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Poésie

Posts Tagged ‘éteindre’

Encore Un Matin (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Encore Un Matin

Encore un matin
Un matin pour rien
Une argile au creux de mes mains
Encore un matin
Sans raison ni fin
Si rien ne trace son chemin

Matin pour donner ou bien
matin pour prendre
Pour oublier ou pour apprendre
Matin pour aimer, maudire ou mépriser
Laisser tomber ou résister

Encore un matin
Qui cherche et qui doute
Matin perdu cherche une route
Encore un matin
Du pire ou du mieux
A éteindre ou mettre le feu

Un matin, ça ne sert à rien
Un matin
sans un coup de main
Ce matin
C’est le mien, c’est le tien
Un matin de rien
Pour en faire
Un rêve plus loin

Encore un matin
Ou juge ou coupable
Ou bien victime ou bien coupable
Encore un matin, ami, ennemi
Entre la raison et l’envie
Matin pour agir ou attendre la chance
Ou bousculer les évidences
Matin innocence, matin intelligence
C’est toi qui décide du sens

Un matin, ça ne sert à rien…

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration

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A LA RECHERCHE D’ESPACE (Zurinah Hassan)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019



Illustration: Tineke Storteboom
    
A LA RECHERCHE D’ESPACE

Soudain il s’est levé
et a éteint les lumières.
Il a prétendu : « Cette chambre est plus grande dans l’obscurité
parce que nous ne pouvons pas voir les murs. »

J’ai rallumé la lumière,
en lui répondant : « A vrai dire c’est cette lumière qui est l’espace
et souvent nous sommes prisonniers
de murs que nous ne pouvons pas voir. »

***

LOOKING FOR SPACE

Suddenly he got up
And switched off the lights
Saying “This room is bigger in the dark
As we cannot see the walls”
I switched on the light again
Saying “This light is actually the space
And we are often imprisoned
by walls that we cannot see”.

(Zurinah Hassan)

Recueil: ITHACA 596
Traduction: Français Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache
Editions: POINT

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N’éteins pas tout à fait (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



N’éteins pas tout à fait.

Le noir
Serait trop fort.

(Guillevic)

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La brûlure du bruit (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



La brûlure du bruit.
Louée soit la neige qui parvient
à en éteindre la cuisson.

(René Char)

Illustration

 

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La télévision (Michael Crichton)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

20th_Television

Quelquefois, je regarde mon living,
et la chose la plus réelle qui s’y trouve est la télévision.
Elle est claire et vive
et le reste de ma vie me semble morne.
Alors, j’éteins cette foutue chose.

Et je récupère ma vie.

(Michael Crichton)

 

 

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ORAISON (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019




    
ORAISON
Dhyâna

Hier je suis revenu sans vous dire mot.

J’ai mis fin pour toujours
au duel entre espoir et désolation,
aux griefs accablants des envies excédées.

Au sombre ciel d’absence il fait soir.
Je vous contemple
vous tiens dans l’infini
dans l’absolu.

Le cours du monde n’est plus,
ni soleil ni lune
ni astre ni planète aucune ;
l’air se tient coi, nul tracé d’arbres
à l’horizon ne se dessine.

Point de gens ni de chuchotements,
le bruit des pas du temps aboli
arrêté l’instant inachevé
dont je ne compte pas les fragments.

N’est plus ni jour ni obscurité —
ni moi ni attache vous liant à moi.
Il n’y a ni plaisir ni peine ni crainte,
tout désir se trouve éteint —
une quiétude se sent
dans le silence du ciel.

Tout est en vous recueilli,
en vous solitaire —
dans mon esprit sans moi ne se profile
que l’intime vision de vous.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

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Si tu as touché mon corps (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019



 

Lauri Blank -    (1)

Si tu as touché mon corps
draine dans tes doigts beaucoup de lumière
ne t’en va pas avec le désir
alourdissant tes reins comme une obsession de plomb
si tu as touché mon corps
éteins tes prunelles et laisse vierge le silence

celles qui sont parties sans rien dire
avec leurs mains chaudes et humides
ont eu autre chose que mon sourire

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Lauri Blank

 

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Mirage (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



cheval

regarde,
à l’horizon où s’éteignait les collines,
le cheval
son rire bruyant,
sa chevelure-oriflamme.

il gambade
dans les prairies de la mémoire,
comme un rêve longtemps reclus
qui trouve enfin la nuit propice.

(Tahar Djaout)

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Ô insensé (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: Laurent Fièvre
    
Ô insensé, qui essaies de te porter sur tes propres épaules!
Ô mendiant, qui viens mendier à ta propre porte!
Dépose tes fardeaux entre les mains de celui qui peut tout porter,
et jamais ne jette un regard de regret en arrière.
Ton désir éteint la flamme de la lampe aussitôt que l’atteint son souffle.
Il est profane et ses mains sont souillées; n’accepte aucun don qu’il te tende.
Mais cela seulement que t’offrira l’amour sacré.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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COMPTINE DES CIVILISATIONS (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
COMPTINE DES CIVILISATIONS

Pigeon vole voici voilà
voici la veuve voilée
harpe des douleurs
fleurie et transpercée
Vierge ou Niobé.

Voici voilà en la arena
le taureau qui s’est arrêté
il ne sera pas mis à mort
le public le torero
dans un verre d’eau se sont noyés.

Pigeon hibou vautour vole
vol à l’immensité
un fémur renversé
un osselet de pierre
pour prier pour siffler.

Le Sphinx Janus Uranus
je ne sais quels dieux trouvés
abandonnés oubliés
inconnus mais révérés.

Les ruines l’ossuaire
civilisations éteintes
les cités imaginaires
inhumaine vérité
bien au-delà de la Terre
s’endorment dans les stellaires
monastères ministères
cimetières.

Poussière poussière
poussière lumière
désert étoilé.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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