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Posts Tagged ‘nombreux’

Une fois j’eus besoin d’un certain mot (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019




    
Une fois j’eus besoin d’un certain mot.
Je l’ai fait appeler et je l’ai mis à sa juste place.
Soudain j’ai entendu la clameur des mots en tous genres,
jeunes, âgés, neufs ou usés.

J’ai tendu l’oreille et perçu le brouhaha
de la famille perdue du mot, qui l’avait accompagné.
Oncles, tantes, nièces, frères, compatriotes.
Tous se bousculaient et voulaient rester auprès du mot-père.

Je tentais de me les concilier.
Je leur dis : «Je n’ai pas de place et de toute façon
je n’ai nul besoin d’une aussi nombreuse famille. »
Mais ils s’en sont tenu à leur principe :
tous en même temps ou rien.

Finalement, avec les oncles,
tantes, neveux, beaux-frères et concitoyens du mot,
j’ai dû aligner tout un paragraphe.
Rien à faire pour m’en dépêtrer!

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pour punir les hommes (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019



Illustration: Hashiguchi Goyō

    

Pour punir les hommes
De leurs trop nombreux péchés
M’ont été donnés
Cette blancheur de la peau
Et ces si longs cheveux noirs

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Je subis de nouveau (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Je subis de nouveau à cette heure l’un de mes nombreux transferts,
je monte les degrés de mes avatars,
alors que d’autres sans doute attendent.

(Walt Whitman)

Illustration

 

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Nombreux (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



Nombreux sont ceux qui attendent
que l’écueil les soulève,
que le but les franchisse,
pour se définir.

(René Char)

Illustration: Lina Davidov

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Les mots (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2019


 

N’accourez pas
Si nombreux:

Laissez-moi le temps
De choisir.

(Guillevic)

 

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Large est la lumière jaune du soir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Large est la lumière jaune du soir,
Tendre la fraîcheur d’avril.
Tu es en retard de dix années,
Mais je suis heureuse de te voir.

Assieds-toi, là, plus près de moi,
Regarde de tes yeux joyeux:
Voici le cahier bleu ciel
Rempli de mes vers d’enfant.

Pardonne-moi: j’ai vécu triste
Et sans faire fête au soleil.
Pardon! Ils sont bien trop nombreux
Ceux que d’abord j’ai pris pour toi.

(Anna Akhmatova)

 

 

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OBSCUR DÉJÀ (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Guillaume Bourquin Trois peupliers 2005

OBSCUR DÉJÀ

Crépuscule du soir.
Sur les hauts peupliers
roucoulent les tourterelles.
À peine, çà et là,
bercées dans la brise,
des cimes d’or légères.

Un pépiement perdu, là-haut ;
en bas, deux yeux
qui regardent l’ombre et s’en vont vers elle,
comme fleuves profonds vers une mer profonde,
profonde.

Fermés, très noirs,
sur le fond de folie
du couchant à vif,
les troncs
comme des hommes tristes,
si nombreux et chacun si seul.

***

YA OSCURO
El anochecer.
Se arrullan las tórtolas
en los altos olmos.
Apenas, aquí y allá, quedan,
mecidas en brisa,
cimas leves de oro.

Un pío perdido, en lo alto;
abajo, dos ojos
que miran la sombra y se van a ella,
como ríos hondos a un mar hondo, hondo.

Cerrados, muy negros,
contra el fondo loco
del ocaso agudo,
los troncos,
como hombres tristes,
cada uno isiendo tantos! solo.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Guillaume Bourquin

 

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Aux heures du calme commun (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Nous sommes restés peu nombreux
Des bouches en délire
Aux heures du calme commun

(Tilemachos Chytiris)

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Nombreux sont ceux qui vivent en nous (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018




Nombreux sont ceux qui vivent en nous ;
Si je pense, si je ressens, j’ignore
Qui est celui qui pense, qui ressent.

Je suis seulement le lieu
Où l’on pense, où l’on ressent.
J’ai davantage d’âmes qu’une seule.
Il est plus de moi que moi même.
J’existe cependant
A tous indifférent.
Je les fais taire : Je parle.

Les influx entrecroisés
De ce que je ressens ou ne ressens pas
Polémiquent en celui que je suis.
Je les ignore. Ils ne dictent rien
A celui que je me connais : j’écris.

(Fernando Pessoa)

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La charité (Saint François d’Assise)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018




    
La charité doit aplanir la différence de niveau entre celui qui mendie et celui qui donne ;
mais peu nombreux sont les donateurs qui savent se mettre au même niveau que les mendiants ;
et si le pain est donné et servi au nom du Seigneur,
cela n’ôte point toujours au pain d’autrui son effroyable amertume.

(Saint François d’Assise)

 

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