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Poésie

Posts Tagged ‘chantier’

Ambiance diabolo menthe (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Ambiance diabolo menthe
Sur le boulevard

Vert des arbres
Encore verts
Glaçons crus
D’un vent sans indulgence

Le soir tombe
D’un coup
Porte de Montreuil

La petite foule du vendredi
S’irrite

Entre les palissades des chantiers
Gisant noir
Dodu
Un sac poubelle
Embarrasse le trottoir

Le temps presse

Il est bientôt l’heure
De se repaître
Des malheurs du monde
Au journal télévisé

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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La tortue (Arthur Haulot)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



La tortue

On pourrait se demander
pourquoi donc elle ressemble
à un casque de chantier
Au commencement du monde
elle portait sur son dos
la Terre, le Ciel et les Eaux.

(Arthur Haulot)

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Le marchand de sable (Pierre Ferran)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2018



Le marchand de sable

– C’est une honte! s’exclama
L’inspecteur des travaux infinis
Devant le chantier
Silencieux:
Le vitrier dort, les maçons sommeillent,
Le serrurier ronfle, l’architecte rêve,
Les peintres reposent,
Les menuisiers somnolent,
Les plombiers roupillent,
Les carreleurs pioncent,
Les sanitaires en écrasent
Il n’y a que vous, mon cher, que vous
A rester debout:
Votre zèle est honorable
Quelle est votre affectation?
– je suis le marchand de sable

(Pierre Ferran)

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Printemps (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



Illustration
    
Printemps

Il flotte sur les quais une haleine d’abîmes,
L’air sent la violette entre de lourds poisons,
Des odeurs de goudron, de varech, de poisson ;
Le printemps envahit les chantiers maritimes.

Ce jour de pluie oblique a doucement poncé
Les gréements noirs et gris qui festonnent le port ;
Eaux, docks et ciel unis par un subtil accord
Inscrivent dans l’espace une sourde pensée.

En cale sèche on voit des épaves ouvertes ;
En elles, l’âme vit peut-être… Oiseau têtu,
Oiseau perdu, de l’aube au soir reviendras-tu
Rêver de haute mer, d’embruns et d’îles vertes ?

Je rôde aussi, le coeur vide et comme aux abois,
Un navire qui part hurle au loin sous la brume ;
Je tourne dans la ville où les usines fument,
Je cherche obstinément à me rappeler, quoi ?

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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Un simple courant d’air (Didier Carhen)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
Un simple courant d’air
un chantier corporel
Une coulée d’encre
versée au ras du sol
la poésie s’achève
un coude de phrase opère
Les doigts croisés
pas plus
la vie
qui se réveille
Un trou lessivé d’être
ainsi de suite
tout vaut réparation
substitution peut-être
On vient
j’existe au bord des lèvres

(Didier Carhen)

 

Recueil: Les septs livres
Traduction:
Editions: La lettre volée

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MONK EN SON SILENCE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2017




    
MONK EN SON SILENCE
pour Yves Buin

Corps et cosmos synchronisés —
la musique naît en moi
sans arrêt

*

Présence absente
absence présente —
un imprécision qui tombe pile

*
Je flotte en dansant —
je rends
plus élégante

*

Chantiers d’énigmes
plénitudes ambrées —
je suis le maître de la dislocation

*

Une musique espiègle —
au beau milieu
d’un champ de ruines

*

Sentinelle de l’insondable —
d’une seule pièce
parce que démembré

*

Je joue au dépourvu —
j’appartiens
à la lignée du murmure farouche

*

D’espace en espace —
aspiré
par un seul point de beauté

*

Silence —
le fakir en sueur
rentre dans sa coquille d’absolu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Il a neigé toute la nuit (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016



Il a neigé toute la nuit:

venue secrète d’un navire
toutes voiles dehors
sur nos chantiers déserts.

Tu as neigé toute la nuit dans ma mémoire.

(Jean Joubert)

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JE VOUS ÉCRIS D’ICI (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



JE VOUS ÉCRIS D’ICI

Je vous écris d’ici, de ce pays profane
Où le vent va son train, où ronflent des moteurs,
Où l’oeil avec le jour pavoise, puis se fane
A l’heure où les oiseaux descendent des hauteurs.

Je vous écris d’ici, de ce pays sans larmes
Et sans éclats de rire où, nos pas dans nos pas,
Entre des ponts de fer fourbis comme des armes,
Nous marchons jusqu’au soir et nous couchons au bas.

Je vous écris d’ici, de ce pays crédule
Qui ne se lasse pas d’accoucher du printemps,
D’être son fossoyeur à chaque crépuscule,
De faire confiance à ses reins exultants.

Je vous écris d’ici, de ce pays précaire
Qu’une goutte de pluie emprisonne à loisir,
Qu’un cri fait vaciller, qu’un souffle désespère
Ou ravage de joie, et qui ne peut choisir.

Mais vous qui vous voulez, qui vous faites Icares,
Vous ne m’entendez plus si je m’attarde au bord
De ces bourgs soulevés par le poumon des gares,
De ces canaux sans hâte envahis par la mort,

De ces chantiers dressés comme autant de calvaires
Sur un ciel qui se moque et repent tour à tour,
Au bord de ces forêts qui, jadis, enfantèrent
Le chêne où fut taillée la croix de notre amour,

Si je m’obstine à vous redire l’innocence
De ce monde où les eaux, les arbres et les vents,
Et la houille des morts et le frai des vivants
Ronronnent de la même et tendre patience
Qui fait enfin jaillir un dieu de son absence.

(Jean Rousselot)

Illustration

 

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Jette-toi dans les bras de l’air (Paul Chamberland)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2016



Jette-toi dans les bras de l’air.

Non ?
Trop lyrique ?

À ras de terre
mâchouille les gravats de chantiers,
obsède-toi de la laideur des êtres,
ne lésine pas, gobe jusqu’au fiel.

Ton regard a bien fait le deuil de cette sucrerie,
un pan de ciel ?

Le nirvana n’est pas d’abord un aller simple pour l’extase
mais un tourniquet de gifles.

Es-tu prêt à flairer la poche de hontes rassurantes
que tout un chacun traîne avec soi, furtif, dans la cohue ?

La bande du trottoir est un Jugement dernier en marche.

(Paul Chamberland)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Un joli métier (Jean-Claude Faucheux)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016



De pierre de taille de granit ou de sable
je cherche des poèmes avec vue imprenable
les tape à la machine
_ j’ai l’impression de les écrire _
les multiplie à l’eau de vie
Alors commence la visite

Nous sortons de l’école
par des paroles buissonnières
entrebaîllons la porte
Comme il fait sombre
chacun y va de sa lumière
Quand on sort
_ si on sort _
on est comme tout illuminé
de l’intérieur

Le monde est neuf comme un chantier

C’est un joli métier.

(Jean-Claude Faucheux)

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