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Poésie

Posts Tagged ‘vent’

Retouche à novembre (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017




    
retouche à novembre

des peupliers montent la garde
sur le canal plus verni qu’un cercueil
le ciel en berne est incliné

le vent avale un requiem
et l’écluse est en larmes
la terre est au plus bas

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Vestiaire des anges
Editions: Grasset

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Le vent du fleuve (Yosho Basonkushi)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2017



Le vent du fleuve
Enerve les femmes
Qui l’apaisera?

(Yosho Basonkushi)

Illustration : Harunobu

 

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De mon jeune seigneur les vêtements sont légers (Dame Ôtomo no Sakanoe)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Estampes_japonaises

De mon jeune seigneur
Les vêtements sont légers.
Ô vents de Saho
Ne soufflez pas trop fort
Jusqu’à ce qu’il soit à la maison.

(Dame Ôtomo no Sakanoe)

 

 

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A chaque souffle de vent (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



A chaque souffle de vent,
le papillon change de place,
sur le saule.

(Bashô)

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Libération (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



Illustration: F.A. Moore
    
Libération

Le soleil dans les pommiers roses
Comme une harpe a tendu ses rayons,
Et voici que passe et se pose
Parmi les fils d’or l’essaim des guêpes en tourbillons.

L’herbe se tait sentimentale
Où point la véronique imperceptiblement,
Où l’ombre changeante s’étale
Se froisse et s’envole en de translucides déploiements

Mais c’est la nuit surtout, quand au pignon des fermes
Dorment les fleurs d’abricôtiers
Et qu’étoilant la terre où palpitent des germes
S’ouvrent les boutons des fraisiers;

C’est la nuit quand l’eau sombre au bord des prés gargouille
Et que, monotone biniou,
S’élève indéfini le chant faux des grenouilles
Succédant au cri des coucous;

C’est la nuit quand survient dans sa verte tunique
La lune avec ses cheveux froids
Et que jase à mi-voix presque somnambulique
Le rossignol au fond des bois,

C’est la nuit qu’il est doux d’être un cœur qui délaisse
Sa chair comme un étroit tombeau,
Et fondu, mort d’amour, coule dans la caresse
Du vent aux blancheurs des sureaux.

(Marie Dauguet)

 

 

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En avril (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
En avril

En avril sous les bourgeons roux,
Voici le bouvreuil aux cris doux,
Voici le merle et la mésange,
Que nul vent glacé ne dérange,
Pépiant au soleil nouveau,
Pendant que d’argent clair se frange
La berge noire des ruisseaux.

Voici le vert cendré des pousses;
Étalant de bleuâtres housses,
La mousse où fleurissent dorés,
Caressés du ciel azuré
Les coucous, où les anémones
Ouvrent leurs pétales nacrés
À l’abri vaporeux des aulnes.

Voici la flûte verte et glauque
Des grives et la plainte rauque
Des crapauds en amour montant,
Des vases molles de l’étang
Et qui, bourdonnante, dévide
Son rythme par les joncs humides
Que chauffe un soleil éclatant.

Voici les trembleuses fougères
Déroulant leurs crosses légères
Et les longs iris flexueux
Qu’agite le vol anguleux
Et fantasque des demoiselles
Effleurant leurs calices bleus
Du bout transparent de leurs ailes.

Ah! Viens, mon amour, je le veux,
Viens, dans la nuit des chemins creux
Parmi les fleurs en avalanches,
Mon coeur est un nid sous les branches;
Viens, comme un doux oiseau lassé,
Dans le nid tiède reposer
A l’ombre des épines blanches.

(Marie Dauguet)

 

 

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L´éternel mirage (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Illustration: Josephine Wall
    
L´éternel mirage

Et le vent coulera parmi les herbes lisses,
Les tiges d’angélique et les brins de mélisse;
La mousse entourera comme un souple linceul
Les vieux rochers et les racines des tilleuls.

Je dormirai dans l’odeur triste des fontaines,
Dont le flot déroulé comme une écharpe traine,
Et je palpiterai aux sanglotants aveux
Que prodigue la brise à leurs bords vaporeux.

Je serai confondue au murmurant cantique
Des sources s’égouttant dans le bois noir, la nuit,
Infiltrant lentement leur âme fluidique
Sous la sombre bruyère où mon âme la suit.

Je serai la fraîcheur tranquille après la pluie
Des troënes et des prèles glacés d’argent,
Le silence attendri, les rayons où s’essuie
La ronce bleue au long des pentes s’effrangeant.

Je serai le reflet qui songe et qui transpose,
Le rêve frissonnant des coudriers sur l’eau,
L’âcreté des bourgeons, le miel sucré des roses,
Le baiser haletant aux lèvres de l’écho.

Je serai le miroir clair à travers l’espace
Et qui saisit parfois au fond du ciel serein
La trace d’une image immense qui s’efface;
Je me tendrai vers toi, ô visage divin.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le soleil mollement surgit… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Le soleil mollement surgit…

Le soleil mollement surgit et se dilate
Comme une énorme fleur qui lentement s’étale
Et qui soudain parmi les prés mouillés éclate,
Eparpillant au loin ses rougeâtres pétales.

Le marais fume où l’eau mélancolique râle
Etendant sous les joues une moire écarlate,
Et la confuse vase intensément exhale
Dans le vent une odeur de baume et d’aromate

Puissante et qui vous met des baisers sur les lèvres.
Le paysage est plein de langueur et de fièvre
Ainsi que mon désir de troubles rêveries;

Et le songe est si doux dont la langueur m’obsède,
Que je me sens dans la nuit, avec leur parfum tiède,
S’effeuiller sur mon coeur des roses attendries.

(Marie Dauguet)

 

 

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Et ces odeurs… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration
    
Et ces odeurs…

Et ces odeurs où la divinité habite,
Odeur de sombre mousse, odeur de scolopendre
Près des ruisseaux vaseux, odeur autant qu’un mythe
Transparente, dont l’âpreté nous vient surprendre

Et violer! Bras noués, torse, cheveux rudes
Sur mes lèvres, chair folle à la mienne enlacée,
Fauve évocation peuplant la solitude
Pour une feuille d’or que le vent a froissée.

Pourquoi ce baiser lourd et qui me martyrise
Reste-t-il à ma bouche embaumé et tenace
Parce que dans la brume où la lande s’enlise
Un peu d’herbe se fane? Ame sanglante et lasse

Autant que la nature ensanglantée et lasse,
Ame avide, à travers ces parfums je devine
Les soupirs du Désir, je le sens qui m’embrasse
Comme un amant pressant son front sur ma poitrine.

(Marie Dauguet)

 

 

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Bien que déjà ce soir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Albert Ritzberger
    
Bien que déjà ce soir

Bien que déjà, ce soir
L’automne
Laisse aux sentes et aux orées,
Comme des mains dorées,
Lentes, les feuilles choir,
Bien que déjà l’automne,
Ce soir, avec ses bras de vent,
Moissonne,
Sur les rosiers fervents
Les pétales et leur pâleur,
Ne laissons rien de nos deux âmes
Tomber soudain avec ces fleurs.

Mais tous les deux, autour des flammes
De l’âtre en or de souvenir,
Mais tous les deux, blottissons-nous,
Les mains au feu et les genoux.

Contre les deuils cachés dans l’avenir,
Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin,
Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin,
Blottissons-nous, près du foyer,
Que la mémoire en nous fait flamboyer.

Et si l’automne obère
A grands pans d’ombre et d’orages planants,
Les bois, les pelouses et les étangs,
Que sa douleur du moins n’altère
L’intérieur jardin tranquillisé,
Où s’unissent, dans la lumière,
Les pas égaux de nos pensées

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

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