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Posts Tagged ‘cousin’

PETITE COUSINE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019



Illustration
    
PETITE COUSINE

Cousine, petite cousine de miel sauvage, comme nous rampions
joueurs autour des pieds de table, nous approchions furtifs
des escarpins et des bottes, attrapions les lacets, vilaine,

vilaine cousine, blondes tes tresses et de bonbon
ta bouche, cette barque, cet été et ce lac
où j’inventai l’énigme de ta bouche,

aujourd’hui, tu noues toi-même tes lacets, tu es montée
dans mille trains, as pris des vols à destination de Milan
et arrêté des taxis à Prague et au Cap.

Quelque chose nous débusque, nous chasse de-ci de-là.
Ô qu’un jour me soit promis un bar de nuit
où tu consoles ma mélancolie avec des histoires,

quatre lacets noués ensemble pour toujours.

***

NICHTJE

Nichtje, wild honingnichtje, hoe we speels
langs tafelpoten kropen, pumps en laarzen
beslopen, steeds naar veters grepen, stout

stout nichtje, blond je vlechten en van snoep
je mond, die sloep, die zomer en dat meer
waar ik het raadsel van je mond uitvond,

nu strik je zelf.je veters, stapte duizend
treinen in, nam vluchten naar Milaan
en hield in Praag en Kaapstad taxi’s aan.

Jets drijft ons op. Jets jaagt ons heen en weer.
O dat mij ooit een nachtkroeg wordt beloofd
waar jij mijn heimwee met verhalen troost,

vier veters eeuwig aan elkaar geknoopt.

(Menno Wigman)

 

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Dans le silencieux automne (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration
    
Dans le silencieux automne
D’un jour mol et soyeux,
Je t’écoute en fermant les yeux,
Voisine monotone.

Ces gammes de tes doigts hardis,
C’était déjà des gammes
Quand n’étaient pas encor des dames
Mes cousines, jadis;

Et qu’aux toits noirs de la Rafette,
Où grince un fer changeant,
Les abeilles d’or et d’argent
Mettaient l’aurore en fête.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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FÊTE AUX VILLAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



FÊTE AUX VILLAGES

Le matin, nous passerons
— Nous deux, le cousin Alphonse —
Nos joues à la pierre ponce
Et puis nous emprunterons
Le char-à-bancs du Léonce.

A la fête nous irons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour manger des macarons
Poursuivre des laiderons
Jusqu’au coeur des haies de ronces,

Tirer à la loterie
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour des vases compliqués
Pour qu’au fond un oeil y rie
De nos culs alambiqués.

Le soir nous nous saoulerons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Dans les fossés roulerons
Au jour les jôs chanteront,
Nous n’y ferons point réponse !

L’endemain nous reprendrons
– Nous deux, le cousin Alphonse-
La charrue les mancherons
Et nous nous dessoulerons
Sur la terre où l’on enfonce

Quelle vie que nous vivons
– Nous deux, le cousin Alphonse !

(Maurice Fombeure)

 

 

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Comme on aimerait que tout se concerte (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Comme on aimerait cercles  l

Comme on aimerait
que tout se concerte

les dieux et les cercles
et chacun le sien

toi dans ta cahute,
moi sous le soleil

pas de luttes vaines,
l’abîme pareil

fais-toi philosophe,
mon noble cousin

si tu ne crois rien
la folie te guette.

(Claude Esteban)

Illustration: Kandisky 

 

Comme on aimerait
que tout se concerte

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VISITATION (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
VISITATION
En ce temps-là, Marie se levant,
s’en alla en hâte au pays des montagnes.
Luc, 1, 39.

PRÉLUDE

La femme du charpentier
A pris un petit sentier
Qui va dans les fleurs et gagne
Un pays de la montagne
En suivant les églantiers.

Elle est partie au réveil,
Le coeur frais dans le soleil.
À peine elle ouvre sa porte
Que la joie au foin l’emporte
À travers l’été vermeil.

À sa cousine là-bas,
Elle apporte de ce pas
Sous son voile une nouvelle
Si merveilleuse, si belle,
Que c’est à n’y croire pas.

Son secret tremble et pourtant
Veut s’échapper à l’instant…
Les petits oiseaux qui vivent
Dans le bleu du ciel la suivent
Pour chanter en même temps.

Son chemin va tout entier
Se jeter dans l’amitié.
Le monde en fleurs l’accompagne…
Un toit, là, sur la montagne,
L’attend près du noisetier.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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BARBERINE (Wolfgang Amadeus Mozart)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



    

BARBERINE

Je l’ai perdue, quel malheur !
Qui sait où elle est?
Je ne la trouve pas,
que je suis malheureuse !
Ma cousine ?
Mon patron,
que va-t-il dire ?

***

BARBARINA

L’ho perduta, me meschina!
Ah chi sa dove sarà?
Non la trovo. L’ho perduta.
Meschinella!
E mia cugina? E il padron,
cosa dirà?

Explications: http://ambitrad.hypotheses.org/223

(Wolfgang Amadeus Mozart)

Recueil: Les Noces de Figaro

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SPHINX (Germain Nouveau)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Gustave Moreau
    
SPHINX

Toutes les femmes sont des fêtes,
Toutes les femmes sont parfaites,
Et dignes d’adoration,
Sous les fichus ou sous les mantes
Toutes les femmes sont charmantes,
Oui, toutes, sans exception;

Toutes les femmes sont des Belles
Sous les chapeaux ou les ombrelles
Et sous le petit bonnet blanc;
Toutes les femmes sont savantes,
Les princesses et les servantes,
Les ignorantes… font semblant;

Toutes les femmes sont des reines :
Impératrices souveraines
Et grisettes de magasin,
Et premières communiantes,
Avant comme après si liantes
Avec les lèvres du cousin;

Toutes les femmes sont honnêtes,
Le coeur loyal et les mains nettes,
En sabots, ou sur les patins;
Adorables prostituées,
Nous mériterions vos huées :
C’est nous qui sommes les… pantins.

Toutes les femmes sont des saintes,
Surtout celles qui sont enceintes
Tous les neuf mois sans perdre un jour,
Et qui de janvier à décembre
Se pâment la nuit dans leur chambre
Par la volonté de l’Amour.

Toutes, toutes, sont bienheureuses
D’élargir leurs grottes ombreuses
D’où l’amour a fichu la peur
Par la fenêtre… déchirée,
« Et la fille déshonorée »?
Rit dans sa barbe… de sa peur,

Plus fines que nous et meilleures,
Efles nous sont supérieures…
Chaque Français, dans tous les cas,
S’il les aborde se découvre
Et c’est le plus grand, dans le Louvre,
Qui sait saluer… le plus bas,

Belle, parfaite, reine, sainte,
Honnête si ce n’est enceinte,
Tout cela s’applique fort bien
A la femme que tu veux être…
Mais… si l’on pouvait Vous connaître,
Ah!… quant à moi… je ne sais rien…
Devant Vous je songe, immobile,
Tel, droit, sur son cheval Kabyle,
Bonaparte, au regard de lynx,
Sans suite, seul, un grand quart d’heure,
Au soleil des sables, demeure
Fixe et rêveur, devant le Sphinx!

(Germain Nouveau)

 

Recueil: La Doctrine de l’Amour Valentines
Traduction:
Editions: Gallimard

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Jour puis nuit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Illustration: Jean-Jacques Grandville
    
C’était une pierre qui se plaignait
d’être à l’écart du chemin
« Où sont les joyeux pèlerins
et leurs bâtons et leurs paniers ?

— Tu exagères, répondait Soeur Verveine
je viens te voir de temps en temps
sur le dos de ma jument
Mon amitié serait-elle vaine?

— Facile à dire pour une amazone
qui sur tout l’Orient rayonne
Si j’en fais vraiment tout un plat
reste donc sept jours avec moi»

Verveine confia sa jument à une jeune cousine
et revint près de la pierre prendre racine

Jour puis nuit
il y eut la rosée du matin
le chant d’un serin
un rideau de pluie

Jour puis nuit
il y eut le ciel imberbe
une étoile qui fuit
la table d’émeraude de l’herbe

Jour puis nuit
le silence s’installa
l’envie de partir partit
Verveine voulut vivre là

Et il arrive assez souvent
qu’un pèlerin quitte le chemin
pour respirer son parfum
et s’asseoir sur la pierre un moment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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ORPIMENT (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



ORPIMENT

Que cèle ce masque d’or porté à la fête
première où tu ouvris la danse des volcans ?
Cousin du soufre, frère de l’arsenic
tu dus faire allégeance aux puissances de mort.
Depuis, tu n’offres plus qu’un miroir épuisé
où viennent se blesser les oiseaux de lumière.

(Jacques Lacarrière)

Illustration

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Les mouches (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018


mouche

Les mouches m’aiment bien.
Allez savoir pourquoi!
Elles tournent sans fin,
Sans fin autour de moi.

Sitôt que je m’assois,
Elles courent sur moi.
Les mouches m’aiment bien.
Allez savoir pourquoi!

Au fond, ne suis-je pas
Quelque peu leur cousin?
Je bourdonne si bien
Quand il s’agit de moi.
Allez savoir pourquoi!

(Maurice Carême)

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