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Poésie

Posts Tagged ‘dehors’

Être (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
Être
Où et quoi ?

N’importe où,
Mais pas rien qu’en soi.

Être dans le monde
Fragment, élément du monde.

Supérieur à rien,
Pas à quiconque, pas à la pluie qui tombe,

Se sentir égal
Et pareil au pissenlit, à la limace,

Inférieur à rien,
Ni au baobab, ni à l’horizon,

Vivre avec tout
Ce qui est en dehors et en dedans,

Tout ce qui est au monde,
Dans le monde,

Fétu de paille, non!
Cathédrale, non!

Un souffle
Qui essaie de durer.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un ermite en montagne (Gude)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022




    
Un ermite en montagne

Un oiseau mystérieux vient devant sa fenêtre,
Le bonze aux cheveux blancs s’éveille de sa sieste.
Descendant de son lit, il ouvre ses deux yeux
Et s’aperçoit alors que le ciel est dehors.

(Gude)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Parler de nourriture ne remplit pas le ventre (Hanshan)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    
Parler de nourriture ne remplit pas le ventre,
Parler de vêtements n’évite pas le froid.
Pour se remplir le ventre, il ne faut que du riz,
Et se vêtir d’habits pour se garder du froid.
La pensée est bornée; faute de le comprendre,
S’adresser au Bouddha vous paraît difficile.
Revenez en vous-même et voici le Bouddha,
Ne tournez plus la tête pour regarder dehors.

(Hanshan)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Des filles chantent (Rainer-Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Des filles chantent:

L’époque dont les mères ont parlé
n’a pas trouvé l’accès de nos alcôves,
et tout y est resté lisse et clair. Elles
nous disent qu’elles se brisèrent lors
d’une année fouaillée de tempête.

Nous ne savons pas : qu’est-ce que c’est la tempête ?

Nous habitons toujours dans les profondeurs de la tour,
et parfois, de loin seulement, nous entendons
dehors les forêts bruire dans le vent ;
une fois, une étoile étrangère
s’est arrêtée chez nous.

Et puis si nous sommes au jardin, nous
tremblons que cela ne commence, et
nous attendons jour après jour —
Mais il n’est nulle part un vent
qui voudrait nous plier.

***

Longtemps nous avons ri dans la
lumière, et chacune apportait à l’autre
des brassées d’oeillets et de résédas,
solennellement, comme à une promise
et c’était devinette et réponse.

Puis avec le nom de la nuit,
lentement, le silence s’est étoilé.
Nous fûmes alors comme réveillées de tout, et
très éloignées l’une de l’autre :
nous avons appris le désir, qui rend triste,
comme une chanson…

***

Les filles, sur la pente du jardin,
ont ri longtemps,
et en chantant,
comme si elles avaient fait une longue marche,
se sont fatiguées.

Les filles à côté des cyprès
tremblent : l’heure
commence où elles ignorent
de qui seront toutes choses.

(Rainer-Maria Rilke)

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Promenade (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2022



Illustration Arbreaphotos
    
Promenade

Dans les paysages du dehors je me distrais
Des parois qui au dedans se disposent
En caves, labyrinthe et ratière.
Sous le ciel libéré je suis ébloui et tombe,
De vert et de soleil les oiseaux me composent
En pierre de lumière cette poussière.

***

Passeio

Nas paisagens de fora me distraio
Dos paredões que dentro se dispõem
Em caves, labirinto e ratoeira.
Sob o liberto céu deslumbro e caio,
De verde e sol as aves me compõem
Numa pedra de luz esta poeira.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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Dehors dans le jardin (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
Dehors dans le jardin

Dehors dans le jardin,
Dehors dans le noir venteux, berçant,
Sous les arbres et sur les lits de fleurs,
Sur l’herbe et sous la bordure des haies,

Quelqu’un balaie, balaie,
Un quelconque vieux jardinier.
Dehors dans le noir venteux, berçant,
Quelqu’un secrètement remet de l’ordre,
Quelqu’un se glisse, se glisse.

***

Out in the Garden

Out in the garden,
Out in the windy, swinging dark,
Under the trees and over the flower-beds,
Over the grass and under the hedge border,
Someone is sweeping, sweeping,
Some old gardener.
Out in the windy, swinging dark,
Someone is secretly putting in order,
Someone is creeping, creeping.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Il y a suffisamment (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022




Il y a suffisamment de souffrance
D’enfants sans foyer
D’oiseaux sans nid
Pour y ajouter la colère

Il y a suffisamment de murs
Pour enfermer l’univers
De déchets d’usines
Pour polluer les rivières

Mais y a-t-il assez de branches
Pour y accrocher les fruits
De fleurs et d’herbe
Pour y recevoir la rosée ?

Y a-t-il assez de miroirs
Pour capter la lumière
Et réfléchir la beauté ?

Y a-t-il assez de maisons
Pour laisser le froid dehors
Et de rêves pour bercer les enfants ?

(Jean-Baptiste Besnard)

Trouvé chez Jean-Baptiste ici

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Tous les arbres couleurs (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



Illustration: Danielle Rannou
    
Tous les arbres couleurs les érables surtout
un jour d’automne pourtant gris
que dedans c’est comme on pourrait pleurer
parce que la solitude et rien
çа fait quand même ces feuillages
des sortes de verreries comme à la fois simples
et curieusement compliquées
on les aurait disposées
dans les buissons sur le pré dehors
dedans c’est comme on pourrait sourire
la solitude en couleurs quand même rien.

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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L’amour seul (Henri Deluy)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2022


amour

Le dehors fait mal.
Le dedans fait mal.

L’amour seul.

(Henri Deluy)

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Tout est vent (Henri Deluy)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2022


Le_Vent-amoureux

Dehors tout est vent
Mouvement qui rend heureux…

(Henri Deluy)

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