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Poésie

Posts Tagged ‘accorder’

Il paraît que la statue (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



Illustration: Salvador Dali
    
Il paraît que la statue près de laquelle le chiendent de mes terminaisons nerveuses
Arrive à destination est accordée chaque nuit
comme un piano

(André Breton)

 

Recueil:
Traduction:
Editions:
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Je fais apparaître les désordres fluides du vivant (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018




je fais apparaître
les désordres fluides du vivant
les marbres tremblés du temps
jusqu’à resplendir
jusqu’à m’accorder
au mouvement perpétuel de la lumière

(Zéno Bianu)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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ÉTOILE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 

ÉTOILE

Étoile, ma seule étoile
Dans la nuit pauvre, désolée,
Tu brilles pour moi seul,
Dans ma solitude tu brilles;
Mais, étoile à jamais
Lumineuse, pour moi
Trop court est ton délai,
La lumière que tu m’accordes
Avive seulement
Mon désespoir.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Renaud Baltzinger

 

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LUMIÈRE DE SCALPAY (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



 

sunset over loch carron

LUMIÈRE DE SCALPAY

Voici le sommet de la contemplation, et
nul art ne saurait l’atteindre
bleu, si bleu, le lointain archipel, et
la mer qui miroite, miroite
nul art ne saurait l’atteindre, l’esprit ne peut
que tenter de s’y accorder
de s’apaiser, de s’espacer, tenter
de s’ouvrir, tranquille, au-delà du monde
révélé lui-même en terre de diamant,
dans la lumière au-delà des mots

*

A HIGH BLUE DAY ON SCALPAY

This is the summit of contemp la tion, and
no art can touch it
blue, so blue, the far-out archipelago, and
the sea shimmering, shimmering
no art can touch it, the mind can only
try to become attuned to it
to become quiet, and space itself out, to
become open and still, unworlded
knowing itself in the diamond country, in
the ultimate unlettered light

(Kenneth White)

Illustration

 

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Les longs jours les jours bas (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Les longs jours les jours bas les nuits les jours les veilles
et chaque heure envolée sur le rayon des heures
veille qui ressemble à la veille… Les sommeils
submergent étonnés dans l’étang des malheurs
les dormeurs engourdis par le poids des matins.
Les grisards et les pies singent des vols plus doux
dans ces immenses ciels ouverts comme les ports.
Le ballet des vivants lointains comme des morts
les morts les vrais morts moins morts que leurs survivants
du troupeau des amours le bruit sourd qui s’éteint
accordent en mineur et font durer en nous
le chant du temps perdu de la lande et du vent.

(Armand Lanoux)


Illustration

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A présent (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



Illustration: Nupur Choudhary 
    
A présent le souci de parler
sur tant d’évidences
pèse lourd
Le livre est à sa fin
sans plus de forces
Les formes aimables
le débordent

Et donc regarde-moi
C’est ma supplique
A la dérobée regarde-moi
Puis viens vers tous ces signes
noircis en juste perte
Accorde-leur l’amitié
d’un long regard

Que ta noblesse les anime

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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EN CHINE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



EN CHINE

Alors, la jambe, ça va, père Wan-tou-fou ?
Vous êtes alerte, ce matin.
— Guérie, cher enfant, elle est meilleure que l’autre maintenant.
— Et madame Wan-tou-fou ?
— Rajeunie, délicieuse, de nouveau dix-sept ans ;
les seins de jade et elle m’adore.
— C’est le bonheur, ô Wan-tou-fou et cependant ce fils mort et la guerre ?
— Ressucité, mon ami, resssucité. Il remplit la maison de ses chants.
J’ai demandé ces bienfaits à Bouddha qui m’a tout accordé sur l’heure.

Et Wan-tou-fou s’en fut, claudiquant de plus belle.

(Norge)

 

 

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Je divague (Alain Jégou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Je divague.
J’erre de vague en vague
et cherche mon amer,
mon aber,
mon havre calfeutré
dans sa cotte de pensées.
La solitude me sied.
Je n’appelle plus personne.
Personne ne m’appelle.
Plus de liens.
Plus de chaleur.
Plus de cœur.
Plus de chair.
Plus de désirs.
Plus d’âme.
Plus de pensées torves
et tourmenteuses.
Donc plus de souffrances ni de nausées.
Plus rien que la mer spacieuse
et silencieuse.
Elle, éternelle, inébranlable,
et moi
qui ne me sentirait jamais aussi vivant
que lorsqu’elle m’accorde
ses plus tendres et sensuels effleurements.

(Alain Jégou)


Illustration: Clark Little

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J’ai vécu le retrait (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



J’ai vécu le retrait
le repliement la solitude
auxquels m’astreignait
le périple de la quête de soi
et la voix que j’étouffais
ne cessait d’implorer
accordez-moi un sourire
une poignée de main
ce signe d’amitié
qui apaiserait le besoin
que j’ai de vous

(Charles Juliet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Psyché, ma soeur (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne…
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux.
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor… Personne
N’est plus heureux, ce soir, n’est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l’ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s’apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d’or.

C’est notre heure éternelle, éternellement grande,
L’heure qui va survivre à l’éphémère amour,
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d’un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m’attendrez plus,
Quand d’autres, s’il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu’un soir nous vécûmes ensemble
L’heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche, à l’épaule qui tremble,
L’esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu’un soir, couchés sur notre couche
En caressant nos doigts frémissants de s’unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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