Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘mordre’

Printemps (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Printemps

Je te donne ce coin fleuri,
Ces arbres légers, cette brume
Et Paris au loin, qui s’allume
Sous ces nuages blancs et gris.

mais tu t’en moques. Tu préfères,
À ce soyeux et lent décor,
La bouche avide qui te mord
Et l’étreinte qui t’exaspère.

Cette nuit, l’odeur des lilas
Charge la brise et ta jeunesse
S’épanouit sous la caresse
De ma bouche experte et des doigts

(Francis Carco)

Illustration: Joseph Matar

 

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Tu es belle (Joël Picard)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

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Tu es belle … même ton ombre
Tu es debout au centre du monde
Tu as pris le ciel entre tes bras
Tu ris Ton corps est une danse
Tu cours
Ton bonheur est trop grand
Tu le renverses à chaque pas
Tu n’es plus qu’à un millimètre de moi
Tu me mords
Les amoureux ont belles dents

(Joël Picard)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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CRUELLE ATTENTE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
CRUELLE ATTENTE

Un soir qu’il gelait à tout fendre,
Un gâs de chez nous fut attendre
Une garçaille de chez nous
Au coin du bois, leur rendez-vous
Et, dessous la lune blêmie,
Histoire de passer le temps,
En attendant sa mie
Le gars allait chantant…
Le gars allait chantant
En attendant sa mie,
En attendant sa mie.

Du haut des cieux tendus de crêpes,
Comme un essaim de folles guêpes
De la neige dégringola.
Et la belle n’était pas là…
Lors, par la campagne endormie,
Dans son lit glacial et blanc,
En attendant sa mie
Le gars allait tremblant…
Le gars allait tremblant
En attendant sa mie. (bis)

Pendant tout ce temps la garçaille
Faisait d’amour grande ripaille
Au coin du feu bien chaudement,
Entre les bras d’un autre amant;
Et, pressentant cette infamie,
Pauvret au cœur naïf et franc,
En attendant sa mie
Le gars allait pleurant…
Le gars allait pleurant
En attendant sa mie. (bis)

Le mordit de baisers la bise;
Le gel à travers sa chemise
Ses fines aiguilles planta,
Et pour lui le hibou chanta,
Si bien que, quand l’aube palie
Au-dessus du bois apparut,
En attendant sa mie
Le pauvre gars mourut…
Le pauvre gars mourut
En attendant sa mie. (bis)

(Gaston Couté)

 

 

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CHANSON DE VENDANGES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Daniel Ridgway Knight
    
CHANSON DE VENDANGES

L’automne sourit au flanc des coteaux
En le rouge orgueil des grappes vermeilles,
Allons les beaux gas ! Hotte sur le dos !
Filles, emportez serpes et corbeilles
Et, tout en chantant, bras dessus dessous
Dans les vignes d’or prenez la volée.

Refrain
Allez en vendange et dépêchez-vous
(Les raisins sont mûrs, les raisins sont doux)
N’attendez pas la gelée,
N’attendez pas la gelée.

Mordant ou frôlant les raisins rosés,
Les lèvres ont l’air de raisins farouches
Allons les beaux gas ! Cueillez des baisers,
Filles, pour cela, tendez-leur vos bouches ;
Et vers le bonheur d’au-dessus de nous
Vendangeurs d’amour prenez la volée.

Le temps de vendange et celui d’amour
Durent dans la vie une nuit de rêve,
Hélas les beaux gas ! Le bonheur est court
Filles ! La jeunesse est encor plus brève !
Et l’hiver blanc, fils des automnes roux,
Glace le baiser qui prend sa volée.

(Gaston Couté)

 

 

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Le lichen sur la pierre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Le lichen sur la pierre, vrilles
de gomme verte, trame
le plus ancien des hiéroglyphes,
Il étire l’écriture
de l’océan
sur la roche ronde.
Le soleil la lit, les mollusques la mordent,
et les poissons glissent
de pierre en pierre comme des frissons.
Dans le silence l’alphabet
complète peu à peu les signes submergés
sur la hanche claire de la côte.

Le lichen tisserand avec son écheveau
va et vient et monte et monte
en tapissant la grotte d’air et d’eau
pour que la vague seule y danse,
pour que rien n’y arrive que le vent.

(Pablo Neruda)

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Combien le ciel a-t-il d’églises ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



Combien le ciel a-t-il d’églises ?

Pourquoi le requin ne mord-il
les sirènes si effrontées ?

La fumée parle-t-elle aux nuages ?

Est-il vrai qu’il faut arroser
l’espoir avec de la rosée ?

(Pablo Neruda)


Illustration

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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



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LE GRAND CONTEUR GLORIFIE LES MENUISIERS

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie,
et bien peu m’importent
la hache qui fend
et la scie qui mord
de ses dents de chienne,
la griffe, la gouge !

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
non, rien ne m’importe,
galope, galope
sur moi ta varlope !

Changement minime !
Qui était ton toit,
ta table, ta chaise ?
Qui était ton lit ?

Arbre, je me livre
à toi, menuisier.
J’ai eu sur mes branches
la pluie éveillée,
j’ai eu sur mes branches
l’étoile assoupie !

(Miguel Angel Asturias)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Se pourrait-il qu’une nuit (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Illustration: François Martin-Kavel
    
Se pourrait-il qu’une nuit
même en rêve
elle vînt à moi
en simple déshabillé
ou nue avec juste un collier
plutôt qu’en jupe blanche
et chemise ample
qui dérobent à mes yeux
dans la lumière du jour
ce que d’elle je voudrais tant étreindre
et mordre à pleine bouche ?

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA FAUSSE MORTE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Brad Kunkle    Sleeper_web-800x436

LA FAUSSE MORTE

Humblement, tendrement, sur le tombeau charmant,
Sur l’insensible monument,
Que d’ombres, d’abandons, et d’amour prodiguée,
Forme ta grâce fatiguée,
Je meurs, je meurs sur toi, je tombe et je m’abats,

Mais à peine abattu sur le sépulcre bas,
Dont la close étendue aux cendres me convie,
Cette morte apparente, en qui revient la vie,
Frémit, rouvre les yeux, m’illumine et me mord,
Et m’arrache toujours une nouvelle mort
Plus précieuse que la vie.

(Paul Valéry)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Les balcons sont déserts (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Ana Cruz _exile to a silent dance

Les balcons sont déserts. Il y a de grandes fenêtres
ouvertes sur la mer et l’on a pris soin de suspendre les
treilles de la nuit sur la ville sommeillante.
Est-ce un bruit de pas ? et qui, ici, respire ? Que
croyez-vous entendre ? Le vent se moque de l’éclat des
couteaux et se rit du baiser des filles… Personne ne se
promène qu’un beau manteau d’argent gris, un manteau
de feuilles d’olivier aux reflets d’épée nue, qui se rit des
couteaux et des filles…
Qui croyez-vous entendre ? si ce n’est la nuit qui
tourne au clocher. Les balcons sont déserts ; ils mordent
les murs de lune de leurs durs barreaux noirs. Partout la
clé du vent passe, qui rit aux éclats ; et le viol continue…

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Ana Cruz

 

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