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Posts Tagged ‘au-delà’

Au-delà du torii (Annick Carré)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021



Illustration
    
Au-delà du torii
Un nouveau monde se lève
Les lignes du temps se relâchent
Profondes respirations
Le long du sentier
De fines branches
Roses, rouges, blanches
Bruines colorées

Sur le vert des herbes tendres
Passé le petit pont moussu
Au fond de la rivière
Les galets chuchotent
Bercés par les saules pleureurs
Au détour d’un chemin
Une prairie gorgée de soleil
Des danseuses métalliques
S’élancent en cadence
Sous les arches d’un pont millénaire
Un peu plus loin
Sur l’onde calme
Reflets déliés
Des feuillages silencieux

Au-delà du torii
Une douce lenteur s’invite
Majestueuses partitions
D’ombres et de lumières

Embruns de bonheur

Seules les lanternes de pierre
Aux regards immobiles
Gardent mémoire du passage

(Annick Carré)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Au-delà (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



Louise de Vilmorin

Au-delà

Eau-de-vie! Au-delà!
A l’heure du plaisir,
Choisir n’est pas trahir,
Je choisis celui-là.

Je choisis celui-là
Qui sait me faire rire,
D’un doigt de-ci, de-là,
Comme on fait pour écrire.

Comme on fait pour écrire,
Il va par-ci, par-là,
Sans que j’ose lui dire:
J’aime bien ce jeu-là.

J’aime bien ce jeu-là,
Qu’un souffle fait finir,
Jusqu’au dernier soupir
Je choisis ce jeu-là.

Eau-de-vie! Au-delà!
A l’heure du plaisir,
Choisir n’est pas trahir,
Je choisis celui-là.

(Louise de Vilmorin)

Illustration

 

 

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Au-delà du monde (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2020



le regard en cendres
en proie à l’origine noueuse
des bords de la pensée

chemine le funambule
d’un au-delà du monde

(Zéno Bianu)


Illustration

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SANS LIEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



Milarépa

    
SANS LIEU

Je suis celui qui pourchasse
le visage des apparences
Milarépa

sans lieu
sans nom
le géomètre des éclipses
parcourt l’horizon

sans lieu
sans mémoire
il prend le suaire du ciel
et l’étend sur le monde

sans lieu
sans boussole
le visage sillonné d’ombres
il explore les abîmes d’en-haut
sans lieu
sans cesse
il s’en va caresser la mort
au-delà des lunes brûlées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche et Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

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De l’autre côté du monde (Ion Deaconescu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020




    
De l’autre côté du monde

Jamais le poète n’oubliera
Ni les racines du feu
Ni la lumière du verbe.
Ses yeux que l’étonnement élargit
Saisissent le revers du monde.
Au-delà de l’agitation de l’aube
Au bord de son cœur
S’échoue l’éternité.

***

DINCOLO DE LUME

Poetul n-o să uite niciodată
Rădăcinile focului
Și ale luminii cuvântului.
Ochii lui dilatați de uimire
Văd dincolo de lume
Și de neliniștea zorilor.
Pe țărmul inimii sale
Naufragiază eternitatea.

***

Aan gene zijde van de wereld

Nooit zal de dichter
De wortels van het vuur vergeten
Noch het licht van het woord.
Zijn door verwondering verbrede ogen
Vatten de keerzijde van de wereld
Achter de rusteloosheid van de dageraad.
Aan de oever van zijn hart
Strandt de oneindigheid.

***

Beyond the World

The poet will never forget
the roots of fire
nor the light of the word.
His eyes, widened with wonder,
see beyond the world
behind the restlessness of dawn.
At the shore of his heart,
stranded in eternity.

***

ΠΕΡΑΝ ΤΟΥ ΚΟΣΜΟΥ

Πέραν του κόσμου
ο ποιητής ποτέ δεν ξεχνά
τη σπίθα που ανάβει
τη φωτιά, ούτε
το πνεύμα του λόγου
με μάτια διάπλατα ανοιχτά
διαβλέπει την άλλη μεριά του κόσμου
πίσω απ’ τη διστακτικότητα
του λυκαυγές
στην αμμουδιά της καρδιάς του
στέκεται η αιωνειότητα

***

Al di là del mondo
Il poeta mai dimenticherà
le radici del fuoco
né la luce della parola.
I suoi occhi, spalancati di stupore
percepiscono il lato opposto del mondo
dietro l’alba senza riposo.
Sulla riva del suo cuore
riposa l’infinito.

***

DETRÁS DEL MUDO

El poeta nunca olvidará
Las raíces del fuego
Ni la luz de la palabra.
Sus ojos dilatados con el asombro
Conciben el reverso del mundo
Detrás de la inquietud del amanecer.
En la orilla de su corazón
Encalla el infinito.

***

超越世界

诗人永远不会
忘记火的根
也不会忘词语的光。
他因惊奇而睁大了眼睛
在不安的黎明背后
他感知世界的另一面。
在他心灵的滨岸
搁浅无限时空。

Chāoyuè shìjiè
shīrén yǒngyuǎn bù huì
wàngjì huǒ de gēn
yě bù huì wàng cíyǔ de guāng.
Tā yīn jīngqí ér zhēng dàle yǎnjīng
zài bù’ān dì límíng bèihòu
tā gǎnzhī shìjiè de lìng yīmiàn.
Zài tā xīnlíng de bīn àn
gēqiǎn wúxiàn shíkōng.

***

Jenseits der Welt

Nie wird der Dichter
Die Wurzeln des Feuers vergessen
Und das Licht des Wortes.
Seine vor Staunen geweiteten Augen
Erfassen die Kehrseite der Welt
Hinter der Unrast der Morgendämmerung.
Am Ufer seines Herzens
Strandet die Unendlichkeit.

(Ion Deaconescu)

 

Recueil: ITHACA 568
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Roumain  original / Néerlandais / Anglais Stanley Barkan / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi  / Espagnol Rafael Carcelén / Chinois William Zhou / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura / Allemand Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Chaque nuit (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2020



Chaque nuit
je m’entraîne à mourir
j’explore la cartographie
de l’au-delà

Dans les villes où je passe
j’organise des expositions
de mes rêves
que je vends au marché noir

(Anise Koltz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Gao Xingjian

 

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Retouche à l’au-delà (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2020



Retouche à l’au-delà

sous leurs longues chevelures
les mémoires font l’écureuil
dans la lumière en cercle

(Daniel Boulanger)


Illustration

 

 

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Non, il n’y avait pas de place pour Dieu (Simone Veil)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2020



Simone Veil
    
Non, il n’y avait pas de place pour Dieu dans le camp là-bas,
Je n’ai jamais pleuré, c’était au-delà des larmes…

(Simone Veil)

 

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Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi (Liu Chang-qing)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



 

    
Cherchant le moine taoïste Chang, de Nan-qi

Le long du chemin, en maints lieux traversés :
Traces de sabots sur le tapis de mousse…

De blancs nuages entourent l’îlot paisible
Derrière les herbes folles, une porte oisive

Contempler, après la pluie, la couleur des pins
Puis atteindre, au-delà du mont, la source

Une fleur dans l’eau éveille l’esprit du Chan
Face à face : déjà hors de la parole

(Liu Chang-qing)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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BESTIAIRE DES AMANTS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020



Illustration: Pierre Paul Rubens
    
BESTIAIRE DES AMANTS

Amants endormez-vous
après de tendres soins
serrez-vous aimez-vous
vos rêves iront loin
Bien au-delà du jour
au profond du sommeil
du bon-chaud de l’amour
renaîtra le soleil
Un écureuil viendra
Entre vos deux orteils
un lézard glissera
Tous vos amis de nuit
la loutre et le renard
le chat et la fourmi
accourront sans retard
à pas feutrés de rêve
jusqu’au chant de l’alouette
et se mélangeront
sans mordre ni crier
au jaune hérisson
à la fauvette huppée
Les hôtes amicaux
viendront à pas feutrés
jusqu’au cocorico
d’un grand coq très distrait
qui chassera enfin
cette ménagerie
que la soif ni la faim
n’auront jamais surpris
Sur la main de l’enfant aimée
un rossignol vient et se pose
(La gazelle viendrait aussi
mais elle a peur et elle n’ose)

La truite et le chien de mer
s’en vont naviguant de conserve
Le toucan l’étoile de mer
restent tous deux sur la réserve
Devant le bélier qui insiste
pour que le chat touche à ses cornes
ne sachant trop si elle existe
longuement pleure la licorne
La taupe et le corbeau
s’en vont à petits pas
Le renard les chevaux
marchent tout près du rat
et la chauve-souris
veille sur la dormeuse
tandis qu’une perdrix
lui chante une berceuse
La girafe et le chien
le lion le pangolin
le zèbre et la vigogne
flairent les endormis
les lèchent doucement
et parlent en amis
aux fidèles amants
qui s’éveillent enfin
lorsque le réveil sonne
et leur rend leur matin
de vraies grandes personnes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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