau
Que ça brille du ciel bien fait par transparence
Du bleu vitre qu’on s’y mire
Ménagère mouche mouche écrase
Du ciel bien fait

(Valérie Rouzeau)

 

Recueil: NEIGE RIEN
Editions: Editions Unes

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Ce goût (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017




    
Ce goût de terre et d’herbe que prend parfois l’amour
Ce goût de vent d’embruns que prend parfois la mort
Et la beauté de l’oiseau solitaire
Porté aux quatre coins du ciel
Par l’incessant vertige des quatre vérités.

(Jacques Lacarrière)

 

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AUX CHOSES LENTES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




AUX CHOSES LENTES

Blasons, prenons le temps de vous bien déchiffrer
prenons le temps de tout compter
et de lire l’écriture fine
que modela la belle inconnue
un jour qu’elle était pâle et nue.
Dans un monde touffu se mêlent
les frissons de la maladie
les armes de la médisance
le visage du laboureur
l’éclat de l’amour inconnu
et les yeux bleus du travailleur
celui au front couvert de signes
s’appuyant au bras de sa fille
portant le poids de sa beauté
traquée à l’abri du corset
femme au regard rejoignant
la douceur d’une feuille qui tremble.

(Jean Follain)

Illustration

 

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