Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘accorder’

Même après la nuit de la chute (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




    

Même après la nuit de la chute
jusqu’à l’abîme, tu resteras
dans les orbites de nos proches et amis
Une demeure : La poésie comme l’amour a ses portes et ses légendes
Elle accorde pour les amants et les poètes les baies de ses désirs,
les couches de ses voluptés,
et ses répits.
Notre mort sera
une autre langue
dans les ascensions de nos futurs secrets.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRIÈRE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019




    
PRIÈRE

Lorsque je me lèverai
du tourbillon de la promiscuité
en une sphère limpide émerveillée

Lorsque ma pesanteur me sera devenue légère

Accorde-moi Seigneur le naufrage
au premier cri de cette jeune journée.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L amour et le désir ne se supportent pas (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration
    
L amour et le désir ne se supportent pas
Rien ne les accorde
L’un se souvient toujours
L’autre oublie souvent
L’un veut toujours donner
L’autre prend presque tout le temps
L’un a toutes les vertus
L’autre toutes les tentations.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Intérieurement (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


Factory 7

Intérieurement
nous parlions du mur en termes confus,
à peine vêtu de pierres
nous l’imaginions venu à nous
pour retenir la terre,
avec sa propre clarté.

Il appelait en nous un chant obscur
pour gagner le jour.

Nous le pensions au-dessus,
hors d’atteinte,
accordé au temps.

(Georges Drano)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

James Joyce (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019


 


 

James Joyce

Dans un jour de l’homme sont réunis
les jours du temps, depuis l’inconcevable
jour initial où un Dieu effroyable
fixa d’avance jours et agonies,
jusqu’au jour où le fleuve omniprésent
du temps humain revivra sa naissance,
l’Éternel, et mourra dans le présent,
l’hier, le futur, et dans mon existence.
Entre l’aube et la mort, il y a l’histoire
universelle de la nuit, je peux
voir à mes pieds les chemins de l’Hébreu,
Carthage annihilée, Enfer et Gloire.
Accorde-moi, seigneur, joie, force, amour,
pour affronter la cime de ce jour.

(Jorge Luis Borges)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

NUIT DE PLUIE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019




    
NUIT DE PLUIE
Badalratri

Chant
Connais-tu ma peine
la connais-tu ô ami
mon très lointain ami —
en cette nuit de ténèbres éblouie d’éclairs
mon coeur tressaille par nuées et vents
ô ami, le sais-tu seulement!
mon ardente veillée de douleur ma nuit
se passeront-elles en vain!

ô ami, mon ami si lointain,
te souvient-il du brin de malati
que sous ma porte tu plantas
le vent de pluie l’a fait fleurir
de sa verte main —
ô ami, le sais-tu seulement ?

La vînâ que tu accordas jadis
est en pleurs dans mes bras aujourd’hui,
le sais-tu seulement mon ami!
elle est à toi cette vînâ,
l’aurais-tu oubliée ô ami,
mon très lointain ami!

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

    

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le chant que je devais chanter (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Le chant que je devais chanter n’a pas été chanté jusqu’à ce jour.
J’ai passé mes jours à accorder et à désaccorder ma lyre.
Je n’ai pu trouver le juste rythme;
les mots n’ont pas été bien assemblés;
il reste seulement l’agonie du souhait dans mon coeur.
La fleur ne s’est pas ouverte; seulement, auprès d’elle, le vent soupire.
Je n’ai pas vu sa face, je n’ai pas prêté l’oreille à sa voix;
seulement, j’ai entendu ses pas tranquilles sur la route devant ma maison.
Tout le long jour de ma vie s’est écoulé tandis que je dressais dans ma maison son siège;
mais la lampe n’a pas été allumée, et je ne puis l’inviter à entrer.
Je vis dans l’espoir de sa rencontre;
mais cette rencontre n’est pas encore.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DON DE L’HUMBLE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Catherine Fortin

    
DON DE L’HUMBLE

Le désert se lamente : tu m’apportes tant d’eau, pauvre créature que je suis,
Que puis-je t’offrir en échange ? Je ne possède rien !

Le nuage répond : Ô désert, je ne te demande rien,
Tu m’accordes le plaisir de te laisser un don.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’OISEAU D’OR DE BRANCUSI (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019



Illustration: Constantin Brancusi   
    
L’OISEAU D’OR DE BRANCUSI

Et le jouet
devint l’archétype esthétique

Comme si la patience de quelque Dieu paysan
avait poli et poli
l’Alpha et l’Oméga
de la forme
à partir d’une masse de métal

Orientation dénudée
désempennée déplumée
dans la dynamique du vol
le rythme final
a élagué les extrémités
de crêtes et de serres

L’acte absolu
de l’art
accorda
à la chasteté de la sculpture
‒ nue comme l’arcade d’Osiris –
sein de la révélation

une courbe incandescente
léchée par les flammes chromatiques
dans les labyrinthes du jeu des reflets

L’hyperesthétisme
de ce gong de cuivre affiné
transperce l’air
comme

la lumière agressive
délivre
sa signification

L’immaculée
conception
de l’inaudible oiseau
jaillit
d’une superbe retenue

(Mina Loy)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Voyages de minuit (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Voyages de minuit.
Retours des abîmes qui concernent
le refuge d’être vivants, dans l’ombre,
au bord de l’abîme total.

On a essayé de se bander les yeux
ou d’accéder aux cécités provisoires que la vie nous accorde,
mais le pouvoir de la vision perfore tous les murs
et nous fige dans la haute mer muette.

Voyages de minuit.

Après quoi on peut voyager n’importe où,
et prendre dans la main la pensée
comme une petite lampe votive
dans ce temple dénudé.

***

Viajes de la medianoche.
Regresos de los abismos relativos
al refugio de estar vivos, en la sombra,
al borde del abismo total.

Hemos tratado de vendarnos los ojos
o acceder a las cegueras provisorias que la vida nos permite,
pero et goder de la visíon perfora cualquier mura
y nos planta en los piélagos callados.

Viajes de la medianoche.

Después se puede viajar a cualquier parte
y tomar en la mano el pensamiento
como una pequeña lámpara votiva
en este templo desnudo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :