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Posts Tagged ‘vérité’

HOMMAGE AUX UPANISHADS (Nissim Ezekiel)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2023




    
HOMMAGE AUX UPANISHADS

Sentir qu’on est Quelqu’un
Équivaut à conduire
Son propre corbillard en quelque sorte —
La destination est claire.

Je ne veux pas être
La peau du fruit
Ni la chair
Ni même la graine,
Qui ne ferait que devenir un autre
Fruit bien portant
Le secret celé à l’intérieur de la graine
Devient mon besoin, et ainsi,
Je me réduis au néant
À l’intérieur de la graine.

Au début il fait froid,
Je frissonne,
Plus tard arrive une touche de vérité,
Un ferment dans les ténèbres,
Et enfin une lumière qui agace.

Pour l’heure c’est assez
Que je sois libre
D’être le Moi en qui je suis,
Qui n’est pas Quelqu’un —
Pas, en tout cas,
L’ego mortel,
Mais l’oeil de l’oeil
Qui s’efforce de voir

(Nissim Ezekiel) (1924-2004)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉTREINTES (Mâgha)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2023



Maria Amaral
    
ÉTREINTES

Embrassée par son bien-aimé,
on eût dit qu’elle eût envie d’entrer chez lui
jusqu’au milieu du coeur : peut-être, en vérité !
Ne savait-elle pas qu’en lui-même
il lui réservait une demeure perpétuelle.

Rempli des eaux de l’amour,
le corps de la femme portait sans doute en soi une source,
car dans les bras de son amant qui l’étreignait avec vigueur,
l’eau, ayant d’abord mouillé sa robe, en tombait comme une pluie.

(Mâgha) (VIIe siècle)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Jeté dans la vérité de l’être (Martin Heidegger)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2023



    

Jeté dans la vérité de l’être par l’être…
l’homme est devenu le berger de l’être.

(Martin Heidegger)

 

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L’ULTIME PUITS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2023




    
L’ULTIME PUITS

Éphémère comme le vent
Frêle comme le fruit
Glissant d’un lieu à l’autre
De vérités à deuils
Tu parcours tes saisons
Entre passions et cendres
À la poursuite de ta vie
Éphémère comme le vent
Frêle comme le fruit
Tu creuses l’ultime puits.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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Allah imprègne le monde entier (Yunus Emre)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2022



    

Illustration: Marc Chagall

Allah imprègne le monde entier.
Cependant, sa vérité n’a été révélée à personne.
Vous feriez mieux de le chercher en vous-même.

L’autre monde est hors de vue.
Ici sur Terre, nous devons vivre debout.
L’exil est l’agonie, la douleur et le fléau.
Personne ne revient une fois parti.

Allons, soyons amis pour une fois,
simplifions-nous la vie,
soyons amoureux et aimés,
ne laissons la terre à personne.

Pour vous, ce que dit Yunus est clair,
ce que cela signifie dans l’oreille de votre cœur:
nous devons tous vivre la belle vie ici,
car personne ne continuera à vivre ici.

(Yunus Emre)

 

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Nous sommes entrés (Yunus Emre)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2022




    
Nous sommes entrés
dans la maison de la perception,

nous avons vu le corps.

Le ciel tourbillonne,
la terre est multicouche,
soixante – dix mille voiles,

nous avons trouvé le corps.

Nuit et jour, les planètes,
les mots écrits sur les tablettes sacrées,
la colline que Moïse a escaladée, le temple,
la trompette d’Israël,

nous avons remarqué dans le corps.

La Torah, les Psaumes, la Bible, le Coran –
ce que ces livres ont à dire,

nous nous trouvons dans le corps.

Tout le monde dit que ces mots de Jonas sont corrects.
La vérité, où que vous soyez.

Nous avons tout trouvé à l’intérieur du corps.

(Yunus Emre)

 

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Il n’y a pas de théorème du désir (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2022



Illlustration: Pascal Renoux
    
Il n’y a pas de théorème du désir
Pas plus qu’il n’y a de théorème de la saveur d’une eau de montagne
pans la bouche de l’exténué
Il boit sa vie

Il n’y a qu’une vérité à mille chemins
Devant le corps aimé
Il est une aube plénière
Dont la lumière appelle la pensée-mésange de l’amant :
S’il y a une vérité dans le désir
Seule l’atteint cette pensée à mille chemins

Le coeur aussi se donne comme un paysage
Seul donc le désir de s’y perdre le mérite
Car ici l’ignorance nous accroît

C’est très simple l’immense pour qui s’est intérieurement dévêtu
Une paupière une hanche un souffle sur la joue
Cela d’un coup efface le monde
La fureur l’excès leur langage

C’est toujours à partir de ce vide
Que nous aimons
En lui que nous buvons notre vie

Est-ce de l’ordre de l’explosion ?
Explosion silencieuse et immobile
À la jonction de deux corps
Qui est la conjonction de deux limites
Ainsi détruites ?

Serait-ce l’apparition d’un espace neuf
Contraire mais lié
À l’espace ordinaire des besognes de l’existence ?

La porte d’or
Par où l’on revient dans sa vie
Déshabitué éclairé
Retour d’exil :
Gestes enfin habités
Regards tenus
Expansion d’une prairie intérieure
Avec affleurement de sources
Celles que l’amant entend
Quand il pose son oreille sur le sommeil de l’aimée

Beau chahut l’amour dans la maison des hommes
Table renversée écrous levés

Est-ce bien de l’ordre de l’explosion ?
Mais lente mais douce
Et sa rumeur qui dort dans la main du coeur

(Jean-Pierre Siméon)

Recueil: Le désir en nous comme un défi au monde 84 Poètes d’aujourd’hui
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Je préfère le Paradis (Marco Frisina)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2022



Philippe de Néri
    
Je préfère le Paradis

Certains veulent la richesse
et s’habiller comme un roi.
Il y a ceux qui ne veulent rien faire.
Ils n’aiment pas faire d’effort.
Certaines personnes parlent toujours trop,
et ne disent pas la Vérité,
et alors ils critiquent tout
et trouvent qu’il n’y a rien qui aille bien.
Mais pour moi, pas pour moi,
ce n’est pas ce que je veux :

Paradis, Paradis, je préfère le Paradis,
Paradis, Paradis, Paradis !
Le Paradis, le Paradis, je préfère le Paradis,
Le Paradis, le Paradis, le Paradis !

Certaines personnes ne pensent qu’à être grand.
Elles veulent monter au Ciel, fanatiques et fières,
elles pensent être je ne sais quoi.
Il y a ceux qui rêvent de grandes carrières
avec de grandes pompes et des laquais,
toujours ils veulent réussir,
et avoir des honneurs en quantité.
Mais pour moi, pas pour moi, ce n’est pas ce que je veux.

Paradis, Paradis, je préfère le Paradis,
Paradis, Paradis, Paradis !
Le Paradis, le Paradis, je préfère le Paradis,
Le Paradis, le Paradis, le Paradis !

***

Preferisco il Paradiso

C’è chi ama la ricchezza
e vestirsi come un re
c’è chi non vuol fare niente
non gli va di faticar.

C’è chi parla sempre troppo,
non sa dir la verità
e poi critica ogni cosa
non c’è nulla che va ben.

Ma per me
no, non va
non è quel che piace a me.

Paradiso,
Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso
Paradiso.
Paradiso,

Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso,
Paradiso.

C’è chi crede d’esser grande
Vuol salire fino al ciel
È fanatico e superbo,
crede d’esser chissà che.

C’è chi sogna gran carriere
grandi inchini ed i lacchè,
vuole sempre aver successo
ed onori in quantità.

Ma per me
no, non va
non è quel che piace a me.

Paradiso,
Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso,
Paradiso.

Paradiso,

Paradiso,
preferisco il Paradiso,
Paradiso, Paradiso,

Paradiso.

(Marco Frisina)


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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible… (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



 

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Soudain, avec une délicatesse, une pureté indicible,
une chose apparaît, se fait entendre, vous émeut et bouge jusqu’au fond de vous-même.
On écoute, on ne cherche plus ; on accepte sans s’informer du donateur;
une pensée brûle en un éclair, s’impose comme une nécessité,
ne vous laisse aucune hésitation sur la forme où il convient de l’exprimer : je n’ai jamais eu le choix.

C’est une extase dont la tension formidable se dissout parfois en un fleuve de larmes,
pendant que le pas instinctivement se ralentit ou s’accélère.
On se sent ravi, hors de soi, on garde seulement conscience d’une source inépuisable de frissons subtils
et de ruissellements qui vous parcourt jusqu’aux orteils.

C’est un abîme d’extase si profond que la douleur et la tristesse ne font plus l’effet de forces hostiles,
mais paraissent une condition requise, une nuance toute nécessaire par cette abondance de lumière.
On ressent instinctivement les grands rythmes qui embrassent les immenses espaces où bougent les formes ;
l’amplitude de l’oscillation, le besoin d’un rythme large semble être la mesure d’une semblable inspiration,
une espèce de contrepoids à sa pression et à sa tension.

Tout cela involontaire au premier abord,
semble entraîné par une rafale de liberté, d’indépendance, de puissance, de divinité.
Ce qui est le plus remarquable, c’est la qualité involontaire de l’image et des symboles.
Tout se donne à vous comme l’expression la plus proche, la plus juste, la plus simple.
Il semble en vérité, pour reprendre les paroles de Zarathoustra,
que les choses s’approchent d’elles-mêmes et viennent s’offrir à vous servir d’images…

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Duy Huynh

 

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Solitude du penseur (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2022


robinson_crusoe

C’est bien beau d’avoir l’esprit dans défaut
mais, comme le pensait Daniel Defoë,
toutes les vérités ne valent pas
sur une plage une trace de pas.

(Henri-Frédéric Blanc)

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