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Posts Tagged ‘(Paul Eluard)’

SEULE (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



Tereza Vlcková -a-perfect-day-elise...-tripo

SEULE
à Gérard Vulliamy

Tout se résout dit-elle en s’éveillant
Car le sommeil m’a donné à penser
Et ma mémoire est un fruit savoureux
Plus savoureux que le soleil nouveau
Qui doucement éclaire mes draps chauds

Mémoire et même du désert et du silence

Joli désert où la mort est légion
Le cœur parcelle et le temps dispersion
Silence noir où tout se contredit

Elle s’éveille et ses yeux ne sont plus
Ces îles loin à l’horizon du corps
On y pénètre on y chante on y rit
Le jour bâillonne le silence.

(Paul Eluard)

Illustration: Tereza Vlcková

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Je vis dans les images (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



 

Carl Warner -13

Je vis dans les images innombrables des saisons
Et des années
Je vis dans les images innombrables de la vie
Dans la dentelle
Des formes des couleurs des gestes des paroles
Dans la beauté surprise
Dans la laideur commune
Dans la clarté fraîche aux pensées chaude aux désirs
Je vis dans la misère et la tristesse et je résiste
Je vis malgré la mort

Je vis dans la rivière atténuée et flamboyante
Sombre et limpide
Rivière d’yeux et de paupières
Dans la forêt sans air dans la prairie béate
Vers une mer au loin nouée au ciel perdu
Je vis dans le désert d’un peuple pétrifié
Dans le fourmillement de l’homme solitaire
Et dans mes frères retrouvés
Je vis en même temps dans la famine et l’abondance
Dans le désarroi du jour et dans l’ordre des ténèbres

Je réponds de la vie je réponds d’aujourd’hui
Et de demain
Sur la limite et l’étendue
Sur le feu et sur la fumée
Sur la raison sur la folie
Malgré la mort malgré la terre moins réelle
Que les images innombrables de la mort
Je suis sur terre et tout est sur terre avec moi
Les étoiles sont dans mes yeux j’enfante les mystères
A la mesure de la terre suffisante

La mémoire et l’espoir n’ont pas pour bornes les mystères
Mais de fonder la vie de demain d’aujourd’hui.

(Paul Eluard)

Illustration: Carl Warner

 

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Je me suis séparé de toi (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2022



Illustration
    
Je me suis séparé de toi
Mais l’amour me précédait encore
Et quand j’ai tendu les bras
La douleur est venue s’y faire plus amère
Tout le désert à boire

Pour me séparer de moi-même.

(Paul Eluard)

Recueil:… Bleue comme une orange
Traduction:
Editions: Alternatives

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Le front aux vitres (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2022




    
Le front aux vitres comme font
les veilleurs de chagrin
Ciel dont j’ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent

Le front aux vitres comme font
les veilleurs de chagrin
Je te cherche par delà l’attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t’aime
Lequel de nous deux est absent.

(Paul Eluard)

Recueil:… Bleue comme une orange
Traduction:
Editions: Alternatives

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Si calme la peau grise (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2022



Illustration: Lauri Blank
    
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givre
Elle n’a plus de la lumière que les formes.

Amoureuse cela lui va bien d’être belle
Elle n’attend pas le printemps.

La fatigue la nuit le repos le silence
Tout un monde vivant entre des astres morts
La confiance dans la durée
Elle est toujours visible quand elle aime.

(Paul Eluard)

Recueil:… Bleue comme une orange
Traduction:
Editions: Alternatives

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Chat (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Chat

Pour ne poser qu’un doigt dessus
Le chat est bien trop grosse bête.
Sa queue rejoint sa tête,
Il tourne dans ce cercle
Et répond à la caresse.

Mais, la nuit, l’homme voit ses yeux
Dont la pâleur est le seul don.
Ils sont trop gros pour qu’il les cache
Et trop lourds pour le vent perdu du rêve.

Quand le chat danse
c’est pour isoler sa prison
Et quand il pense
C’est jusqu’aux murs de ses yeux.

(Paul Eluard)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Sœurs d’espérance (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022


 


 

Mai Thu -- la guerre df09

Sœurs d’espérance

Sœurs d’espérance ô femmes courageuses
Contre la mort vous avez fait un pacte
Celui d’unir les vertus de l’amour

Ô mes sœurs survivantes
Vous jouez votre vie
Pour que la vie triomphe

Le jour est proche ô mes sœurs de grandeur
Où nous rirons des mots guerre et misère
Rien ne tiendra de ce qui fut douleur

Chaque visage aura droit aux caresses.

(Paul Eluard)

Illustration: Mai Thu

 

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Le dernier des « Sept Poèmes d’amour en guerre » (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022




    
Le dernier des « Sept Poèmes d’amour en guerre »

Au nom du front parfait profond
Au nom des yeux que je regarde
Et de la bouche que j’embrasse
Pour aujourd’hui et pour toujours

Au nom de l’amour enterré
Au nom des larmes dans le noir
Au nom des plaintes qui font rire
Au nom des rires qui font peur

Au nom des rires dans la rue
De la douceur qui lie nos mains
Au nom des fruits couvrant les fleurs
Sur une terre belle et bonne

Au nom des hommes en prison
Au nom des femmes déportées
Au nom de tous nos camarades
Martyrisés et massacrés
Pour n’avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère
Et faire se lever le fer
Pour préserver l’image haute
Des innocents partout traqués
Et qui partout vont triompher.

(Paul Éluard)

 

Recueil: Au rendez-vous allemand
Traduction:
Editions:

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Ses yeux sont la fraîcheur de l’été (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2021



Illustration
    
Ses yeux sont la fraîcheur de l’été
La chaleur de l’hiver
Ses yeux s’ajourent rient très fort
Ses yeux joueurs gagnent leur part de clarté

(Paul Eluard)

Recueil: La vie immédiate suivi de La rose publique et de les Yeux fertiles
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le corps et les honneurs profanes (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2021




    
Le corps et les honneurs profanes
Incroyable conspiration
Des angles doux comme des ailes

— Mais la main qui me caresse
C’est mon rire qui l’ouvre
C’est ma gorge qui la retient
Qui la supprime.

Incroyable conspiration
Des découvertes et des surprises.

(Paul Eluard)

Recueil: La vie immédiate suivi de La rose publique et de les Yeux fertiles
Traduction:
Editions: Gallimard

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