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Poésie

Posts Tagged ‘grâce’

Écoute ! (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019


 


Remedios Varo Uranga j9o1_500

 

Écoute !

Entre dans la maison,
assieds-toi,
ferme les yeux,
écoute !

Je te dirai
l’éloquence du poisson rouge,
la grâce du crapaud,
la bonté du moustique,
la souplesse de l’escargot,
la politesse du serpent,
l’élégance de l’araignée.

Écoute !
Je te donnerai
la clef de ces splendeurs secrètes
longtemps cachées sous une pierre
que nous aurons enfin levée.

(Jean Joubert)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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Brûlant d’un même sang (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019



Illustration: Hishikawa Moronobu
    
Brûlant d’un même sang
Rouge écarlate en nos coeurs !
Printemps de la vie
Où mon amant me rejoint
Dans la grâce de cet hommage

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Hommage (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019




Illustration:  Emile Eisman-Semenowsky
    
Hommage

Elvira, par grâce d’amour
Passe ici devant toi
Un clair éclat
Qui fait de toutes âmes vaniteuses
Des bougies quand vient midi.

Le son métallique et fort des prétendants
Fond devant toi
Comme le roulement des chars,
Mais tu viens en silence
Et hommage est rendu.

Maintenant le petit raccourci
Qui conduit à l’amour
Est encore plein de joie et de sa foule;
Et la large grand-route
Venant de l’amour
Est sans passant.

***

HOMAGE

Elvira, by love’s grace
There goeth before you
A clear radiance
Which maketh ail vain souls
Candies when noon is.The loud clangour of pretenders
Melteth before you
Like the roll of carts passing,
But you corne silently
And homage is given.Now the little by-path
Which leadeth to love
Is again joyful with its many;
And the great highway
From love
Is without passers.

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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La chambre dans l’espace (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



La chambre dans l’espace

Tel le chant du ramier quand l’averse est prochaine
– L’air se poudre de pluie, de soleil revenant –,
je m’éveille lavé, je fonds en m’élevant ;
je vendange le ciel novice.

Allongé contre toi, je meus ta liberté.
Je suis un bloc de terre qui réclame sa fleur.

Est-il gorge menuisée plus radieuse que la tienne ?
Demander c’est mourir !
L’aile de ton soupir met un duvet aux feuilles.
Le trait de mon amour ferme ton fruit, le boit.

Je suis dans la grâce de ton visage
que mes ténèbres couvrent de joie.

Comme il est beau ton cri
qui me donne ton silence !

(René Char)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

Illustration: Pascal Renoux

 

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POSSIBILITÉ FLOTTANTE (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



POSSIBILITÉ FLOTTANTE

Ahanant âprement, jamais confiante, la conscience
Vient jusqu’à la vie ;
Chaos placides, aplanis,
Nous sommes superposés au monde !
L’homme, lorsque le songe le prend,
Est grossement modelé d’origine et de fin
Et de toutes les étoiles rassemblées
Et de toutes les lueurs les plus dispersées.

Anarchiste de la grâce !

Il se trouve être le même bras que la poussée de Dieu dans les
choses. Alors un énorme état le surprend.

Anarchiste de la grâce, il se tend
En jongleur tendant ses mains en fleurs,
En blés, en étés saccagés, en automnes mécontents

Il demande…

(Possibilité flottante,
Efficience éparse,
Familière durée en malhabile temps,
Grande chute !)

(Armand Robin)

Illustration: Michael Parkes

 

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Je songe à tel ou tel (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



mauriac

Je songe à tel ou tel à qui j’apporte une unique brassée;
et la flamme vacillante n’éclaire plus que mon vieux visage
redevenu jeune tout à coup par la grâce du poème que je me récite à mi-voix
et qui ne vivra plus dans aucune mémoire humaine quand je me serai endormi.

(François Mauriac)

 

 

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Nue (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
Nue

Ôte tes habits, laisse tomber le voile.
Couvre-toi seulement de ta robe de beauté nue,
Tenue d’une demoiselle céleste vêtue de lumière.
Forme plantureuse tel un lotus épanoui,
Un festin de la vie, de la jeunesse et de la grâce.
Apparais et tiens-toi seule dans la merveille qu’est ce monde.
Laisse envahir tes membres par le clair de la lune,
Laisse envahir tes membres par les caresses du zéphyr,
Plonge dans l’infini bleu de ton ciel
Telle la Nature nue toute parsemée d’étoiles.
Atanu’ peut dissimuler sa face dans le pli de sa tunique,
La tête baissée, honteux du corps fleuri.
Invite l’aube immaculée jusqu’à chez l’homme,
Virginité éhontée toute blanche et nue.

***

Nude

Shed your garments, drop the veil.
Be just clad in naked beauty’s robe
Attire of a heaven-lass dressed in light.
The buxom body like a full-blossomed lotus,
A feast of life and youth and grace.
Come and stand alone in the wonder, this world.
Let permeate your limbs with the beams of your moon,
Let permeate your limbs with zephyr’s caress.
Plunge into the infinite blue of the sky
Like naked Nature spangled with stars.
Let Atanu’ conceal his face with his tunic’s fold,
With bended head ashamed of the body’s bloom.
Invite immaculate dawn at men’s abode,
Shameless virginity, white, naked.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Sur les buissons (Boris Pasternak)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019



Illustration: Patrick Bénet
    
Sur les buissons croît la brouille
Des nuages nus. La bouche
Du parc, orties qui se mouillent,
Sent les orages, les souches.

Des soupirs, le bois se lasse.
Le ciel s’emplit de passages.
Nu-pieds, l’azur a la grâce
D’échassiers au marécage.

Comme des lèvres qui luisent,
Que la main n’a pas essuyées,
Brillent les saules, les alises,
Les pas sur la terre mouillée.

(Boris Pasternak)

 

Recueil: Ma soeur la vie et autres poèmes
Traduction: sous la direction d’Hélène Henry
Editions: Gallimard

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Heures (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



 

Jean-Claude Forez_Envol_crepusculaire_quadragenaire

Heures

Aumône au malandrin en chasse
Mauvais oeil à l’oeil assassin !
Fer contre fer au spadassin !
– Mon âme n’est pas en état de grâce ! –

Je suis le fou de Pampelune,
J’ai peur du rire de la Lune,
Cafarde, avec son crêpe noir…
Horreur ! tout est donc sous un éteignoir.

J’entends comme un bruit de crécelle…
C’est la male heure qui m’appelle.
Dans le creux des nuits tombe : un glas… deux glas

J’ai compté plus de quatorze heures…
L’heure est une larme – Tu pleures,
Mon coeur !… Chante encor, va – Ne compte pas.

(Tristan Corbière)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Pourquoi ? (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



 

Caroline Elkington  (2)

Pourquoi ?

Quand vous suiviez ma trace,
J’allais avoir quinze ans,
Puis la fleur, puis la grâce,
Puis le feu du printemps.

J’étais blonde et pliante
Comme l’épi mouvant,
Et surtout moins savante
Que le plus jeune enfant.

J’avais ma douce mère,
Me guidant au chemin,
Attentive et sévère
Quand vous cherchiez ma main.

C’est beau la jeune fille
Qui laisse aller son coeur
Dans son regard qui brille
Et se lève au bonheur !

Vous me vouliez pour femme,
Je le jurais tout bas.
Vous mentiez à votre âme,
Moi, je ne mentais pas.

Si la fleur virginale
D’un brûlant avenir,
Si sa plus fraîche annale
N’ont pu vous retenir,

Pourquoi chercher ma trace
Quand je n’ai plus quinze ans,
Ni la fleur, ni la grâce,
Ni le feu du printemps ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Caroline Elkington

 

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