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Poésie

Posts Tagged ‘grâce’

Souffle sur moi aussi, vent (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Amir Or
    
Souffle sur moi aussi, vent,
apprends-moi à bercer
les mots grâce à mon esprit

(Amir Or)

 

Recueil: Entre ici et là
Traduction: Michel Eckhard Elial
Editions: ÉRÈS

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Comme en septembre à Sceaux (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019



Illustration
    
Comme en septembre à Sceaux

Aujourd’hui je descends et j’atteins la douceur
c’est d’un sceau qu’il s’agit
plaqué sur fond de veines
aujourd’hui je m’atteins où je passe parfois
et dis-moi
n’est-ce pas de septembre et de brume
que s’emperle ce parc

je –

Marche marche
dès la grille rouillée reculent les allées
dès l’orgueil humilié s’en revient l’oublié
le secret oublié
la douceur oubliée
marche marche
on te fait grâce des années.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Le Poète (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019


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Je mets d’abord – si tant est que je compte –
Le Poète – Puis le Soleil –
Puis l’Eté – Puis le Ciel de Dieu –
Après quoi – la Liste est close –

Mais, à la réflexion – le Premier semble
Si bien Comprendre le Tout –
Que les Autres font Figure de superflu –
J’écris donc – le Poète – Tout –

Son Eté – dure une Solide Année –
Il peut s’offrir un Soleil
Que l’Est – estimerait exorbitant –
Et si le Futur Ciel –

A la Beauté de celui qu’il prépare
Pour Ceux qui Le vénèrent –
C’est une Grâce plus qu’ardue –
De justifier ce Rêve –

(Emily Dickinson)

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Franchissons la Grande Horizontale (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

fleur cratère

Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

 

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Sans le vouloir, les yeux demandent Grâce (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019


 

Sans le vouloir, les yeux demandent
Grâce. Que dois-je faire d’eux
Quand en ma présence on prononce
Un nom bref et qui sonne haut?

Je marche en suivant le sentier
Près d’un long tas de bûches grises.
Il passe ici un vent léger,
Capricieux, frais, comme au printemps.

Et le coeur las sent qu’on lui parle
En secret de ce qui est loin.
Je sais bien: il vit, il respire,
Il ose ne pas être triste.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Ademaro Bardelli

 

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Oh ! de grâce, fleur que je cueille (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



Bryce Cameron Liston -  (2)

 

Oh ! de grâce, fleur que je cueille,
Ce soir, que le long de mes mains
Mon âme en toi ne passe,
Que tout ce que je touche, hélas !
Ne veuille devenir humain,

Déjà je sens, obscurément, tes feuilles
Qui s’allongent, et ta corolle,
Lourde de songe, qui se pose
Comme un beau front sur mon épaule ;
Déjà je sens ton corps frémissant,
Qui m’aspire et devient vivant…

Ah ! reste hésitante ainsi, incertaine,
Nymphe à mon âme, fleur à mes yeux
Aux confins de la vie humaine.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Bryce Cameron Liston

 

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Le savant nomme l’eau comme il la voit (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



Le savant nomme l’eau comme il la voit
et ne sait pas de quoi elle est l’apothéose.
L’eau est fraîcheur et liberté, clarté :
le paradis de la fraîcheur et du reste.
Elle est le regard de ce qui donne la vue.

Ainsi, la vie est la grâce faite à l’être
de se connaître dans un amour ;
d’y mirer son innocence, puis son être
et bientôt de ne le plus distinguer
ni du miroir, ni de cet amour,
de ne sentir que cette grâce …

(Joë Bousquet)

Illustration

 

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LE RETOUR (Paul de Roux)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2019



Illustration
    
LE RETOUR

La neige qui est la grâce de l’hiver
la voilà qui vole en muets tourbillons
— un pan de la brute tombe dans le silence
et le creux de la main reçoit un frais baiser:
une goutte d’eau est de retour parmi nous.

(Paul de Roux)

 

Recueil: Les pas
Traduction:
Editions: L’Alphée

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Les éolides (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



William Holman Hunt _-_Amaryllis [800x600]

Les éolides

O brises flottantes des cieux,
Du beau Printemps douces haleines,
Qui de baisers capricieux
Caressez les monts et les plaines !

Vierges, filles d’Eole, amantes de la paix,
La Nature éternelle à vos chansons s’éveille ;
Et la Dryade assise aux feuillages épais
Verse aux mousses les pleurs de l’Aurore vermeille.

Effleurant le cristal des eaux
Comme un vif essaim d’hirondelles,
De l’Eurotas aux verts roseaux
Revenez-vous, Vierges fidèles ?

Quand les cygnes sacrés y nageaient beaux et blancs,
Et qu’un Dieu palpitait sur les fleurs de la rive,
Vous gonfliez d’amour la neige de ses flancs
Sous le regard charmé de l’Epouse pensive.

L’air où murmure votre essor
S’emplit d’arome et d’harmonie :
Revenez-vous de l’Ionie,
Ou du vert Hymette au miel d’or ?

Eolides, salut ! O fraîches messagères,
C’est bien vous qui chantiez sur le berceau des Dieux ;
Et le clair Ilissos d’un flot mélodieux
A baigné le duvet de vos ailes légères.

Quand Theugénis au col de lait
Dansait le soir auprès de l’onde,
Vous avez sur sa tête blonde
Semé les roses de Milet.

Nymphes aux pieds ailés, loin du fleuve d’Homère,
Plus tard prenant la route où l’Alphée aux flots bleus
Suit Aréthuse au sein de l’étendue amère,
Dans l’Ile nourricière aux épis onduleux,

Sous le platane où l’on s’abrite
Des flèches vermeilles du jour,
Vous avez soupiré d’amour
Sur les lèvres de Théocrite.

Zéphyros, Iapyx, Euros au vol si frais,
Rires des Immortels dont s’embellit la Terre,
C’est vous qui fîtes don au pasteur solitaire
Des loisirs souhaités à l’ombre des forêts.

Au temps où l’abeille murmure
Et vole à la coupe des lys,
Le Mantouan, sous la ramure,
Vous a parlé d’Amaryllis.

Vous avez écouté, dans les feuilles blotties,
Les beaux adolescents de myrtes couronnés,
Enchaînant avec art les molles reparties,
Ouvrir en rougissant les combats alternés,

Tandis que drapés dans la toge,
Debout à l’ombre du hallier,
Les vieillards décernaient l’éloge,
La coupe ornée ou le bélier.

Vous agitiez le saule où sourit Galatée,
Et, des Nymphes baisant les yeux chargés de pleurs,
Vous berçâtes Daphnis, en leur grotte écartée,
Sur le linceul agreste, étincelant de fleurs.

Quand les vierges au corps d’albâtre,
Qu’aimaient les Dieux et les humains,
Portaient des colombes aux mains,
Et d’amour sentaient leurs coeurs battre,

Vous leur chantiez tout bas en un songe charmant
Les hymnes de Vénus, la volupté divine,
Et tendiez leur oreille aux plaintes de l’amant
Qui pleure au seuil nocturne et que le coeur devine.

Oh ! combien vous avez baisé
De bras, d’épaules adorées,
Au bord des fontaines sacrées,
Sur la colline au flanc boisé !

Dans les vallons d’Hellas, dans les champs Italiques,
Dans les Iles d’azur que baigne un flot vermeil,
Ouvrez-vous toujours l’aile, Eolides antiques ?
Souriez-vous toujours au pays du Soleil ?

O vous que le thym et l’égile
Ont parfumés, secrets liens
Des douces flûtes de Virgile
Et des roseaux Siciliens,

Vous qui flottiez jadis aux lèvres du génie,
Brises des mois divins, visitez-nous encor !
Versez-nous en passant, avec vos urnes d’or,
Le repos et l’amour, la grâce et l’harmonie !

(Leconte de Lisle)

Illustration: William Holman Hunt

 

 

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LYDIE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2019



Carlos Schwabe x-Woman-with-Lyre-xx-Private-collection [800x600]

LYDIE

La jeunesse nous quitte, et les Grâces aussi.
Les désirs amoureux s’envolent avec elles,
Et le sommeil facile. A quoi bon le souci
Des Espérances éternelles ?

L’aile du vieux Saturne emporte nos beaux jours,
Et la fleur inclinée au vent du soir se fane
Viens â l’ombre des pins ou sous l’épais platane
Goûter les tardives amours.

Ceignons nos cheveux blancs de couronnes de roses ;
Buvons, il en est temps encore, hâtons-nous !
Ta liqueur, d Bacchus, des tristesses moroses
Est le remède le plus doux.

Enfant, trempe les vins dans la source prochaine,
Et fais venir Lydie aux rires enjoués,
Avec sa blanche lyre et ses cheveux noués
A la mode Laconienne

(Leconte de Lisle)

Illustration: Carlos Schwabe 

 

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