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Poésie

Posts Tagged ‘berceuse’

Quand on voyage on devrait fermer les yeux (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Quand on voyage on devrait fermer les yeux
Dormir j’aurais tant voulu dormir

Je reconnais tous les pays les yeux fermés à leur odeur
Et je reconnais tous les trains au bruit qu’ils font

Les trains d’Europe sont à quatre temps tandis que ceux d’Asie sont à cinq ou sept temps
D’autres vont en sourdine sont des berceuses
Et il y en a qui dans le bruit monotone des roues me rappellent la prose lourde de Maeterlink

J’ai déchiffré tous les textes confus des roues et j’ai rassemblé les éléments épars d’une violente beauté
Que je possède
Et qui me force

(Blaise Cendrars)

Illustration

 

 

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LE BRUIT D’EXISTER (María Auxiliadora Álvarez)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2021



Un poème pour La Saint Valentin
  

    
LE BRUIT D’EXISTER
pour Diana

Dis doucement ton nom au-dessus du mien

et répète – le
nuit après nuit
avant chaque berceuse

si bien que mon nom
s’efface sous le tien et disparaisse

et que ta voix
soit le seul son
qui existe

(María Auxiliadora Álvarez)

(Venezuela, 1956)

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
de “Poesía soy yo”
Selección de Raquel Lanseros y Ana Merino
Colección Visor de Poesía, Visor Libros

***

Di tu nombre suavemente sobre el mío

y repítelo
cada noche
antes de cada canción
del sueño

de modo que mi nombre se vaya borrando
bajo el tuyo

y tu voz
sea el único
sonido de existir.

***

THE SOUND OF EXISTENCE
to Diana

Say your name softly over mine

and repeat it
every night
before each song

of sleep
so that my name will fade away

under yours
and your voice
may be the only
sound of existence.

Translation Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan

***

DER KLANG DES SEINS
für Diana

Sag leise deinen Namen über meinen

und wiederhole ihn
jede Nacht
vor jedem Schlaflied

so dass mein Name sich auflösend
unter deinem verschwinde

und deine Stimme
der einzige Klang
des Seins werde.

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

IL SUONO DELL’ESISTENZA
a Diana

Dì dolcemente il tuo nome sul mio

e ripetilo
ogni notte
prima di ogni canzone
del sogno

così che il mio nome venga cancellato
sotto il tuo

e la tua voce
sia l’unico
suono a esistere.

Traduzione di Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

存在の音〜ダイアナへ捧ぐ

名前を言って
わたしに、優しく
そして、夜毎にくりかえして
おやすみの歌の前に
あなたの名のもとでは
わたし自身の名前が消えてしまうように
そしてあなたの声が
唯一の存在になるように

***

Recueil: ITHACA 670
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Berceuse pour le dieu de la guerre (Souad Labbize)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021




    
Berceuse pour le dieu de la guerre (Extrait)

Certaines nuits Allah
dans Son sommeil
parle l’arabe dialectal
de choses surprenantes dans une
bouche divine les imams
refusent que Ses mots soient
ajoutés à Son journal D’autres
nuits nous L’entendons marcher
sur talons aiguilles nous
devinons au bruit du plafond
qu’Il se déguise devant un miroir
pour descendre faire un tour
dans les rues de Bab el-Oued

(Souad Labbize)

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Berceuse pour le dieu de la guerre 22 (Souad Labbize)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2020



    

Berceuse pour le dieu de la guerre 22

D’abord
ils ont coupé
le cordon ombilical
pour des raisons naturelles

Ensuite
ils ont coupé
le prépuce
pour des raisons d’hygiène

Enfin
ils ont coupé
la langue
pour des raisons de sécurité

(Souad Labbize)
 
Je franchis les barbelés, 2019.

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LES ÉTOILES (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



Harlem_at_Night_ g

LES ÉTOILES

Cette traînée d’étoiles sur les rues de Harlem
Ce léger souffle d’oubli qu’est la nuit.
Toute une ville s’élève
Au chant d’une mère.
Toute une ville rêve
Au son d’une berceuse.
Tends ta main, petit enfant noir, et prends une étoile.
Du fond de ce léger souffle d’oubli
Qu’est la nuit,
Ne prends
Qu’une seule étoile.

***

O, sweep of stars over Harlem streets,
O, little breath of oblivion that is night.
A city building
To a mother’s song.
A city dreaming
To a lullaby.
Reach up your hand, dark boy, and take a star.
Out of the little breath of oblivion
That is night,
Take just
One star.

(Langston Hughes)

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BESTIAIRE DES AMANTS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020



Illustration: Pierre Paul Rubens
    
BESTIAIRE DES AMANTS

Amants endormez-vous
après de tendres soins
serrez-vous aimez-vous
vos rêves iront loin
Bien au-delà du jour
au profond du sommeil
du bon-chaud de l’amour
renaîtra le soleil
Un écureuil viendra
Entre vos deux orteils
un lézard glissera
Tous vos amis de nuit
la loutre et le renard
le chat et la fourmi
accourront sans retard
à pas feutrés de rêve
jusqu’au chant de l’alouette
et se mélangeront
sans mordre ni crier
au jaune hérisson
à la fauvette huppée
Les hôtes amicaux
viendront à pas feutrés
jusqu’au cocorico
d’un grand coq très distrait
qui chassera enfin
cette ménagerie
que la soif ni la faim
n’auront jamais surpris
Sur la main de l’enfant aimée
un rossignol vient et se pose
(La gazelle viendrait aussi
mais elle a peur et elle n’ose)

La truite et le chien de mer
s’en vont naviguant de conserve
Le toucan l’étoile de mer
restent tous deux sur la réserve
Devant le bélier qui insiste
pour que le chat touche à ses cornes
ne sachant trop si elle existe
longuement pleure la licorne
La taupe et le corbeau
s’en vont à petits pas
Le renard les chevaux
marchent tout près du rat
et la chauve-souris
veille sur la dormeuse
tandis qu’une perdrix
lui chante une berceuse
La girafe et le chien
le lion le pangolin
le zèbre et la vigogne
flairent les endormis
les lèchent doucement
et parlent en amis
aux fidèles amants
qui s’éveillent enfin
lorsque le réveil sonne
et leur rend leur matin
de vraies grandes personnes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Berceuse (Rouben Mélik)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2020




    
Berceuse

Mon enfant dort avec les fleurs
Elle a sa ville à décorer
Elle a son rêve à protéger
Prenez sa main
Elle a ses fleurs à partager

Mon enfant dort prenez sa main
Elle a pendu à un soleil
Un ruban rose et un nuage

Une enfant dort avec les fleurs
Sur l’oreiller de la misère
Elle a son rêve à découper
À petit jeu
Prenez sa main

Elle a construit au coin du feu
Une maison pour abriter
Toute la terre

Mon enfant dort avec les fleurs
Je coupe et lie à une fleur
Une autre fleur pour mon enfant
Elle a un parc à dessiner
Et sur l’étang
Une fleur prend soleil
De la mort à la vie

(Rouben Mélik)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Berceuse (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



Berceuse

Viens vers moi quand tu chantes, amie, j’ai des secrets
Que tu liras toi-même au reflet de mes yeux.
Viens, entoure mon cou dans tes bras, viens tout près
Et ton cœur entendra des mots silencieux.

Viens vers moi quand tu rêves, amie, j’ai des paroles
Dont le murmure seul est comme une douceur.
Elles imposent l’oubli, le doute, elles désolent,
Et pourtant leur musique enchante la douleur.

Viens vers moi quand tu ris, amie, j’ai des regards
Très longs qui vont porter la peur au fond de l’âme.
Viens, ils transperceront ton cœur de part en part
Et tu sentiras naître en toi une autre femme.

Viens vers moi quand tu pleures, amie, j’ai des caresses
Qui captent les sanglots amers au bord des lèvres
Et feront de ton amertume une allégresse :
Amie, viens boire une âme nouvelle sur mes lèvres.

(Remy de Gourmont)

Illustration

 

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Berceuse pour chaque jour (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

Berceuse pour chaque jour
jusqu’au dernier

Nombreuses fois, nombre de fois,
L’homme s’endort, son corps l’éveille ;
Puis une fois, rien qu’une fois,
L’homme s’endort et perd son corps.

(René Char)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

Illustration: William Bouguereau

 

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BERCEUSE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019




    
BERCEUSE

Je vous donne mes rêves
afin que vous sachiez
l’odeur de vos cheveux

Je vous donne mes songes
pour que vous connaissiez
la lumière de vos yeux

Je vous donne mes fièvres
parce que vous oubliez
le parfum de vos lèvres

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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