Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘résonner’

Fracas (Buson)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2019



Du chariot le fracas
elles en résonnent encore
fleurs de pivoines

(Buson)

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LES VOIX (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

Odd Nerdrum_sleeping_couple

LES VOIX

Les voix qu’on avait entendues reviennent
Des lamentations et des bruissements remplissent l’air.

Le printemps vient et revient
Des arbres comme pétrifiés dans une lumière dure.

La lumière est rude et nous change,
Brûle le visage, dévore la peau.

La pluie arrive et tombe dans la mémoire,
Murs mouillés et moisis.
La chair se mouille en dedans, l’âme se mouille.

La fontaine où nous buvions ne coule pas.
Tu distingues le bruit, tu vois l’eau
Suspendue se penche vers la terre,
Comme d’un arbre une branche sèche.

Tu écoutes les rossignols que tu écoutais, ils ne s’arrêtent point
Dans l’ouïe attentive, dans les forêts attardées dans l’obscurité.
Tu dégustes les paroles de la nuit.
Mains que j’ai gardées dans les miennes,
Mains, doigts dans les doigts,
Vous êtes restées au toucher comme les taches
Qui ne disparaissent pas, comme du sang sur les habits.
Lèvres sur mes lèvres,
Ame sur mon âme.

Mer résonnant dans le sommeil. Vaste mer.

(Georges Themelis)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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LES RÊVES MAUVAIS (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



LES RÊVES MAUVAIS

L’ombre couvre la place;
le jour se meurt.
Au loin sonnent les cloches.

Aux fenêtres et aux miradors
les vitres s’éclairent
de reflets blafards,
comme des ossements blanchâtres,
de vagues crânes morts.

Sur toute la soirée brille
une lumière de cauchemar.
Le soleil s’incline au couchant.
Résonne l’écho de mon pas.

— Est-ce toi? Je t’attendais…
— Non, ce n’était pas toi que je cherchais.

(Antonio Machado)

 

 

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Ce fut un clair après-midi, triste et songeur (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Ce fut un clair après-midi, triste et songeur
après-midi d’été. Le lierre grimpait
sur le mur du parc, noir et poussiéreux…
La fontaine bruissait.

Ma clé grinça dans la vieille grille;
avec un bruit aigre s’ouvrit la porte
de fer moisi et, en se refermant, frappa
lourdement le silence de l’après-midi mort.

Dans le parc solitaire, la sonore
copla bouillonnante de l’eau chantante
me guida vers la fontaine. La fontaine versait
sur le marbre blanc sa monotonie.

La fontaine chantait : Frère, mon chant présent
te rappelle-t-il un songe lointain?
Ce fut un lent après-midi du lent été.
Je répondis à la fontaine :

— Adieu pour toujours, fontaine sonore,
éternelle chanteuse du parc endormi.
Adieu pour toujours; ta monotonie,
fontaine, est plus amère que ma peine.

Ma clé grinça dans la vieille grille;
avec un bruit aigre s’ouvrit la porte
de fer moisi et, en se refermant, résonna
lourdement dans le silence de l’après-midi mort.

(Antonio Machado)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Tu n’es personne (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

Illustration: Salvador Dali
    
Tu n’es personne. Ce qui tourne
autour de toi, paroles, maisons,
visages, tourne autour d’un centre
qui n’existe pas.

Ton lieu est vers le dehors
dans la nuit de toute langue,
tu vis en lisière,
corps exilé, corps étranger.

Et comme un orchestre caché, tu ne sais
quels instruments en toi
résonnent, cordes ou cuivres, harpes ou tymbales,

Serait-ce le pas des nuits qui s’imprime
sur le sable et se dissout
dans la mémoire éteinte.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



Illustration: Edward Hopper
    
Tu me résonnes…

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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La caverne (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018


 

La caverne me protège de la douleur;
Dans ses flancs, j’ignore la peur;
Hors de ses murs obscurs, je meurs,
Hors de son toit ailé
Aucun lieu ne me recouvre.
Ses bruits résonnent comme des cloches,
Mais quand ils cessent, d’autres sons
Reviennent, plus tristes et plus secrets.
Ange, descends.
Aucune caverne dans l’air
Ne t’abrite,
Aucune rivière ne te purifie,
Aucune vague ne bénit ton pied.
Caverne, mon Jourdain,
Son silence est un charme argenté,
Ange, je porte ma rivière autour de mon cou,
Ma caverne est ceci et cela,
Mais elle m’éloigne du vent
Et me rassure.

(Dylan Thomas)

 

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Nous n’entendons pas l’harmonie (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




Nous n’entendons pas l’harmonie
Qui résonne tout à l’entour;
Le corps saigne sur le fer et les ronces
De roc et de feu
Jusqu’à ce que la mort brise les formes élémentaires
Et libère la musique des sphères
Qui sans cesse bâtit les mondes.

***

We do not hear the harmony
That sounds about us everywhere;
Sense bleeds on iron and thorns
Of rock and fire
Until death breaks the elemental forms
To free the music of the spheres
That builds all worlds continually.

(Kathleen Raine)

Illustration: Pablo Amaringo

 

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Chant d’amour (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018



Illustration: Lucie Llong
    
Chant d’amour

Comment tenir mon âme
afin qu’elle ne frôle pas la tienne ?
Comment la porter par-dessus toi
vers d’autres choses ?

J’aimerais la cacher
près d’un objet perdu dans le noir,
en un lieu étrange et calme,
qui ne résonne pas quand
tes profondeurs tressaillent.

Et cependant tout ce qui nous touche
nous fond l’un dans l’autre comme l’archet
qui de deux cordes tire un son unique :
sur quel instrument sommes-nous couchés
et quelle est la main qui nous tient ?
Ô douce chanson.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Il a plu cette nuit (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Daniel Siguier  4da59p10002622

Il a plu cette nuit,
c’est la première fois que je regarde,
jusqu’au silence qui résonne.

Sac, ressac, je ne juge pas,
l’instant demeure,
l’écume transparente.

Je m’interromps comme je parle,
en la marée,
chaque jour y a-t-il un jour de plus?

Le ciel n’est jamais vide, le sol nous porte,
on n’aperçoit aucun arbre,
on sait pourtant qu’ils sont proches.

Une marge, un rivage,
il n’y a de secret que le visible
épanoui…

(Pierre Dhainaut)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Daniel Siguier

 

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