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Poésie

Posts Tagged ‘méchant’

SUR LA COLLINE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



SUR LA COLLINE

Voilà pourquoi,
Avec un sourire méchant,
Je contemple cette nuit…
Par monts et par vaux,
Depuis longtemps déjà :
Hélène…

Histoires d’autrefois…
Voilà pourquoi,
Encore une fois,
Avec un sourire méchant,
Je contemple
La cime, dans la nuit…

(George Bacovia)

 

 

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Qui donne ses noms et ses chiffres (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Pourquoi mon linge délavé
s’agite-t-il comme un drapeau ?

Suis-je parfois un mauvais drôle
ou chaque fois un bon garçon ?

Nous enseigne-t-on la bonté
ou le masque de la bonté ?

Le rosier du méchant n’est-il blanc,
et noires les fleurs du bien ?

Qui donne ses noms et ses chiffres
à l’innocent indénombrable ?

(Pablo Neruda)

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Hymne à la joie (Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018




    
Hymne à la joie

Mes amis, cessons nos plaintes!
Qu’un cri joyeux élève aux cieux nos chants
De fêtes et nos accords pieux!
Joie!

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Nous entrons l’âme enivrée
Dans ton temple glorieux.
Tes charmes relient
Ce que la mode en vain détruit;
Tous les hommes deviennent frères
Là où tes douces ailes reposent.

Que celui qui a le bonheur
D’être l’ami d’un ami;
Que celui qui a conquis une douce femme,
Partage son allégresse!
Oui, et aussi celui qui n’a qu’une âme
À nommer sienne sur la terre!
Et que celui qui n’a jamais connu cela s’éloigne
En pleurant de notre cercle!

Tous les êtres boivent la joie
Aux seins de la nature,
Tous les bons, tous les méchants,
Suivent ses traces de rose.
Elle nous donne les baisers et la vigne,
L’ami, fidèle dans la mort,
La volupté est donnée au ver,
Et le chérubin est devant Dieu.

Heureux, tels les soleils volent
Sur le plan vermeil des cieux,
Courrez, frères, sur votre voie,
Joyeux, comme un héros vers la victoire.

Qu’ils s’enlacent tous les êtres!
Un baiser au monde entier!
Frères, au plus haut des cieux
Doit habiter un père aimé.
Tous les êtres se prosternent?
Pressens-tu le créateur, Monde?
Cherche-le au-dessus des cieux d’étoiles!
Au-dessus des étoiles il doit habiter.

Joie! Belle étincelle des dieux
Fille de l’Élysée,
Soyez unis êtres par million!
Qu’un seul baiser enlace l’univers!

***
Ode An Die Freude

O Freunde, nicht diese Töne!
Sondern laßt uns angenehmere
anstimmen und freudenvollere.
Freude!

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium,
Wir betreten feuertrunken,
Himmlische, dein Heiligtum!
Deine Zauber binden wieder
Was die Mode streng geteilt;
Alle Menschen werden Brüder,
Wo dein sanfter Flügel weilt.

Wem der große Wurf gelungen,
Eines Freundes Freund zu sein;
Wer ein holdes Weib errungen,
Mische seinen Jubel ein!
Ja, wer auch nur eine Seele
Sein nennt auf dem Erdenrund!
Und wer’s nie gekonnt, der stehle
Weinend sich aus diesem Bund!

Freude trinken alle Wesen
An den Brüsten der Natur;
Alle Guten, alle Bösen
Folgen ihrer Rosenspur.
Küsse gab sie uns und Reben,
Einen Freund, geprüft im Tod;
Wollust ward dem Wurm gegeben,
und der Cherub steht vor Gott.

Froh, wie seine Sonnen fliegen
Durch des Himmels prächt’gen Plan,
Laufet, Brüder, eure Bahn,
Freudig, wie ein Held zum Siegen.

Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!
Brüder, über’m Sternenzelt
Muß ein lieber Vater wohnen.

Ihr stürzt nieder, Millionen?
Ahnest du den Schöpfer, Welt?
Such’ ihn über’m Sternenzelt!
Über Sternen muß er wohnen.

Freude, schöner Götterfunken
Tochter aus Elysium/
Seid umschlungen, Millionen!
Diesen Kuß der ganzen Welt!

(Friedrich von Schiller)(Ludwig van Beethoven)

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Chant d’automne (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Chant d’automne

I

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.

J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier infatigable et lourd.

Il me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

II

J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.

Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.

Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !

(Charles Baudelaire)

 

 

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À WOODY WOODPECKER (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018




    
À WOODY WOODPECKER

Je t’aime, Woody,
quand tu picotes
la tête
d’un méchant
et ris et t’envoles
loin bien vite,
des traits rapides
dans l’air
et des nuages d’une invisible
poussière qui se dissipe,
j’aime ta façon
de durer sept minutes seulement :
on ne s’ennuie jamais !
Le coeur a sept minutes
avec Woody Woodpecker,
sept minutes d’extase pure.

(Ron Padgett)

 

Recueil: Le Grand Quelque Chose
Traduction: Olivier Brossard
Editions: Joca Seria
 

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Les chiens (Marjan)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2018



Les chiens

Quand j’ai vu
sur chaque maison
de ce quartier
tant de plaques
affichant
« Chien méchant »
je suis allé à la gendarmerie
et j’ai demandé à voir
un chien policier…

(Marjan)

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LE MASQUE DU MECHANT (Bertolt Brecht)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018



LE MASQUE DU MECHANT

Au mur de mon bureau,un masque japonais
Sculpté sur bois et laqué d’or : effigie d’un méchant démon.
Je regarde plein de pitié
Les veines gonflées de son front : elles révèlent
Combien c’est dur d’être méchant.

(Bertolt Brecht)

Illustration

 

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Laylâ (Majnûn)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018




    
Laylâ m’avait prié,
aux soins d’un messager,
De la voir en secret,
au plus fort de la nuit.
J’allai, malgré ma peur,
tout à me protéger,
A guetter les méchants,
veilleurs ou endormis,
Cette nuit, notre nuit,
rien ne vint la troubler…

(Majnûn)

 

Recueil: Le fou de Laylâ
Traduction:
Editions:

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Le monde est méchant (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Le monde est méchant

Le monde est méchant, ma petite:
Avec son sourire moqueur
Il dit qu’à ton côté palpite
Une montre en place de coeur.

– Pourtant ton sein ému s’élève
Et s’abaisse comme la mer,
Aux bouillonnements de la sève
Circulant sous ta jeune chair.

Le monde est méchant, ma petite:
Il dit que tes yeux vifs sont morts
Et se meuvent dans leur orbite
A temps égaux et par ressorts.

– Pourtant une larme irisée
Tremble à tes cils, mouvant rideau,
Comme une perle de rosée
Qui n’est pas prise au verre d’eau.

Le monde est méchant, ma petite :
Il dit que tu n’as pas d’esprit,
Et que les vers qu’on te récite
Sont pour toi comme du sanscrit.

– Pourtant, sur ta bouche vermeille,
Fleur s’ouvrant et se refermant,
Le rire, intelligente abeille,
Se pose à chaque trait charmant.

C’est que tu m’aimes, ma petite,
Et que tu hais tous ces gens-là.
Quitte-moi ; – comme ils diront vite:
Quel coeur et quel esprit elle a !

(Théophile Gautier)

Illustration: Charles Dwyer

 

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Beaucoup de fièvre (Norge)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018


Beaucoup de fièvre

Maman, maman, je vois des diables
Qui dansent sur le paravent.
— Chut, c’est une bergère aimable
Qui paît ses agneaux simplement.

Maman, maman, quelle tempête !
Le vent retourne ma barquette.
— Mais non, bébé, c’est ton berceau
Qui tremble tant tu fais de sauts !

0, maman, de méchants garçons
Viennent s’asseoir sur mes poumons.
— Dodo, chéri, c’est ton délire.
Le docteur dit qu’il faut dormir

Maman, je suis au bout du monde ;
Si tu lâches ma main, je tombe.
— Meurs, mon petit, meurs gentiment,
Mon ventre est lourd d’un autre enfant.

(Norge)

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