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Poésie

Posts Tagged ‘plaisir’

Les pierres (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Les pierres

Ce matin je suis descendu
vers les pierres, oh les pierres!
Et j’ai provoqué et estampé
un pugilat de pierres.

Notre Mère, si mes pas
dans le monde font souffrir,
c’est qu’ils sont les feux
d’une aurore absurde.

Les pierres n’outragent pas; ne convoitent
rien. Elles ne demandent
que de l’amour pour tous, et demandent
même de l’amour pour le Néant.

Et si certaines d’entre elles
vont tête baissée, ou sont
contrites, c’est bien
qu’elles font quelque chose d’humain…

Mais, il y a toujours quelqu’un
pour en frapper une pour le plaisir.
Ainsi, la lune est pierre blanche
que fit voler un coup de pied…

Notre Mère, ce matin
je me suis glissé dans les lierres,
en voyant la bleue caravane
des pierres,
des pierres,
des pierres…

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Les amusements m’ont ennuyé (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration: Joane Michaud
    
Les amusements m’ont ennuyé –
Dans l’ennui, au fond de l’ennui
Une fleur,
Une découverte de couleur claire
Souvent.
Mais trop respirée, trop aimée –
Trop semblable à moi devient-elle
Tourment, devient-elle,
Amère, intense, implacable…
Je recours au plaisir qui ennuie.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’écris des mots pour le plaisir (Paul Fort)p

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



 

paul-fort

J’écris des mots pour le plaisir et je les chante…
Mais que soudain mon mal augmente, la plume se brise en un cri.
Je ne sais quand je me lamente ou si je chante ou si j’écris.

(Paul Fort)

 

 

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Amour (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Amour

Amour, tu ne reviens plus vers mes yeux morts;
et comme mon coeur idéaliste te pleure.
Mes calices attendent tous ouverts
tes hosties d’automne et tes vins d’aurore.

Amour, croix divine, abreuve mes déserts
de ton sang d’astres qui rêve et qui pleure.
Amour, tu ne reviens plus vers mes yeux morts
qui redoutent et désirent tes larmes d’aurore!

Amour, je ne t’aime pas quand tu es distant
balançant entre tes fards de joyeuse bacchante,
et tes traits fragiles et fades de femme.

Amour, viens sans chair, d’un ichor qui étonnera;
et que moi, comme un Dieu, je sois l’homme
qui aime et engendre sans plaisir sensuel!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Se cacher est un plaisir (Donald W. Winnicott)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Pierre Mornet 045

Se cacher est un plaisir,
mais ne pas être trouvé
est une catastrophe.

(Donald W. Winnicott)

Illustration: Pierre Mornet 

 

 

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Le ciel incandescent d’un million d’étoiles (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



Le ciel incandescent d’un million d’étoiles
Palpite sur mon front d’enfant extasié.
Le feu glacé des nuits s’infuse dans mes moelles
Et je me sens grandir comme un divin brasier.

Les parfums de juillet brûlent dans le silence
D’une trop vaste et trop puissante volupté.
Vers l’azur ébloui, comme un oiseau, s’élance,
En des battements fous, mon coeur ivre d’été.

Que m’importe, à présent, que la terre soit ronde
Et que l’homme y demeure à jamais sans espoir ?
Oui, j’ai compris pourquoi l’on a créé le monde ;
C’était pour mon plaisir exubérant d’un soir !

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

 

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Fragile destin du plaisir que l’on cueille (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



Il est vain de chercher d’inutiles raisons
Au fragile destin du plaisir que l’on cueille

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

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Les jeunes filles torturées (Benjamin Péret)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019




Les jeunes filles torturées

Près d’une maison de soleil et de cheveux blancs
une forêt se découvre des facultés de tendresse
et un esprit sceptique

Où est le voyageur demande-t-elle

Le voyageur forêt se demande de quoi demain sera fait
Il est malade et nu
Il demande des pastilles et on lui apporte des herbes folles
Il est célèbre comme la mécanique
Il demande son chien
et c’est un assassin qui vient venger une offense

La main de l’un est sur l’épaule de l’autre
C’est ici qu’intervient l’angoisse une très belle femme en
manteau de vison

Est-elle nue sous son manteau
Est-elle belle sous son manteau
Est-elle voluptueuse sous son manteau
Oui oui oui et oui
Elle est tout ce que vous voudrez
elle est le plaisir tout le plaisir l’unique plaisir
celui que les enfants attendent au bord de la forêt
celui que la forêt attend auprès de la maison

(Benjamin Péret)

 

 

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La Tendresse (Noël Roux)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2019



tendresse

La Tendresse

On peut vivre sans richesse
Presque sans le sou
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non, non, non, non
On ne le pourrait pas

On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non, non, non, non
Il n’en est pas question

Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment

Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Eh bien… on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps vous paraît long
Long, long, long, long
Le temps vous parait long

Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non, non, non, non
L’amour ne serait rien

Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non, non, non, non
On n’irait pas plus loin

Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tous nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon Dieu, mon Dieu, mon Dieu…
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours

(Noël Roux)

Illustration: Tamara Lunginovic

 

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Avril (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019




    
Avril, dont l’odeur nous augure
Le renaissant plaisir,
Tu découvres de mon désir
La secrète figure.

Ah, verse le myrte à Myrtil,
L’iris à Desdémone :
Pour moi d’une rose anémone
S’ouvre le noir pistil.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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