Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dehors’

La vue (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021


la vue plie dehors sur dedans

île de nuage et de bulle
à l’intérieur ce pli de rien

le toi s’y replie sur l’autre
même toi que toi tout en rien

le corps s’apprend par le désir
les yeux le perdent là fixé

toujours l’âme s’empaille
de quelque regard d’ange

(Bernard Noël)

Illustration: Fabienne Contat

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L’IMAGE VAGABONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
L’IMAGE VAGABONDE

En quelle bouche boit la lumière, en quel lieu brille
le monde ? Il n’y a pas de portes dérobées
et le rêve est autant dehors que dedans, une image
évanescente qui laisse une ligne fine
sur la peau du temps. Comme si j’entendais
un arc très blanc tendu sur un feuillage rougeoyant.
Aimer cette lumière d’herbes, cette ombre de la terre ?
Mon doigt effleure une tige sous des cendres,
et ce n’est pas un oeil qui roule au centre d’un cratère,
mais le sang d’un bois, un incendie vagabond
de mots et de cris parmi les étoiles du vent.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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LA FÊLÉE (Gérard Mordillat)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
LA FÊLÉE

Sombre et déconvenu
Le poète à ras de terre
Regarde le présent

Dehors, dans son exil
Pour moins d’une larme
Le froid vend son art
À qui lui tend la main

Il guette la lézarde
La fêlure du ciel
Où ta voix se glisse
Jusqu’à lui…

(Gérard Mordillat)

 

Recueil: Le linceul du vieux monde
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Banc et branche (Stéphane Bernard)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2021




Illustration: ArbreaPhotos

    
Banc et branche

Des volumes de sang ou de sève,
horizontaux ou dressés,
tournoient, nagent, croissent,
sont secoués,
se taisent, chantent ou bruissent.
Des ondes froissent et se froissent.

Dehors est ce bloc de vies
dans quoi les deux nôtres figées on pris.
Face à face, œil contre œil,
un courant nous sépare.

Héron, n’être qu’instinct, comment est-ce ?
Vaut-il mieux être un homme ?
L’intelligence est un leurre.
Nous ne pouvons rien saisir,
pas de message,
n’avons rien à transmettre qu’un cri.

(Stéphane Bernard)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Combattant varié
Traduction:
Editions: Aux Cailloux des Chemins

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Sera comblé (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Sera comblé

Celui pour qui l’espace
Ne sera pas dehors.

Ecoute en toi le merle
Comme il t’habite.

Regarde-toi par lui
T’étendre sur la plaine.

(Guillevic)

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Ce corps noueux (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ce corps noueux
ce regard brisé
ce visage érodé
ce feu aux cheveux

ces mots dehors

c’est toi, toi et toi
et la blessure
inlassable des rêves
dans tes pas futurs

(Gaston Miron)


Illustration

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Il était un musicien juif, un Alexandre Herzevitch (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
Il était un musicien juif,
un Alexandre Herzevitch
qui faisait tournoyer Schubert
comme un diamant pur.

Du matin jusqu’au soir — et couac !
Ressassant la ritournelle,
la même sonate éternelle
il bassinait les oreilles…

Quoi, Alexandre Herzevitch,
dehors… il fait si noir ?
Laisse, Alexandre Serce-vitch :
Là-bas ? qu’importe va !

Que l’Italienne mignonette
tant que crisse la neige
sur ses jolis traîneaux étroits
vole après Schubert là-bas…
aux accents d’une musique de ciel
la mort ne nous fait pas peur
ni même pendre à la patère,
triste pelisse de corneille…

laisse, Alexandre Scherzo-vitch
là-bas ? qu’importe va!

***

Жил Александр Герцевич,
Еврейский музыкант, –
Он Шуберта наверчивал
Как чистый бриллиант.

И всласть, с утра до вечера,
Заученную вхруст,
Одну сонату вечную
Играл он наизусть…

Что, Александр Герцевич,
На улице темно ?
Брось, Александр Сердцевич, –
Чего там ? Все равно !

Пускай там итальяночка,
Покуда снег хрустит,
На узеньких на саночках
За Шубертом летит :

Нам с музыкой-голубою
Не страшно умереть,
Там хоть вороньей шубою
На вешалке висеть…

Все, Александр Герцевич,
Заверчено давно.
Брось, Александр Скерцевич.
Чего там ! Все равно !

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

    

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On écrit pour apaiser… (Maria Desmée)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
On écrit pour apaiser…

On écrit pour apaiser
Quelque chose
Mais quoi
Et de quelle façon
L’amour
Perdu
Jamais trouvé
L’amour présent
On ne l’écrit pas
Plus tard
Quand il sera parti
L’amour tout court
L’amour de tout

On cherche
On ne sait pas
Peut-être
Pour être
On le croit

Dehors les mots tourbillonnent
Avec les feuilles
Traversant la balançoire des répliques
Tu traverses ma peau d’écume
Avec ton regard

(Maria Desmée)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: De quelle nuit
Traduction:
Editions: Henry

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Les morts minuscules (Monika Herceg)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    
les morts minuscules

nous respirons bruyamment de chaleur suffocante
dormant dans la même pièce
l’angoisse plus lourde que l’air
remplit l’espace comme le dioxyde de carbone
et nous étouffons dans le cauchemar

dans le rêve de mon père le vide prolifère
comme les doryphores sur les pommes de terre
jusqu’à la destruction complète des plantations
souvent il tousse
comme un chat qui rejette
une boule de poils
mon frère grince des dents
ma mère est immobile
les lèvres serrées
à l’image de la madone qu’elle prie
quelquefois je me penche sur son visage
pour vérifier si elle respire

j’écoute aussi
nos pieds dépasser les chaussures devenues étroites
nos cheveux s’assombrir
nos cartilages s’user à courir
dehors l’atmosphère se consume

et en nous brûlent nos corps d’enfants
comme les bougies d’anniversaire
suffisamment vite pour que le matin on
ne s’en souvienne plus

(Monika Herceg)

Traduit du croate par Martina Kramer

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Étrangers… (Domenico Brancale)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021



    

Étrangers…

Étrangers. Les jours ne cadrent pas. Pour
différentes raisons. Nous vivons derrière
les paupières d’une personne. Dehors
résiste. Obstinément. Dehors limite.
Derrière nous vivons.

Lumière. Dedans.
Irruption jusque là où l’emporte le noir.
«Parce que incandescente. Parce que nul ne lui résisterait ».
Dehors est un périmètre évanoui.
Les corps vaquent. La main aux aguets.

(Domenico Brancale)

Traduit de l’italien par Jean-Charles Vegliante.

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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