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N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



 

N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres
Effrayés, abandonnant nos syllabes à leur douceur
De peur d’éveiller les freux,
De peur d’arriver
sans bruit dans un monde d’ailes et de cris.

Enfants nous nous serions penchés
Pour attraper les freux endormis, sans briser de brindilles,
Et après une douce ascension,
Élevant nos têtes au-dessus des branches
Nous nous serions émerveillés des étoiles inaltérables.

Loin de la confusion, telle est la voie
Tel est le prodige que l’homme sait
Loin du chaos parviendrait la joie.

Cela est la beauté, disions-nous,
Enfants émerveillés par les étoiles,
Cela est le but, cela est le terme.

N’étant que des hommes, nous marchions dans les arbres

(Dylan Thomas)

Découvert chez Lara ici

Illustration

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Un dieu me fuit que j’avais inventé (Guy Chambelland)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



…Un dieu me fuit que j’avais inventé
un grand cheval me fixe dans un rêve
un ciel de honte incendie la beauté…

(Guy Chambelland)

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LE PETIT ESCALIER DE SAINT-CLOUD (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



LE PETIT ESCALIER DE SAINT-CLOUD

C’était un petit escalier, tout petit.
Il n’avait que trois ou quatre marches,
mais ces trois ou quatre marches
en valaient bien des quarantaines d’autres
par leur beauté.
Elles étaient recouvertes de mousse,
mais surtout de monceaux de feuilles mortes tout en or.

Il était bien content, le petit escalier
et il n’en demandait pas plus pour être heureux
et de bonne humeur.
Et depuis des années, il savourait cette joie si simple et si pure
d’être recouvert de feuilles mortes et d’admirer la nature.

Car il l’admirait !
il trouvait splendide le trou fait dans le feuillage
par lequel il pouvait regarder un morceau de ciel bleu.

Il adorait sa grande sœur, la statue,
qui se reflétait dans l’eau glauque du bassin
et les beaux troncs des arbres entourés de lierre rouge.

Quand les gens venaient visiter
ce coin isolé du parc de Saint-Cloud
et que, par hasard, ils disaient :
« Ah ! le joli petit escalier,
montons ses vieilles marches de pierre »,
il ressentait une joie énorme, mais pas d’orgueil ;
aussi sa joie était-elle très pure
et lui était-il très heureux.

C’est une tout petite histoire
que celle de ce petit escalier,
mais c’est celle de tous les gens modestes
qui savent être heureux par eux-mêmes
et par la beauté du ciel qu’ils voient.

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration

 

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Retouche à la beauté (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



retouche à la beauté

sans rien de trop
mais quelque chose en plus

sans usage des us
et sur place au galop

(Daniel Boulanger)

Illustration: Andrew Atroshenko

 

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Dire la Beauté (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Dire la Beauté
serait affadir
Déchoir
qu’exprimer
la Magie

(Emily Dickinson)

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Dire la Beauté (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Dire la Beauté serait affadir
Déchoir qu’exprimer la magie
Il est un Océan sans syllabes
Dont elles sont les signes
Ma volonté en cherche le vocable,
Échoue, mais goûte
Une Extase comme de Legs —
De mines introspectives —

***

To tell the Beauty would decrease
To state the spell demean
There is a syllableless Sea
Of which it is the sign
My will endeavors for it’s word
And fails, but entertains
A Rapture as of Legacies —
Of introspective mines —

(Emily Dickinson)

Illustration: Clark Little

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Évanescence (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Tout ce que nous préservons
de la Beauté
est son Évanescence

(Emily Dickinson)

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Es-tu si lasse ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Es-tu si lasse ? Je veux te mener doucement
hors de ce tumulte, qui depuis longtemps me pèse aussi.
Notre blessure est à vif sous le joug de ce temps.
Vois, derrière la forêt où nous marchons en tremblant,
comme un château illuminé déjà le soir attend.

Viens avec moi. Le matin ne le saura jamais,
et dans la maison nulle lampe n’épiera ta beauté …
Ton parfum imprègne comme un printemps les oreillers :
le jour a mis tous mes rêves en pièces, –
tresses-en une couronne.

(Rainer Maria Rilke)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Herb Dickinson

 

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Ô, POÉSIE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017




Ô, POÉSIE

Et toujours un peu de théâtre malgré soi,
Pour leur complaire et se complaire.
Car il est passé dans nos veines
Le vieux poison de la beauté !

Plus facile est de démêler
Du bois le faon, du vent la rose
Que de l’art la vérité.

O, Poésie, intolérable dévoiement !
Que faire des joyaux dont tu emplis nos cales ?
Que faire de la terreur provoquée par nos chevaux ?

Pour avoir confondu la coquille et l’oreille,
La mer et la rumeur marine de la vie,
Beurrés d’or, emplumés de mots et de merveilles,
Jamais nous n’atteindrons notre pré-Colombie.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Penser est habiter (Jean-Paul Michel)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

Eugène Carrière Moonlight

Penser est habiter

Des oliviers plantés avec soin devant nos yeux couvrent
comme une mer la sèche
montagne. Les hommes, ainsi, habitent,
de leur talent l’espace entier du vivable ils
façonnent un visage tenable devant
le chaos des monts : c’est
la torche qu’ils allument leur
poème – devant le tout de l’être, avec modestie,
ferveur. Cette poursuite de travaux salubres est
leur marque. Une cloche soudain taille dans le silence un
ordre On remercie, reconnaissant, de
ce qu’une musique humaine puisse
borner le silence donné – ce don
d’un monde plus grand et
meilleur

Ces signes ne sont pas sans portée. Puisses-tu
carillon matinal valoir métaphore pour
un signe vers
le tout de l’être en sa beauté terrible – d’un coup surgi depuis
attisant nos désirs ! Puisses-tu
poème comme un cri scander
à l’égal de ces notes dans l’aube – et, comme elles, d’assez de portée un chant
pur
À cette condition, la parole n’aurait pas été
chose vaine

Penser est habiter Il n’y a d’autre mesure que la parole
L’Être n’a pas de plein La vérité est son voile Chaque
possibilité nouvelle de la parole, de ce voile, un pli
nouveau. Chacun de ces plis porte
le chiffre d’un poète.

(Jean-Paul Michel)

Illustration: Eugène Carrière

 

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