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Posts Tagged ‘s’écrouler’

Quand s’écroule le mythe de la confiance (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Quand s’écroule
Le mythe de la confiance,
La terre tremble pire
Que sous l’effet d’un séisme,
Mais seuls tombent
Les plafonds.
Qu’importe ! on peut ainsi
A nouveau
Regarder les cieux.

***

Kur shembet miti i besueshmërisë

Kur shembet
Miti i besueshmërisë,
Toka dridhet më shumë
Se nga tërmetet,
Por bien vetëm
Tavanet.

Ani!
Mund të shohësh përsëri qiej.

(Rita Petro)

 

 

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Lorsqu’on tue l’abeille (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Lorsqu’on tue l’abeille,

Vient aussitôt la peur
Que s’écroule
Ou que s’écoule un monde

Tangentiel au nôtre
Ou l’englobant.

(Guillevic)

 

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VAINE MURAILLE (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
VAINE MURAILLE

Une jeune mère
une bête douce
s’assied près de moi,
me sourit, et je
souris, l’enfant dort.
Insondable joie
du printemps banal,
encore un peu, les marronniers seront en fleurs,
nous trois ensemble au fond du jour,
et combien d’autres…
Vaine muraille
la personne
quand tu t’écroules
on est si bien
dans la lumière.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

MARTYRE DE SAINTE EULALIE

 

LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE

PANORAMA DE MERIDA

Dans la rue court et bondit
Un cheval à la queue longue
Tandis que jouent où sommeillent
Quelques vieux soldats de Rome.
Une futaie de Minerves
Ouvre mille bras sans feuilles.
De l’eau suspendue redore
Les arêtes de rochers.
Une nuit faite de torses,
D’étoiles au nez cassé,
Attend les fentes de l’aube
Pour s’écrouler toute entière.
De temps à autre résonnent
Des jurons à crête rouge.
Les soupirs de l’enfant sainte
brisent le cristal des coupes.
La roue aiguise ses lames
et ses crochets suraigus.
Le taureau des forges brame
Et Mérida se couronne
De nards presque réveillés
et de mûres sur leurs tiges.

LE MARTYRE

Voici Flore nue qui monte
De petits escaliers d’eau. .
Le Consul veut un plateau
Pour les deux seins d’Eulalie.
De la gorge de la sainte
Sort un jet de veines vertes.
Son sexe tremble, embrouillé
Comme un oiseau dans les ronces
Sur le sol, déjà sans norme,
Sautent ses deux mains coupées
Pouvant encore se .croiser
Dans une prière ténue,
Ténue mais décapitée.
Et par les trous purpurins
Où naguère étaient ses seins
On voit des ciels tout petits
Ét des ruisseaux de lait blanc.
Mille petits arbres de sang
Opposent leurs troncs humides
Aux mille bistouris du feu.
De jaunes centurions,
Chair grise ayant mal dormi,
Vont au ciel entrechoquant
Leurs armures en argent.
Pendant que vibre confuse
Une passion de crinières
Et d’épées longues et courtes
Le Consul sur son plateau
Tient les seins fumés d’Eulalie.

ENFER ET GLOIRE

La neige ondulée repose.
Éulalie pend à son arbre.
Sa nudité de charbon
Charbonne les airs glacés.
La nuit tendre brille haut.
Eulalie morte dans l’arbre.
Tous les encriers des villes
Versent l’encre doucement.
Noirs mannequins de tailleurs
Vous couvrez la neige au loin.
Vos longues files gémissent
Un silence mutilé.
La neige vient à tomber.
Eulalie blanche dans l’arbre.
Des escadrons de nickel
Joignent à son flanc leurs lances.
On voit luire un ostensoir
Sur un fond de ciels brûlés
Entre des gorges d’eau douce,
Des bouquets de rossignols.
Sautez, vitres de couleurs !
Eulalie blanche sur neiges.
Des anges, des séraphins
Disent : Sainte, sainte, sainte.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Bernardo Martorell

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La vague roule et s’effondre (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

La vague roule et s’effondre,
Se reploie et remonte et s’éploie:
– Son culte étreint le monde
D’un océan de joies.

La vague se dresse et s’écroule,
S’assemble et brandit sa clarté:
– Elle donne une âme à la foule
Et la pare de sa beauté.

La vague surgit et nous porte,
Nous qui chantions sous nos treilles,
Assis devant notre porte
A compter nos jours pareils;

Nous qui chantions en poètes,
L’un pour l’autre, nos mêmes soucis,
Savons-nous si nos âmes sont prêtes
Pour les lendemains que voici?

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: William Bouguereau

 

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L’ÉTÉ VIENDRA (Pierre-Bérenger Biscaye)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2018



L’ÉTÉ VIENDRA

L’été viendra, les mots
déjà le disent, et tous
les reposoirs s’écroulent
sous le bleu sans cesse
accentué. L’eau de l’air
ne se boit qu’à distance.
Tu connaîtras (l’innommée
enfin se dévoile) la mer
qui t’invite à mourir.

(Pierre-Bérenger Biscaye)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Toi qui as peur (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



Illustration: Annie Predal
    
Toi qui as peur

Ma faible ma si faible
toi qui as peur de ta faiblesse
ma vigne folle au vent tremblant
c’est moi la treille sous tes mains

mon lierre noir toi qui t’écroules
je suis le mur dessous ta peau
mon eau sans forme qui s’enfuit
c’est moi le verre et ton barrage

ne tremble plus je suis l’appui
nuit après jour de tes naufrages
la couverture où l’on t’enroule
ma frissonnante ton radeau

ma naufragée je suis la mer
je te conduis je t’engloutis
je suis la paix sous tes paupières
où tous nos pas ont abouti.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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ON NE SAIT JAMAIS (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



 

ON NE SAIT JAMAIS

On ne sait jamais
Comment l’amour vient aux amants
Comment il fait ou il s’y prend
Pour nous tenir dans ses filets
Mais tout à coup c’est merveilleux
II y a des larmes pleins nos joies
Des caresses au bout de nos doigts
Et des rêves au fond de nos yeux.
On ne sait jamais
Mais pourquoi chercher à savoir
Nul n’a jamais eu ce pouvoir
On oublie tout quand l’amour naît
Plus rien ne peut nous retenir
Et fous d’amour et de désirs
On se dit :
 » Tant pis
Si l’on ne sait jamais.
On ne sait jamais  »

Quand on est pris par le bonheur
Si c’est l’esprit ou bien le coeur
Qui nous apporte ce bienfait
On a confiance en l’avenir
C’est à la vie comme à la mort
Et tant pis si l’on a eu tort
On met ça dans les souvenirs.
On ne sait jamais
Mais l’on se fiche éperdument
Du qui, du quoi ou du comment
On est heureux comme l’on est
Plus rien ne compte à notre vue
Que ce bonheur à coeur perdu
Qui nous dit
 » Tant pis
Si l’on ne sait jamais.  »

On ne sait jamais
L’amour fait de nous ce qu’il veut
On est heureux ou malheureux
Tout est parfait ou rien n’est vrai
Parfois il reprend d’une main
Ce que de l’autre il a donné
Mais quand tout semble s’écrouler
Lorsque l’on croit n’avoir plus rien.
On ne sait jamais
Nos yeux sont à peine séchés
Qu’un autre amour vient s’annoncer
Et tout est à recommencer
On est fébrile et haletant
A chaque fois comme à vingt ans
Nous faisons toujours d’autres folies
Au cours de notre vie
Tout ça parce qu’on ne sait jamais.

(Charles Aznavour)

Illustration

 

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Tu me seras fidèle (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018




    
Ô mon Dieu,
Tu donnes la lumière, la joie de Toi pendant le jour,
mais pendant la nuit, simplement, fidèlement, sans joie ni lumière, Tu es là.

Dans ma fatigue à ras de terre,
quand je suis trop faible pour aimer Dieu ni homme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans mon usure, quand je ne vois plus clair, que mon cœur se refroidit,
que ma dernière vertu à bout de forces s’assoupit et somnole comme une vieille femme.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans ma nuit la plus noire, dans le gouffre terrible où Dieu se renverse,
où la foi s’écroule comme un château de nuages, où il n’y a plus trace d’espérance sur la terre comme au ciel.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Dans la mort où tout disparaît, dans la nuit de la mort
où l’âme n’a plus ni espace, ni temps, dans le rien où je ne trouverai plus moi ni personne.
Pendant la nuit, Seigneur, Tu me seras fidèle.

Amen

(Marie Noël)

 

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BABEL (Norge)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



BABEL

Babel, ce fut d’abord des fondations profondes.
Puis des murs, enfin des fenêtres,
des corniches où l’hirondelle commençait à pondre.
Alors, les bâtisseurs parlèrent et la tour s’écroula.
Le tonnerre ? non, les paroles.
Fallait des chants, voilà !

(Norge)

Illustration: Pieter Bruegel l’Ancien

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