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Poésie

Posts Tagged ‘dehors’

Sera comblé (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Sera comblé

Celui pour qui l’espace
Ne sera pas dehors.

Ecoute en toi le merle
Comme il t’habite.

Regarde-toi par lui
T’étendre sur la plaine.

(Guillevic)

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Ce corps noueux (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ce corps noueux
ce regard brisé
ce visage érodé
ce feu aux cheveux

ces mots dehors

c’est toi, toi et toi
et la blessure
inlassable des rêves
dans tes pas futurs

(Gaston Miron)


Illustration

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Il était un musicien juif, un Alexandre Herzevitch (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
Il était un musicien juif,
un Alexandre Herzevitch
qui faisait tournoyer Schubert
comme un diamant pur.

Du matin jusqu’au soir — et couac !
Ressassant la ritournelle,
la même sonate éternelle
il bassinait les oreilles…

Quoi, Alexandre Herzevitch,
dehors… il fait si noir ?
Laisse, Alexandre Serce-vitch :
Là-bas ? qu’importe va !

Que l’Italienne mignonette
tant que crisse la neige
sur ses jolis traîneaux étroits
vole après Schubert là-bas…
aux accents d’une musique de ciel
la mort ne nous fait pas peur
ni même pendre à la patère,
triste pelisse de corneille…

laisse, Alexandre Scherzo-vitch
là-bas ? qu’importe va!

***

Жил Александр Герцевич,
Еврейский музыкант, –
Он Шуберта наверчивал
Как чистый бриллиант.

И всласть, с утра до вечера,
Заученную вхруст,
Одну сонату вечную
Играл он наизусть…

Что, Александр Герцевич,
На улице темно ?
Брось, Александр Сердцевич, –
Чего там ? Все равно !

Пускай там итальяночка,
Покуда снег хрустит,
На узеньких на саночках
За Шубертом летит :

Нам с музыкой-голубою
Не страшно умереть,
Там хоть вороньей шубою
На вешалке висеть…

Все, Александр Герцевич,
Заверчено давно.
Брось, Александр Скерцевич.
Чего там ! Все равно !

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

    

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On écrit pour apaiser… (Maria Desmée)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
On écrit pour apaiser…

On écrit pour apaiser
Quelque chose
Mais quoi
Et de quelle façon
L’amour
Perdu
Jamais trouvé
L’amour présent
On ne l’écrit pas
Plus tard
Quand il sera parti
L’amour tout court
L’amour de tout

On cherche
On ne sait pas
Peut-être
Pour être
On le croit

Dehors les mots tourbillonnent
Avec les feuilles
Traversant la balançoire des répliques
Tu traverses ma peau d’écume
Avec ton regard

(Maria Desmée)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: De quelle nuit
Traduction:
Editions: Henry

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Les morts minuscules (Monika Herceg)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    
les morts minuscules

nous respirons bruyamment de chaleur suffocante
dormant dans la même pièce
l’angoisse plus lourde que l’air
remplit l’espace comme le dioxyde de carbone
et nous étouffons dans le cauchemar

dans le rêve de mon père le vide prolifère
comme les doryphores sur les pommes de terre
jusqu’à la destruction complète des plantations
souvent il tousse
comme un chat qui rejette
une boule de poils
mon frère grince des dents
ma mère est immobile
les lèvres serrées
à l’image de la madone qu’elle prie
quelquefois je me penche sur son visage
pour vérifier si elle respire

j’écoute aussi
nos pieds dépasser les chaussures devenues étroites
nos cheveux s’assombrir
nos cartilages s’user à courir
dehors l’atmosphère se consume

et en nous brûlent nos corps d’enfants
comme les bougies d’anniversaire
suffisamment vite pour que le matin on
ne s’en souvienne plus

(Monika Herceg)

Traduit du croate par Martina Kramer

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Étrangers… (Domenico Brancale)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021



    

Étrangers…

Étrangers. Les jours ne cadrent pas. Pour
différentes raisons. Nous vivons derrière
les paupières d’une personne. Dehors
résiste. Obstinément. Dehors limite.
Derrière nous vivons.

Lumière. Dedans.
Irruption jusque là où l’emporte le noir.
«Parce que incandescente. Parce que nul ne lui résisterait ».
Dehors est un périmètre évanoui.
Les corps vaquent. La main aux aguets.

(Domenico Brancale)

Traduit de l’italien par Jean-Charles Vegliante.

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Alors que mon enfant joue encore dehors (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2020




    
Alors que mon enfant joue encore dehors,
je sors sa petite locomotive,
et m’amuse à la faire rouler.

***

(Ishikawa Takuboku)

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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J’entrouvre, au matin (Françoise Vignet)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



    

J’entrouvre, au matin, les volets sur l’été.

Le soleil entre à demi-mot, se glisse parmi la pénombre – laissant dehors les feuilles balancer. Des rais de lumière s’entrecroisent au-dedans, décalquent au sol les rideaux, bientôt bâtissent le silence dont ils sont poutres charpentières.

Surgit alors un temps d’enfance, de délivrance, un temps de chapelle peut-être.

Les mots sont pleins.

(Françoise Vignet)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Numéro 128
Traduction:
Editions: Arpa

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Fêlure (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



Fêlure

c’est par la fêlure
que dedans et dehors
mêlent leurs eaux

(Charles Juliet)

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Ne te refuse jamais au quotidien (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



ne marche
nulle part ailleurs
que sur terre
et ne te refuse
jamais
au quotidien

tu sais maintenant
que dedans et dehors
n’avaient pas à s’exclure

(Charles Juliet)

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