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Poésie

Posts Tagged ‘s’écrouler’

À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: François Boucher    
    
À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
AU BRUIT DES SOURCES, SOUS LE CIEL,
RÊVANT AU RYTHME PLANÉTAIRE,
ON PLONGE, GISANT, DANS LA TERRE
ET SI JAMAIS RÊVE AU RÉEL
RÉVÉLA SECRET OU MYSTÈRE
C’EST EN DORMANT AU BRUIT DES EAUX
ET DU VENT FERMANT SES CISEAUX.

À S’ENDORMIR À LA LÉGÈRE,
SUR LA TERRE, DANS QUEL FOUILLIS,
TERRIENS, SOMBREZ-VOUS ? LA FOUGÈRE
S’ÉCROULE EN PANIERS DE LINGÈRE
DANS UNE ARMOIRE DE TAILLIS
BRODÉS DE SOIE OÙ S’EXAGÈRE
LA LUMIÈRE, HORS DU MANTEAU,
DE TA CHAIR, NYMPHE CALIXTO.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard
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Il n’y a plus d’océans (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Il n’y a plus d’océans
chantant avec leurs îles
plus de villes ni de jardins
seulement des braises
des incendies intimes
smog et taches rouges
sur le manuscrit de mon retour
dans la paume de ma main
des écritures de pluie
de poussière et de sable
seule la lumière
de notre étreinte
illumine
la matière qui s’écroule
dans les catacombes de l’instant

(Luis Mizón)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

 

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L’effrayant (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Charlie Chaplin
    
L’effrayant c’est que des systèmes, en se développant,
dépassent les hommes
et les enserrent dans leur poigne satanique,
leurs auteurs aussi bien que leurs victimes,

de même que de grands édifices ou des tours,
pourtant bâtis par la main de l’homme,
s’élèvent au-dessus de nous, nous dominent
et peuvent s’écrouler sur nous et nous ensevelir.

(Etty Hillesum)

 

 

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ESPACES ÉCHOUÉS (Guillermo Fernández)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018


 


 

Alexander Anufriev  (12)

ESPACES ÉCHOUÉS

Devant l’éternité, qu’est-ce qu’un pas de plus ou un de moins ?

Les châteaux du jour s’écroulent comme le sable qui s’échappe des mains d’un ange distrait,
et une goutte de temps augmente sa misère par la découverte amère d’un chemin,
encadré de soi-disant fantasmes, trébuchant à chaque pas sur des luths abandonnés par le rêve.

Au bord de l’abîme, elle s’arrête et, abandonnée, joue de longs espaces de lumière ramollie :
l’air est plus épais et laisse naviguer dans ses entrailles l’ancre détachée qui jaillit du noeud de la blessure.

La dernière humidité infiltre ses doigts torves dans les plis de la tunique égarée.
Et dans sa voix renoue la profondeur du désastre qui effaça en un seul voyage le port aux murs invisibles.

Marche dans ta recherche…

(Guillermo Fernández)

Illustration: Alexander Anufriev

 

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Sous une lune pleine (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



Illustration
    
— Sous une lune pleine,
danse une femme seule,

Si un oiseau s’envole,
elle ferme les yeux,
fredonne un air triste,
et attend le silence,

Elle joint sur sa nuque,
ses doigts couverts de bagues,
et tourne lentement,
sans reprendre son souffle,

Quand un nuage mince
coupe la lune en deux,
elle s’écroule et gémit,
comme un chevreuil piégé,

Dès que la lune est libre,
elle se lève d’un bond,
et danse jusqu’à l’aube,
alors, elle disparaît ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Au moins ça (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2017



je joue avec les mots
comme avec des legos
je construis un pont
nom verbe adjectif préposition
au-dessus de ton silence immense
j’avance
balance les bras
je ne regarde pas en bas
tout s’écroule
tu ris

au moins ça

(Bernard Friot)

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L’Automne (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2017



Un cheval s’écroule au milieu d’une allée
Les feuilles tombent sur lui
Notre amour frissonne
Et le soleil aussi.

(Jacques Prévert)

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Alors que nous nous effaçons… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Alors que nous nous effaçons…

Alors que nous nous effaçons,
Ainsi qu’au penchant des saisons
L’or des éphémères moissons;

Que sous les paupières qui saignent
Et dans les larmes qui les baignent
Tant de regards blessés s’éteignent;

Que, du soleil abandonnés,
Cendreux bleuets embruinés,
Tant d’yeux humains se sont fanés;

Que pareilles aux flots qui roulent,
Leur cours aux grèves qui s’écroulent,
Les générations s’écoulent,

Et qu’à l’abîme qu’il pressent
Chaque homme va disparaissant,
Tel un naufragé pâlissant,

Pendant qu’aux pentes des vallées
Filtrent, des tombes descellées,
Et du marbre des mausolées,

Et des sépulcres crevassés
Sous les vieux ormes délaissés,
Tourbillons par le vent poussés,

Tant d’ombres et de cendre vaine,
O Nature calme et sereine,
Tu te dresses comme une reine,

Et debout à travers le temps,
Toujours jeune et sans changement,
Subsistant invinciblement,

Tu souris, entre tes mains pures
Tenant, aux riches ciselures,
La clef d’or des aubes futures,

Et moi qui fuis comme le vent,
– Vers quel horizon décevant? –
Atome d’infini rêvant;

Emporté par quel noir quadrige
Que l’heure hâtivement fustige,
Il me reste, dans ce vertige,

Et du néant sombre guetté,
Ce bonheur d’avoir reflété,
Nature, et compris ta Beauté,

Cet espoir profond de renaître
Aux bourgeons emmiellés des hêtres,
Aux chansons des huppes champêtres,

Au cours des ruisseaux opalins,
Aux frissons bleuissants des lins,
Au rire emperlé des matins!…

(Marie Dauguet)

 

 

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Plus de ces sens bornés… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017



Illustration: Alexandre Cabanel
    
Plus de ces sens bornés…

Plus de ces sens bornés, étroite solitude,
Vérité ou raison, plus de frein qui jugule,
Je suis la chose enfin, je vis bien au delà
De mon corps méprisable, étriqué, ridicule;
Je suis parmi l’éther la lune qui circule,
Le ruisseau, ciel errant, que la nuit constella.

Mon âme se répand comme une onde élargie
Et ma prison s’écroule à la tendre élégie
Des ramiers amoureux perdus au bord du ciel.
O Nature, que j’ai souffert dans cette geôle,
Mon coeur, il me fallait l’espace où l’on s’envole,
La terre qui m’accueille au limon maternel.

Il me fallait l’oubli vaste que tu prodigues,
Calme fleuve étendu sans berges et sans digues;
Il me fallait pour lit la douceur des lotus
Et pour chevet l’odeur féconde et primitive
De la vase et des joncs pourrissant sur la rive
Où mes tourments muets à jamais se sont tus.

(Marie Dauguet)

 

 

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Quand tu danses avec mon ombre (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



 

Quand tu danses avec mon ombre
je suis un colosse étourdi
qui bientôt s’écroulera dans son ivresse

quand je plonge mon visage en toi
je suis un esclave aveugle
qui monte
une flûte à la main
sur les marches de la pyramide du soleil
ou de la lune

quand je pince les cordes de ma harpe
je suis nu et désarmé
devant les couleurs de l’horizon

ma fronde repose à côté de mon lit

(Luis Mizón)

Illustration: Edmond François Aman-Jean

 

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