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Poésie

Posts Tagged ‘résonner’

Saisons brouillées (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



 

Max Gasparini - (23)

Saisons brouillées

Quand naissent les fleurs au chant des oiseaux
Ton étrange voix gravement résonne,
Et comme aux échos des forêts d’automne
Un pressentiment court jusqu’en mes os.

Quand l’or des moissons mûrit sous la flamme,
Ton lointain sourire à peine tracé
Me pénètre ainsi qu’un brouillard glacé.
L’hiver boréal envahit mon âme.

Quand saignent au soir les bois dépouillés,
L’odeur de ta main laisse dans la mienne
L’odeur des printemps d’une étoile ancienne,
Et je sombre au fond d’espoirs oubliés.

Es-tu donc un monde au rebours du nôtre
Changeant et mortel, où je vis aussi ?
Soumis à lui seul, insensible ici,
Si je meurs dans l’un, survivrai-je en l’autre ?

Je regarderai dans tes yeux ouverts
Quand viendront le froid, la neige et la pluie.
La perdrai-je encor, mon âme éblouie,
Dans tes yeux brûlants comme les déserts ?

(Léon Dierx)

Illustration: Max Gasparini

 

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Les autres étés (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Les autres étés

Il y aura d’autres étés
D’autres grillons feront leurs gammes
dans d’autres blés
On croisera sur la route d’autres dames

Un autre merle inventera
une chanson presque la même
Un autre monsieur se trouvera là
sous cet arbre où je t’aime

Une petite fille qui n’est pas née encore
fera une poupée en coquelicot
à cet endroit précis où ton corps
endormi se mêle au long bruit de l’eau

On dira (mais ce seront d’autres)
Il faudrait bien un bon coup de pluie
Ça ferait du bien aux récoltes
Les mots feront le même bruit

Mais plus personne plus personne
ne se servira de mon cœur à moi
ni de ta voix à toi qui résonne
dans mon oreille et mon corps à moi.

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Terre (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2022



Terre, ton visage
ce sont brouillards et neiges qui le font.
Après les déluges qui tonnent
sur l’étang lisse un peu de pluie
juste assez pour que l’eau frissonne
me dit une amante endormie
dont la chair doucement résonne
des fureurs en elle assouvies.

(Robert Mallet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Le jour grisonne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022




Le jour grisonne aux temps des coteaux
Jour bientôt décapité par la chute de la nuit
L’air tremble
Dans le froid coupant comme un rasoir
Le sol résonne comme un tambour
Dès que le jardin ferme les yeux
La lune escalade le mur

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

 

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LA SIMPLE PAROLE (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

Brad Kunkle   1280 [1280x768]

LA SIMPLE PAROLE

Toute fraîche, un peu dégrafée, comme une fille au jardin.
Elle vibre si bien à cause du sang profond.
Si elle résonnait en terre on l’entendrait battre comme un coeur.
Si elle éclatait au ciel, on la prendrait pour une comète.
Mais elle a jailli du matin, sans but, et personne ne l’écoute.
Quand les lampes seront allumées, on lira dans les livres des phrases qui parlent de Rome,
du Kremlin, des cataractes du Niagara ou des Pyramides d’Egypte.
Car chacun aujourd’hui doit avoir fait son tour du monde.
Mais la simple parole perdue dans l’air, si quelqu’un l’avait écoutée,
elle l’aurait conduit tout droit à tout.

(Franz Hellens)

Illustration: Brad Kunkle

 

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Métaphore (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2022




Illustration: Vladimir Kush
    
Métaphore

Je porte dans les mains un buccin résonnant
Où les vents de la mer se sont réunis,
Et des mains, ou du buccin murmurant,
Se répand en couleur et en son irradiant
Ta beauté que mes yeux ont dévêtue.

***

Metáfora

Trago nas mãos um búzio ressoante
Onde os ventos do mar se reuniram,
E das mãos, ou do búzio murmurante,
Alastra em cor e som irradiante
A beleza que os olhos te despiram

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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« Il doit y avoir… » (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



Illustration : Pierre Faure
    
« Il doit y avoir… »

Il doit y avoir une couleur à découvrir,
Un assemblage de mots caché,
Il doit y avoir une clef pour ouvrir
La porte de ce mur démesuré.

Il doit y avoir une île au Sud,
Une corde plus tendue et résonnante,
Une autre mer qui nage dans un autre bleu,
Une autre hauteur de voix qui chante mieux.

Poésie tardive toi qui n’arrives
A dire pas même la moitié de ce que tu sais :
Ne te tais pas, si possible, ne renie pas
Ce corps de hasard où tu ne tiens pas.

***

«Há-de haver…»

Há-de haver urna cor por descobrir,
Um juntar de palavras escondido,
Há-de haver urna chave para abrir
A porta deste muro desmedido.

Há-de haver uma ilha mais ao sul,
Urna corda mais tensa e ressoante,
Outro mar que nade noutro azul,
Outra altura de voz que melhor cante.

Poesia tardía que não chegas
A dizer nem metade do que sabes:
Não calas, quanto podes, nem renegas
Este corpo de acaso em que não cabes.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Et c’est toujours le même son (Benoît Conort)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2021


Rodin

Et c’est toujours le même son d’un doigt sur une peau
Tendue
Cela résonne
Jusqu’aux tréfonds

(Benoît Conort)

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Nous dans la campagne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



Nous dans la campagne

Nous percevons des joies vagabondes
De claires paroles
Dans le bec d’oiseaux fabuleux
Alors que des vagues nonchalantes
Déferlent sous un ciel séraphique

La forêt est en nous
Éternellement l’arbre reverdit
L’herbe repousse
Et la fleur s’épanouit
Sous un ciel inaltérable

Quand la campagne frissonne
Nous nous frayons un passage à travers le vent
Complices des heures bleues
Sous des poussées de lumière
Longeant des rivières qui rêvent
Nous sommes pleins d’un plaisir aérien
Alors que sans raison
L’écho résonne au confluent.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: ïle de Nancy (Confluent)

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Les sirènes (Christophe Maé)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2021



Illustration: Frederic Leighton
    
Les sirènes

Tel un Jack Sparrow, je remonte mes manches
J’assure pas, j’assure plus, sans mon verre sur la planche
Tel un Jack de trop, du dimanche au dimanche
J’assume pas, non j’assume plus, je ne suis plus étanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Solo, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

Tel un Jack Sparrow, je remonte les marches
Je les servais les mecs comme moi tu sais, dans ma chemise blanche
À trinquer un peu trop, perroquet sur la planche
Mon rein a coulé comme un radeau qui prend l’eau, et qui flanche

C’est pas la mer à boire tu sais, juste un peu d’eau salée
Sous l’eau, et soûlé, sur mon îlot isolé
J’ai des idées noires tu sais, une mouche dans un verre de lait
Même si je perds la mémoire, je bois pour oublier

Et j’entends les sirènes
Résonner au loin
Elles vont, elles viennent
Chercher les marins
Et j’entends les sirènes
Dans la tempête au loin
Avec la vie que je mène
Elles viendront pour moi demain

J’entends les sirènes
J’ai plongé profond
Ma tristesse est comme la mer
Elle n’a pas de fond

Tel un Jack Sparrow, je rabaisse mes manches

(Christophe Maé) (Paul Ecole)

 

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