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LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2020



    

LIEDER DU VENT À DECORNER LES BŒUFS

Le vent court à brise abattue
il court il court à perdre haleine
Pauvre vent perdu et jamais au but
où cours-tu si vite à travers la plaine

Où je cours si vite où je cours si vite
Le vent en bégaye d’émotion et d’indignation
Se donner tant de mal et de gymnastique
et qu’on vous pose après de pareilles questions

À quoi bon souffler si fort et si bête
et puis s’en aller sans rien emporter
Quelle vie de chien qui toujours halète
qui tire sa langue de chien fatigué

Jusqu’au bout du monde il faut que tu ailles
poussant ton charroi de vent qui rabâche
Vente vent têtu de sac et de paille
Gémir pleurer prier est également lâche

Déjà autre part j’ai entendu ça
Je ne veux plus être vent dit le vent qui boude
Je change de peau je change de pas
Je me fais flûtiau route ou pierre qui roule

Mais il dit tout ça sans conviction aucune
Il sait qu’il faut bien en passer par là
venter quand on est vent luner quand on est lune
et quand on n’est qu’un homme nommer ce qui est là

Le vent la pluie le froid le chaud la solitude
la belle vie qui prend de mauvaises habitudes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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CHANSON A LYNCHER (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Lynchage de Jesse Washington

CHANSON A LYNCHER

Tirons sur la corde!
Tirons très fort!
La vie est pour les Blancs
Et pour ce jeune Noir c’est la mort.

Tirez, les gars,
Avec sanglante clameur.
Que ce Noir balance
Tandis que les Blancs meurent!

Les Blancs meurent?
Que voulez-vous dire :
Les Blancs meurent?

C’est le corps immobile
Du jeune Noir
Qui dit :

Ce n’est pas moi qui meurs.

***

Lynching Song

Pull at the rope!
O, pull it high!
Let the white folks live
And the black boy die.

Pull it, boys,
With a bloody cry.
Let the black boy spin
While the white folks die.

The white folks die?
What do you mean–
The white folks die?

That black boy’s
Still body
Says:
NOT I.

(Langston Hughes)

Illustration: Lynchage de Jesse Washington

 

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LES MOTS DE TOUS LES JOURS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020




    
(Recueil Pages d’écriture)
LES MOTS DE TOUS LES JOURS

Il faut se méfier des mots. Ils sont toujours trop beaux, trop
rutilants et leur rythme vous entraîne, prêt à vous faire prendre
un murmure pour une pensée.

Il faut tirer sur le mors sans cesse, de peur que ces trop
bouillants coursiers ne s’emballent.

J’ai longtemps cherché les mots les plus simples, les plus usés,
même les plus plats. Mais ce n’est pas encore cela c’est leur juste
assemblage qui compte.

Quiconque saurait le secret usage des mots de tous les jours
aurait un pouvoir illimité, — et il ferait peur.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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AVANT LA DOUCHE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
AVANT LA DOUCHE

Une goutte d’eau
la pluie
une averse
la brume
le brouillard
une ondée
l’orage
la tempête
la tornade
un sanglot
une larme
Allons allons
l’eau est tirée
il faut la boire

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Poésie? (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2020



Cette chose sans nom
d’entre rire et sanglot
qui bouge en nous,
qu’il faut tirer de nous
et qui,
diamant de nos années
après le sommeil de bois mort,
constellera le blanc du papier.

(Michel Leiris)

Illustration: Josephine Wall

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Poésie ? (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



Poésie ?

Cette chose sans nom
d’entre rire et sanglot
qui bouge en nous,
qu’il faut tirer de nous
et qui,
diamant de nos années
après le sommeil de bois mort,
constellera le blanc du papier.

(Michel Leiris)

Illustration

 

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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Les chansons des rues et des bois (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Henri Martin
    
Les chansons des rues et des bois

Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J’ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S’il faut qu’on pleure ou qu’on danse,
Si les nids jasent entre eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C’est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C’est au mouvement d’oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C’est qu’à travers l’horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m’ennuie ?
C’est l’air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m’occupe,
Jeanne ? C’est que j’aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.

(Victor Hugo)

 

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Nini (deux ans) (Clod’Aria)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

chat

Nini (deux ans)

Son oeil
interroge le chat:
Griffera-t-il?
puis m’interroge:
Est-ce que je peux
tirer la queue?

Tant pis!
je tire …

(Clod’Aria)

 

 

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Les flèches de la Beauté (Marcel Proust)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



 

Albert Lynch b

Pour peu que la nuit tombe et que la voiture aille vite, à la campagne, dans une ville,
il n’y a pas un torse féminin, mutilé comme un marbre antique par la vitesse qui nous entraîne
et le crépuscule qui le noie, qui ne tire sur notre cœur, à chaque coin de route, du fond de chaque boutique,
les flèches de la Beauté, de la Beauté dont on serait parfois tenté de se demander si elle est en ce monde autre chose
que la partie de complément qu’ajoute à une passante fragmentaire et fugitive notre imagination surexcitée par le regret.

(Marcel Proust)

Découvert ici Dans le Couloir

Illustration: Albert Lynch

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