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Posts Tagged ‘foudre’

Nous mettons nos pieds nus dans l’eau du rêve (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
Nous mettons nos pieds nus dans l’eau du rêve,
Elle est tiède, on ne sait si c’est l’éveil
Ou si la foudre lente et calme du sommeil
Trace déjà ses signes dans des branches
Qu’une inquiétude agite, puis c’est trop sombre
Pour qu’on y reconnaisse des figures
Que ces arbres s’écartent, devant nos pas.
Nous avançons, l’eau monte à nos chevilles,
Ô rêve de la nuit, prends celui du jour
Dans tes deux mains aimantes, tourne vers toi
Son front, ses yeux, obtiens avec douceur
Que son regard se fonde au tien, plus sage,
Pour un savoir que ne déchire plus
La querelle du monde et de l’espérance,
Et qu’unité prenne et garde la vie
Dans la quiétude de l’écume, où se reflète,
Soit beauté, à nouveau, soit vérité, les mêmes
Étoiles qui s’accroissent dans le sommeil.

(Yves Bonnefoy)

 

 

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CLAUDE A. (Alain Lance)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: René Baumer
    
CLAUDE A.

Sentier entre les serpents
Senteurs sèches souches noires
Calcaire solitude
Nids de la foudre

Bouche à la terre
Ces jours d’abîme
Les mots dans l’éboulis d’effroi

Mais la parole malgré le pire
Mais le poème arraché à l’hiver absolu

(Alain Lance)

 

Recueil: Temps criblé
Editions: Obsidiane et le temps qu’il fait

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IL PLEUT (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018



    
IL PLEUT

1
Il pleut, il pleut avec fureur,
Une humide poussière a tremblé sur nos vies;
Toi, tu gifles et claques, ô Tonnerre, et tu cries !
Sur chaque coeur,
Écoute, entends… on tambourine…
Perçois-tu ces coups répétés ?

Courir, courir dessous la pluie si drue, si fine,
Nu, les bras écartés,
Comme pour en découdre,
Vers des forêts !
Il pleut, il pleut. Mais toi, que tends-tu tout exprès
Ta si petite paume au-devant de la foudre ?

Qui nous sert cette pluie ? Un vent joueur et frais.
Aimant violenter les beaux cheveux défaits
Des filles, écho rude à la tendre avalanche
De leur rire de soie.

Feuilles sèches au coeur imparfait, sur la branche
J’entends craquer votre plainte cent fois.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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LE RIEN (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



 

Agim Sulaj e37

LE RIEN

J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité

Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences

(Andrée Chedid)

Illustration: Agim Sulaj

 

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Orage (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



 


    
Orage

Que cherche-t-il, l’orage
qui depuis l’aube
grogne sur les collines?

Que cherche-t-il, l’ogre,
qui de sa voix de foudre
tourmente la forêt?

Ce qu’il cherche, rageur,
de ses griffes de foudre,
c’est toi, Marie,
la fillette aux yeux bleus,
la gracieuse, la tourterelle,
la fillette belle à croquer.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Car sans toi ma journée est perdue (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Car sans toi ma journée est perdue et s’en va,
Comme tant de journées, se mêler à l’oubli.
Si tu lèves le bras, les murailles d’orties
N’arrêtent plus le sang de couler sous nos pas.

Dans ce rêve où je te revois
Nue et blanche comme un ruisseau,
Il y a le bruit de ta voix
Qui me torture jusqu’aux os.

La nuit vers nous s’avance et je connais le poids
De ta vie à ma vie ajoutée. Est-ce l’âme
Des vivants et des morts qu’apporte avec sa lame
La fraîcheur de la mer que je respire en toi?

Tu es là, nue et belle, au milieu de ce monde
Nocturne, belle et nue entre tes liens de fer,
Respirant à l’abri des foudres vagabondes;
Tes yeux sont le plus beau pays de la colère.

Si je lève la tête au plus fort de l’ennui,
Je te revois, brillante, et par la mer lavée
Sans fin comme un caillou plein des sucs de la nuit,
Debout dans le sommeil des statues renversées.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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Ton rire fait songer à cet arbre entrouvert par l’éclair argenté (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Ton rire fait songer à cet arbre entrouvert
par l’éclair argenté, par la foudre qui tombe
du ciel et qui vient se briser sur la cime,
partageant l’arbre en deux par un seul coup d’épée.
Seules les hautes terres au feuillage de neige
sont mères d’un tel rire, ô ma bien-aimante,
c’est le rire de l’air libre sur la montagne,
et coutumes d’araucaria, ma bien-aimée.
Mon Andine, vraie montagnarde de Chillan,
viens déchirer l’obscur des couteaux de ton rire,
la nuit et le matin, et le miel du midi,
que s’élancent au ciel les oiseaux du feuillage :
tu viens, c’est pour briser cet arbre de la vie
avec ton rire et sa lumière dissipatrice.

***

Tu risa pertenece a un árbol entreabierto
por un rayo, por un relámpago plateado
que desde el cielo cae quebrándose en la copa,
partiendo en dos el árbol con una sola espada.
Sólo en las tierras altas del follaje con nieve
nace una risa como la tuya, bienamante,
es la risa del aire desatado en la altura,
costumbres de araucaria, bienamada.
Cordillerana mía, chillaneja evidente,
corta con los cuchillos de tu risa la sombra,
la noche, la mañana, la miel del mediodía,
y que salten al cielo las aves del follaje
cuando como una luz derrochadora
rompe tu risa el árbol de la vida.

(Pablo Neruda)

Illustration: Jeff Scher

 

 

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Caillou (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration
    
Caillou tiré de sous la robe, que l’on offre dans l’ombre.
Gravé, poli et caressé, noir de crainte et de joie,
où sont inscrits soleil et lune, foudre et vallée, qui protège des malveillants
et par lequel le secret passe, maintenant dans ma paume.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Ciel sombre (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
Ciel sombre, sept oiseaux blancs,
bourgeons diamantés de la foudre.
L’air s’engouffre et s’arrête,
une lampe s’éteint.

« J’aimerais tant que tu sois lent, disait-elle.
Épuise-toi. Je vais huiler mon corps entier :
pour le prendre, il faudra la nuit. »

Et tous les nuages attendaient.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Cette pierre (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018




    
Cette pierre, je le sens bien, est en train de me prendre.
Elle m’arrive, me décide. Fait de ma volonté une céréale un peu rustre.
Et de mon être un arbre, pour sa foudre.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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