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Poésie

Posts Tagged ‘vent’

J’ai trouvé (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



J’ai trouvé

J’ai trouvé, mon amour, le nom le plus secret et le plus clair
pour dire ce qu’est ta vie dedans ma vie : l’air.

Tu es l’air qui ne me fait jamais défaut,
cet air si nécessaire à la pensée et au rire,
cet air qui rafraîchit mon coeur
et fait de ma solitude
une place battue par tous les vents.

(Christian Bobin)

 

 

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Lecture (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



La vie passe au-dehors
et sa vitesse est celle de la lumière.
Les deux mains sur un globe de papier transparent,
contemplant les flocons d’encre noire
qui tombent à l’intérieur,
il épouse la vitesse plus considérable encore de la lenteur.
Il regarde impassible les blocs de temps pur,
venus d’un ciel sans profondeur :
Eloge de l’immobile.
Supplique du muet.

Les noms possibles du lecteur :
Méditant par grand froid.
Mâche-le-vent.
Creuse-l’azur.
Songe-blanc.
Passeur.
Hirondelle du ras de la page.

(Christian Bobin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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Il suffirait d’avoir la patience et la paix (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Il suffirait d’avoir la patience et la paix blonde
des grands champs de blé,
leur consentement aux grâces mouvantes
du vent et des lumières.

(Christian Bobin)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Le vent des montagnes (Akiko Yosano)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022




    
Le vent des montagnes s’immisce dans la salle de bains
Un simple coup d’oeil
Me livre la plénitude des étoiles

***

(Akiko Yosano)

Traduction de Camille Loivier

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Si ma voix meurt à terre (Rafael Alberti)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022




    
Si ma voix meurt à terre
portez-la au niveau de la mer
et laissez-la sur le rivage

Portez-la au niveau de la mer
et nommez la capitaine
d’un blanc bateau de guerre

Oh ma voix décorée
d’une insigne maritime :
Sur le coeur une ancre
et sur l’ancre une étoile
et sur l’étoile le vent
et sur le vent la voile !

***

Si mi voz muriera en tierra,
Llevadla al nivel del mar
Y dejadla en la ribera.

Llevadla al nivel del mar
Y nombradla capitana
De un blanco bajel de guerra.

¡ Oh mi voz condecorada
Con la insignia marinera :
Sobre el corazón un ancla
Y sobre el ancla una estrella
Y sobre la estrella el viento
Y sobre el viento la vela !

(Rafael Alberti)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Les frontières sont là (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2022



    

les frontières sont là, les rues, l’oubli

et l’herbe et les concombres, et les chèvres et le genêt,
l’enthousiasme est là, oui les frontières sont là;

les branches sont là, le vent qui les agite
est là, et l’unique signe des branches

de cet arbre qu’on appelle précisément le chêne est là,
de cet arbre qu’on appelle précisément le frêne, le bouleau
le cèdre est là, et le signe répété

est là, sur le gravillon de l’allée; elles sont là
aussi les larmes, l’armoise et le laurier sont là,
les otages, l’oie cendrée, et les petits de l’oie cendrée;

et les fusils sont là, un jardin d’énigmes,
sec et sauvage, orné des seules groseilles,
les fusils sont là; au milieu du ghetto
éclairé et chimique ils sont là les fusils oui,
avec leur précision ancienne et paisible ils sont là

les fusils, et les pleureuses sont là, rassasiées
comme hiboux inassouvis, le lieu du crime est là;
le lieu du crime oui, insouciant, naturel, abstrait,
baigné d’une lumière de chaux, pitoyable,
ce poème tout blanc, vénéneux, qui s’effrite

***

grænserne findes, gaderne, glemslen

og græs og agurker og geder og gyvel,
begejstringen findes, graenserne findes;

grenene findes, vinden der løfter dem
findes, og grenenes eneste tegning

af netop det træ der kaldes egetræet findes,
af netop det træ der kaldes asketræet, birketræet,
cedertrœet findes, og tegningen gentaget

findes, i havegangens grus; findes
også gråden, og gederams og gråbynke findes,
gidslerne, grågåsen, grågåsens unger;

og geværerne findes, en gådefuld baghave,
tilgroet, gold og kun smykket med ribs,
geværerne findes; midt i den oplyste
kemiske ghetto findes geværerne,
med deres gammeldags, fredelige præcision findes

geværerne, og grædekonerne findes, mætte
som grådige ugler, gerningsstedet findes;
gerningsstedet, døsigt, normalt og abstrakt,
badet i et hvidkalket, gudsforladt lys,
dette giftige, hvide, forvitrende digt

(Inger Christensen)

Traduction de Zéno Bianu,
avec la collaboration de Karl Ejby Poulsen

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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J’aime cette terre (Ai Qing)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2022




    
J’aime cette terre

Si j’étais un oiseau,
Je chanterais d’une voix rauque :
La terre battue par les pluies des orages
Les fleuves tourmentés qui toujours nous inondent,
Ce vent furieux qui souffle éternellement,
Et ces aubes uniques et douces derrière la forêt…
Ensuite je mourrais,
Et même mon duvet se décomposerait sous la terre.

Pourquoi souvent des larmes dans mes yeux ?
Parce que j’aime cette terre profondément…

***

(Ai Qing)

Traduction de Thierry Renard,
avec le précieux concours de Joël Bel Lassen

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Souffle le vent d’automne (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2022



Illustration: Hokusaï
    
Souffle le vent d’automne –
mais les bogues des châtaignes
encore vertes

(Bashô)

 

Recueil: Haikus du temps qui passe
Traduction: du Japonais par Makoto Kemmoku et Dominique Chipot
Editions: Verdier Poche

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Sur moi s’écoulent (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2022




    
Sur moi s’écoulent le velours du vent
L’écume de l’herbe
L’ombre des grands oiseaux
Toute la chape du ciel qui bascule

Et de moi au soleil
L’axe de la lumière
Nue
Comme un visage qui se donne

Je suis la pierre

Dit la pierre
Et le poète se recueille
Dans la pulpe du mot

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Sous l’imperturbable clarté Choix de poèmes 1983-2014
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ballotant au vent (Pierre Reboul)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2022



    

ballotant au vent
un carroussel de bambous
tinte de ses propres dévotions

(Pierre Reboul)

Recueil: Un désir de haïku
Traduction:
Editions: Le Prunier Sully

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