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Poésie

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Songe d’une nuit d’été (Cécile Coulon)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2023



Illustration: Benjamin Chaud
    
Songe d’une nuit d’été

C’est une mélodie simple qui passe par la fenêtre,
les amants sont rompus, ils vont pour s’endormir,
mais dans la chaleur du soir le plus fort
c’est le désir.
La voilà qui demande : Encore?
Et lui de répondre : Peut-être…

(Cécile Coulon)

 

Recueil: Les romantiques
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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30 cents, deux tickets, amour (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023




    
30 cents, deux tickets, amour

Je pensais à toi très fort
en montant dans le bus
j’ai payé 30 cents et
demandé deux tickets
au conducteur
avant de comprendre que
j’étais tout seul.

***

30 Cents, Two Transfers, Love

Thinking hard about you
I got onto the bus and
paid 30 cents car fare
and asked the driver for
two transfers
before discovering that I
was alone.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Tu es là (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2022




    
Tu es là,
je tiens ton visage
De corail et de vent
Contre ma chair,
Je confonds soleil, prison.
Des peuples inconnus
Fuient ma convalescence.
Oh ! verse entre mes bras
L’odeur forte des mers.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: René Guy Cadou Poésie la vie entière oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Seghers

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Seul dure l’éphémère (Michel Onfray)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2022



    

Seul dure l’éphémère

Il y a huit ans
Le huit août
À quatorze heures
Le soleil tapait fort

C’est alors
Qu’elle est morte

Son corps si léger
Emporté par la lumière
S’en fut dans l’éther de la pluralité des mondes

Sa voix est morte
Son regard est mort
Sa silhouette est morte

Même son ombre est morte

Avant elle
Des milliards d’années
Après elle
Des milliards d’années

En-deçà d’elle
Des milliards de voies lactées
Au-delà d’elle
Des milliards de voies lactées

(Michel Onfray)

 

Recueil: Là où dansent les Éphémères 108 poètes d’aujourd’hui
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La poésie est une vie trop dense (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Illustration
    
que la lecture de poèmes
très vite me fatigue
Les mots cognent sous mes tempes
C’est que la poésie
est une vie trop dense
comme un alcool trop fort
qui brûle le crâne
Cela ne vient pas de la poésie
mais de moi
je ne peux vivre de vraie vie
qu’un instant pas plus

On dit que nul ne peut voir Dieu
sans aussitôt mourir
Moi je crois qu’une seconde
de vie pure
non tempérée non diluée
nous éclaterait le coeur
et que nous ne pourrions la supporter

C’est peut-être quelque chose comme cela
qui arrive
dans la beauté la poésie l’amour
Nous sommes pris soulevés
dans une main de feu
qui heureusement nous repose
sur nos chemins habituels
de salamandres

Ne reste plus qu’à filer
dans les fossés les sous-bois
où le danger est moins grand
et l’amour plus lointain

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Le dieu auquel je crois (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022




Le dieu auquel je crois n’est pas fort,
mais il est aussi invincible qu’un courant d’air.

(Christian Bobin)

 

 

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Pour Joséphine, quelques nouvelles après tant d’années (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Illustration: Edvard Munch
    
Pour Joséphine,
quelques nouvelles après tant d’années

Qu’espères-tu, qu’attends-tu, mon amie,
qui reviens en un si triste voyage
jusqu’ici où les bourrasques
font entendre au soleil leur voix très forte et endeuillée,
au parfum de jasmin et de terre éboulée ?

Me voici à cet âge que tu sais,
ni jeune ni vieux, j’attends, je regarde
ces vicissitudes comme suspendues ;
je ne sais plus ce que j’ai voulu, ce qu’on m’a imposé,
tu entres dans mes pensées et tu en sors intacte.

Pour le reste, ce qui doit être est encore,
le fleuve coule, la campagne change,
il grêle, il ne pleut plus, un chien aboie,
la lune apparaît, rien ne s’éveille
rien ne sort de ce long sommeil aventureux.

***

Notizie a Giuseppina dopo tanti anni

Che speri, che ti riprometti, amica,
se torni per cosi cupo viaggio
fin qua dove nel sole le burrasche
hanno una voce altissima abbrunata,
di gelsomino odorano e di frane ?

Mi trovo qui a questa età che sai,
né giovane né vecchio, attendo, guardo
questa vicissitudine sospesa;
non so più quel che volli o mi fu imposto,
entri nei miei pensieri e n’esci illesa.

Tutto l’altro che deve essere è ancora,
il fiume scorre, la campagna varia,
grandina, spiove, qualche cane latra,
esce la luna, niente si riscuote,
niente dal lungo sonno avventuroso.

(Mario Luzi)

Traduction de Moussia et Jean-Marie Barnaud

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Là sur mon front (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2022



Illustration: Fabienne Contat
    
Là sur mon front
pose ta main
Comme si ta main
Était ma main

Serre-moi fort
Comme à la mort
Comme si ma vie
Était ta vie

Et aime moi
Comme à bonheur
Comme si mon coeur
Était ton coeur.

(Attila József)

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Passage de midi (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



Passage de midi

Le parfum de ce corps écartait les vêtements trop faibles
et la clarté oblique de la chair achevait de dénuder la femme blanche mollement étendue.
Les cloisons de la chambre ne résistaient pas davantage et bien que l’on fût à l’instant de midi,
les fenêtres s’emplirent soudain d’une épaisse nuit sucrée.
Les mains parlaient à la blancheur abandonnée
que l’on savait délicieusement tendue de sang
et les ventouses des yeux en gorgeaient la tête avide.
Enfin, la forte roue de l’ivresse
entraîna cet univers nouveau
qui retrouvait ainsi la marche liquide
des premiers instants du monde.

(Paul Nougé)

 

 

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Pas tout de suite (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2022



Attends. Continue
A résister.

La pression n’est pas
Tout à fait assez forte.

N’écris pas maintenant,
Pas tout de suite.

Tu peux encore
Tenir.

(Guillevic)

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