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Poésie

Posts Tagged ‘chapeau’

La pie (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



 

La pie

Elle ne sait pas, la pie,
en quelle année elle vit,
sous quelle république ou royauté,
elle ne sait pas, la pie de mon jardin,
que la mer existe pas très loin
même si sa présence invisible l’inquiète
comme le ciel dans ma fenêtre.

Elle ne connaît, la pie,
que le jour et la nuit,
le vent, les nuages,
la niche du chien,
le chêne et le hêtre du creux du chemin,
le chapeau renversé de son nid.

Elle ne sait pas
quelles monnaies ont cours,
comment on achète, comment on vote,
à quoi sert une borne.
La pie n’a nulle envie
de devenir un homme.
Et moi je prie
pour que le soleil et la pluie
me transforment en pie.

(Gérard Le Gouic)

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La porte, le chapeau, la chaise (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



Le moyen d’entrer dans la forme,
le moyen de sortir de la pièce-

La porte, le chapeau,
la chaise, le fait.

(Robert Creeley)


Illustration: Fernand Léger

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Chapeau (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020




Saule, la maison, un oeuf –
qu’est-ce qu’ils donnent ?

Chapeau, bonheur, une porte –
quoi d’autre encore.

(Robert Creeley)

Illustration: René Magritte

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Amour explique moi (Ingeborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



Amour explique moi

Ton chapeau se soulève légèrement,
il plane dans le vent,
ta tête découverte a jeté un charme aux nuages,
ton cœur a à faire ailleurs,
ta bouche s’incorpore de nouvelles langues,
l’amourette couvre tout
de son frêle tremblement,
l’été caressant couvre et souffle les asters,
aveugle de flocons tu relèves le visage,
tu ris, tu pleures et succombes à toi-même,
que doit-il encore t’arriver –
Amour, explique-moi!

Le paon solennellement étonné fait la roue,
la tourterelle remonte sa collerette,
gonflée de roucoulade,
l’air se dilate,
le canard crie,
tout le pays consomme ce miel sauvage,
et même dans le parc rangé
les plates-bandes sont ourlées de pollen d’or.
Le poisson rougit, dépasse l’essaim des autres
et se jette à travers grottes sur le lit de corail.
Le scorpion craintif danse au son du sable argent.
Le scarabée sent de loin la Merveilleuse.
Si j’avais seulement un sens,
je sentirais aussi
que des ailes scintillent sous sa carapace
et prendrais le chemin du fraisier lointain!
Amour, explique-moi!

L’eau sait parler,
la vague prend la vague par la main,
le raisin gonfle dans les vignes, éclate et tombe.
L’escargot sort si innocemment de sa maison!
Une pierre sait en attendrir une autre!
Amour, explique-moi ce que je ne peux expliquer:
dois-je tout ce temps épouvantable et court
ne fréquenter que des pensées
et seule
ne rien connaître de cher,
ne rien faire de cher?
Faut-il que quelqu’un pense?
Ne manque-t-il pas à d’autres?

Tu dis:
un autre esprit compte sur lui.
Ne m’explique rien.
Je vois la salamandre passer à travers tous les feux.
Aucune averse ne la chasse,
et rien ne lui fait mal.

(Ingeborg Bachmann)

Découvert chez Lara ici

Illustration

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L’ECUREUIL DE NOEL (Paul Gilson)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



 

L’ECUREUIL DE NOEL

LE vent sifflait pour les oiseaux
morts le jour sans lendemain
lorsque vint un orphelin
qui m’abrita dans son chapeau

Il m’emmena seul jusqu’à Londres
Une dame en me voyant
ébrécha sa tirelire
et m’offrit un sautoir d’argent

Des noisettes pour chaque dent
et des pommes près du feu

Mes yeux tiennent dans vos yeux
Belle dame des compliments

(Paul Gilson)

 

 

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Pèlerinage d’automne (Mayuzumi Madoka)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2019



Illustration: Kisokaidô
    
Pèlerinage d’automne –
on ôte les chapeaux coniques
éclaboussé de soleil couchant

***

(Mayuzumi Madoka)

 

Recueil: Haikus du temps présent
Traduction: Corinne Atlan
Editions: Philippe Picquier

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Hortensia, couronne impériale (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2019



Hortensia, couronne impériale

Les Grecs et les Romains, les Grecs surtout,
adoraient les couronnes de fleurs.
Celui qui se serait présenté au cirque,
à l’académie, au théâtre, sur la place publique,
sans sa couronne aurait passé pour un fou.
Il n’était pas plus permis alors de se montrer sans couronne,
que de sortir sans chapeau aujourd’hui.
Pour les gens chauves, la couronne remplaçait la perruque.
Aussi tous les philosophes s’en paraient;
Socrate lui-même ne manquait jamais de ceindre son front de fleurs.
César, chauve à trente ans, dut à la couronne
l’avantage de cacher longtemps cet inconvénient aux beautés de Rome.
On sait qu’à l’âge de quatre-vingts ans, Anacréon se parait d’une couronne de roses.

Avec la couronne, il n’y avait plus de vieillards,
on était toujours jeune avec des fleurs sur le front et une longue
robe flottante; aussi les anciens ne connaissaient-ils pas
cet être tremblottant, souffreteux, catharreux, ridé, ratatiné
que nous nommons un vieillard.

Je ne parle pas d’Alcibiade, il changeait de couronnes trois fois par jour.
C’était le premier coiffeur d’Athènes qui venait la lui placer sur la tête.
Il y avait des fashionables qui portaient leur couronne
à droite ou à gauche, en avant ou en arrière;
les uns la posaient d’un air crâne sur un seul côté,
les autres l’enfonçaient bien sur les oreilles
pour se garantir des rhumes de cerveau.
Ceux-là étaient les propriétaires, les rentiers du marais, les bonnets de coton de l’antiquité.
Quand tous les convives avaient des couronnes de fleurs
sur la tête, un dîner triste était impossible.
Les fleurs portent à la gaîté;
aussi ni à Rome ni à Athènes on ne connaissait l’usage des dîners officiels.
Ils ne sont permis que depuis la suppression des couronnes.

(J.J. Grandville)

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Un air de légèreté (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019


chapeau-et-miroir

 

Une plume donne au chapeau
Un air de légèreté
La cheminée fume.

(Paul Eluard)

 

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MONSIEUR DE MALBROUGH (Tristan Klingsor)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



 

Walter Crane - Lilies

MONSIEUR DE MALBROUGH

Aôh! monsieur de Malbrough,
Mettez vos habits brodés du dimanche
Et sur les boucles de vos cheveux roux
Votre chapeau à plumes blanches.

Miss Kate, miss Maud et Miss Lily
Ont emprisonné pour vous leurs pieds mignons
En des souliers de satin gris, jolis,
Vraiment, comme ceux de Cendrillon.

Elles vous attendent fort occupées
A refaire les noeuds de soie de leurs corsages;
Venez vite : vos quatre pages
Porteront à Picadilly votre épée.

Aôh! bonsoir, et choisissez de ces trois lys
De ces fées de rêve de Walter Crane,
Miss Kate, miss Maud et miss Lily
Pour danser la gigue au ballet de la reine.

(Tristan Klingsor)

Illustration: Walter Crane

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TRISTESSE DE JOURNALIER (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



 

Kristine Kvitka (9) [1280x768]

TRISTESSE DE JOURNALIER

Le soleil a durci mon manteau à la mie tendre
Tiède est ma gourde
Et le soleil alourdit mon sang attiédi.
Assis dans les buées de ma peine et de ma sueur
Je vois les champs sans voix tanguer autour de moi.
Il est midi.
Au fond de la forêt le vent, l’avenir dorment.

En calèche, l’intendant passe.
D’un geste las ma main soulève mon chapeau,
je suis couvert de cendres et de poussière,
Le regard de mes boeufs me rafraîchit le coeur.

Au delà de la poussière, au delà des arbres,
Au delà du majestueux décor de nuages et au delà de la frondaison
de poussière
Par là où le soleil indifférent titube
Il est des villes lointaines avec des places illuminées qui roulent sous
les étoiles,
Et puis des mers, des îles flottantes, et d’ardentes montagnes d’or,
De tout cela, j’ai entendu parler,
La terre et le ciel regorgent de richesses,
mais moi
Je reste là, indécis, au milieu d’un champ qui ne m’est rien,

Etranger que personne n’attend et qui, à l’automne,
Les travaux finis, à l’ombre d’une meule de paille égrenée
Se tournera sans un mot vers la terre impassible.

(Gyula Illyès)

Illustration: Kristine Kvitka

 

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