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Poésie

Posts Tagged ‘pardon’

LE DÉPART (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019




    
LE DÉPART

En face, l’océan de paix,
Fais démarrer l’esquif, ô Timonier.
Tu seras le compagnon éternel,
Accepte, accepte-moi sur ton giron,
Sur le chemin de l’infini s’allumeront
Les rayons de l’étoile polaire.

Délivreur, ton pardon, ta compassion
Seront les deniers de ce périple pérenne.
Que ce qui t’attache à la terre se dissolve ;
Le vaste univers m’accueille dans ses bras.
Que dans le coeur se fasse connaître
L’identité sans crainte du grand Inconnu.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Le son de sa voix n’est plus dans mon oreille (René Maublanc)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Camille Godet [800x600]

Je n’irai pas au cimetière
Je cherche son souvenir,
Et non son cadavre.

***

C’est dans sa chambre,
Où flotte encore son âme,
Qu’est son vrai tombeau.

***

Le son de sa voix
N’est plus dans mon oreille;
Vais-je oublier – déjà ?

***

Mes amis sont morts.
Je m’en suis fait d’autres.
Pardon…

***

La nature a jeté
Sur les ruines humaines
La pitié de la neige.

***

Soleil de juin.
Le soldat, penché, veut boire
toute l’eau de la borne-fontaine.

(René Maublanc)

Illustration: Camille Godet

 

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C’est toi, douce lune (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2019



La Soeur blanche m’a regardé fixement.
Hélas, encore un:
Il va falloir écrire à la famille.

***

Au ciel pâle
Ce flocon de shrapnell ?
Oh! pardon, c’est toi, douce lune.

(Jean Breton)

 

 

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La pâle odeur des lys (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

La pâle odeur des lys épanche le sommeil,
ô neige patiente où s’endort le soleil,
pour le pardon de l’homme et le pardon du crime.

(Géo Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Le poème ne se fabrique pas (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




    
Le poème ne se fabrique pas
Il ne se possède pas
Il ne s’obtient pas au mérite
Il ne prouve pas sa conformité
C’est un chant clandestin
Un don reçu
Un présent inespéré
Un cerceau faisant rouler la nuit
Autour des hanches du silence
Une main posée sur la tempe bleue du temps
Une ombre qui tient tête au soleil
L’éblouissement d’un amour gracieux
La simplicité d’un pardon sans aveu

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Oh le doux champagne (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



oh le doux champagne
de tes vagues un peu
tiédies

pardon de ne pas être devenue
une sirène
ce soir …

(Katell Antoine)

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Champ libre (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



Champ libre

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
À chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

(René Guy Cadou)

Découvert ici: https://lajumentverte.wordpress.com

Poème pour Le cahier des poésies d’Asphodèle

Illustration: Jennifer Morrison

 

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Quelle fut (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



Illustration: Giovanni d’Enrico
    
Quelle fut, Jésus, ta parole?
Amour? Pardon? Charité?
Toutes tes paroles ne furent
qu’une parole : Veillez.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Franchises vénéneuses (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
Franchises vénéneuses
salutaires mensonges
subtilités sauvages
agressives patiences
pardons impitoyables
dévorants aliments
nourrissantes morsures
baisers qui font saigner
aveux qui font mystère

Si rugueuses tendresses
si donnantes conquêtes
si riantes rigueurs
si douces cruautés
si ferventes froideurs
et si fraîches brûlures
qu’on ne sait pas
entre ombre et jour
entre supplice et volupté
où naît et meurt l’amour

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’arrive où je suis étranger (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Louis Aragon
    
J’arrive où je suis étranger
Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger

Un jour tu passes la frontière
D’où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu’importe et qu’importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon

Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l’enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C’est le grand jour qui se fait vieux

Les arbres sont beaux en automne
Mais l’enfant qu’est-il devenu
Je me regarde et je m’étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus

Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d’antan
Tomber la poussière du temps

C’est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C’est comme une eau froide qui monte
C’est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu’on corroie

C’est long d’être un homme une chose
C’est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux

O mer amère ô mer profonde
Quelle est l’heure de tes marées
Combien faut-il d’années-secondes
A l’homme pour l’homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées

Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger

(Louis Aragon)

 

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