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Poésie

Posts Tagged ‘fleuve’

Neige sur le fleuve (Liu Zong-yuan)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



Illustration
    
Neige sur le fleuve

Sur mille montagnes, aucun vol d’oiseau
Sur dix mille sentiers, nulle trace d’homme
Barque solitaire : sous son manteau de paille
Un vieillard pêche, du fleuve figé, la neige

(Liu Zong-yuan)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil
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Femmes, soleil (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018


 

Le chant de leurs corps,
Toute la vie dans leurs yeux, dans leur chair
M’aimait.
Ô fer, ô sève, le voyage et le fleuve.
Chevaux
chevaux de pierre
au loin
cavalcadez,
Moi je reste en cet or léger où la douceur fraîchit.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

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Ici (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2018



Ici ont laissé leurs chaussures,
et leurs vêtements encore chauds,
ceux qui se baignent dans le fleuve.

(Yannis Ritsos)

Illustration

 

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Si peu semblable à moi-même (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



Si peu semblable à moi-même
Quand je me vois à distance
Dans l’eau morte d’un poème
Qui fut beau fleuve vivant
Ou bien lorsque m’apparaît
Le jeune homme qui rêvait
Dans le soir triste des villes
D’appareillages et d’îles ;
Si peu semblable, ô destin,
Routes de songes, exils,
Ferveurs, tant de paysages,
Tant de ciels, tant de visages
Et le même voyageur
Mais qui ne reconnaît pas
Toujours le bruit de son pas
Et s’égare en trébuchant
Par les longs chemins du Temps
Eboulés dans sa mémoire,
Si peu semblable, ô miroir
Innombrable du poème !
Et pourtant cet homme-là,
C’est le même homme, le même.
Surtout, ne le cherchez pas.

(Paul-Alexis Robic)

Illustration

 

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ANGELA ADONICA (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018




ANGELA ADONICA

Aujourd’hui je me suis étendu près d’une jeune fille pure
comme sur le bord d’un océan blanc,
comme au centre d’une ardente étoile
d’espace lent.

De son regard longuement vert
la lumière tombait comme une eau sèche,
en de transparents et de profonds cercles
de force fraîche.

Ses seins dressés comme un feu à deux flammes
flambaient au-dessus de deux régions,
et en un double fleuve arrivaient à ses pieds
grands et clairs.

Un climat d’or commençait à mûrir
les longitudes diurnes de son corps
l’emplissant de fruits débordants,
d’un feu occulte.

(Pablo Neruda)

Illustration: Paul Sieffert

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Le poisson rêve (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Dao Hai Phong g08

Le poisson rêve, la Lune est pleine
belle perle rose de larmes
ornant le front noir de la peine
qu’apaise le choral des choses.

Éveil des formes, fleuve sans bord,
pas obscurs sur l’océan calme,
halte lumineuse des morts
où veille la lenteur des palmes.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Dao Hai Phong

 

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MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



MAISONS SUÉDOISES SOLITAIRES

Un désordre d’arbres noirs
et les rayons fumants de la lune.
Là où la chaumière a coulé
et semble être sans vie.

Jusqu’au murmure de la rosée matinale
quand un vieillard ouvre
– d’une main qui tremble –
la fenêtre pour lâcher un grand duc.

Et dans une autre aire du vent
la construction nouvelle fume
avec un papillon de draps lavés
qui volette à l’angle

au milieu d’une forêt moribonde
où la décomposition lit
dans ses lunettes de sève
le compte-rendu des coléoptères.

Été aux pluies de blé mûr
ou un seul nuage d’orage
Des voix affolées, des visages
volent dans les fils du téléphone
avec des ailes rapides mutilées
par-dessus les milles des marécages.
au-dessus d’un chien qui aboie.
Le grain rue dans la terre.

La maison sur une île du fleuve
qui couve ses premières pierres.
Une fumée constante – on brûle
les documents secrets de la forêt.

La pluie retourne dans le ciel.
La lumière serpente dans le fleuve.
Les maisons du précipice surveillent
les boeufs blancs de la cascade.

Automne avec une ligue d’étourneaux
qui tiennent l’aube en échec.
Les hommes ont la démarche raide
au théâtre de l’abat-jour.

Faites-leur toucher sans crainte
les ailes camouflées
et l’énergie de Dieu
enroulée dans l’obscurité.

(Tomas Tranströmer)

 

 

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Ma vie n’est plus qu’un fleuve (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



Ma vie n’est plus qu’un fleuve
entraînant le poids de tes îles.
Ton amour est mon soleil de la nuit.
le me nourris de ta caresse
Je n’ai de lèvres que pour toi.

(Pierre Béarn)

 

 

 

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LES PIEDS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


LES PIEDS

Un pied dans la tombe, soit.
Mais l’autre pied vertement planté sur le rocher bleu.
Ah, quel pied.
Ainsi les saisons gloussaient, les fleuves filaient doux.
Le pied dans la tombe attendait toujours ;
le pied sur le roc veillait sur un homme
et les héritiers crevaient de chagrin.
Le pied sur le roc adorait le vin, l’amour et l’argent.
Les chevaux riaient, les vignes chantaient
et la rose aux dents chantait et riait.
Le pied dans la tombe attendait toujours.
il attend encore.

(Norge)


Illustration: Jean Verame

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Le visage (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Victor Brauner 50

Le visage

Comme un cancer, comme une bête en moi,
Vit un visage. Il s’ouvre, se referme.
C’est une bouche, une plaie, une pieuvre,
Il apparaît, se nourrit, se digère
Et me détruit, déchire la durée.
Toute la nuit, j’ai mal à mon cadavre.
On a scié ma cage thoracique,
On a jeté mon vieux coeur et ses boues
Dans le limon d’un fleuve croupissant.
Mon sexe meurt, mais la chair corrompue,
Interminable, est vie interminable.
Visage noir, larme d’un amour sale,
Reste avec moi, vautour et parasite,
Car nous vivons si bien si mal ensemble.
Déchirons-nous déchirés déchirants.
Que le soleil se tende comme un muscle !

(Robert Sabatier)

Illustration: Victor Brauner 

 

 

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